Histoire
Première mention
Bien que certaines légendes locales fassent remonter les origines de la ville de Nuremberg à l'
époque romaine[selon les versions, au général romain Nero Claudius Drusus, ou aux habitants de la province romaine de la Norique], des fouilles archéologiques ne permirent pas de trouver d'établissement antérieur au début du . Le premier document mentionnant la ville de Nuremberg sous le nom de
nórenberc[du moyen haut-allemand nuor qui signifie la falaise] est dû à l’empereur
Henri III et daté du
16 juillet 1050 (Le document est rédigé à l’occasion de l’affranchissement d’une femme de
basse condition nommée
Sigena[Un noble nommé Richolf souhaitait la prendre en mariage, l'empereur lui aurait rendu sa liberté. L'acte d'affranchissement se termine par ces mots : Actum Nórenberc. Feliciter Amen]). Dans l'état actuel des connaissances, nous pouvons donc dire que Nuremberg semble être une création politico-militaire de l’empereur Henri III (1039-1056) servant au ravitaillement de ses armées lors de ses campagnes contre le
duc de Bohème. La ville occupait une position centrale entre les évêchés de
Bamberg,
Wurtzbourg,
Eichstätt et
Ratisbonne, et les empereurs de la dynastie salienne souhaitaient récupérer et mettre en valeur des terres précédemment données à l'église impériale par les empereurs
ottoniens.
Moyen Âge

Nuremberg aux alentours de 1895
ville s'étend autour de la proéminence sur laquelle le château est construit.
Terre d’Empire, Nuremberg fait partie des villes impériales préférées et en
1219, le futur empereur
Frédéric II remet à Nuremberg, qui n’était encore que ville royale sans autonomie, sa célèbre Grande Charte de franchise. Elle n’obtient toutefois son indépendance complète qu’au milieu du , durant les luttes acharnées qui opposent l’empereur au pape. C’est en 1256 qu’il est fait pour la première fois mention d’un conseil à Nuremberg qui entre, la même année, dans la ligue des Villes Rhénanes. Portes et remparts sont également signalés pour la première fois en 1256, rapidement remplacés par des murailles. La
Bulle d'or de l’empereur
Charles IV, un siècle plus tard (1356), fait de Nuremberg la ville de la première diète d’empire de chaque nouveau souverain. En 1424, l’importance de la ville est à nouveau renforcée et soulignée lorsque l’empereur Sigismond lui confie la garde du Trésor impérial contenant les insignes du pouvoir, les joyaux de la couronne et la collection de reliques de l’empereur. La ville achève à cette époque ses grands travaux d'architecture : le chœur oriental de l'église Saint-Laurent, et la chapelle du couvent des Augustins. Les églises s’embellissent grâce aux fondations pieuses dues à la bourgeoisie fortunée de la ville. L'empereur lui-même et quelques princes, soucieux de leur postérité, offrent des vitraux aux églises..
Renaissance
Durant l'âge d'or de Nuremberg, la ville devient une vraie cité artistique, un berceau de l’humanisme allemand. En effet, de grands artistes tels que le peintre
Albrecht Dürer, qui se fera connaître comme peintre et graveur, le sculpteur sur bois
Veit Stoss et le tailleur de pierre
Adam Kraft créent à Nuremberg des œuvres d’une grande notoriété.
De Revolutionibus Orbium Coelestium, De la révolution des sphères célestes, un livre de Nicolas Copernic est publié en 1543 à Nuremberg, ainsi que les Chroniques de Nuremberg de Hartmann Schedel en 1493.

Nuremberg en 1493
, par
Hartmann Schedel
Dans la seconde moitié du , Nuremberg profite tout particulièrement de l'essor économique des villes allemandes et accroît au siècle suivant très largement son territoire aux dépens des pays du Haut-Palatinat en prenant part, contre Robert du Palatinat, à la guerre de succession de Landshut aux côtés des vainqueurs, le Duc Albert IV de Bavière-Munich et l'empereur Maximilien Ier. Nuremberg reçoit en partage six villes et surtout quelques marchés, en plus de nombreuses terres de moindre importance. La disposition de nouveaux monopoles se révèle capitale pour la ville qui, comme Lunebourg, est une cité commerciale importante, au carrefour de grandes voies de communication : la route des Balkans à Anvers par Vienne, celle de Venise à Hambourg par le col du Brenner, celle de la France vers Prague par Strasbourg et enfin celle qui relie la Suisse à la Saxe et à la Pologne. Au début du , Nuremberg atteint sa plus grande prospérité. C’est, comme pour Venise, la découverte du cap de Bonne-Espérance qui, bouleversant les relations commerciales de l’Europe et l’Orient, contribue à la déchéance de la ville face aux ports de l’Europe occidentale. Les marchands nurembergeois choisissent d’investir dans le Nouveau Monde pour échapper à ce déclin mais les empereurs ne résident plus dans la ville à partir de 1571. La ville est ravagée au par la guerre de Trente Ans. L’arrivée du chemin de fer va cependant faciliter son industrialisation.

Marché de Noël de la ville au
Époque contemporaine
Dès
1933, le régime
national-socialiste exploitera le prestigieux passé de l’ancienne ville impériale au profit des gigantesques manifestations et rassemblements destinés à marquer l'opinion publique par leur importance, et cela, jusqu’en
1938.
C'est probablement une des raisons qui motiva les Alliés, en plus de son importance industrielle, pour bombarder massivement la ville, notamment le
2 janvier 1945. Ces bombardements détruisirent presque complètement le centre historique de la ville.
C’est dans le palais de justice épargné par les bombes que se tiendra le célèbre procès de Nuremberg entre le 20 novembre 1945 et le 1946.
Le centre historique et le centre-ville sont rapidement reconstruits. Aujourd’hui, l’économie de la ville est notamment tournée vers les nouvelles technologies.
En 2000 à Paris, la ville de Nuremberg s'est vu attribuer le Prix Unesco de l'éducation aux droits de l'homme. On lui a reconnu les initiatives extraordinaires prises pour encourager l'éducation aux droits de l'homme. Face à son histoire nazie, Nuremberg s'est décidée à apporter une contribution active à la paix mondiale ainsi qu'à la défense des droits de l'homme. On a créé un Centre de documentation sur les droits de l'homme, on décerne régulièrement un prix international des droits de l'homme et on organise tous les deux ans un Festival cinématographique, consacré aux droits de l'homme, pour ne citer que quelques exemples.
Monuments

La Belle Fontaine
- Le château (Burg)
- L'Hôtel de ville
- Ville fortifiée
- La Belle Fontaine
- Le Palais de justice
- Les églises gothiques
- St. Laurent (Lorenzkirche)
- St. Sébald (Sebalduskirche)
- Église Notre-Dame (Frauenkirche au Hauptmarkt)
- St. Égidien (Egidienkirche), la seule église baroque à Nuremberg
Culture
- En 1888 le groupe volapükiste de Nuremberg conduit par Léopold Einstein, face à l'échec du mouvement volapükiste qui s'entre-déchire adopte l'espéranto (qui avait été publié seulement en 1887), fondant ainsi le premier club d'espéranto ayant jamais existé.
- Richard Wagner situe l'un de ses opéras dans cette ville, Les Maîtres Chanteurs de Nuremberg (1868).
- Le Christkindlesmarkt sur le marché central, attire chaque année de nombreux touristes à l'époque de l'Avent.
- Il y a aussi la ION, la semaine internationale de l'orgue, le plus grand et le plus vieux festival de musique religieuse en Europe.
- Un grand festival de la musique rock Rock im Park. Ce festival dure trois jours.
- Fin juillet a lieu le Bardentreffen, un festival gratuit de musique du monde entier, tenu en plein air et qui attire plus de personnes durant tout un week-end.
- Au mois de septembre, il y a la fête de la vieille ville (Altstadtfest), avec des spécialités de la région et des activités sportives. Sur la Pegnitz on organise un spectacle médiéval. Deux personnes, habillées comme les pêcheurs du Moyen Age se trouvent dans une petite barque à rames en bois. L'un a la tâche de diriger le bateau tandis que l'autre, à l'aide d'une gaffe, essaie de pousser dans l'eau le pêcheur de la barque concurrente. Celui-ci est aussi armé d'une gaffe (Fischerstechen/les joutes nautiques).
Musées
- Le musée national germanique (Germanisches Nationalmuseum)
- Le musée nouveau (Neues Museum)
- La maison d'Albrecht Dürer (Albrecht Dürer Haus)
- Le musée municipal (Fembohaus)
- Le musée du jouet (Spielzeug Museum)
- Le musée de culture industrielle (Museum Industrie Kultur)
- Le musée des transports (Verkehrs Museum)
- La rue des Droits de l'Homme (Straße der Menschenrechte, près du musée national germanique et créée par l'artiste israélien Dara Karavan)
Sport
Gastronomie
En plus de la cuisine franconienne, Nuremberg est connu pour ses restaurants où l'on mange les fameuses saucisses de Nuremberg, les Nürnberger Bratwürste, ainsi que pour ses Lebkuchen, un genre de pain d'épices.
Jumelages
Nuremberg est jumelée avec 14 villes.
Notes et références
Voir aussi
Liens externes
Galerie
Image:Nuremberg defensive wall north bastion f ne.jpg|Mur d'enceinte nord
Image:Nuremberg Frauen Lorenz Rathaus v Burg f n.jpg|Vue depuis le château, 2004
Image:Delsenbach-Brücke über die Pegnitz.jpg|Pont sur la Pegnitz
Image:Nuremberg Duererhaus f n.jpg|Maison d'Albrecht Dürer
Image:Nuernberg merian.JPG|Carte de la ville en 1642
Image:Nuernberg Weisser Turm 2005.jpg|La tour blanche