Géographie
Limites de la ville
Les communes limitrophes de Mons sont
Jurbise,
Soignies,
Le Rœulx,
La Louvière,
Binche,
Estinnes,
Quévy,
Frameries,
Quaregnon et
Saint-Ghislain[Dans le sens horlogique en partant du nord.]. Le Borinages, une ancienne région industrielle (
charbonnage notamment), est situé à l'ouest et au sud-ouest de la ville.
Topographie et hydrographie
Le
relief de la commune de Mons est influencé par la
vallée de la rivière
Haine qui s'écoule d'est en ouest juste au nord de la ville avant de rejoindre le fleuve
Escaut en
France[Atlas topographique de Belgique - Echelle 1 :50.000 - p.186 - ISBN 90.209.4853.9 - (Source IGN)]. La rivière
Trouille (Direction Sud-Nord) se jette par ailleurs dans la
Hainess au niveau de Mons. Le nord et le sud de la vallée de la Haine sont constitués de
colline et de
plateaux dont l'altitude augmente progressivement pour atteindre des hauteurs variant de 50 à 115 mètres
[Carte topographique de Belgique (Jurbise-Obourg) - 45 3/4 - Echelle 1 :20.000 - (Source IGN)] (point culminant situé au nord-est du village de
Saint-Denis). Au niveau de la vallée, l'altitude descend jusque 20 mètres à proximité de la rivière et du
canal Nimy-Blaton-Péronnes.
La ville s'est ainsi développée au fil des siècles sur une colline située à la jonction des deux rivières, ce qui lui confère une forme presque circulaire actuellement. Le petit ring délimite très bien le centre-ville des faubourgs. On remarque aisément que l'altitude augmente en se rapprochant du centre de ce cercle pour atteindre son maximum à proximité du beffroi.
Géologie
Au niveau de la vallée de la Haine, le sous-sol de la commune est composé d'
alluvions[René Marlière - Texte explicatif de la carte géologique de Belgique n°140 (Jurbise/Obourg) - Imprimerie Hayez - 1964 - p.4.]. À l’extrême nord de la vallée, on peut apercevoir des couches de
craies de l'ère
Crétacé au niveau des villages de
Ghlin et de
Obourg. Cette craie d'Obourg datant du
Campanien[René Marlière - Texte explicatif de la carte géologique de Belgique n°140 (Jurbise/Obourg) - Imprimerie Hayez – 1964 - p.9/10.] renferme des fossiles de
bélemnitess mais est en général dépourvue de
silex. La craie est utilisée dans la région depuis de nombreuses années pour la fabrication de
ciment. La craie de
Spiennes date quant à elle du
Maastrichtien. Toutes ces craies et ces fossiles nous prouvent que la région de Mons était baignée sous une mer tropicale au
Crétacé il y a de cela plus de 75 millions d'années.
Du silex peut se trouver à d’autres endroits comme par exemple à Saint-Denis où l'affleurement date du Turonien. Cette matière siliceuse a été utilisée dans la production de matériaux réfractaires[René Marlière - Texte explicatif de la carte géologique de Belgique n°140 (Jurbise/Obourg) - Imprimerie Hayez - 1964 - p.12.]. Au temps du néolithique, ces silex furent récoltés dans les minières de silex de Spiennes.
Au nord des versants crayeux, l'altitude augmente sensiblement pour atteindre une hauteur variant de 80 à 120 mètres. À ce niveau, le sol est composé de couches plus jeunes d'argiles datant de l'Yprésien[René Marlière - Texte explicatif de la carte géologique de Belgique n°140 (Jurbise/Obourg) - Imprimerie Hayez - 1964 - p.6.]. Au sommet des buttes boisées (bois de Ghlin et limite avec la commune de Soignies), on retrouve un sol composé de couches sableuses datant également de l'âge yprésien.
Il existe également à Mons des projets d'utilisation de sources de chaleur géothermiques qui sont disponibles à Saint-Ghislain, Douvrain et Ghlin pour chauffer certains bâtiments publics et privés. Grâce aux fonds européens, ces projets se concrétiseront peut-être totalement dans un futur proche[Mons - géothermie ]
sur le site Le Phasing out de l’Objectif 1 Hainaut. et un projet va être incessamment déposé à la Région wallonne[Article du journal Le Soir du 3 juillet 2007 ]
.. Le sous-sol montois abrite en effet des nappes d'eau chaude en profondeur dont la température avoisine les 70°C à Ghlin. Seuls deux puits, à Saint-Ghislain et à Douvrain, font l'objet d'une exploitation depuis 1985. Le site de Saint-Ghislain permet, par exemple, une économie annuelle avoisinant les Tonnes Equivalent Pétrole (Tep). Celui de Ghlin pourrait, s'il était exploité, fournir un débit naturel de plus de 100 m³/h d'eau à une température de 71°C. La région montoise bénéficie là d'une ressource énergétique exceptionnelle car la géothermie apparaît comme une alternative économiquement viable parmi les différentes sources d'énergie renouvelable, que ce soit pour la production d’électricité ou des applications thermiques directes.
Climat
Le climat de la région de Mons est un
climat tempéré océanique
[Site de l’Institut Royal de Météorologie (IRM) ]
comme pour l'ensemble de la partie occidentale de la
Belgique, cela grâce à la proximité de l'
océan Atlantique qui régule le temps grâce à l'inertie calorifique de ses eaux. Le climat peut être influencé par des zones humides et douces en provenance de l'océan, mais aussi par des zones sèches (chaudes en été et froides en hiver) en provenance de l'intérieur du continent
européen. En moyenne (moyenne faite sur une période couvrant les 100 dernières années), on observe 208 jours de
pluie par an dans la région de Mons
[Document en ligne de la ville de Mons - p. 40. ]
.
Climat de la région de Mons
(Source IRM)
Mois
| J
| F
| M
| A
| M
| J
| J
| A
| S
| O
| N
| D
| Moyenne annuelle
|
| Températures (°C) (sous abri, moyennes)
| 1,8
| 2,7
| 4,8
| 8,0
| 11,7
| 14,9
| 16,5
| 16,3
| 13,9
| 9,7
| 5,4
| 2,4
| 9,0
|
| Précipitations (hauteur moyenne en mm)
| 58
| 47
| 50
| 54
| 66
| 72
| 78
| 76
| 70
| 70
| 66
| 65
| 772
|
Armoiries
|
| Les armes de Mons se blasonnent ainsi : De gueules, à une ville d'argent posée sur une terrasse isolée de sinople, à quatre tourelles, un guidon d'or issant des deux intérieures, un globe impérial surmonté d'une croix du même issant des deux extérieures ; la ville ouverte du champ, un chien lionné d'argent de garde sous une herse du même ; la porte surmontée d'un écu écartelé aux I et IV d'or au lion de sable armé et lampassé de gueules, aux II et III d'or au lion de gueules armé et lampassé d'azur, qui est du Hainaut.
|
|
| Ce sont ces armoiries qui ont inspiré la serrure d'art de l'hôtel de ville, dont on peut voir une copie vandalisée (il y manque le chien) sur la porte principale. La serrure originale se trouve au musée de la vie montoise.
Deux autres symboles sont souvent utilisés pour figurer la cité : le Singe du grand'garde, qui se trouve sur la façade de l'hôtel de ville ou le dragon du « Lumeçon », combat traditionnel de la Ducasse qui se déroule le dimanche de la Trinité.
|
Étymologie
Mons, qui à l'origine s’appellait
Castri Locus (« Lieu du château »), prit plus tard le nom de « Mont du lieu du château », ensuite celui de
Mont et enfin porta son nom actuel, dérivé du
latin mons,
montis (« montagne »), qui décrit le
relief de la ville.
Le nom néerlandais de Mons est Bergen. Ce qui se traduit littéralement par Montagnes. Ce nom au pluriel s'explique par la présence de plusieurs collines autour de la ville (Mont Héribus, Mont Panisel)[Karl Petit & Gérard Mathieu, Cités de Belgique : Mons, Éd. Artis-Historia, 1989, p. 12.].
Histoire
Les origines
Les lieux alentour sont occupés dès le
néolithique, principalement au sud de la
Haine : à
Spiennes,
Givry (dans la commune actuelle de
Quévy), mais aussi plus au nord, comme à
Obourg.
Le lieu se trouve ensuite sur le territoire de la tribu belge des Nerviens. À l'époque romaine, une garnison se serait établie sur la colline montoise[Karl Petit & Gérard Mathieu, op. cit., p. 10.]. D'après certains auteurs, se fondant sur deux textes médiévaux (une vita de sainte Aldegonde du et le testament d'Anségise, abbé de Fontenelle[Dans la vie de sainte Aldegonde, on mentionne le castrorum locus, tandis que dans le second texte on fait référence au castrorum monasterium : le pluriel latin castra désigne les camps romains.]), le quadrillage caractéristique des camps romains se retrouverait dans la topographie actuelle de la ville. Le géologue Serge Ghiste a notamment tenté de le démontrer en superposant le plan de la ville au plan d'un camp romain. Cependant, aucun vestige ne vient confirmer cette hypothèse plausible[François Collette, Ils ont construit Mons (tome premier), IP Éditions, Jumet, 2005, pp. 27 & 28.].
Moyen-Âge
[[Image:Mons ville fortifiee du comte du hainaut.jpg|thumb|250px|Plan
[Bibliothèque européenne ]
. représentant Mons au temps du comté du Hainaut.]]
La ville est fondée au durant l'époque
mérovingienne, autour d'un
oratoire érigé par Waldetrude
[Karl Petit & Gérard Mathieu, op. cit., p. 11.], fille d'un intendant de
Clotaire II canonisée à sa mort en
688 sous le nom de
Waudru. Waudru, suivant les conseils de son confesseur
saint Ghislain, fonde cet oratoire, devenu par la suite un monastère, sur un site inhabité du domaine d'Obourg-Nimy-Maisière, propriété de sa cousine
Aye et de son époux,
Hydulphe, un notable mérovingien.
Le site devient un enjeu militaire suite à l'implantation des Vikings à Condé-sur-l'Escaut en 876. Le premier comte de Hainaut, Régnier au Long Col, construit une première forteresse, Castri Locus, destinée à lutter contre les envahisseurs. Cette forteresse est prise et réduite en cendres en 956, sous Régnier III[Eugène de Seyn, Dictionnaire historique et géographique des communes de Belgique, Éd. Bieleveld, 1938, p. 110 (version en néerlandais).].
À partir du les comtes de Hainaut font de Mons leur résidence principale et la ville devient leur capitale, un titre qu'elle aurait déjà reçu de Charlemagne en 804[Eugène de Seyn, op. cit., p. 110 (version en néerlandais) ; mais selon François Collette (op. cit., p. 43), « Cette affirmation apparaît tout à fait fantaisiste » : la ville n'est mentionnée ni dans le traité de Verdun (843), ni dans celui de Meerssen (870).]. Devenant le centre administratif du comté, Mons se développe durant les 800 ans qui suivent autour du nouveau château et du chapitre de Sainte-Waudru. Le bras de fer incessant entre l'autorité religieuse (le chapitre, propriétaire initial de la ville) et l'autorité administrative (le comte de Hainaut, qui tente de s'étendre) modèle le paysage montois.
Les grands travaux de rénovation et d'entretien des fortifications sont le fait de Baudouin IV et Baudouin V au milieu du . C'est à cette époque que Bernard de Clairvaux vient à Mons prêcher la croisade (1148). Jean II d'Avesnes en 1290 construit la deuxième fortification[Karl Petit & Gérard Mathieu, op. cit., pp. 16/83.] qui, à la différence de la première, défend aussi la ville et non plus seulement le château : cette enceinte urbaine (frumeteit ou fermetei(t) en picard montois) est percée de six portes[Eugène de Seyn, op. cit., p. 111 (version en néerlandais).]. Seule la Tour valenciennoise (1358) subsiste actuellement. Guillaume le Bon, fils et successeur de Jean II, permet au commerce de s'épanouir dans la ville[Eugène de Seyn, op. cit., p. 112 (version en néerlandais).].
Mons souffre également de plusieurs désastres au cours de cette période. En 1112, un incendie a déjà détruit une grande partie de la cité. En 1348, la peste noire sévit dans la ville et la population diminue fortement. L'épidémie cesse après la procession, organisée par les autorités, des reliques de sainte Waudru[Eugène de Seyn, op. cit., p. 112 (version en néerlandais).]. C'est l'origine de la ducasse de Mons.
;Période bourguignonne
En 1433, Philippe le Bon acquiert le titre de comte de Hainaut, faisant ainsi passer le comté de la maison de Bavière à celle des ducs de Bourgogne[Karl Petit & Gérard Mathieu, op. cit., p. 27.]. Par suite du mariage de Marie de Bourgogne avec Maximilien d’Autriche, la ville passe sous tutelle de la maison des Habsbourg en 1477[Karl Petit & Gérard Mathieu, op. cit., p. 28.].
En 1497, la tour de l'horloge est érigée sur le site de l'actuel beffroi : celui-ci la remplacera après son incendie et l'écroulement d'une tour de remplacement, survenu en 1661.
Époque moderne
[[Image:Mons carte 1691.jpg|thumb|250px|Plan
[Bibliothèque européenne ]
représentant le siège de Mons de 1691.]]
En 1515, Charles Quint est sacré comte de Hainaut. À cette époque, Mons compte environ habitants et elle attire un grand nombre d'artisans (tanneurs, cordonniers, tisserands). Ainsi, des tanneries s'installent le long de la Trouille qui à cette époque passe encore dans la ville[Karl Petit & Gérard Mathieu, op. cit., p. 31.].
;Période espagnole (1555-1713)
Peu avant son abdication en 1556, Charles Quint transmet à son fils, Philippe II d'Espagne, ses possessions non autrichiennes, notamment les Pays-Bas dont Mons fait partie.
La Guerre de Quatre-Vingts Ans porte un coup au commerce et à l'industrie de la ville au cours du . La ville tombe aux mains des Gueux : Louis de Nassau prend la ville par surprise le 24 mai 1572. Le but est de donner Mons au roi de France. Ferdinand Alvare de Tolède, le duc d'Albe, n'acceptant pas cette situation, reprend la ville le 21 septembre de la même année[Eugène de Seyn, op. cit., p. 112 (version en néerlandais).].
Entre 1580 et 1584, Alexandre Farnèse installe à Mons le siège du gouvernement des Pays-Bas espagnols.
En 1615, la ville est à nouveau touchée par une épidémie de peste[Karl Petit & Gérard Mathieu, op. cit., pp. 39 & 40.]. La ville est alors mise en quarantaine et des soldats interdisent le passage des remparts. Néanmoins, les échevins montois s'adressent au chapitre de Gand pour obtenir les reliques de saint Macaire en espérant ainsi faire disparaître l'épidémie. Les Gantois acceptent et les reliques sont placées dans la collégiale Sainte-Waudru. En 1616, l’épidémie décroît, avant de cesser totalement. En remerciement, la ville fait réaliser par un orfèvre montois une châsse en argent pour y transférer les reliques : elle fait toujours partie des trésors de la cathédrale Saint-Bavon de Gand.
En 1678, au cours de la Guerre de Hollande, le maréchal de Luxembourg assiège Mons. Suite à la bataille de Saint-Denis, le siège finit par être levé.

Le siège de 1691
Du
15 mars au
10 avril 1691, lors de la
Guerre de la ligue d'Augsbourg, la
ville est à nouveau assiégée par les troupes du maréchal de Luxembourg, en présence de
Louis XIV,
Vauban dirigeant les travaux de siège
[Martin Barros, Nicole Salat et Thierry Sarmant. Vauban - L’intelligence du territoire. Éditions Nicolas Chaudun et Service historique de l'armée, Paris, 2006. Préface de Jean Nouvel. 175 p, ISBN 2-35039-028-4, p 167]. La ville tombe et reste aux mains des Français jusqu'en
1697. Vauban est chargé d'améliorer le système défensif de la ville. En 1697, suite au
traité de Ryswick, Mons est restituée à la couronne d'Espagne.
;Période autrichienne (1713-1795)
De
1701 à
1713, la France occupe à nouveau la ville (
Guerre de succession d'Espagne). Les
Traités d'Utrecht et de
Rastatt font entrer la ville dans le giron des
Habsbourg d'Autriche. La place-forte est toutefois contrôlée par des troupes des
Provinces-Unies.
En 1718, le pouvoir, représenté par la cour souveraine du Hainaut, quitte le château qui, par faute d'entretien, se dégrade. Le site est rasé au , seuls la chapelle Saint-Calixte (), la conciergerie et le beffroi étant préservés : un parc public y est inauguré le 10 juin 1873.
En 1747, Louis XV conquiert la ville et la garde jusqu'en 1748, où elle est restituée à l'impératrice Marie-Thérèse par le Traité d'Aix-la-Chapelle (1748) qui met fin à la Guerre de Succession d'Autriche[Karl Petit & Gérard Mathieu, op. cit., pp. 42 & 43.] .
Époque contemporaine
;Période française (1795-1815)
Après la
bataille de Jemappes le 6 novembre
1792[Karl Petit & Gérard Mathieu, op. cit., p. 49.], Mons devient « ville libre ». La
Convention veut réunir les
Pays-Bas autrichiens et la
Principauté de Liège (alors État distinct) à la France, mais elle est combattue. Le vainqueur de Jemappes,
Dumouriez, est sensible au désir d'autonomie des populations, mais son vœu de voir procéder à des élections se heurte aux vieilles structures, sauf à Mons,
Liège et
Charleroi[André Tihon, « Des provinces dans un État centralisé » dans La Wallonie, le Pays et les Hommes, Tome I (Histoire et sociétés), Bruxelles, 1975, pp. 245-267, p. 245 [D.-1979-0115-4].] et aux dirigeants français avides des richesses belges
[En réaction aux pillages organisés en Belgique, Charles Dumouriez déclara le à plusieurs commissaires français : « On fait éprouver aux Belges tous les genres de vexations. On a violé à leur égard les droits sacrés de la liberté. On a insulté avec impudence leurs convictions religieuses. Les crimes atroces, qu'on a commis, tournent contre la France et je la sers en cherchant à les effacer » — paru le , dans le n°84 du Moniteur de Paris.].
Bien que des pillages et exactions soient signalés dès cette première conquête française, les choses s'aggravent avec la seconde (les Autrichiens ont reconquis brièvement leurs Pays-Bas en 1793), consécutive à la victoire de Fleurus, le . Des massacres ont lieu à Mons, Nalinnes et Tiercelet faisant 200 victimes, les religieux étant les premiers visés[Georges-Henri Dumont, Histoire de la Belgique, Hachette, Paris, 1977, p. 325 [ISBN: 2-7242-0560-X].]. Par ordre officiel de la Convention nationale, le pays est soumis à une exploitation forcenée des armées françaises qui doivent « évacuer en France toutes les richesses des pays conquis »[Ordonnance du du Comité de Salut Public.][Henri Pirenne explique la nécessité des pillages : « La France (...) épuisée par la lutte gigantesque qu'elle mène contre le monde (...) est forcée (...) sous peine de mourir de faim et de misère d'exploiter les pays conquis. » in Henri Pirenne, Histoire de Belgique, Tome VI, Bruxelles, 1926, p. 37.]. Les occupants imposent alors par des arrêts des contributions toujours plus grandes « sous peine d'exécution militaire. Il sera pris des otages jusqu'à l'acquittement »[Arrêté du à Mons, in Albert Millet, Les contributions imposées en Hainaut au début de la seconde occupation républicaine française, Mémoires et Publications de la Société des Arts et des Lettres du Hainaut, 98 volume, Éd. Maison Léon Losseau, Mons, 1996, p.41.]. Ce régime s'adoucit relativement rapidement en raison des protestations parvenues au Comité de salut public[Henri Pirennne, op. cit., pp. 64-65 « Les malversations des uns, les violences des autres ne pouvaient continuer sans compromettre la République. Elles inquiétèrent tout de suite les représentants. Dès le 22 août, ils dénonçaient au Comité de Salut Public les scandales (...) Dès le 8 novembre, le Comité de Salut Public décide d'adoucir le régime. Il ordonne aux représentants de dissoudre les Comités révolutionnaires, d'interdire les arrestations arbitraires et de s'attacher à faire aimer la République... ».] et parce que la Belgique était exsangue[«Lorsque la Belgique fut exsangue, les beaux sentiments de fraternité refirent surface, et la réunion à la France fut, cette fois, envisagée et présentée officiellement aux Belges qui, dans leur lassitude et dans l'espoir d'échapper à de nouvelles impositions, se résignèrent à leur nouvelle destinée» Albert Milet, op. cit., p.76.]. Mais les représentants en mission ont quand même frappé Mons[Pirenne, op. cit., p. 59 cite une lettre du représentant Laurent qui signale que les églises regorgent de saints qui « ont voulu aller voir la Convention nationale à Paris. Je les envoie par la diligence de Maubeuge... ».].
En 1794 comme en 1792, les révolutionnaires français peuvent compter sur de nombreux sympathisants à Mons[Marie Arnould, « Idées politiques et classes sociales au sein du pouvoir communal à Mons de 1785 à 1835 » dans Revue belge d'Histoire contemporaine, XI, 1980/3, pp. 307-337 ] comme à Liège. La ville devient la préfecture du département de Jemappes (alors orthographié Jemmapes) en 1794. En 1800 débutent les travaux du Canal Mons-Condé : il permet d'acheminer le charbon des mines du Borinage vers le reste de la France (les mines boraines produisent plus de charbon que la France entière)[Léopold Genicot, Histoire de la Wallonie, Provat, Toulouse, 1973.].
C'est à cette époque qu'Antoine-Joseph Moneuse et sa bande de chauffeurs sévissent notamment dans la région de Mons ; le , Moneuse est jugé en première instance à Mons et l'un de ses complices, François François dit « La Mouche », y est guillotiné en 1807.
;Période néerlandaise (1815-1830)
En 1815, suite à la défaite de Waterloo, la ville passe sous l'autorité néerlandaise conformément aux décisions du Congrès de Vienne[Karl Petit & Gérard Mathieu, op. cit., p. 50.]. Cette période voit la construction du canal Pommerœul-Antoing permettant de rejoindre l'Escaut sans passer par la France.
La Révolution belge, en préparation à Bruxelles dès la fin août 1830, ne laisse pas la population locale indifférente. Dès le 3 septembre, la nervosité est sensible dans les classes populaires, d'autant plus furieuses qu'elles sont en situation difficile du fait de la cessation des activités des charbonnages. Il y a des heurts avec la garde urbaine le 17 septembre. Le 19 septembre, avec l'arrivée du général Otto von der Howen, la tension grandit encore : les mineurs marchent vers la porte de Nimy, mais deux compagnies les prennent à revers : on relève 11 morts. Le 29, à la nouvelle de la défaite néerlandaise à Bruxelles, les troupes belges des garnisons néerlandaises se mutinent et le général de Howen, son état-major ainsi que les soldats néerlandais sont arrêtés[Jacques Logie, De la régionalisation à l'indépendance, Duculot, Gembloux, 1980, pp. 104-105 et p. 167.]
Patrick Lefevre, « Les Journées de septembre 1830 à Mons » dans Revue belge d'Histoire contemporaine, XII, 1981/3, pp. 505-533 ..
;Belgique indépendante
La ville perd sa fonction de ville forte dès l'indépendance de la Belgique en 1830. Dès 1841, une liaison de chemin de fer est réalisée entre Mons et Bruxelles. Le démantèlement des fortifications a lieu entre 1861 et 1864, sous le maïorat de Désiré Dethuin, tandis que son successeur, François Dolez, donne à Mons son aspect actuel en faisant construire deux ceintures : le boulevard intérieur sur le site de la fortification dite « urbaine » et le grand boulevard sur les fondations du mur néerlandais. Même sans ces protections devenues inutiles face aux canons, Mons reste une ville de garnison jusqu'en 1914.
Transféré depuis la prison des Petis-Carmes de Bruxelles, Paul Verlaine est incarcéré à la prison de Mons d'octobre 1873 à janvier 1875 suite à sa condamnation pour coups et blessures contre Rimbaud[Karl Petit & Gérard Mathieu, op. cit., p. 57.] : il y écrit des poèmes insérés ensuite dans Romances sans paroles et Sagesse.
À la fin du , Mons est le théâtre de revendications sociales et politiques. Ainsi, le , des groupes d'ouvriers borains parcourent la ville en chantant La Marseillaise, criant « Vive la République ! » et acclamant le député socialiste Léon Defuisseaux. Le , mineurs en grève marchent sur la ville : la colonne de grévistes se heurte à trois compagnies de gardes civiques qui, suite à une charge des ouvriers qui ont arraché les baïonnettes à certains gardes, font feu. Il y a sept morts et de nombreux blessés[Léon Fourmanoit, Quatre-vingt-treize, avenue de Jemappes, Édition du Borinage 2000, Cuesmes, 1983, pp. 85-90.]. En avril, le Parlement épouvanté, notamment par cet incident très grave[Henri Pirenne, Histoire de Belgique, Tome VII, Bruxelles, 1948, p. 319. (Dans d'autres lieux, la situation était également menaçante, comme à Gand).], vote le suffrage universel tempéré par le vote plural. Le congrès du Parti ouvrier belge (POB), qui aurait dû se tenir à Mons, se réunit en 1894 dans la commune boraine de Quaregnon où il adopte la Charte de Quaregnon.

Le 4th Battalion des Royal Fusiliers sur la grand-place, le 22 août 1914
Les 23 et 24 août
1914, Mons est le siège d'une bataille féroce ( hommes perdus côté allemand et , dont 763 tués, côté britannique) entre les armées allemandes et Alliées
[Karl Petit & Gérard Mathieu, op. cit., p. 60.]. Bien que les forces allemandes soient supérieures en nombre, les troupes britanniques retardent pourtant leur percée, permettant ainsi à l'armée belge de se réorganiser au-delà de l'
Yser et à l'armée française de se ressaisir pour préparer la victoire de la
Marne. La
bataille de Mons donne naissance à la légende des
anges de Mons.
Lors de la Seconde Guerre mondiale, l'armée allemande fait son entrée dans la ville le et ce n'est que le que la III divison blindée américaine libère la ville sans résistance[Karl Petit & Gérard Mathieu, op. cit., p.62.] : Mons est l'une des premières villes de Belgique à être libérée.
Lors du dénouement de la Question royale en 1950, Léo Collard, député et échevin de Mons, déclare le 18 juillet que la Wallonie est menacée « d'un mouvement incontrôlable et irrationnel de nature morale et psychologique »[Annales parlementaires, session chambres réunies, 18/7/1950, citées par Paul Theunissen 1950, le dénouement de la question royale, Éditions Complexe, Bruxelles, 1986, p. 88.]. C'est à Mons qu'ont lieu les premiers attentats à l'explosif : le 21 à hauteur du Waux-Hall ainsi que sur la ligne vicinale Mons-Charleroi[Rapports de la Sûreté sur les événements de juillet du 1 septembre 1950, cité par Jean Duvieusart, La question royale, CRISP, Bruxelles, 1975, pp. 208-209.]. Le 29, manifestants défilent[Soeur Micheline Libon « Question royale et mouvement wallon » dans l'Encyclopédie du Mouvement wallon, IJD, Namur, 2001, Tome III, p. 1321.].
En 1967, le SHAPE (Quartier général de l’OTAN), quittant Rocquencourt (France), s'installe à Casteau[Karl Petit & Gérard Mathieu, op. cit., p.61.].
À partir des années 1970, Mons est en mutation. Il y a tout d'abord l'étape importante des fusions de communes de 1972[Arrêté royal du 18 février 1971 portant fusion des communes de Mons, Cuesmes, Ghlin, Hyon, Nimy et Obourg.] (fusion avec Cuesmes, Ghlin, Hyon, Nimy, Obourg avec des parties de Baudour et de Jemappes) et de 1977 (fusion avec Ciply, Harmignies, Harveng, Havré, Jemappes, Maisières, Mesvin, Nouvelles, Saint-Symphorien, Spiennes, Villers-Saint-Ghislain ainsi que des parties de Ville-sur-Haine, de Masnuy-Saint-Jean et de Casteau à l'emplacement du SHAPE). Les fusions permettent à la ville d'atteindre une taille critique en multipliant par trois sa population.
Aux élections communales de 1970, René Noël, ex-bourgmestre de Cuesmes et sénateur communiste, mène une liste UDP (Union démocrate et progressiste) qui remporte 21,5% des voix et même, en novembre 1971[Les élections de 1970 avaient été annulées.], près de 28% des voix : il s'agit d'un Rassemblement des progressistes, réunissant pour la première fois des chrétiens de gauche, des communistes et des socialistes.
Un mouvement de rénovation urbaine se met en place dans les années 1980 : le but est de mettre en avant les richesses culturelles et patrimoniales de la ville. Conçue à l'origine comme une place forte et donc fermée, la ville est maintenant ouverte au tourisme et au commerce.
Population et Société
Démographie
La commune de Mons a une population totale de quelques habitants. En 2007, la ville de Mons était la onzième ville la plus peuplée de
Belgique[Source Institut national de Statistique de Belgique (INS) ]
.
La ville a perdu beaucoup d'habitants dans les années 1980, mais l'ampleur du déclin s'est atténuée ensuite. Cette chute démographique des années 1980 s’intégrait dans une tendance nationale qui voyait la population des villes décroître au profit des régions plus rurales[Document en ligne de la ville de Mons - p. 9. ]
. La tendance s'est inversée dès les années 1990 car la ville revit grâce à la restauration en profondeur du cœur historique de ces dernières années. Une partie non négligeable de la population est constituée d'étudiants qui ne logent sur place que pendant les jours de la semaine dans des « kots ». Comme dans beaucoup de pays occidentaux, la ville est confrontée à un léger vieillissement de population. Cela s'explique par la diminution de la natalité qui ne renouvelle pas la population née durant l’après-guerre (Seconde Guerre mondiale).
La majorité (41%) de la population étrangère de Mons en 2003 était de nationalité italienne[Document en ligne de la ville de Mons - p. 13. ]
. Cette frange de la population est en grande partie constituée des immigrés italiens et de leurs descendants venus travailler dans les mines du Borinage.
La population d'origine française arrive en seconde position : la proximité de Mons avec la France (moins de 10 km) explique facilement cette présence.
En troisième position arrivent les Américains : ils représentent 8% de la population étrangère. La présence sur le territoire de la commune du centre de commandement militaire des forces de l'OTAN, le SHAPE, mais également la proximité de la base militaire de Chièvres, appartenant à l'armée de l’air des États-Unis, sont à l'origine de cette présence américaine.
Chacune des autres nationalités représente moins de 5% de la totalité de la population étrangère.
La zone d'influence régionale de la ville de Mons englobe une population de près de personnes, tandis que les autorités parlent d'une zone d'influence de personnes, évoquant même le chiffre de dans une zone d'influence à 30 minutes, incluant Valenciennes et Maubeuge[Document en ligne de la ville de Mons - pp. 100, 101 ]
.
;Évolution démographique depuis 1806
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- Source
[Page d'accueil de l'INS ]
: INS - Remarque : 1806 - 1970 = recensements ; à partir de 1972 = population au janvier
- Commentaires
- 1972 : fusion avec Cuesmes, Ghlin, Hyon, Nimy et Obourg ainsi que des parties de Baudour et Jemappes
- 1977 : fusion avec Ciply, Harmignies, Harveng, Havré, Jemappes, Maisières, Mesvin, Nouvelles, Saint-Symphorien, Spiennes et Villers-Saint-Ghislain ainsi que des parties de Casteau, Masnuy-Saint-Jean et Ville-sur-Haine
Le niveau des connaissances au niveau de la communauté française où se situe la ville de Mons est plus faible qu'au niveau national. Le tableau ci-dessous compare les scores moyens des connaissances entre le niveau national et le niveau francophone
[Statistiques belges (connaissances scolaires en 4 année) (INS) 2003 ]
..
| Branche
| Communauté française
| Belgique
|
| Mathématiques
| 498
| 533
|
| Sciences
| 479
| 509
|
| Résolution de problèmes
| 492
| 524
|
| Lecture
| 456
| 489
|
On constate dans le tableau ci-dessous[Informations statistiques par communes ]
. que la proportion des revenus faibles est plus importante dans la région de Mons par rapport à la Belgiques. À l’opposé, le nombre de personnes ayant des revenu importants est plus faible que pour la moyenne nationale. Cela indique que les revenus des habitants de la région sont inférieurs à la moyenne nationale[Document en ligne de la ville de Mons - p. 18. ]
. L'inadaptation des connaissances des demandeurs d'emploi par rapport aux demandes des entreprises semble constituer un grave problème pour l'emploi[Document en ligne de la ville de Mons - p. 22,27. ]
.
| Revenu
| Mons
| Belgique
|
| < euros
| 20,9%
| 18,2%
|
| > euros et < euros
| 41,2%
| 35,7%
|
| > euros et < euros
| 18,6%
| 20,9%
|
| > euros et < euros
| 8,5%
| 10,2%
|
| > euros et < euros
| 4,7%
| 6,1%
|
| > euros
| 6,1%
| 8,9%
|
Enseignement
Mons est une ville
universitaire. La plus ancienne des universités de la ville est la
Faculté polytechnique de Mons qui fut fondée en 1836 sous le nom d'École des mines. L'Institut commercial des industriels du Hainaut, fondée en 1899 par
Raoul Warocqué entre autres, est à l'origine de l'
Université de Mons-Hainaut. Cette dernière reçut le statut universitaire en 1965, tout comme les
Facultés universitaires catholiques de Mons.
La ville compte également plus de 50 écoles primaires et/ou maternelles, 16 écoles d'enseignement secondaire et 14 écoles d'enseignement supérieur[ Ville de Mons : Enseignement ]
.
Universités
Publiques
- Université de Mons-Hainaut (UMH)
Libres
- Facultés universitaires catholiques de Mons (FUCAM)
- Faculté polytechnique de Mons (FPMs)
Enseignement supérieur non universitaire
Public
- Conservatoire Royal de Mons
- École d'Interprètes Internationaux (HECFH)
- École normale - Institut supérieur pédagogique de la Communauté française (HECFH)
- École sociale (HECFH)
- École supérieure des arts plastiques et visuels de la Communauté française
- Institut d’architecture intercommunal (ISAI)
- Institut provincial d’enseignement supérieur de nursing (HEPMBC)
- Institut provincial d'enseignement supérieur pédagogique (HEPMBC)
- Institut supérieur économique (HEPMBC)
- Institut supérieur industriel de la Communauté française (ISIMs)
Libre
- École normale du Sacré-Cœur
- Institut reine Astrid (IRAM)
- Institut supérieur industriel catholique du Hainaut - (ISIC)
- Institut supérieur des sciences humaines appliquées (ISSHA)
|
Enseignement secondaire
Public
- Académie des métiers, des arts et des sports
- Athénée provincial - École du Futur de Mons
- Athénée provincial Jean d’Avesnes
- Athénée royal de Mons
- Athénée royal Marguerite Bervoets
- Institut d'enseignement secondaire paramédical provincial
- Institut d'enseignement secondaire provincial
Libre
- Centre scolaire Don Bosco
- Centre scolaire Saint-Stanislas
- CES Saint-Luc-IRAM
- École Ave Maria - Section Sainte-Anne
- Institut du Sacré-Cœur
- Institut de la Sainte-Famille
- Institut Saint-Ferdinand
- Institut Technique des Ursulines
|
La bibliothèque de l'Université de Mons-Hainaut, qui a fêté son bicentenaire en 1997, possède ouvrages. Parmi ceux-ci, 450 manuscrits, l'un d'eux datant du X siècle, et 140 incunables, dont un exemplaire de la Bible de Gutenberg[Marie-Thérèse Isaac (éd.),La Bibliothèque de l'Université de Mons-Hainaut 1797-1997, Université de Mons-Hainaut, Mons, 1997 (catalogue d'exposition) .].
Sports
Mons compte également plusieurs salles de sport privées, une salle d'escalade (Face Nord
[Site de Face Nord ]
).
Le RAEC Mons, club football de division 1 évolue au stade Charles Tondreau ( places dont assises) tandis que le Dexia Mons-Hainaut, club de basket-ball de première division est basé au Mons Arena ( places assises).
Criminalité
En 2006,
[ Statistiques sur la criminalité (site de la Police fédérale) ]
. faits criminels ont été relevés sur l'arrondissement judiciaire de Mons qui compte une population d'environ habitants
[L'arrondissement judiciaire de Mons comprend les populations des arrondissements administratifs de Mons et de Soignies (hormis la commune de Lessines), ainsi que celles des communes de Chièvres et de Brugelette (situées dans l'arrondissement administratif d'Ath).]. Cela représente un taux de
criminalité (nombre de faits par habitants) de 9,5% en 2006. Cette valeur est légèrement inférieure à la moyenne de la
province de Hainaut (10,1%), est égale à la moyenne de la
Région wallonne et légèrement supérieure à la moyenne
belge (9,3%).
Économie

Cimenterie d'Obourg au couchant
En
1850, l'historien géographe français
Malte-Brun décrivait la région de Mons-Borinage comme étant dotée d'une puissance industrielle calculée en chevaux-vapeurs supérieure à celle de toute la
France, ceci en raison du nombre de charbonnages et des moteurs de traction qui équipaient les puits d'extraction.
L'économie montoise est sinistrée depuis la fermeture des charbonnages qui faisaient de Mons-Borinage une des régions les plus prospères dans l'entre-deux-guerres, bien que les ouvriers vivaient souvent dans des conditions très précaires. Depuis lors, le chômage structurel augmente et le taux d'emploi n'est qu'artificiellement maintenu par des emplois dans la fonction publique. On constate que depuis la fin des années 1990 le nombre d’entreprises créées ne permet pas de compenser le nombre de faillites[Document en ligne de la ville de Mons - p 18 ]
. Les conséquences sont le taux important de chômage et le niveau de revenu moyen par habitants inférieur de 10% par rapport à la moyenne belge.
Le taux de chômage était de 28% en 2005 (12% pour la Belgique)[Site de la province de Hainaut avec statistiques diverses ]
.
La répartition de l'emploi par secteurs économique (2002) était de 1,57% dans le secteur primaire, 8,32% dans le secteur secondaire et 90,1% dans le secteur tertiaire. Les services publics représentent par ailleurs 19,9% dans l’arrondissement de Mons alors que la moyenne belge se limite à 10,8%[Proportion de l'emploi à Mons en p.23 ]
..
Le PIB du Hainaut équivaut seulement à 68% du PIB moyen européen, ce qui vaut à la province des subsides européens (Objectif 1) pour atténuer son retard économique. Mons a pu notamment en bénéficier pour rénover sa Grand-Place afin de favoriser le développement touristique de la ville.
La politique dite du « zoning » qui consiste à rassembler les industries sur quelques sites biens dotés en infrastructures routières et fluviales n'a pas permis d’endiguer le chômage. Néanmoins, le « zoning de Ghlin-Baudour[Site de l’IDEA sur les entreprises et les zonings locaux ]
» accueille un grand nombre d’entreprises. Celles-ci sont attirées par les moyens de transports locaux (autoroutes, canaux appartenant à la liaison entre le port maritime de Dunkerque en France et la vallée industrielle de la Ruhr en Allemagne. La firme Google a par ailleurs décidé d'installer dans ce zoning un tout nouveau centre de traitement des données[Google décide de s’installer à Ghlin-Baudour ]
, article du Soir.
| Nom
| Commune
| Secteur
|
| Akzo Nobel
| Ghlin
| Chimie
|
| Air liquide
| Ghlin
| Chimie
|
| AW Europe
| Ghlin
| Automobile
|
| La manufacture du verre
| Ghlin
| Verrerie
|
| NGK Ceramics Europe
| Ghlin
| Produits céramiques
|
| Ciments d'Obourg
| Obourg
| Cimenterie
|
| Google
| Ghlin
| Internet
|
La part du secteur tertiaire (services) atteint plus de 90% du total de l'emploi. Alors que le secteur primaire représente moins de 2%[Document en ligne de la ville de Mons - p 25 ]
. La part des emplois privés est également assurée par les activités commerciales du centre-ville et du complexe des Grands Prés. En plus de sa galerie commerçante, l'espace des Grands-Prés comporte le complexe cinématographique Imagix, un nouveau hall d'exposition du nom de Lotto Mons Expo et des entreprises à fortes valeurs ajoutées dans son parc scientifique Initialis. La ville ambitionne de faire de cet espace un zoning industriel important et d'en faire le centre de gravité économique de la ville, situé pour le moment plutôt dans le vieux centre-ville.

Drapeaux des pays membres de l'OTAN flottant sous le vent juste à l'entrée du SHAPE à Maisières (Photo 2006)
La présence du
SHAPE depuis
1967 stimule également l'économie locale, mais au détriment du prix des loyers, alors que les militaires en poste effectuent de nombreux achats importants hors taxes dans le centre commercial interne au SHAPE.
Le nombre actuel de touristes avoisine environ les personnes par an et est en constante augmentation depuis 10 ans. L’origine des touristes à Mons montre qu’il s'agit d’un tourisme de proximité[Document en ligne de la ville de Mons - p 90 ]
(29% de Belges néerlandophones, 27% de Belges francophones, 12% d'Anglo-saxons, 12% de Français, 10% de Néerlandais, 5% d'Allemands, 5% autres).
En résumé, l'économie de Mons est axée sur :
Transports
Mons bénéficie du
réseau autoroutier belge très dense. Se rendre à Mons en voiture est assez simple par autoroute, mais circuler dans la ville l'est beaucoup moins. Comme dans toutes les villes anciennes, le centre historique est composé d'un réseau de rues étroites, non prévu pour la circulation automobile actuelle. De ce fait, presque toutes les rues sont à sens unique et il n'est pas aisé d'y trouver un emplacement libre pour garer son véhicule. Deux parkings couverts payants existent dans le centre-ville et des parkings gratuits, reliés au centre par une navette de bus gratuits, se trouvent en périphérie (près de l'accès à l'autoroute de la Porte de Ghlin, et au bas de la chaussée de Binche).
La gare SNCB de Mons est située à environ 10 minutes à pied du centre. Elle relie Mons à la plupart des villes belges dont Bruxelles en 1 heure environ et Blankenberge (côte belge) en environ 2 heures. La gare accueille aussi le TGV Thalys et rallie Luxembourg en environ 3 heures, Cologne en 3 ou 4 heures selon les cas, Amsterdam ainsi que Londres en 4 heures et Paris en 1 heures 20.
Finalement, Mons est situé entre les aéroports civils internationaux de Bruxelles, de Lille et de Charleroi.
Depuis le début des années 2000, la ville a mis au point avec le TEC Hainaut (la société publique wallonne de transport par bus) un système de navettes (appelé Intramuros) qui parcourt la ville selon trois itinéraires (lignes A, B et C). Chaque bus passe plusieurs fois par heure à horaire non fixe aux arrêts prévus à cet effet et répartis dans tout le centre. Ce transport a l'avantage majeur d'être gratuit, mais est souvent peu accessible aux heures de pointe vu le nombre élevé d'utilisateurs.
D'autres bus, payants, circulent également dans la ville ; ils partent tous de la Place Léopold (Gare SNCB) et relient Mons à l'ensemble de la région.
Il est également possible de se rendre à Mons par voie maritime grâce à son port intérieur du Grand Large qui est à l'intersection de deux canaux dont le gabarit est de tonnes.
Administration et Politique
Vie politique
La vie politique montoise est marquée depuis le milieu des années 1950 par la gouvernance du
Parti socialiste. La puissance de ce parti de
gauchess (renforcée par les électeurs des communes du Borinage fusionnées à partir de 1972) s'enracine dans son histoire sociale et économique comme pour la plupart des autres grandes villes wallonnes. Il arrive que l'on explique son maintien au pouvoir par les conditions économiques moroses de la région depuis la fermeture des
Charbonnage dans les années 1950 et 1960.
Ces dernières années, la ville a pu profiter de la notoriété de son bourgmestre Elio Di Rupo qui fut aussi Vice-Premier ministre de Belgique et Ministre-Président du Gouvernement wallon.
Le parti socialiste, malgré la majorité absolue dont il dispose, partage le pouvoir depuis l'an 2000 avec le Mouvement réformateur, un parti de droite.
| Résultats des élections de 1994
| Résultats des élections de 2000
| Résultats des élections de 2006
|
| Parti
| Voix
| Sièges (sur 45)
| Parti
| Voix
| Sièges (sur 45)
| Parti
| Voix
| Sièges (sur 45)
|
| PS
| 18 693 (37,37 %)
| 20
| PS
| 31 420 (61,35 %)
| 30
| PS
| 27 088 (51,55 %)
| 27
|
| PSC
| 10 609 (21,21 %)
| 10
| PRL-MCC
| 8 079 (15,77 %)
| 7
| MR
| 8 694 (16,55 %)
| 7
|
| MDL
| 7 223 (14,44 %)
| 7
| PSC
| 5 280 (10,31 %)
| 4
| cdH
| 6 157 (11,72 %)
| 5
|
| Ecolo
| 5 034 (10,06 %)
| 4
| Ecolo
| 5 051 (9,86 %)
| 4
| Ecolo
| 4 547 (8,65 %)
| 3
|
| FN
| 3 518 (7,03 %)
| 2
| Bloc-W
| 872 (1,7 %)
| 0
| FN
| 4 400 (8,37 %)
| 3
|
| ARL
| 2 839 (5,67 %)
| 2
| -
| -
| -
| -
| -
| -
|
|