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Dernière modification: 2007-11-04
Catégorie: Ligue des Droits de l'Homme (France) Association de défense des droits des étrangers Association contre le racisme association fondée en 1898

Ligue française pour la défense des droits de l'homme et du citoyen

La Ligue française pour la défense des droits de l'homme et du citoyen, plus communément appelée Ligue des droits de l'homme ou LDH, est une association (loi 1901) visant à l'observation, la défense et la promulgation des droits de l'homme au sein de la République française, dans tous les domaines de la vie publique.

Elle fait partie de la Fédération internationale des droits de l'homme.

1 Histoire
2 Prises de position récentes
3 Liste des présidents de la LDH
4 Liste des secrétaires généraux de la LDH
5 Membres célèbres
6 Liens externes
7 Notes et références

Histoire

La LDH est officiellement enregistrée le 4 juin 1898, soit même avant le vote de la loi de 1901 sur les associations, par le républicain Ludovic Trarieux en défense du capitaine Dreyfus. Se basant sur une défense stricte des droits individuels, au pied de la lettre de la Déclaration des Droits de l'Homme de 1789, la LDH des débuts ne s'intéresse pas aux droits sociaux. Dès lors, elle se mobilise pour la sensibilisation de l'opinion publique.

Vers la défense des droits sociaux

Quand Trarieux malade démissionne le 19 octobre 1903, il est remplacé à l'unanimité par le jaurésien Francis de Pressensé. Il y entreprend des réformes statutaires pour lui donner plus de vigueur démocratique et engage la LDH sur la voie de la défense des droits sociaux, notamment par le biais de la défense des syndicalistes, notamment dans la fonction publique où le syndicalisme est alors interdit, comme Marcel Nègre. En mai 1909, la LDH apporte son soutien aux sept postiers appelés à comparaître devant le conseil de discipline pour avoir « préconisé l'entente entre les travailleurs de l'État et ceux des industries privées »; après un vif débat, il est décidé d'organiser un meeting en leur soutien, qui rassemblera plus de 6000 personnes. À l'issue du congrès ouvert le 29 mai, cette dérive sociale est contestée par une forte minorité: un tiers des 90 000 ligueurs démissionnent, dont Gabriel Trarieux, fils de Ludovic Trarieux.

La LDH se veut un lieu de recours contre les injustices ou l'arbitraire. Son 3e président Ferdinand Buisson dira qu'il y a « une affaire Dreyfus partout où il y a un ouvrier qui souffre, un enfant sans instruction, un travailleur sans défense, un vieillard sans asile. »

La LDH et les deux guerres mondiales

En 1914, la LDH rejoint l'Union sacrée en invoquant la nécessité de « briser la dictature militaire d'une puissance qui, ayant fait de la guerre son industrie, l'a imposée aux autres ». À son congrès de 1916, elle s'oppose à toute « paix prématurée », ce qui ne l'empêche pas de défendre les Soldats fusillés pour l'exemple. Une minorité se forme après-guerre qui critiquera notamment le Traité de Versailles; cette minorité se maintiendra jusqu'en 1937.

Son Congrès de Tours en 1937 voit l'affrontement entre les partisans de la fermeté face au nazisme et une minorité pacifiste menée par Félicien Challaye, Gaston Bergery ou Léon Emery, dont beaucoup démissionnent de la LDH. Certains suivront la voie de la Collaboration.

La LDH perd une large part de son crédit lors des procès de Moscou qu'elle ne dénonce pas, prétextant que les condamnés se sont eux-même reconnus coupables.

La LDH est dissoute en juin par le gouvernement de Vichy. Ses archives sont confisquées par les Allemands, puis passeront aux mains des Russes, avant d'être rapatriées en France à la fin du siècle. Plusieurs de ses membres mourront en déportation ou pour faits de Résistance, dont Victor Basch. Elle se reconstitue clandestinement en 1943, avec un comité central comprenant notamment Pierre Cot, René Cassin et Félix Gouin. La LDH est reconstituée à la Libération et porte Paul Langevin, qui vient d'adhérer au PCF à sa présidence.

Dans la seconde moitié du XXème siècle

La LDH a joué un rôle important de mobilisation et de sensibilisation contre la colonisation, contre les guerres coloniales (Indochine et Algérie notamment). Elle continue ainsi à s'engager fortement pour la reconnaissance des crimes et tortures perpétrées par les Français en Algérie. Elle se bat également pour que toute la lumière soit faite sur le crime contre l’humanité commis par l’État français le 17 octobre 1961. En effet ce jour là, des dizaines d’Algériens venus manifestés de façon non-violente contre le couvre-feu qui leur était imposé étaient assassinés à Paris par des fonctionnaires de police aux ordres de leurs supérieurs. La LDH réclame l'accès de toutes les archives sur cette période pour les historiens.

Autre combat, celui que la LDH mène dans les années 70 pour défendre les libertés dans l'armée (avec la création du collectif Droits et libertés dans l'institution militaire, le DLIM, en 1977), en faveur de réformes législatives pour la liberté de la contraception et de l'avortement, l'abolition de la peine de mort et l'abolition de lois répressives comme la loi dite ' Sécurité et liberté '.

A la fin du XXe siècle, la législation de plus en plus restrictive sur le droit des étrangers fournit la plus grande partie de son activité contentieuse. Elle milite pour l'abolition des lois restrictives les concernant (ordonnance de 1945 sur les étrangers, loi Pasqua, loi Debré…), pour la régularisation de tous les sans-papiers, pour la reconnaissance des diplômes des médecins étrangers, et, depuis 1980, pour le droit de vote des résidents étrangers aux élections locales.

A la fin 2004, la LDH comptait 7478 adhérents, répartis en 309 sections et 57 fédérations. Ce chiffre est à comparer avec les 170 000 adhérents de son apogée en 1932.

Prises de position récentes

Elle revendique pour l'abrogation de la loi reconnaissant le rôle positif de la colonisation de la France.

La LDH prend aussi position pour la reconnaissance du droit de vote et d’éligibilité des résidents étrangers aux élections locales lors de la deuxième opération « Votation citoyenne » qui s’est déroulée du 5 au 11 décembre 2005 et a rencontré un succès certain auprès de la population. Plus de 60 000 personnes dans plus de 120 villes de France ont déposé un bulletin dans l’urne pour répondre à la question, et le résultat fut supérieur aux attentes: 91,2 % de votants se sont prononcés en faveur de cette disposition au programme de François Mitterrand en 1981.

Elle milite aussi dans le cadre des réformes des prisons revendiquée depuis 1970 par Michel Foucault et le Groupe d'information sur les prisons, s'appuyant sur le comité des Ministres du Conseil de l’Europe, réuni le 11 janvier 2006, qui a adopté la nouvelle version des « règles pénitentiaires européennes ».

Prises de position politique

Le mouvement ne cache pas son ancrage à gauche puisque selon la LDH elle même 'un tiers des membres de la LDH est inscrit dans un parti politique, plutôt un parti de gauche et surtout au parti socialiste. Et un ligueur sur deux a appartenu à un parti.' Guillaume Marrel, Stéphanie Dussaud' Le militantisme à la Ligue des droits de l'homme' (mars 1999), Site officiel de la LDH Liens externes

Pendant l'entre deux tours des élections présidentielles française de 2007, la LDH appelle 'à voter et faire voter, le 6 mai 2007, pour Ségolène Royal' dans un communiqué intitulé 'Barrons la route à l'autoritarisme'. La LDH craint, en cas de victoire de Nicolas Sarkozy, que 'le bon fonctionnement de la démocratie, l'effectivité de la citoyenneté et le respect des principes de liberté, d'égalité et de fraternité [ne soient] en jeu'. La Ligue des droits de l'homme appelle à voter pour Ségolène Royal, contre Nicolas Sarkozy Liens externes, communiqué de la LDH

Polémiques

La LDH a été critiquée, y compris par une partie de ses membres, pour s'être opposée aux mesures d'exclusions scolaires prévues en cas de non-respect de la loi du 15 mars 2004.

La LDH se trouve également critiquée pour être souvent avec le MRAP contre des intellectuels comme Michel Houellebecq ou Louis Chagnon. La LDH a été critiquée pour ce qui est perçu comme son islamophilie (elle prend pourtant parti en faveur de la liberté d'expression des dessinateurs de presse sans aucun équivoque lors de l'affaire des caricatures de Mahomet) et pour son soutien à des personnalités de gauche condamnées pour des crimes graves par contumace , comme Cesare Battisti ou Ira Einhorn, ce qui lui a valu des accusations d'aveuglement et de partialité.

La LDH apporte ainsi son soutien à des membres des Brigades rouges, terroristes italiens d'extrême-gauche lors des années de plomb, réfugiés en France avec l'appui de François Mitterrand avant d'être menacés d'extradition sous Jacques Chirac : François Mitterrand n'avait cependant jamais promis de protéger des personnes coupables de crime de sang. La LDH revendique un nouveau procès pour les assassins en fuite jugés par contumace dans leur pays, en s'appuyant sur un arrêt de la Cour européenne des droits de l'homme demandant des procès 'équitables'. Paolo Persichetti a toutefois été extradé en 2002, et Cesare Battisti a pris la fuite pour échapper à une procédure d'extradition.

De manière plus générale, la LDH se voit accusée de pratiquer le droits-de-l'hommisme. À Jean-Pierre Chevènement qui, en 1999, fustigeait le 'droits-de-l'hommisme de pacotille' répondent, comme en écho, les déclarations de Nicolas Sarkozy contre 'tous les droits-de-l'hommistes de la création'. Nicolas Sarkozy s'opposa notamment à la LDH, ainsi qu'aux associations qui protestèrent contre son projet de loi sur la sécurité intérieure (LSI) en déclarant : 'Tous les droits-de-l'hommistes de la création passent devant la porte de Saint-Ouen en disant : 'Mon dieu, les pauvres' puis s'en vont pour aller dîner en ville' (dans un entretien au journal Le Monde, 24 octobre 2002). Le rapport annuel de la LDH dénonce l'année 2003 comme ayant représenté une année critique pour la situation des droits de l'homme en France. En préambule de ce rapport, le président de la LDH n'hésite pas à assurer qu''en un an et demi', nous avons assisté au 'plus grand recul des droits de l'Homme en France depuis la guerre d'Algérie'.

Dans Le Monde fin 2006Le Monde, 24 novembre 2006, deux membres du comité central de la LDH Antoine Spire et Cédric Porin annoncent et justifient leur démission, en reprochant notamment à la Ligue sa complaisance à l'égard de l'islam radical OU encore sa culture de repentance postcoloniale. Pendant la guerre du Liban, écrivent-ils, la LDH demandait légitimement que soient sanctionnés les crimes de guerre contre les populations civiles libanaises, mais oublia les populations civiles israéliennes victimes de bombardements. On peut aussi se demander pourquoi le Proche-Orient sollicite un tel engagement de la Ligue, qui ne dit presque rien à propos du Darfour ou de la Tchétchénie, ou se tait devant les discours négationnistes et antisémites du président iranien.

Henri Leclerc, président d'honneur de la LDH, leur a répondu peu après point par point, pointant notamment sur le conflit libanais le communiqué LDH du 11 août 2006 affirmant que les agressions contre les villes israéliennes relèvent du crime de guerre avéré et au sujet de Robert Redeker qu'autant les menaces contre sa personne sont intolérables, la LDH ne doit s'empêcher de constater que ses propos sont une charge haineuse contre l'islam et non contre ses dérives. En s'étonnant du vocabulaire employé au sujet du colonialisme, M Leclerc rappelle avec fierté l'opposition de la Ligue à l'article 4 de la loi du 23 février 2005, tout comme la réprobation précoce des propos du président iranien concernant les Juifs. Au-delà des débats religieux, M Leclerc revendique le choix de la LDH de ne pas limiter son intervention aux questions de libertés formelles pour délaisser la question sociale, invoquant la poursuite l'œuvre de René Cassin pour la reconnaissance des droits économiques, sociaux et culturels.La LDH fidèle à son histoire et à ses principes, Henri Leclerc, Le Monde, page 25, 5 décembre 2006

Liste des présidents de la LDH

Liste des secrétaires généraux de la LDH

Membres célèbres

Liens externes

Notes et références

  • Hommes et Libertés n°128: 1898-2004: une mémoire pour l'avenir
  • 'Un combat dans le siècle' de Bernard Deljarrie et Bernard Wallon - edi/LDH - juin 1988
  • AGRIKOLIANSKY, E., La ligue française des droits de l’homme et du citoyen depuis 1945. Sociologie d’un engagement civique, L’Harmattan, « Logiques politiques », 2002
  • William D. Irvine, Between Justice and Politics: The Ligue des Droits de l’Homme, 1898-1945, Stanford University Press, Stanford, 2007, 253 p.

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