Littérature en sanskrit
Les œuvres les plus fameuses sont des textes sacrés hindous (les Veda, les
Upanishad, le
Mânavadharmaśhâstra) mais aussi de grandes épopées (le
Râmâyana et le
Mahâbhârata).
C'est le grammairien Pânini qui fixa, dans son traité intitulé Ashthâdhyâyî, les règles de la grammaire, de la phonétique et de la phonologie du sanskrit, et ce, avant le début de l'ère chrétienne.
Kâlidâsa, considéré comme le Shakespeare du sanskrit, a écrit des pièces très fameuses comme Râghuvamśha ou Shâkuntalâ.
On peut également citer les œuvres des dramaturges Shûdraka (Mrichhakatikâ), Bhâsa (Pancharâtra, Pratimânâtaka, Svapnavâ-savadattâ) et du roi Harshavardhana (Ratnâvalî). D'autres œuvres célèbres ont aussi été écrites en sanskrit comme le Kâmasûtra de Vâtsyâyana, les traités sur l'art de la politique (Chânakyanîtishâstra, Vriddhachânakya...) de Chânakya ou un fameux traité d'hippologie (Ashvavaidyaka) de Jayadatta.
Littérature en prâkrit
Le prâkrit le plus fameux est le
pāli dans lequel ont été écrites de nombreuses œuvres telles que des écrits philosophiques ou religieux, notamment
bouddhistes, de la poésie ou encore des traités de grammaire.
Il faut cependant noter que les suttas (mot équivalent au sanskrit sûtra) du canon pāli du bouddhisme ne sont pas œuvres littéraires comme nous les entendons aujourd'hui ; ces suttas sont en effet des discours qui ont été transmis sous forme orale pendant plusieurs centaines d'années avant d'être couchés sur le papier (voir aussi l'article sur les textes du bouddhisme).
Littérature en tamoul classique
Le tamoul est considéré (après le sanskrit) comme la deuxième langue classique de l'inde. Le gouvernement de l'Inde vient d'ailleurs, en
2004, de lui accorder le statut officiel de « Classical Language ». Il possède une riche littérature qu'on ne peut malheureusement pas dater avec précision, les feuilles de palmier sur lesquelles elle a été transmise (par copies successives) ne pouvant pas survivre plus de 300 ans dans les conditions climatiques de l'Inde du Sud. Certains affirment que la littérature tamoule est vieille de plus de 2500 ans, mais les seules choses qui peuvent être datées avec précision sont les traces épigraphiques.
Il est également souvent affirmé que l'œuvre la plus ancienne est un traité de Grammaire et de Poétique, le
Tolkāppiyam (attribué à Tolkāppiyaār), mais il est possible que le Tolkāppiyam tel que nous l'avons aujourd'hui soit l'aboutissement d'un processus d'accrétion, où des parties composées par des auteurs distincts auraient été regroupées par un ultime rédacteur.
L'âge d'or de cette littérature, et notamment la poésie, se situe probablement entre le Ie et le IVe siècle mais peu de choses sont connues de façon certaine. Un récit de caractère légendaire, qui se trouve dans l'introduction du commentaire sur le Kaaviyal ea Iaiyaār Akapporu, explique que les poètes se réunissaient en académies appelées cakam (prononcer « sangam »). C'est pourquoi on désigne souvent aujourd'hui la littérature tamoule classique par le nom de « Littérature du Sangam ». Les textes qui la composent sont d'inspiration non-religieuse pour la plupart. Ils ont été réunis en anthologies à une date mal déterminée. Ces anthologies ont elles-même été regroupées en une super-anthologie, qui est appelée Eut Tokai « Les Huit Recueils ». Dans le même ordre d'idées, on peut citer aussi d'autres regroupements d'œuvres comme les Pattup Pāu « Dix (longs) Chants » et les Patie Kīkkaakku, un recueil de 18 œuvres dont la plus célèbre est le Kua.
Ce n'est qu'à partir du que la littérature s'est inspirée de la religion, notamment au travers des cultes de Shiva ou de Vishnou.
Littérature en tamoul moderne
On fait généralement commencer la littérature tamoule moderne au XIX siècle. Une des conditions qui l'ont rendu possible a été la libre utilisation de l'imprimerie qui n'avait été jusque là utilisée que par les missionnaires et le gouvernement colonial.
Alors que la littérature classique était (en fait sinon en intention) réservée à une élite lettré, ne pouvait être comprise que grâce à un entrainement spécial et fonctionnait dans un système de diglossie, la littérature moderne pourrait sans doute se caractériser par le fait qu'elle visait un public différent, beaucoup plus vaste, bien qu'elle ait pendant très longtemps utilisé exclusivement le tamoul formel. Le XX siècle verra l'apparition du tamoul parlé (dialectal ou standard) tout d'abord dans les dialogues et parfois dans la narration.
Littérature en hindî
Littérature classique
La littérature en hindî est abondante dès le , bien que la langue ne soit encore qu'un dialecte. Le premier texte littéraire considéré comme important est le
Prithirâj Râsau, écrit par Chand Bardâî au . Il faut attendre le pour que la langue soit fixée, notamment par les œuvres des philosophes
Kabîr ou Râmânanda.
Littérature moderne
Chhâyâvâd
La littérature moderne a, quant à elle, connu différents mouvements comme le Chhâyâvâda - école dite 'ombriste' - désignant la poésie symboliste des
années 1920 et
30
Pragativâd
Le Pragativâda, ou école des progressistes, influencé par le réalisme social d'inspiration
marxiste, nait à la fin des années 30. Les écrivains de ce mouvement, fortement imprégnés de l'esprit gandhien, décrivent les réalités rurales de leur époque sans aucune complaisance. La mise en lumière de l'exploitation des classes paysannes, la dénonciation de leur condition de travail font l'objet de longues descriptions.
Les écrivains progressistes se réunissent pour la première fois à Lucknow en 1936. Ce congrès est dirigé par le célèbre romancier
Premcand. Dénoncer les injustices sociales de l'Inde rurale devient le but explicite de cette nouvelle génération d'écrivains.
Prayogvâd
L'école expérimentaliste ou en hindi 'prayogvâd', fondé par Agyeya, va à la découverte de l'
existentialisme de Sartre et Camus.
Naî kavîtâ
Le mouvement de la 'Nai kavita' (Nouvelle poésie) nait sous la bannière du poète, nouvelliste et romancier Agyeya avec la publication en 1943 d'un recueil de textes de 7 jeunes poètes inédits, le 'Tar saptak' (ou octave supérieure), qui prônent ensemble une rupture des codes esthétiques et thématiques classiques. Le mouvement s'inspire à la fois des innovations formelles instituées par le poète T.S. Eliot et des revendications 'individuelles' du mouvement de l'expérimentalisme (Prayogvâd). Les poètes les plus représentatifs du mouvement sont Agyeya, Kedarnath Singh, Kunwar Narayan, Muktibodh et S.D. Saxena.
Naî kahânî
Dans les années 50, le mouvement novateur de la Naî Kahânî, littéralement la 'nouvelle nouvelle', bénificie d'un impact considérable dans le champ littéraire. L'une des plus importante figure de ce mouvement est le célèbre romancier, nouvelliste et dramaturge Mohan Rakesh.
Littérature en bengalî
C'est autour du qu'ont été écrites les premières œuvres en bengalî, essentiellement des textes d'inspiration religieuse, comme la
Gîta Govinda. Du
XIIe au XIVe siècle, l'occupation musulmane porte un coup d'arrêt à la création littéraire. Mais à partir du , alors que le sanskrit est la langue des écrits religieux, le bengalî devient la langue de la connaissance, avec des auteurs comme Krittibâs, Mâlâdhara Basu ou encore Khâshirâm Dâs.
Au , la littérature s'inspire du folklore et des divinités locales et des poèmes (bânchâli) sont chantés par des bardes itinérants, les Bâuls.
Enfin, la colonisation britannique va avoir une influence certaine sur la littérature bengalîe qui deviendra plus « engagée », avec notamment Rabîndranâth Tagore qui reçoit le Prix Nobel de littérature en 1913.
Littérature en ourdou
La littérature en ourdou est surtout connue pour sa poésie, et notamment la forme du
ghazal, commune au
persan et à l'
arabe.
On attribue à Mullâ Vajhî le premier texte poétique écrit en ourdou au XVIIe siècle (Sab Ras). Au XVIIIe siècle, de nombreux poètes faisaient l'admiration des cours mogholes au sein lesquelles l'ourdou était largement répandu.
Au début du , la plupart des écrivains musulmans du nord de l'Inde écrivaient en ourdou.
Littérature en panjâbî
Ce n'est que vers le milieu du XVIe siècle qu'apparaît une littérature panjâbî, essentiellement religieuse. Ces textes, souvent rédigés sous la forme de questions/réponses, sont appelés Janamsâkhî et sont, pour la plupart, des biographies du
gurû Nanak destinées à un large public.
Au fil des années, les écrivains panjâbî ont délaissé les sujets religieux pour se consacrer à la narration d'épopées sikhs, de récits guerriers, de fables et de contes.
Littérature en marathî
La littérature marathî est connue depuis le XIIe siècle, notamment par les œuvres des poètes
Toukaram, Nâmdev et Dnyaneshwar. Elle est surtout célèbre pour ses ballades guerrières (
pawada) et ses récits historiques (
bakhar).
Autres littératures en langues vernaculaires ou autres langues hors des Indes
Des écrivains nés d'ascendants indiens, outre la sphère anglophone, ont donné des œuvres reconnues en langue française.
L'originalité de cette écriture née hors des Indes provient du fait que des thèmes nouveaux ont fait leur apparition, surtout dans le traitement de la mer, considérée comme espace de créations nouvelles, alors qu'en tant que kala pani, eaux noires, dans les textes indiens antérieurs, elle est considérée comme tabou, donc chargée d'une symbolique négative. Des auteurs tels que Khal Torabully, Natacha Appanah, Ananda Devi, Amal Sewtohul, Shenaz Patel ou Umar Timol n'hésitent pas à inscrire de nouvelles références mythologiques, de nouvelles formes linguistiques et de récits singuliers dans leurs textes.
Littérature moderne en anglais
Au XXe siècle, de nombreux écrivains indiens se sont distingués par leurs récits de fiction en langue anglaise.
On peut citer Rasipuram Krishnaswamy Narayan, Vikram Seth, Salman Rushdie, Arundhati Roy, Raja Rao, Khushwant Singh, Amitav Ghosh, Rohinton Mistry, Vikram Chandra, Mukul Kesavan, Shashi Tharoor, Nayantara Sehgal, Anita Desai, Shashi Deshpande, Jhumpa Lahiri, Anita Nair ou encore Bharati Mukherjee et Abha Dawesar
Littérature moderne en français
Des auteurs de parents d'origine indienne ont, ces deux dernières décennies, construit une œuvre originale dans la langue de Molière. On peut citer :
Khal Torabully
Natacha Appanah
Amal Sewtohul
Ananda Devi
Umar Timol
Yusuf Kadel
Issop Banian
Firmin Lacpatia
Voir aussi
Lien interne
Bibliographie
- Louis Renou, Jean Filliozat, L’Inde classique : manuel des études indiennes, Paris : Payot, 1947 [i.e. 1949]-53
- Louis Renou, Jean Filliozat, L’Inde classique : manuel des études indiennes, Tome II avec de concours de Paul Demiéville, Olivier Lacombe [et] Pierre Meile, Paris : Imprimerie Nationale, 1953
- Anne Castaing, 'Ragmala : Les littératures en langues indiennes traduites en français', 2005, l'Asiathèque.