Biographie
Enfance
Luis Buñuel est né en 1900 à Calanda (Aragon), dans une petite ville réputée pour son 'obscurantisme' religieux.
Il vient au monde dans une famille nombreuse mais riche et par conséquent il suivra une éducation jésuite. Toute son œuvre fut marquée par cette contrainte.
La jeunesse
À 17 ans, il part à Madrid pour commencer des études supérieures, il rencontre Salvador Dali et Federico Garcia Lorca, apporte son soutien au mouvement dadaïste.
En 1925, il vient à Paris. Il arrive à se faire embaucher comme assistant réalisateur de Jean Epstein, sur le tournage, en 1926, de « Mauprat », puis, en 1928, de « La Chute de la maison Usher ».
En 1928, avec l'aide matérielle de sa mère, Luis Buñuel tourne son premier film
Un chien Andalou dont le scénario est écrit en collaboration avec
Salvador Dalí. Dans un premier temps, ce film est projeté en privé pour
Man Ray et
Louis Aragon. Très enthousiastes, ces derniers demandent à Buñuel d'organiser une scéance pour les
surréalistes.
Le 30 novembre 1930, après la première projection du film L’Âge d’or co-réalisé avec Salvador Dalí, (selon José Pierre : « Peut-être l'unique film intentionnellement surréaliste », la censure exige des coupes. Quelques jours après, la Ligue des patriotes et la Ligue anti-juive saccagent le Studio 28 (rue Montmartre, à Paris) qui projette le film et propose dans son hall une exposition d'œuvres surréalistes. Ce saccage est le déclenchement d'une virulente campagne de presse contre les surréalistes, et le préfet de police Chiappe[Selon Le journal d'une Femme de chambre, les manifestants défilent en criant « Vive Chiappe »] fait saisir le film. En fait, seule la copie de projection sera saisie, le négatif restera à l'abri de la destruction[Probablement chez Anna de Noailles], mais l'interdiction ne sera levée qu'en 1980.
Les États-Unis
Entre 1933 et 1935, Buñuel travaille pour des compagnies américaines. La guerre civile qui éclate en Espagne le bouleverse. Il participe à un documentaire pro-républicain « Madrid 36 », puis il se rend aux États-Unis. Il travaille à démontrer l'efficacité et le danger des films de propagande nazis (il utilise en particulier un film de Leni Riefenstahl).
Mais il ne cache pas son anticatholicisme et son marxisme et subit des pressions. Finalement Buñuel est contraint de s'exiler au Mexique.
Le Mexique
En 1947, il est au Mexique et reprend alors sa carrière de réalisateur. « Los Olvidados » présenté au Festival de Cannes, est une œuvre remarquable. « El » et « Archibald de la Cruz », ses meilleurs films mexicains sont plein de référence à Sade, à la religion, à la bourgeoisie. « Nazarin » marque l'apogée de sa période mexicaine.
Retour en Europe
Buñuel se voit proposer un tournage en Europe, il s'agit de « Viridiana », qui obtient la palme d'or au Festival de Cannes mais surtout provoque de gros remous politiques, diplomatiques et religieux. Le régime de Franco, après avoir permis le tournage et accepté que le film représente l'Espagne au Festival finit par l'interdire complètement. Les copies espagnoles sont saisies et détruites mais le film est distribué normalement en France. Le film est distribué en Espagne en 1977, deux ans après la mort du Caudillo.
Suivent L'Ange exterminateur, Le Journal d'une femme de chambre, infidèle adaptation du célèbre roman d'Octave Mirbeau, et son dernier film mexicain, le surprenant Simon du désert.
Buñuel vient régulièrement tourner en France, en particulier avec Jean-Claude Carrière. Ses films sont toujours aussi puissants et en lutte contre la bourgeoisie dominatrice: « la Voie lactée », « Belle de jour ». Il tourne Tristana en Espagne, à Tolède malgré l'incident provoqué par Viridiana.
Il reçoit l'Oscar du meilleur film étranger pour « le Charme discret de la bourgeoisie » et choisit d'arrêter sa carrière de réalisateur en 1976 avec « Cet obscur objet du désir ».
Filmographie
Certains de ses films français sont signés Luis Bunuel (sans ~). Le titre original espagnol, quand il est différent a été indiqué sous forme (es:)
La période des surréalistes
Les films alimentaires et les films militants :
en Espagne :
1933 : Terre sans pain('Las Hurdes' ou 'Tierra Sin Pan')
1935 : Don Quintin el amargo, signé par Luis Marquina, co-réalisé par L. Bunuel
1935 : La hija de Juan simon (La fille de Juan Simon), signé par José Luis de Heredia, co-réalisé par L Bunuel, Eduardo Ugarte, Nemesio Manuel Soldevilla
1936 : Quien me quiere a mi ?, réalisé par José Luis Saens de Heredia (scénario : L. Bunuel et E. Ugarte)
1936 : Centinela alerta !!, signé par Jean Grémillon (co-réalisé par L. Bunuel)*
1937 :
Espagne 37 (España Leal En Armas'')signé par Jean-Paul Le Chanois alias JP Dreyfus, Produit par L Bunuel.
aux USA :
1941 : Triumph of the will (montage de propagande anti-nazi avec des films de Léni Riefenstahl et Hans Beltram).
1946 : La bête à cinq doigts, de Robert Florey (scénario de Curt Siodmak et L Bunuel)
- 1946 : Gran Casino (En El Viejo Tampico)
Les longs métrages
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes
Bibliographie
- Marcel Oms, Don Luis Bunuel
- Ado Kyrou, Luis Bunuel
- Freddy Buache, Bunuel
- Fernando Cesarman, L'œil de Bunuel
- Marie-Claude Taranger, Luis Bunuel, le jeu et la loi
- Maurice Drouzy, Luis Bunuel, architecte du rêve
- Entretiens avec Max Aub
Sources