Biographie
Il est né à
Colombia dans le
Missouri, premier enfant de Leo Wiener et Bertha Kahn. Leo était professeur de langues slaves à
Harvard et fut à
Varsovie camarade de classe de
Ludwik Lejzer Zamenhof. Enfant prodige, Norbert savait lire à un an et demi, et de ce fait, fut éduqué à la maison jusqu’à sept ans, lisant en même temps la plus grande partie des livres de la bibliothèque de ses parents. Il entra alors à l'école pour une courte période, avant de terminer la plus grande partie de ses études à la maison. En
1903, il retourna à l'école secondaire
Ayer jusqu’à l'obtention de son diplôme d'études secondaires en
1906.
En septembre 1906, à 11 ans, il entra à l'université de Tufts pour étudier les mathématiques. Il reçut son diplôme en 1909 et entra à Harvard. Il y étudia la zoologie, mais en 1910 il partit pour l'université Cornell pour commencer une licence en mathématique. L'année suivante, il retourna à Harvard où il commença une thèse. Wiener obtint son doctorat à Harvard en 1912 pour une thèse sur la logique mathématique, il avait alors 18 ans.
Après sa soutenance de thèse, il part pour l'Europe, d'abord à Cambridge, où il travaille avec Bertrand Russell et Godfrey Harold Hardy, puis à Göttingen où il suit les cours de Edmund Landau et David Hilbert. Il retourne ensuite à Cambridge, puis aux États-Unis. En 1915-1916, il enseigne la philosophie à Harvard, travaille pour General Electric et ensuite pour Encyclopedia Americana, avant de travailler sur les tables de balistique à Aberdeen Proving Ground, dans le Maryland. Il y reste jusqu’à la fin de la guerre, après laquelle il obtient un poste de professeur de mathématiques au Massachusetts Institute of Technology (MIT).
En 1926, il épouse Margaret Engemann et retourne alors en Europe comme boursier Guggenheim. Il passe la plupart de son temps à Göttingen ou à Cambridge avec Hardy. Il travaille notamment sur le mouvement brownien, la transformation de Fourier, le problème de Dirichlet, l'analyse harmonique et les théorèmes taubériens. En 1933, il reçoit le prix Bôcher.
Durant la Seconde Guerre mondiale, il refusa de participer au Projet Manhattan (projet de développement de la bombe nucléaire), par contre il travailla activement sur le contrôle de défense antiaérien en artillerie, ce qui l'encouragea à synthétiser ses intérêts pour la théorie de la communication et la cybernétique. En 1943, avec ses collaborateurs Arturo Rosenblueth & Julian Bigelow, il proposa un nouveau système de DCA pouvant prévoir la trajectoire de l’avion cible à partir d’un modèle analysant le comportement d’un pilote se sachant pourchassé. De 1946 à 1950, il participa aux fameuses rencontres interdisciplinaires appelées conférences Macy.
Après guerre, selon Philippe Breton, traumatisé par l'implication des scientifiques dans les tragédies d'Hiroshima et Auschwitz, il se transforma en apôtre d'une nouvelle religion laïque : l'utopie de la communication[Philippe Breton, 1981], fondée sur la compréhension et le progrès.
Bibliographie
- Cybernétique et société (1952, rééd. 1971), Union Générale d'Editions, Collection 10/18 ; il s'agit de la traduction en français de Cybernetics - Control and Communication in the Animal and the Machine (1948) publié par MIT Press.
- 'Speech, langage and learning' (1950) Discours, langue et apprentissage; Ouvrage dans lequel il ajoute le concept du feedback - boucle de rétroaction - au schéma de base de Shannon.
Ses travaux publiés incluent
The Human Use of Human Beings (1950),
Ex-Prodigy (1953),
I am a Mathematician (1956),
Nonlinear Problems in Random Theory (1958), et
God & Golem, Inc.: A Comment on Certain Points Where Cybernetics Impinges on Religion (1964).
Notes