Biographie
Né vers
857 prés de Tur en
Iran, son grand-père, selon la tradition, était un
zoroastrien et descendait de Abu Ayub, un compagnon de
Mahomet. Son père vint travailler dans le ville de
Wasit et se lança dans le commerce de la laine. Son nom signifie : le cardeur de laine.
Peu satisfait par l'enseignement traditionnel du Coran, et attiré par une vie ascétique, il fréquenta des maîtres du soufisme comme Sahl at-Tustari, 'Amr ibn 'Uthman al-Makki et Abu al-Qasim al-Junayd alors hautement respectés.
Sahl at-Tustari fut son premier maître qui vivait seul à Tustar dans le Kazakhstan. Il épousa la fille du maître soufi Abu Ya'qub al-Aqta'.
Al-Hallaj devint prédicateur en Iran, puis en Inde et jusqu’aux frontières de la Chine. Rentré à Bagdad, il est suspecté aussi bien par les sunnites que par les chiites pour ses idées mystiques (recherche de l’amour divin et de l’union de l’âme et de Dieu) et son influence sur les foules. Il est faussement accusé d'avoir participé à la révolte des Zanj, mais sa condamnation proprement dite résulte du fait qu'il avait proclamé publiquement 'Je suis la Vérité (Dieu)' ('Ana al haqq'), ce qui était vu comme une hérésie, aussi bien dans le Sunnisme que dans le Chiisme.
Cette affirmation, si elle ne doit théoriquement pas être publique, n'est pas incongrue dans le milieu soufi dans lequel le mystique étant 'fondu' dans l''océan de la divinité', ce genre de propos est considéré comme émanant d'un homme qui possède un rang spirituel très élevé. Les traductions de Louis Massignon viennent appuyer cette thèse, la plupart des versets du Diwan de Hallaj traitant de la 'science de l'Unité' (Tawhid).
Ne voulant renier ces propos publics, Hallaj est condamné à mort et supplicié à Bagdad le 27 mars 922s. Il restera un des plus grands martyr du soufisme et son supplice sera mentionné de nombreuses fois dans les écrits de Rûmî, par exemple.
Citations
- 'Quelle terre est vide de Toi pour qu'on s'élance à Te chercher au ciel ? Tu les vois qui Te regardent au grand jour mais aveugles ils ne Te voient pas'
- Poèmes Mystiques traduits par Sami-Ali (Albin Michel, 1998)
- 'Par orgueil je refusais le bonheur de l'amour. Et je subis le châtiment de l'orgueil'
- Poèmes Mystiques traduits par Sami-Ali (Albin Michel, 1998)
Œuvres
- Diwan, poèmes traduits et présentés par Louis Massignon, éd. du Seuil, 1955.
- Poèmes mystiques traduits et présentés par Sami-Ali, éd. Albin Michel, 1998.
Ouvrages sur Al Hallaj
- Louis Massignon, Akhbar Al-Hallaj, recueil d'oraisons et d'exhortations du martyr mystique de l'Islam, édition J. Vrin, collection Études musulmanes, 1975. Edition bilingue.
- Louis Massignon, Essai sur les Origines du Lexique technique de la mystique musulmane, éditions J. Vrin, Paris 1954.
- Jacques Keryell, Jardin Donné, Louis Massignon à la recherche de l'Absolu, éd. Saint-Paul, Paris, 1993.
- Louis Massignon, La passion de Husayn ibn Mansûr Hallâj, 4 vol, Gallimard, Paris 1975.