Histoire
L'usage du terme « langue d'oïl » est attesté dès la fin du , il vient de
Dante qui avait nommé trois langues romanes selon la manière de dire « oui » : la « langue d'oïl » (
français), la « langue d'oc » (
lenga d'oc,
occitan) et la « langue de si » (
italien).
Oïl vient du Latin:
hoc ille (celui-ci),
oc de
hoc (ceci), et
si de
sic (ainsi).
On disait
langue d'oïl au singulier car, entre les et s, il s'agissait davantage de variétés linguistiques mutuellement compréhensibles, plutôt que de langues distinctes à proprement parler. Auparavant, entre les IXe et XIIe siècles, on trouvait le terme
romana lingua, terme attesté dans les
Serments de Strasbourg (842).
Entre les XIIe et XIIIe siècles la plupart des parlers d'oïl allaient perdre de l'importance au profit d'un parler interdialectal favorisant les échanges littéraires et juridiques entre les régions. Cette koinè interdialectale allait ensuite se développer en région parisienne (ce qui explique que le parler francien en est la base), siège du pouvoir, et passer du statut de langue écrite à celui de langue parlée. À la fin du XIIIe siècle cette koinè avait pris officiellement le nom de français. Cette langue est toutefois (et l'est encore) influencée par les différentes langues locales, ce qui explique qu'un Parisien ne parle pas le français comme un Marseillais (occitan) ou un Namurois (pourtant parler d'oïl également).
Roger Bacon, dans son Opus maius, écrit en latin médiéval (traduit) au XIIIe siècle : 'En effet, les idiomes d'une même langue varient selon les individus, comme il arrive à la langue française qui auprès des Français, des Picards, des Normands et des Bourguignons varie de manière idiomatique. Et les termes corrects dans la langue des Picards font horreur aux Bourguignons, et même aux Français plus voisins...'.
Classification
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Le français, langue d'oïl
L'une des formes locales de la langue d'oïl est devenue la langue française, qui s'est développée originellement en Île-de-France et dans l'Orléanais, et qui, au cours des siècles, s'est imposée comme langue officielle à l'ensemble du territoire français. Ou, plutôt, fut imposée comme langue officielle et obligatoire, davantage sous la Révolution et Napoléon que sous l'ancien régime. Néanmoins le français s'est imposé avec moins de réticence parmi les locuteurs de langue d'oïl, puisque l'apprentissage du français était beaucoup plus facile pour un Picard ou un Normand que pour un Breton, un Provençal ou un Alsacien. En Belgique, le français, proche du wallon et du picard, s'est là aussi imposé de façon presque naturelle, puisque elle n'a jamais été sous domination française de façon prolongée (ou très peu de temps, sous la Révolution et Napoléon). C'est pourquoi, dû à cette ressemblance, les langues d'oïl peuvent parfois être prises pour des dialectes du français, alors qu'elles se sont développées de façon parallèle.
Néanmoins, le français a largement été influencé par toutes sortes de langues, langue d'oc comprise, tant dans son vocabulaire que dans sa syntaxe.
Aperçu des langues d'oïl modernes
Les langues d'oïl, langues régionales parlées en France et en Belgique sont, selon la liste établie sur la base du rapport d'avril 1999 du Professeur Bernard Cerquiglini, les suivantes :
Le français historique, en tant que langue d'oïl ancienne d'Île-de-France , est parfois désigné sous le terme de
francien. Ce terme est une dénomination linguistique du . En effet, avant on parlait tout simplement de
françoys ou de
françois (prononcé [frãswè] puis [frãsè]).
Le français québécois est aussi rattaché aux langues d'oïl, il n'est cependant pas une langue régionale de France. Le français s'est lui aussi imposé au Québec, comme langue écrite du québécois, puis comme langue parlée tout court, aussi dû au phénomène de ressemblance.
Des variétés de normand (jersiais, guernesiais et sercquiais) sont parlées dans les Îles Anglo-Normandes et reconnues comme langues régionales par les gouvernements de ces îles (le jersiais et le guernesiais sont reconnus comme langues régionales des îles Britanniques par le Royaume-Uni et la République d'Irlande dans le cadre du Conseil britannique-irlandais).
Le wallon, le picard, le lorrain roman (appelé gaumais) (il existe aussi des dialectes lorrains franciques) et le champenois sont reconnus en Belgique par la Communauté française en tant que langues endogènes depuis 1990.
Voir aussi
Et aussi :