Les problèmes de traduction du titre
Il existe une controverse sur la traduction du titre, le titre original en russe se rapportant plus à l'idée de l'objet possédant (les 'démons', c’est-à-dire les idéologies) qu'à l'objet possédé (les démocrates, les socialistes). De plus, les deux citations mises en épigraphe par Dostoïevski renforcent la difficulté de traduire le titre. En effet, la première citation est un extrait du poème Les Démons/Les possédés de Pouchkine (le titre du roman de Dostoïveksi est le même que celui du poème de Pouchkine, en cyrillique Бесы), et semble insister sur le caractère démoniaque. La seconde citation en revanche (Évangile selon saint Luc, ch. VIII, 32-27.) relate le passage où Jésus libère un possédé du démon et transfère le démon dans un troupeau de pourceaux. Cette citation, plus importante, plaide en faveur de l'utilisation du mot possédés dans la traduction du titre.
La réaction de la critique
Le roman suscita de vives réactions de la part des socialistes, athéesss, progressiste, qui considéraient l'ouvrage comme un pamphlet à leur encontre, ce qui par contrecoup entraîna une vive réaction de la critique littéraire, moyen privilégié de l'expression des opinions politiques, contournant la censures. Les critique de l'époque, à tendance populiste (Miklaïlovski), révolutionnaire (Tkatchev) ou libérale, déniaient à l'ouvrage une quelconque valeur littéraire, trouvaient les personnages trop caricaturaux, ou y voyaient encore une falsification de la réalité. L'opinion des critiques évolua avec le temps. Cependant, le roman, sous l'ère soviétique, ne sera pas réédité, la critique de cet ouvrage contre les milieux révolutionnaires du XIXe siècle ne plaisant vraisemblablement pas aux censeurs soviétiques. Aujourd'hui, cet ouvrage est considéré comme un classique de la littérature, et pour certains critiques, comme ayant pressenti les dérives totalitaires du XXe siècle, à l'image des œuvres de Nietzsche.
Adaptations
Au théâtre (Albert Camus)
Le
30 janvier 1959,
Albert Camus termine d'adapter le roman de Dostoïevski pour le théâtre, projet venu à l'idée de l'auteur en
octobre 1953. En 1955, lors d'une émission radiophonique en hommage à l'auteur russe, Camus déclarera avoir découvert le roman à l'âge de vingt ans. Il aura une influence notable sur l'œuvre de l'écrivain français : .
Au cinéma (Andrzej Wajda)
avec
Isabelle Huppert (Maria Chatov),
Jean-Philippe Ecoffey (Pierre Verkhovenski),
Lambert Wilson (Nicolas Stavroguine),
Bernard Blier (Le gouverneur),
Philippine Leroy-Beaulieu (Lisa),
Omar Sharif (Le professeur Stiépane Verkhovenski),
Laurent Malet (Kirillov),
Wladimir Yordanoff (Lebaidkine)...
A la télévision
- 1969 : The Possessed, de Naomi Capon
- 1971, I Demoni, de Sandro Bolchi
Références
- La transversalité du thème religieux dans Les Démons (ou les Possédés) de Dostoïevski, A. Messaoudi, éditeur indépendant, 2006. 358 p. ISBN: 2-35335-006-2
- Problèmes de la poétique de Dostoïevski, Mikhaïl Bakhtine, 1929
Lien externe