Dans certains pays comme le
Canada, il est généralement bien accepté, et exprime l'idée que les différentes cultures minoritaires constituent une richesse pour l'ensemble des citoyens, et non pas un frein à l'unité nationale. Ainsi, selon la théorie du multiculturalisme, les expressions culturelles minoritaires doivent être encouragées, et les enfants d'immigrés se sentiront davantage chez-eux si l'environnement dans lequel il évolue est propice à l'expression des différences culturelles.
Suite à l'adoption de la charte canadienne des droits et libertés en 1982 promue par le Premier ministre Pierre Elliott Trudeau, le gouvernement opte ainsi pour une mosaïque culturelle au lieu du melting pot américain. Au Québec, cependant, l'État opte plutôt pour une politique d'interculturalisme et une forme de laïcité d'inspiration républicaine, à mi-chemin entre le modèle anglo-saxon et le modèle républicain français.
- Dans les bibliothèques municipales britanniques, il est considéré comme normal de stocker un grand nombre d'ouvrages dans les langues minoritaires (surtout des langues du sous-continent indien).
- Dans les écoles, on encourage l'enfant d'une minorité ethnique à utiliser deux langues - l'anglais et sa langue ancestrale - et on célèbre les fêtes de différentes communautés ethniques. Des informations pour les parents sont disponibles en plusieurs langues, selon la composition ethnique et culturelle du quartier.
- La collecte de statistiques sur l'origine ethnique de la population - et depuis le dernier recensement l'identification ou la non-identification à une religion - est pratiquée officiellement, dans le but de mieux comprendre les évolutions sociologiques et de formuler des politiques publiques adaptées.
Cependant, le multiculturalisme britannique est de plus en plus remis en question par la droite - et plus récemment par une partie de la gauche 'modérée' - et dans les médias. Il aurait encouragé un refus d'intégration de la part de certaines communautés (
musulmanes en particulier) et est considéré comme une menace pour l'unité nationale. Au multiculturalisme on oppose la notion de 'britishness', qu'on peut traduire par un sens d'appartenance à la nation britannique ainsi qu'une bonne connaissance et un respect de ses traditions. Les partisans de cette approche s'opposent parfois non seulement aux politiques publiques basées sur le multiculturalisme, mais aussi à la pratique des langues maternelles par les familles originaires du
Pakistan, de l'
Inde ou notamment d'autres pays non-européens.
Dans la gauche radicale, où l'opposition à la guerre en Irak à laquelle participe l'armée britannique est un sujet majeur, l'opposition à l'islamophobie et la défense du multiculturalisme vont souvent de pair. Le multiculturalisme est considéré comme un acquis du combat des travailleurs immigrés (antillais, indo-pakistanais ...) dans les années soixante et soixante-dix, à une époque où le mouvement du 'pouvoir noir' outre-atlantique a également eu une certaine influence. Cette partie de l'opinion considère que la discrimination raciale a un important volet culturel (dénigration des cultures d'origine, enseignement eurocentrique de l'histoire ...). Sa critique du multiculturalisme 'officiel' est qu'il reste souvent symbolique et cache les discriminations multiples qui existent en matière d'emploi, de logement et d'éducation. Un bon exemple de cette 'défense critique du multiculturalisme' peut être trouvé dans cet interview de A. Sivanandan
, directeur de l'Institute of Race Relations à Londres.
La population des États-Unis d'Amérique a des origines très diverses, mais le patriotisme et l'identité américaine restent encouragés. Cela n'empêche pas de nombreux mouvements de communautarisme de se former.
Il est devenu courant de désigner un citoyen américain par son origine ethnique: Afro-américain, Irlando-américain, Italo-américain, Sino-américain...
France
En France, il y a certaines pratiques multiculturelles limitées (un projet d'école peut avoir comme thème 'l'Afrique' etc). Mais très majoritairement le multiculturalisme est considéré comme la porte ouverte au communautarisme et est donc perçu comme comportant des dangers. Il est très controversé dans ce pays fortement emprunté de centralisme et marqué par une décolonisation difficile (guerre d'Algérie), ainsi par une conception particulière (vue d'autres pays) de la laïcité. Il y est d'usage de comparer les bénéfices de l'intégration républicaine' aux méfaits du 'modèle anglo-saxon'. Ces certitudes ont néanmoins été mises à mal lors des émeutes des banlieues de novembre 2005, et un débat a récemment vu le jour au sujet de la 'discrimination positive'. L'accent est dorénavant mis plus sur la notion d''égalité républicaine' en reconnaissance des réels problèmes de discrimination qui existent et qui ont été tardivement reconnues dans les plus hautes sphères de l'Etat.
Liens internes