But de ces opérations
On voit que
- les OPA, OPE et OPR ont pour but la prise de contrôle d'une société « cible » (opérations de fusion-acquisition),
- les OPV au contraire visent à réduire la participation des actionnaires principaux en mettant une partie de leurs titres sur le marché.
On notera que certaines OPA et OPE sont liées à une
RES (reprise d'une
entreprise par certains de ses salariés)
Types
OPA
Une offre publique d'achat sur des actions cotées en bourse, est lancée par une entreprise ou par un groupe d'investisseurs, à un prix d'achat déterminé, dans l'optique de prise de contrôle d'une (autre) entreprise.
Dans certains cas, le lancement d'une OPA est imposé par la réglementation, en particulier lorsque l'acheteur contrôle déjà directement ou indirectement sa cible (passage du seuil des 50% des droits par exemple). Cette obligation a été instituée afin de protéger les autres actionnaires en leur offrant une solution de sortie.
Le prix est naturellement presque toujours supérieur au cours de bourse avant le lancement de l'opération, mais ce n'est pas obligatoire (en particulier pour les OPA imposées).
Certains investisseurs (ou spéculateurs) sont à la recherche des titres pouvant faire l'objet d'une OPA, car c'est souvent l'occasion de faire une plus-value.
OPE
Une offre publique d'échange sur des actions cotées en bourse est lancée par une société, selon une proportion d'échange déterminé entre des actions de la société « cible » et celle qui veut en prendre le contrôle.
Par exemple, 5 actions de la société cible donneront droit à 3 actions de la société offreuse en cas d'acceptation de l'offre (cet exemple suppose que 3 actions de l'offreuse valent davantage en bourse que 5 actions de la cible).
OPR
Une offre publique de retrait fait suite à une OPA ou OPE ayant permis à son lanceur de devenir propriétaire de la quasi totalité de la société cible. De ce fait, il ne reste qu'un nombre minime d'actions de cette dernière encore détenues par le public.
L'OPR est une proposition aux propriétaires des actions restantes de les leur acheter, en général à bon prix, avant que celles-ci ne soient radiées de la cotation en bourse. Ce retrait permettra à l'actionnaire principal ou a son groupe d'éviter les frais et contraintes diverses liées à la cotation en bourse et à la coexistence d'autres actionnaires dans le capital.
S'il reste encore des actions non présentées à l'OPR, la société offreuse peut la faire suivre d'une offre de retrait obligatoire (OPR-RO).
OPV
L'offre publique de vente est une offre publique faite par des actionnaires (par exemple, l'État en cas de privatisation ou d'ouverture du capital d'une entreprise publique) à tout épargnant qui le souhaite, de leur vendre des actions d'une société selon des conditions précises de quantité et de prix.
L'opération une fois conclue (ce qui suppose une procédure de répartition des titres si la demande est supérieure à l'offre, ou est comme on dit « sursouscrite »), est généralement suivie de l'introduction en bourse desdites actions.
OPO
L'offre publique à prix ouvert est une procédure qui consiste à recueillir les demandes de souscription puis à fixer le prix définitif après la clôture de l'offre.
OPF
L'offre à prix fixe est une procédure d'introduction en bourse fixant la quantité et le prix unique des titres à vendre.
OPM
L'offre à prix minimum est une procédure d'introduction en Bourse qui consiste à fixer la quantité. Le prix dépend de la demande et des exigences du vendeur.
Circonstances des OPA et OPE
Les sociétés
- dont le capital n'est pas largement contrôlé par un groupe financier ou actionnaire principal,
- et qui sont considérées sous-évaluées par les boursiers,
sont estimées souvent par ceux-ci comme « opéables ». Cela veut dire qu'elles pourraient faire l'objet d'OPA ou d'OPE par un autre groupe ou une société concurrente. Cette anticipation, parfois accompagnée de rumeurs, peut entraîner des spéculations épisodiques sur ces titres.
Les OPA et OPE sont considérées « amicales » ou « hostiles » selon qu'il y ait accord ou non entre le groupe acquérant et la société visée. Ces opérations peuvent évoluer en bataille financière si des contre-OPA / contre-OPE sont lancées par des groupes rivaux.
Stratégies
Dans l'Union européenne
L'ouverture du marché européen a créé des conditions favorables aux offres publiques d'entreprises extra-européennes sur des entreprises européennes, comme l'a montré l'offre publique de Mittal sur Arcelor.
Les règles de concurrence dans l'Union européenne sont telles que la Commission européenne ne s'oppose pas aux fusions qui ne créent pas de position dominante sur le marché unique. Les groupes extra-européens peuvent donc acquérir des groupes européens sans créer de position dominante en Europe, donc sans que la Commission ne s'y oppose. En revanche, la fusion de deux groupes européens qui crée une position dominante en Europe est empêchée par la Commission.
Tactiques contre les OPA hostiles
La Wikipedia anglophone est très documentée sur ce sujet :
- Pacman : Le principe est de rendre l'OPA plus chère pour l'attaquant en absorbant d'autre entreprise ou souscrivant à une augmentation de capital. La cible sera donc plus chère, plus difficile à racheter à cause des nouvelles actions émises et parfois cette stratégie donne lieu à une pilule empoisonée en cas de rachat par la cible d'autres firmes par endettement que l'attaquant devra rembourser.
- Chevalier Blanc : Consiste à faire lancer une contre OPA concurrente par un tiers allié à l’entreprise, dans ce cas, il convient de faire attention car le chevalier se retrouvera en possesion d'une part significative de hjt l’opération d’achat sous différents prétextes. Ou encore à inclure dans les statuts de la cible une clause du genre : 'si un actionnaire individuel possède plus de 25% de la firme, alors ses droits de vote seront divisés de moitié'. Ces clauses sont cependant difficiles à mettre en oeuvre car elles peuvent aller à l'encontre du principe de 'libre circulation du capital' ou remettre en cause le principe selon lequel les actionnaires doivent avoir le meilleur prix en cas de rachat de leur entreprise. Cette défense particulière n'est possible que dans certains états des États-Unis comme le Delaware, le Nevada ou l'Arizona.
- Joyaux de la couronne : Consiste à céder les actifs stratégiques (brevets par exemple) pendant l’opération d’achat. L’acquéreur se retrouve donc avec une « coquille vide ».
- Séparation du capital et du pouvoir : L’utilisation d’une forme juridique du type SCA permet de séparer la détention du capital du pouvoir de gestion. L’intérêt de l’OPA se trouve ainsi fortement diminué.
- Organisation du renouvellement des administrateurs : Les statuts de la société organisent le renouvellement du conseil d’administration par quart ou tiers. L’entrée de l’acquéreur à la tête de la société est ainsi retardée.
Exemple d'OPA
Transposition de la directive sur les offres publiques d'acquisition
Pour la France, voir
Projet de loi relatif aux offres publiques d'acquisition 
, 21 février
2006.
Voir aussi