Classification
Le néerlandais est une
langue appartenant au
groupe germanique des
langues indo-européennes. Il s'agit en fait d'un
dialecte bas-allemands, ou plutôt d'un amalgame de
dialecte, qui a acquis le statut de
langue nationale. Les
sociolinguistes qualifient donc le néerlandais de
langue-toit puisque construit à partir de plusieurs dialectes, mais aussi de
langue Ausbau, en ce sens qu'il a été imposé pour favoriser le sentiment national.
Répartition géographique
Parlé aux
Pays-Bas, en
Belgique flamande et dans l'extrême nord de la
France, le néerlandais s'est répandu dans l'empire colonial des
Pays-Bas.
Dans le Nord de la France (Flandres françaises), la langue a pratiquement disparu au cours du .
Au total, plus de 22 millions de personnes le parlent dans le monde, sans compter les 6,2 millions de locuteurs de l'Afrikaans, un dialecte du néerlandais parlé en Afrique du Sud par les Afrikaners (colons blancs non-britanniques) et les métis.
Statut officiel
En Europe, le néerlandais est langue officielle aux
Pays-Bas et en
Belgique (niveau fédéral avec le français et l'allemand, et unilingue en
Communauté flamande), il est donc de ce fait une des langues officielles de l'
Union européenne. Il reste également la langue officielle de certaines (anciennes) possessions néerlandaises comme le
Suriname,
Aruba et les
Antilles néerlandaises.
Depuis
1980, un organisme officiel, la
Nederlandse Taalunie (Union linguistique néerlandaise), s'applique à harmoniser et simplifier les aspects littéraires et grammaticaux de ce qui s'appelle dorénavant
Algemeen Nederlands (anciennement
Algemeen Beschaafd Nederlands ou ABN) qu'on pourrait tenter de traduire par « néerlandais général ». Il en assure également l'intégrité et la promotion. Il publie régulièrement une «Woordenlijst Nederlandse taal», c'est-à-dire une liste (officielle) des mots du néerlandais, qu'on appelle familièrement le «Petit livre vert» (
het groene boekje), à cause de la couleur verte de sa couverture. Le
Suriname est depuis
2005 également membre de cet organisme initialement cogéré uniquement par les institutions néerlandaises et flamandes. Il en est résulté l'entrée de nombreux mots
surinamiens dans le livret vert.
La dernière version de ce livret vert a été publiée le 15 octobre 2005 et a donné lieu à beaucoup de commentaires, notamment sur des incohérences entre l'écriture de différents mots du même style (par exemple cao-overleg contre VUT-premie (incohérence majuscules/minuscules) ou 24-jarige contre 24 uursservice (incohérence tiret/sans tiret)). C'est pour cette raison que le Genootschap Onze Taal
a publié le 16 août 2006 une version alternative de ce livret : le « livret blanc » (het witte boekje
/ de witte spelling
).
Enseignement du néerlandais
Du fait de son nombre limité de locuteurs, le néerlandais est peu enseigné en
Europe et dans le monde en général. L'étude du néerlandais est obligatoire à partir de la troisième primaire à
Bruxelles dans les écoles francophones. Ailleurs en
Communauté française de Belgique, l'enseignement d'une langue étrangère est obligatoire à partir de la cinquième primaire et il s'agit bien souvent également du néerlandais
[http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/Europe/belgiquefrn.htm].
Dialectes
Sur le plan pratique, de nombreuses variantes locales subsistent, tant aux Pays-Bas qu'en
Flandre. Elles affectent la tournure, le vocabulaire et la prononciation. L'ensemble forme un continuum sans transition précise, le Rhin dessinant cependant une nuance plus marquée.
Il y a, en revanche, de nettes différences de vocabulaire entre les parlers flamands et le néerlandais. D'autre part, les dialectes sont présents au niveau provincial, et même plus bas, fort local donc. Il n'existe pas non plus une prononciation flamande, mais bien des dizaines de variantes dans lesquelles on peut distinguer beaucoup de points communs. Cela fait que l'on arrive assez facilement à distinguer les Flamands et les Néerlandais selon leur prononciation. Ce qui vaut aussi dans une bien plus large mesure chez les anglophones pour les Australiens et les Britanniques, chez les francophones pour les Québécois et les Français …
On distingue six zones dialectales. Les frontières belgo-néerlandaise et belgo-française ne matérialisent aucune transition sur le plan linguistique.
A. Groupe bas-francique du Sud-Ouest (zélandais/flamand occidental)
B. Groupe bas-francique du Nord-Ouest (hollandais)
- 3. hollandais méridional
- 4. Westhoeks
- 7. Kennemerlands
- Sous-groupe hollandais septentrional (ou friso-hollandais)
- 5. Waterlands et Volendams
- 6. Zaans
- 8. frison occidental
- 9. Bildts, Midslands, Stadsfries et Amelands
|
C. Groupe bas-saxon du Nord-Est (ou friso-saxon)
- 10. Kollumerlands
- 11. groningois et Noord-Drents
- 12. Stellingswerfs
- 13. Midden-Drents
- 14. Zuid-Drents
- 15. Twents
- 16. Twents-Graafschaps
- 17. Gelders-Overijssels (Achterhoeks), et Urks parlé dans le Flevoland (FL)
- 18. Veluws
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D. Groupe bas-francique du centre-Nord
- 19. Utrechts-Alblasserwaards
E. Groupe bas-francique du centre-Sud
- 20. Zuid-Gelders
- 21. brabançon septentrional et limbourgeois septentrional
- 22. brabançon
- 23. flamand oriental
F. Groupe bas-francique du Sud-Est
Notes :
: Ce sous-groupe comprend des dialectes considérés comme néerlandais, mais ont un substrat frison très important.
: Tous ces dialectes, sauf le groupe C (bas-saxon) sont des dialectes bas-franciques.
: Groupe dialectal transitionnel (bas-francique néerlandais teinté de moyen haut-allemand), le limbourgeois se voit, en sa façade est-méridionale, bordé par des parlers transfrontaliers franciques ripuaires (Ripoarisch) dont les lexique et morphologie moyens haut-allemands sont, au contraire, mêlés d’influences bas-allemandes [1] .
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 Carte des 6 zones dialectales du néerlandais aux Pays-Bas, et dans les Flandres belges et françaises
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La province de la
Frise, en blanc sur la carte, parle le
frison (hormis quelques villes marquées dans le groupe 9). La région en gris, le
Flevoland (marqué FL sur la carte) n’a pas de tradition linguistique bien définie (hormis l’ancienne île d’
Urk de tradition bas-saxonne (17), intégrée dans la nouvelle région), cette région n'existant que depuis 1932s et ayant été gagnée sur la mer par les
polder, et ayant été colonisée par des néerlandais de diverses cultures linguistiques.
Langues dérivées
L'
afrikaans, parlé en
Afrique du Sud, est une langue dérivée du néerlandais, qui conserve de nombreux archaïsmes datant des
et s. Ce processus de créolisation fera penser,
mutatis mutandis, aux idiomes dérivés du français tels les créoles
haïtien ou
réunionnais.
Généralement, une personne parlant nativement l'afrikaans peut comprendre la langue parlée aux
Pays-Bas, mais ne pourra s'y exprimer qu'avec difficulté.
L'afrikaans a été formé par des colons venant du sud des
Pays-Bas, il y a donc des liens évidents, mais l'afrikaans en a conservé à la fois certains archaïsmes, tout en simplifiant la grammaire.
Écriture
Le néerlandais utilise l'alphabet latin, complété de quelques
diacritiques. Le
trémas est utilisé pour séparer des
voyelle consécutives et éviter leur prononciation comme diphtongues.
Exemples :
- België (Belgique)
- coördinatie (coordination)
L'accent aigu (plus rarement grave) est utilisé pour signaler la présence de l'accent tonique sur un mot qui ne le porte habituellement pas.
Exemples :
L'ensemble
ij (graphe : IJ/ij) est parfois considéré comme une seule lettre. Autrefois, dans certaines régions, il était écrit avec un
y avec ou sans
tréma (graphe : Y/ÿ).
Prononciation
Grammaire
La grammaire du néerlandais rappelle par bien des traits celle de l'
allemand. Elle s'en distingue néanmoins par la quasi-disparition des cas et la faible distinction que l'on fait aujourd'hui entre les genres masculin et féminin (encore plus au nord du
Rhin qu'au sud).
Lexique
Emprunts français
Le français a emprunté certains mots au néerlandais, en particulier dans le domaine de la navigation. À titre d'exemple, voici une liste non exhaustive de mots français provenant du néerlandais (bien que pour certains parmi ceux-ci, il pourrait s'agir de mots plus généralement germaniques ou anglo-saxons ; par exemple
bier,
brick,
drug pour
drogue, etc.)
- affaler : afhalen « tirer en bas le cordage »
- bâbord : bakboord « bord du dos »
- bague : bagge « anneau »
- bière : bier
- boulevard : bolwerk
- colza : koolzaad « semence de chou »
- drogue : drogerij « herbe séchée »
- foc : fokken
- frelater : verlaten « transvaser »
- gruger : gruizen « écraser »
- kermesse : kerkmisse « messe d'église, fête patronale » (en néerlandais actuel kermis)
- mannequin : mannekijn « petit homme »
- matelot : mattenoot « compagnon de couche » (en néerlandais actuel matroos)
- pamplemousse : pompelmoes « citron épais »
- ruban : ringband « collier »
- tribord : stuurboord « bord du gouvernail »
- trique : strijken « passer un objet sur un autre »
- vase (féminin) : wase
- vrac : wrak « mal salé, mauvais »
Mais aussi : bègue, béguine, bélître, bitter, blague, blaser, blocus, bobsleigh, bouquin, brader, brique, briquet, buse, cabillau, cancrelat, étriquer, hère, tricot, varlope, etc.
Notez que le français de Belgique comporte encore plus d'emprunts qualifiées de belgicismes tels que kot (chambre d'étudiant ou placard)...
Exemples
| Français
| Néerlandais
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| Aux Pays-Bas, ils parlent néerlandais
| In Nederland spreken ze Nederlands
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| Adapté par un Néerlandais
| Aangepast door een Nederlander
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| Mot
| Traduction
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| terre
| aarde
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| ciel
| hemel
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| eau
| water
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| feu
| vuur
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| homme
| man
|
| femme
| vrouw
|
| manger
| eten
|
| boire
| drinken
|
| grand
| groot
|
| petit
| klein
|
| nuit
| nacht
|
| jour
| dag
|
| jouer
| spelen
|
| mot
| woord
|
| traduire
| vertalen
|
| marcher
| lopen/stappen
|
| courir
| lopen/rennen
|
| prendre
| nemen
|
| acheter
| kopen
|
| vendre
| verkopen
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| cher
| duur
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| bon-marché
| goedkoop
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Articles connexes
Notes
Voir aussi
Liens internes
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