En économie, Murray Rothbard a popularisé la pensée de
Ludwig von Mises, dans un langage et avec des arguments plus propres à convaincre les économistes contemporains, formés à l'empirisme. Son premier essai économique fut un coup de maître : dans un recueil d'articles publiés en 1956, sous le nom de
Towards Liberty il publiait un article intitulé
'Toward a Reconstruction of Utility and Welfare Economics' 
, il y contestait les notions d''externalités' et de 'services collectifs' — parfois aussi appelés biens publics -, soutenant que ces concepts refusent le seul critère objectivement observable de l'accroissement d'utilité — l'action volontaire — au profit de gloses arbitraires sur des préférences dont la prétendue mise en forme mathématique fait trop souvent oublier qu'en réalité on ne peut pas les mesurer, ni les comparer : selon lui, l'action volontaire, et elle seule, permet de connaître ces préférences, elle en est la preuve authentique et unique.
Le critère de la préférence démontrée comme seule preuve de l'action productive permettra à Rothbard de dépasser son maître Mises dans la compréhension du monopole. Mises admettait la possibilité d'un 'monopole' sur un marché libre ; dans le chapitre 10 de Man, Economy and State, intitulé 'Monopole et concurrence'
, Rothbard démontre que le concept est contradictoire — et il l'est depuis ses origines grecques : toute forme d'organisation contractuelle est a priori productive (et conforme à la justice naturelle), tout acte de violence agressive fausse la concurrence (et viole la justice naturelle) et de ce fait mérite qu'on l'appelle 'privilège de monopole'.
C'est ainsi que Murray Rothbard établit le caractère productif de tout acte pacifique, et l'impossibilité de prétendre scientifiquement qu'un acte qui viole le consentement d'un propriétaire ajouterait à une quelconque 'production totale'. Ce qui lui pemet de conclure que le laissez-faire capitaliste réalise la production maximum, et que quiconque affirme que l'intervention de l'état pourrait accroître cette production est ipso facto un charlatan.
À l'imitation de L'Action humaine de von Mises, Rothbard entendait mettre en avant un système complet d'économie politique. D'où les deux tomes de Man, Economy and State, complétés par Power and Market, développement des effets destructeurs de l'intervention étatique déjà évoqués à la fin du premier Traité. Rothbard y fait un large usage du raisonnement à l'équilibre, mais dans les conditions énoncées par Mises. Il y développe aussi la théorie autrichienne de la conjoncture, et le caractère nécessaire du revenu d'intérêt.
L'historien de la pensée économique
Dans sa monumentale
Histoire de la Pensée Economique, Murray Rothbard s’oppose à la présentation des manuels traditionnels. L’origine de la science économique n’est pas de tradition britannique, dit-il, ce ne sont pas les
Adam Smith,
David Ricardo ou
John Stuart Mill qui sont les inspirateurs de la science économique, mais bien plutôt les œuvres des Scolastiques espagnols et portugais aux et siècles, et les penseurs libéraux français des et siècles :
Turgot,
Jean-Baptiste Say ou
Frédéric Bastiat.
Citations
- L’axiome de non-agression
Le Credo libertarien repose sur un axiome central :
aucun individu ni groupe d’individus n’a le droit d’agresser quelqu’un en portant atteinte à sa personne ou à sa propriété. On peut appeler cela «
axiome de non-agression », « agression » étant défini comme
prendre l’initiative d’utiliser la violence physique (ou de menacer de l’utiliser) à l’encontre d’une autre personne ou de sa propriété.
Le concept même de « Droits » est défini négativement, il délimite le domaine d’action d’une personne où nul ne peut s’immiscer. Aucun homme n’a donc le Droit de forcer quelqu’un à accomplir une action positive puisque l’individu ainsi contraint subirait une violation de son Droit sur sa personne et sa propriété (Ethique de la Liberté, chapitre 14).
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