Indiaocéanisme
Ce néologisme naquit en
1961, quand le Mauricien Camille de Rauville conçut que les littératures de l'océan Indien revêtaient des spécificités qui pouvaient, cependant, présenter un substrat commun, notamment autour du polylinguisme et du métissage. Voilà ce que disait l'auteur de l'indianocéanisme:'Le climat, le
métissage psychique commun aux divers pays et races mêlées qui composent le substrat des îles australes de l'
océan Indien et qui se manifeste à travers le brassage de leurs ethnies, de leurs coutumes, de leurs pensées et croyances ainsi que dans leur(s) littérature(s).'
Mythe et brassage
A
Maurice et à
Madagascar, on rencontre des textes littéraires brasant des éléments d'
oralité, d'oraliture, du créole, du français, de l'
hindi, parmi d'autres langues et dialectes. Le mythe de la
Lémurie, développée par
Jules Hermann, et reprise par Malcolm de Chazal et Robert Edward Hart, indique un mythe tellurique fondateur, qui relierait ces îles dispersées en une contrée de l'imaginaire, qui aurait une genèse géographique commune. S'y retrouvent le
métissage, la nature
rousseauiste, le
multiculturalisme, la prévalence de la
francophonie.
Ce concept avait pour objectif de créer une unité par ces thèmes, afin de désenclaver Madagascar, Maurice, La Réunion, Les Seychelles, Comores et Rodrigues et de les positionner non plus en périphérie d'autres espaces dominants mais en centre d'une histoire réappropriée.
Coolitude
Cette poétique née de la diversité de l'océan Indien, premier océan de la
mondialisation, ne s'appuie pas sur la catégorisations définies par l'indiaocéanisme, en privilégiant une mise en relation par ce qu'on appelle l'imaginaire corallien.
En effet, la coolitude se défie des paradigmes raciaux ou ethniques, investissant davantage dans l'imaginaire et des théories issues du postmodernisme, du poststructuralisme et des études postcoloniales, pour engager un dialogue ouvert sur le monde, notamment avec la créolisation proposée par Edouard Glissant ou les pensées d'Umberto Eco, de Jacques Lacan, de Homi Bhabha, Edward Said ou de Spivak, parmi d'autres.
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