Biographie
Issu d'un père médecin et républicain convaincu, Berthelot fit de brillantes études au
lycée Henri-IV, s'intéressant entre autres à l'histoire et à la philosophie. C'est là qu'il fit la connaissance de
Renan qui avait quitté le séminaire et travaillait dans cet établissement comme maître d'études ; ils nouèrent une amitié qui devait durer jusqu'à la mort
[« Berthelot acheta une bible hébraïque, qui est encore, je crois, non coupée dans sa bibliothèque. Je dois dire qu'il n'alla pas beaucoup au-delà des shevas ; le laboratoire me fit bientôt une concurrence victorieuse. » Ernest Renan, Souvenirs d'Enfance et de Jeunesse.]. En effet, c'est à la Faculté des sciences de Paris qu'il entra par la suite. Il débuta vraiment ses recherches dans le laboratoire privé de
Théophile-Jules Pelouze, où il pouvait expérimenter à sa guise. Il entra au
collège de France comme préparateur d'
Antoine-Jérôme Balard, son ancien maître, en 1851.
Comme plusieurs autres chimistes de son temps, Berthelot débuta ses recherches sur des composés organiques de nature assez complexe. Il obtint son doctorat en 1854 grâce à sa thèse sur la structure et la synthèse des graisses et sur les combinaisons du glycérol avec les acides. Berthelot a fait sur les synthèses beaucoup de recherches fructueuses. Mais le domaine de ses intérêts était extrêmement large, et il est aussi l'auteur d'études historiques sur les alchimistes du Moyen Âge.
Berthelot a été professeur à l'École supérieure de pharmacie en
1859, professeur de chimie organique au Collège de France en
1865, une chaire que l'on créa à son intention. Il fut inspecteur général de l'enseignement supérieur en
1876.
Il a occupé les fonctions ministérielles suivantes :
La mort de Marcellin Berthelot est assez particulière : il avait maintes fois répété qu'il ne souhaitait pas survivre à son épouse Sophie Niaudet, malade et, en effet, quelques minutes après la disparition de celle-ci, le
18 mars 1907, il s'éteignit lui-même.
Son jubilé scientifique fut célébré solennellement. Désireux d'honorer le grand homme, mais prenant acte des circonstances de sa disparition, le gouvernement, qui décida le transfert des cendres de Marcellin Berthelot au Panthéon, estima logique de ne pas le séparer de sa femme, qui fut inhumée avec lui : c'est donc la première femme entrée au Panthéon. Pour cette occasion, Clemenceau, toujours caustique, aurait déclaré : .
Marcellin Berthelot est le père du diplomate Philippe Berthelot, du banquier, homme d'affaires et encyclopédiste André Berthelot, du chimiste Daniel Berthelot, du philosophe René Berthelot. Il est également l'arrière grand-oncle de René Berthelot, ancien directeur du conservatoire d'Orléans, compositeur, chef d'orchestre, et violonceliste.
Apports
- Ses travaux en thermochimie
- Ses travaux sur la réaction d'estérification
- Ses thèses sur les composés de synthèse,
- Ses recherches sur la chaleur, sur le principe de combustion,
- Ses recherches sur la saponification des corps gras, sur la glycérine,
tous travaux encore utiles de nos jours.
Son apport est aujourd'hui quelquefois controversé, en réaction au positivisme et au scientisme qui avaient cours à son époque. Selon Claude Allègre, le bilan de Marcellin Berthelot est terni par le fait qu'il ne reconnaissait pas la notion d'atomes. On lui attribue d'ailleurs cette phrase : « Le monde n'a plus de mystère ! »
Œuvres
- Introduction à la chimie des Anciens (1889)
Distinctions
Mandat électif
Bibliographie
- La Grande Encyclopédie (1885-1902).
- On lira avec intérêt un assez long passage que Renan lui a consacré dans Souvenirs d'Enfance et de Jeunesse.
- Émile Jungfleisch, « Notice sur la vie et les travaux de Marcelin Berthelot », Bulletin de la société chimique de France, 1913, 4e série, t. 13. (Recommandé par Jean Jacques comme contenant une liste complète et une analyse très poussée des travaux scientifiques.)
- Léon Velluz, Vie de Berthelot, Plon, 1964. (Complète le livre de Jungfleisch en ce qu'il s'attache à la vie privée de Berthelot.)
- Reino Virtanen, Marcelin Berthelot : A Study of a Scientist's Public Role, University of Nebraska Studies, 1965. (Recommandé par Jean Jacques comme « éclairant remarquablement l'homme public replacé dans l'histoire culturelle et politique de son temps ».)
- Jean Jacques, Berthelot 1827-1907, autopsie d'un mythe, Paris, Belin, 1987. (L'auteur, qui reconnaît ne pas aimer Berthelot, cherche à trier l'ivraie et le bon grain, non seulement dans son activité politique et idéologique, mais aussi dans son œuvre scientifique.)
Notes
Liens internes
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