Fondements
L'idée de Frederick Winslow Taylor était de déterminer par des études, quelle était la meilleure façon de faire un travail :
- en décomposant les phases successives de ce travail,
- en cherchant les gestes les plus efficaces,
- en adaptant les outils.
Chez la Midvale Steel Co., ses études demandèrent beaucoup de
temps et de travail, mais les résultats furent spectaculaires. Il se mit à observer les
ouvriers, à décomposer leurs gestes, à les chronométrer, afin de trouver comment réduire leurs mouvements au minimum. Par exemple, à la manutention des gueuses de fontes, les ouvriers purent manipuler sans effort supplémentaire 48 tonnes par jour contre 12,7 tonnes auparavant. Les gains de
productivité furent tels que les
salaires, ont pu être au final augmentés de 60%.
Le chronométrage a rencontré une opposition des ouvrierss et des syndicat. Afin de contourner ses inconvénients, furent inventées des méthodess permettant d'évaluer les temps opératoires par une décomposition fine des mouvements (méthode des temps standards ou MTS, Method Time Measurement ou MTM), puis la méthode des observations instantanées.
Les quatre grands principes
Frederick Winslow Taylor a su résumer en quatre grands principes les fondements de l'organisation scientifique des entreprises :
- La direction doit développer scientifiquement une nouvelle technique pour chaque aspect de la tâche d'un travailleur, pour remplacer la méthode empirique utilisée traditionnellement.
- Le processus de décision doit permettre à la direction de choisir, entraîner, instruire et développer chaque travailleur, lequel, par le passé, déterminait par lui-même la façon d'exécuter sa tâche et se formait de son mieux par ses propres moyens.
- La direction doit coopérer avec enthousiasme avec les travailleurs pour s'assurer que chaque tâche soit exécutée suivant les principes et les techniques qui ont été développés.
- Une répartition équitable du travail et des responsabilités doit être établie entre la direction et les travailleurs. La direction doit prendre en charge les tâches pour lesquelles elle est mieux pourvue que les travailleurs, tandis qu'auparavant presque tout l'ouvrage et la plus grande part des responsabilités étaient assumées par les travailleurs.
Les mesures
- l'étude du facteur temps, de même que les outils et les méthodes nécessaires ;
- la supervision fonctionnelle et répartie, et ses avantages sur le système traditionnel du contremaître unique ;
- la standardisation des outils et de leur contexte d'utilisation pour chaque corps de métier, ainsi que les gestes et mouvements des travailleurs de chaque métier ;
- la création d'un département ou d'une salle de planification ;
- l'application du « principe d'exception » en gestion
- l'utilisation de règles mathématiques graduées et autres outils permettant d'économiser du temps ;
- la préparation de cartes d'instruction pour les travailleurs ;
- la préparation de descriptions de tâches, accompagnées par un large boni pour la réussite de cette tâche ;
- l'application de taux différentiels ;
- l'utilisation de systèmes mnémoniques pour répertorier les produits manufacturés de même que les outils utilisés dans les industries ;
- l'utilisation de systèmes de routage ;
- l'utilisation de systèmes modernes d'analyse des coûts.
Remise en cause de l'OST
De Nouvelles Formes d’Organisation du Travail se développent du fait des changements dans la société qui mettent en relief les limites principales du taylorisme et du fordisme…
Le fordisme du fait de la standardisation des produits ne répond pas toujours à une demande plus exigeante, qui exige des produits différenciés.
Par ailleurs si la quantité produite est accrue par le fordisme, il n'en est pas forcément de même de la qualité.
Taiichi Ohno (1912-1990) développe alors pour Toyota le 'ohnisme' ou 'toyotisme' dont les objectifs résumés autour des 5 zéros vont tendre à une réduction des coûts et une meilleure réactivité à la demande.
Malgré les organisation productives postérieures à Ford ou Taylor, l'organisation du travail basée sur la décomposition des tâches et les tâches répétitives ne disparaît pas. Un nombre croissant de salariés dénoncent par exemple la répétitivité des tâches qu'ils accomplissent, y compris dans le secteur tertiaire.
Voir aussi
Articles connexes