Les organismes utilisés en lutte biologique
Les auxiliaires qu'on cherche à utiliser sont le plus souvent des
insectes entomophages ou des
acarienss
entomophage ou
parasitess. Un prédateur bien connu est par exemple la
coccinelle qui se nourrit de
pucerons. Contre la
pyrale,
Ostrinia nubilalis ravageur du
maïs, on utilise couramment une espèce de
trichogramme qui est un micro-
hyménoptère Trichogrammatidae (0,5 mm) dont les larves se développent au détriment des œufs de pyrale.
D'autres auxiliaires peuvent aussi être des bactéries ou des viruss qui provoquent certaines maladies chez les insectes nuisibles. On parle de muscardine dans le cas de champignons.
Dans certains cas on a même utilisé des poissons. Ainsi, exemple pris hors de l'agriculture, pour lutter contre la prolifération des anophèless, moustique vecteurs du paludisme, l'Institut Pasteur d'Algérie introduisit avec succès dans ce pays en 1926 un petit poisson du Texas, la gambouse (Gambusia) qui se nourrit des larves de moustiques dans les eaux stagnantes.
Les diverses formes de lutte biologique
Une forme particulière est la lutte « autocide » : on fait appel à des
mâles stériles, qui lâchés en grand nombre concurrencent les mâles sauvages et limitent très fortement la descendance des femelles. Cette méthode est bien adaptée aux cultures sous serre.
Une méthode proche est celle qui consiste à utiliser des phéromones (hormone sexuelle) pour attirer les mâles dans des pièges ou tout simplement les désorienter par confusion.
L'utilisation de ces méthodes est encore limitée à cause des difficultés techniques qu'elle rencontre, pour identifier les auxiliaires utiles, qui soient spécifiques des objectifs de lutte, et ensuite assurer leur production en masse pour permettre une mise en œuvre à grande échelle.
De plus en plus la lutte biologique entre dans un cadre plus large, la lutte intégrée qui associe tous les moyens de lutte disponibles, chimique, biologique, mécanique, thermiques... et qui vise non pas à éliminer totalement les ravageurs, mais à maintenir leur population en dessous d'un seuil supportable économiquement parlant.
Les Hyménoptères et la lutte biologique
A l'exception de quelques groupes supérieurs prédateurs (
Formicidae,
Sphecidae,
Vespidae), les Hyménoptères utilisés en
lutte biologique sont avant tout des parasites, utilisés contre des phytophages.
Parmi les insectes parasitoïdes, les Hyménoptères sont, de loin, les plus fréquemment utilisés en lutte biologique contre des ravageurs avec 88% des essais de lutte contre 12% pour les Diptères, essentiellement des Tachinidae.
La plupart des tentatives de lutte biologique par Hyménoptères ont été faites avec des insectes appartenant aux 2 super familles suivantes : les Chalcidoidea (58%) et les Ichneumonoidea (31%).
Deux formes de lutte biologique sont envisagées :
- Augmenter artificiellement les populations de parasites par des apports extérieurs.
- Faciliter leur multiplication spontanée par un aménagement judicieux de leur environnement, en supprimant toute cause susceptible de nuire à leur survie.
On peut intervenir :
- soit en diversifiant le nombre d'espèces entomophages (intervention qualitative) par l'introduction et l'acclimatation dans le milieu d'entomophages nouveaux d'origine exotique.
La lutte biologique classique consiste en l'introduction d'espèces exotiques capable de réguler à long terme les populations d'un ravageur, ce dernier ayant été lui même le plus souvent introduit accidentellement.
- soit en augmentant le niveau de population d'espèces présentes par multiplication (intervention quantitative) en insectarium et lâchers périodiques dans les cultures. La production et la libération massive d'entomophages efficaces, soit par libération inoculative (lutte préventive), soit par lâchers inondatifs (lutte curative) le plus souvent répétitif.
Les
avantages d'une lutte biologique par utilisation de parasites sont :
- Une grande autonomie et une importante mobilité se traduisant par de bonnes capacités de dispersion, de découverte du ravageur et de survie dans le milieu.
- Une bonne capacité d'autopropagation, avec un effet durable, voire permanent et modérément amplifié du moment que l'hôte soit disponible.
- Une sécurité exceptionnelle pour la santé humaine et le respect de l'environnement.
- Une spécificité élevée permettant le ciblage précis d'un ravageur donné ou d'un groupe apparenté.
Par contre, les
désavantages de leur utilisation sont :
- Le coût élevé de leur production en masse qui nécessite un mode d'alimentation particulier.
- La difficulté de leur transport sur les lieux d'intervention ainsi que leur stockage.
- La longueur relative de leur délai d'action.
- L'incertitude quant au niveau de contrôle atteint, lié à leur environnement.
- Leur spécificité élevée qui limite la gamme de ravageurs visés et leur possibilité d'autopropagation quand leur hôte est faiblement présent.
Exemples de lutte biologique
Références
- Hoddle M.S., Grandgirard J., Petit J., Roderick G.K., Davies N., (2006). Glassy-winged sharpshooter Ko'ed - First round - in French Polynesia. Biocontrol News and Information 27(3), 47N-62N
- Vincent C., Coderre D. (1992), La lutte biologique, Gaëtan Morin
Voir aussi
Liens externes