Mythologie des mondess anciens ou premiers
On parle facilement de mythologie pour les récits
religieux des
mondes anciens ou exotiques, éloignés dans le
temps ou dans l'
espace, telles que :

Le dieu Thor de la mythologie nordique
affrontant les géants, M. E. Winge, 1872
Mythologie contemporaine
Il est plus difficile de parler de mythologie à propos des religions contemporaines, par exemple de
mythologie biblique, terme que les
croyants sont tout disposés à prendre pour une offense envers leur
foi, une attaque contre leurs
croyances ou au minimum, une manifestation d'
intolérance. Les dieux des voies monothéistes sont pensés comme étant le seul et unique
Dieu, et de ce fait, comme la seule instance possible de ce concept. Le croyant monothéiste est donc facilement amené à penser que son dieu est le vrai quand celui des autres, spécialement celui qui n'a plus un fidèle vivant pour le défendre, serait faux. Ces religions sont déclarées
unilatéralement païennes (cf.
paganisme). Il se pose donc le problème de la
Vérité et non le problème de la mythologie.
Pourtant, la plupart des livres sacrés des religions contemporaines, qu'elles relèvent du monothéisme ou du polythéisme, s'enracinent dans les religions premières et les récits qui les soutiennent constituent des mythologies. Le mythe est le langage normal de la religion et il n'est pas une simple fable ou une simple légende, non plus qu'un conte populaire.
La pensée critique et particulièrement la démythologisation, telle que l'entendait Rudolph Bultmann au début du , nous ont habitués à penser que les événements et les histoires environnant l'origine et le développement de religions comme le Christianisme, le Judaïsme ou l'Islamisme ne sont pas exactement vraies et vérifiables au même titre que l'assassinat d'Abraham Lincoln ou le couronnement de Napoléon Ier.
La formation des mythes
Robert Graves, qui a été profondément influencé par la mythographie de James George Frazer Le Rameau d'or, considère que les mythes sont créés par les nombreux besoins culturels.
Les mythes légitiment les fondements culturels d'une tribu, d'une ville ou d'une nation en les reliant à des vérités universelles. Par exemple, les mythes justifient l'occupation d'un territoire par un peuple particulier.
Toutes les cultures ont développé leurs propres mythes se composant des récits de leur histoire, de leurs religions, et de leurs héros. La grande importance de la signification symbolique de ces récits dans la culture explique pourquoi ils survivent si longtemps, parfois des milliers d'années. François-Bernard Mâche distingue le mythe, vu comme une image psychique primordiale, avec la mytho-logie, c'est-à-dire un système de mots essayant avec un succès variable d'assurer une certaine cohérence entre ces images[François-Bernard Mâche Music, Myth and Nature, or The Dolphins of Arion, 20, 1992].
Joseph Campbell est un des auteurs récents à écrire au sujet des mythes et de l'histoire de la spiritualité. Son livre le héros aux mille visages paru en 1948 décrit les idées fondamentales qu'il a continuées à élaborer jusqu'à sa mort en 1987.
Autres concepts
Les mythes ne sont pas identiques aux fables, légendess, folklore, contes, anecdotess ou fiction mais les concepts peuvent se superposer. Par exemple pendant l'époque du romantisme, des contes de fées et des récits folkloriques ont été perçus comme des fragments érodés d'une ancienne mythologie (notamment par les frères Grimm et Elias Lönnrot).
Les thèmes mythologiques sont souvent consciemment utilisés dans la littérature, à commencer par Homère. L'œuvre résultante peut expressément se rapporter à une origine mythologique sans pour autant en devenir une partie (par exemple Cupidon et Psyché). Au Moyen Âge le roman courtois utilise particulièrement ce processus de transformation du mythe en littérature.
L'évhémérisme se rapporte au processus de rationalisation des mythes, mettant des thèmes autrefois imprégnés avec des qualités mythologiques dans des contextes pragmatiques, par exemple en suivant un changement de paradigme culturel ou religieux (notamment la réinterprétation de la mythologie païenne suivant l'essor de la chrétienté). Réciproquement, les documents historiques et littéraires peuvent acquérir des qualités mythologiques avec le temps, par exemple la matière de Bretagne et la matière de France qui sont basées respectivement sur des événements historiques du et du , ont d'abord été de la poésie épique avant de devenir partiellement des mythes dans les siècles suivants. La « génération consciente » de la mythologie a été nommée mythopoeia par J. R. R. Tolkien[J. R. R. Tolkien, Beowulf: The Monsters and the Critics, Londres, Humphrey Milford, 56 pp.] ainsi que par l'idéologue Nazi Alfred Rosenberg.
Mythologie moderne
Des films et des livres comme La Guerre des étoiles et Tarzan peuvent avoir des aspects mythologiques forts qui se développent parfois en systèmes philosophiques profonds et complexes. Ces histoires, bien que n'étant pas de la mythologie, contiennent des thèmes mythiques qui satisfont les besoins psychologiques similaires de certaines personnes. Un exemple d'un système mythologique fictif est celui développé par J. R. R. Tolkien dans le Silmarillion et le seigneur des anneaux. En outre, des fans emploient parfois le terme de mythologie pour se référer à un monde fictif complexe comme la série Star Trek.
Cependant, la fiction n'atteint pas le statut réel de mythologie tant que les gens ne croient pas que c'est vraiment arrivé. Par exemple, certains croient que le film de l'auteur de fiction Clive Barker Candyman est basé sur une histoire vraie, et de nouvelles histoires ont grandi autour du mythe. Il en va de même pour des films comme Le Projet Blair Witch ou d'autres histoires du même type. Beaucoup de mythes contemporains produits ont acquis le statut de légende urbaine.
Le mot est également employé communément pour se rapporter au système de valeur contemporain, rarement remis en question, particulièrement lorsque il est vu comme idéologique ou socialement construit (par exemple, 'la mythologie de l'amour'). Dans les années 1950, le penseur structuraliste français Roland Barthes publia une série d'analyses sémiotique de tels mythes modernes et du processus de leur création, rassemblées dans son livre Mythologies.
Certains mouvements, afin de consolider leurs ancrages historiques anciens, ont eu recours au fakelore, par exemple la wicca.
Voir aussi
Symboles trans-culturels
Certains symboles ou concepts se retrouvent dans plusieurs mythologies, soient qu'ils soient passés d'une culture à l'autre, soit qu'ils aient été inventés indépendamment.
Articles connexes
Notes
Liens externes