Biographie
On affirme souvent à tort qu'il était jésuite. Or, s'il a bien été éduqué au collège jésuite de la Flèche, il n'a jamais rejoint la Compagnie de Jésus.
Il enseigna la théologie et la philosophie, à Nevers et à Paris.
En 1623, il critiqua violemment la Kabbale chrétienne et plusieurs de ses contemporains dans ses Questions sur la Genèse.
Mersenne est resté célèbre car, à une époque où la presse scientifique n'existait pas encore, il fut le centre d'un réseau d'échange d'informations, prémisse de la future Académie des sciences : sa très volumineuse correspondance (en latin et en français) avec d'autres mathématiciens et scientifiques de nombreux pays, comme Descartes, Gassendi, Peiresc, Pascal, Fermat ou Torricelli, en témoigne. Dès la fin de 1633, il publie les Mechaniques, manifestement pro-galiléennes (abjuration de Galilée: 22 juillet 1633).
Les nombres premiers de Mersenne sont restés une recherche active.
Cependant, les mathématiques n'étaient pas son unique centre d'intérêt ; il écrivit sur la théorie de la musique et sur d'autres sujets. Il publia les œuvres d'Euclide, d'Archimède et d'autres mathématiciens grecs.
Son œuvre dans le domaine de la physique fut également notable : étude de l'intensité du champ de gravitation au moyen du pendule, télescope à miroir parabolique, acoustique, vitesse de propagation du son, étude du vide (1644-1648), plans du premier sous-marin jamais construit, etc.
En tant que théoricien de la musique, il a publié une œuvre monumentale, l'Harmonie Universelle, qui représente la somme des connaissances de son époque, et qu'il a rédigée en sollicitant les conseils et informations de nombreux experts contemporains. C'est la seule source disponible de certaines œuvres, telle la Fantaisie pour orgue de Charles Racquet (publication achevée en 1637).
Ecclésiastique érudit, à la culture encyclopédique et aux centres d'intérêt multiples, Marin Mersenne peut être rapproché de son contemporain, le jésuite allemand fixé à Rome, Athanasius Kircher.
Il est également l'auteur d'œuvres proprement religieuses, visant à défendre le catholicisme comme L'impiété des déistes, athées et libertins de ce temps en 1624.
Ouvrages
1623 : Quaestiones celeberrimae in Genesim - Questions sur la Genèse
Cet ouvrage fut écrit comme un commentaire sur le livre de la Genèse et comprend des sections inégales introduites par des versets des trois premiers chapitres de ce livre. À première vue, le livre peut apparaître comme un ensemble de traités sur différents thèmes. Cependant, Robert Lenoble a montré que le principe d'unité dans l'oeuvre est une diatribe contre les arts magiques et divinatoires, la Kabbale, les philosophies animistes et panthéistes. Il mentionne les études de Martin Del Rio dans la magie et critique Marsilio Ficino pour avoir cherché le pouvoir dans les images et les caractères. Il condamne la magie astrale et l'astrologie et les anima mundi, concept populaire parmi les néoplatoniciens de la Renaissance. Alors qu'il autorisait une interpretation mystique de la Kabbale, il condamna violemment son application - particulièrement à l'étude des anges. Il critiqua aussi Pic de la Mirandole, Cornelius Agrippa et Francesco Gorgio prenant Robert Fludd comme cible principale. Fludd répondit avec Sophia cum moria certamen (1626), où il admit son implication dans Rose-Croix. Le Summum bonum (1629) anonyme, une autre critique de Mersenne, est un texte ouvertement rosicrucien. Le kabbaliste Jacques Gaffarel se joignit au parti de Fludd, alors que Pierre Gassendi défendit Mersenne.
1623 : L'usage de la raison
- éd. Claudio Buccolini, Paris, Fayard, Corpus des œuvres de philosophie en langue française, 2002, 122 p. Compte rendu rédigé par Jean-Pierre Cavaillé, paru dans la Revue Philosophique, CXXVII, 2002-4, p. 457-459

1626 :
Synopsis Mathematica
1634 : Questions inouïes et question harmoniques
1634 : Questions morales, théologiques et mathématiques
1634 : Les mécaniques de Galilée
1636 : L'Harmonie universelle, réédité aux éditions Fayard
1639 : Les nouvelles pensées de Galilée (traduction et commentaires des 'Discours concernant deux sciences nouvelles' de Galilée de 1638)
Bibliographie
- Correspondance du père Marin Mersenne, religieux minime, publiée par Mme Paul Tannery, éditée et annotée par Cornelis de Waard, avec la collaboration de René Pintard, vol. 1, 1617-1627, 666 pages, Paris, Beauchêne, 1933.
- Mersenne ou la naissance du mécanisme, Robert Lenoble, Vrin, 11 juillet 2000, ISBN-10: 2711604861
Voir aussi
liens externes