Prélat
Ayant succédé au Pape Pie IX le 20 février 1878, il régna jusqu'à sa mort en 1903. Né à Carpineto Romano, en Italie, il est le fils du Comte Lodovico Pecci et de Anna Prosperi-Buzi qui eurent six autres enfants. Il est reçu docteur en théologie en 1836 puis docteur en droit civil et en droit canon, le tout à Rome. Il est Nommé prélat domestique par le pape en 1837 et ordonné le 31 décembre suivant. On l'envoya ensuite à Bénévent, enclave pontificale dans le Royaume de Naples où, par des mesures énergiques, il arriva à mettre fin au banditisme. En 1843 il devint archevêque titulaire de Damiette et nonce apostolique en Belgique le 28 janvier 1843, mais il y eut moins de succès : ce jeune diplomate de trente ans ne réussit pas à mettre fin aux querelles qui opposaient les jésuites et l'épiscopat. Nommé assistant papal en 1843, il devint en 1846 archevêque de Pérouse et devait le rester jusqu'en 1877 ; il devint très populaire et ce succès lui valut le chapeau de cardinal en 1853. Par la suite il fut nommé cardinal camerlingue de la Sainte Église romaine, poste qu'il occupa jusqu'à sa propre élection comme pape le 20 février 1878.
Pontificat
Il est possible qu'on l'ait élu parce qu'il était de santé fragile et qu'on voyait en lui un pape de transition. On ne se doutait pas qu'il allait régner pendant vingt-cinq ans. Il aurait eu envie de quitter Rome où se déroulaient souvent des manifestations hostiles à l'Église, mais le cardinal Rampolla le convainquit de rester au Vatican et de s'y considérer comme prisonnier.
En 1879, avec l'encyclique Æterni Patris, Sur la restauration dans les écoles catholiques de la philosophie chrétienne selon l'esprit du Docteur angélique (il s'agit de saint Thomas d'Aquin), il relança les études thomistes.
En avril 1884 il fut l'auteur de l'encyclique Humanum Genus, une violente attaque contre la franc-maçonnerie qui récapitulait les nombreuses condamnations de celle-ci par ses prédécesseurs, et se trouve être généralement considérée comme le manifeste contre-moderniste de l'Église.
Au grand dam des royalistes, il est l'auteur du ralliement à la République, symbolisé par le toast prononcé à sa demande par le cardinal Lavigerie à Alger le 12 novembre 1890. Ce geste scandalisa nombre de catholiques et, dans les manoirs de Vendée, on priait pour la conversion du pape ; certains allèrent même jusqu’à soutenir qu’au véritable Léon XIII on avait substitué un sosie ; Les Caves du Vatican contiennent une allusion à cette fable qu'on a répétée avec Paul VI.
Sur les pas des catholiques sociaux tels que Frédéric Ozanam, il se saisit de la question ouvrière, et dans l'encyclique Rerum Novarum, du 15 mai 1891, il dénonce d'une part comme étant un mal « la concentration entre les mains de quelques-uns de l'industrie et du commerce, devenus le partage d'un petit nombre d'hommes opulents et de ploutocrates, qui imposent ainsi un joug presque servile à l'infinie multitude des prolétaires », et d'autre part il condamne le socialisme comme n'étant pas un remède approprié.
Léon XIII est ainsi très connu, surtout chez les catholiques français, pour avoir mis en forme la doctrine sociale de l'Église dans l'encyclique Rerum Novarum, à partir des expériences de catholiques dès les années 1820.
L'encyclique Rerum Novarum a fait l'objet, depuis lors, de révisions successives, par exemple Centesimus annus en 1991.
Un aspect tout à fait méconnu de Léon XIII, mais non moins fondamental, concerne l'impulsion qu'il a donnée aux études bibliques, afin que l'exégèse moderne soit en harmonie avec les découvertes scientifiques de l'époque dans laquelle il vivait. Ce fut l'objet de l'encyclique Providentissimus Deus (1893).
Léon XIII fut le premier pape à être filmé, à sa demande. C'était un humanistes raffiné, et ses poèmes latin sont très remarquables.
Le 20 septembre 1900, Léon XIII dissout officiellement les États pontificaux, mettant ainsi la papauté en accord avec la réalité politique italienne.
Quatrième plus long pontificat de l'histoire, après saint Pierre, le bienheureux Pie IX et Jean-Paul II.
Le « libéralisme » de Léon XIII

Armoiries de Léon XIII
On a souvent opposé l’esprit 'progressiste' de Léon XIII au 'conservatisme' de son prédécesseur
Pie IX et de son successeur
Pie X. De fait, c’est surtout la prudence qui caractérisa son
pontificat. Le choix de
Pie IX avait été, dans le
Syllabus, de présenter la doctrine romaine en phrases courtes et lapidaires qui ont pu choquer sur le fond les lecteurs non catholiques et sur la forme un certain nombre de catholiques.
Léon XIII sut répéter les mêmes idées dans des encycliques longues et savantes que peu de gens lisaient jusqu’au bout et dont le public ne connaissait que les résumés qu’on lui en présentait. Pie X lui-même, sorte de curé de campagne hissé sur la chaire de saint Pierre, se sentait écrasé par la cultures de son prédécesseur, et dans ses encyclique ne cessait de le citer.
Citations
Voir aussi
Les principales encycliques de
Léon XIII :
- Æterni Patris, 1879, sur saint Thomas d'Aquin et la théologie,
- Humanum Genus, 1884, sur la franc maçonnerie,
- Rerum novarum, 1891, sur la doctrine sociale de l'Église.
- Providentissimus Deus, 18 novembre 1893, sur les études bibliques.
Liens externes
Notes