Acception dans le bouddhisme
Dans son acception
bouddhique, qui est la plus commune aujourd'hui, ce terme désigne le « but » de la pratique bouddhique, l'Éveil (
bodhi). Il est au-delà de toute description et ne peut être défini que négativement comme la fin de l'ignorance et du vouloir vivre. Il peut être comparé, selon les textes, à l'extinction d'une flamme : de même qu'on ne peut définir un feu qui ne brûle pas, on ne peut définir une personne qui a « exsufflé » les agrégats d'existence (désirs, volitions, conceptions erronées) qui entraînent une personne non éveillée de renaissance en renaissance.
Une définition moins négative est celle d'une paix intérieure totale et permanente, provenant du détachement. L'acquisition de cet « état » (qui est défini comme un « non-état ») est réputée possible pendant la vie, ou, éventuellement, lors de la mort. L'idée assez vulgarisée dans le public du nirvāna comme d'un « paradis » où l'on continuerait à exister après la mort est absurde (et contradictoire avec la thèse bouddhiste du non-soi et de la vacuité des phénomènes et de l'Absolu). On ne peut donc ni y « entrer » ni y « rester ». Le nirvāna n'est pas non plus la mort, mais plutôt la fin de la croyance en un ego autonome et permanent.
Des termes proches sont : éveil, extinction, libération, illumination, délivrance, vacuité absolue, paix suprême, réalité ultime.
Voir aussi Parinirvāna, Satori.
Acception dans l'hindouisme
Le même concept existe également dans l'
hindouisme mais il est de préférence nommé
moksha (ou encore
mukti,
laya), le terme de
nirvāna y étant moins souvent employé.
Citations
- « Il y a un sans-naissance, sans-devenir, sans-création, sans-condition. S'il n'y avait pas ce sans-naissance, sans-devenir, sans-création, sans-condition, on ne pourrait échapper au né, devenu, créé, conditionné. Mais puisqu'il y a un sans-naissance, sans-devenir, sans-création, sans-condition, on peut échapper au né, devenu, créé, conditionné. » Udana, VIII, 3.
- « Comme une flamme soufflée par un vent puissant va en repos et ne peut être définie, ainsi le sage qui est libéré du corps et de l'esprit (nāmakāyā) va en repos et ne peut être défini. » Sutta Nipāta
- « Là où il n'y a rien, où rien ne peut être saisi, c'est l'Ile ultime. Je l'appelle nirvāna : extinction complète de la vieillesse et de la mort. »
Sens populaire
Dans le langage familier,
nirvana désigne un 'bonheur suprême', un plaisir des sens atteint notamment par la
sexualité, des objets ou des situations hautement agréables. Il s'agit alors d'un sens dévoyé, à peu près synonyme de plaisir intense, assez éloigné de la notion de paix intérieure.
Voir aussi
Notes