Géographie physique
Topographie

Panorama de Paris depuis la butte Montmartre. À droite, la tour Montparnasse
; au pied de la butte, à gauche, le marché Saint-Pierre
Au cœur du
bassin parisien, vaste plaine sédimentaire, Paris est implantée sur la
Seine où se situent deux îles qui constituent le cœur historique de la ville : l'île de la Cité à l'ouest et l'île Saint-Louis, à l'est. De là, la ville s'étend inégalement de part et d'autre du fleuve, la superficie occupée au nord sur la
rive droite est nettement supérieure (environ deux fois) à celle sur la
rive gauche, au sud.
Paris intra-muros, délimitée de fait en 1844 par l'enceinte de Thiers ainsi que par l'annexion de communes ou quartiers de celles-ci en 1860, est aujourd'hui séparée de la banlieue par le boulevard périphérique. Les accès routiers se font par les portes de Paris ou par les autoroutes et routes nationales qui rejoignent cette rocade. Le boulevard périphérique, voie rapide urbaine de 35 kilomètres, constitue de fait une frontière artificielle entre la ville et les communes limitrophes ; sa couverture progressive permet de mieux ouvrir Paris à son agglomération[Atelier Parisien d'urbanisme - Les seuils de Paris : étude de l'interface Paris-Banlieue ]
.
À l'extérieur de cette limite, Paris s'étend également sur des zones accueillant l'héliport (15 arrondissement) et surtout deux grands espaces boisés aménagés par Haussmann sur des communes voisines avant d'être rattachés à Paris en 1929 : à l'ouest, le Bois de Boulogne (846 hectares, 16) et à l'est, le Bois de Vincennes (995 hectares, 12), ce qui porte le périmètre de la ville à 54,74 kilomètres.
De part et d'autre du fleuve, plusieurs reliefs composés de buttes-témoin gypseuses forment de petites collines[Site municipal - Dimensions ]
. Sur la rive droite : Montmartre (131 mètres d'altitude), point culminant au cimetière du Calvaire[Site municipal - Cimetière du Calvaire ]
, Belleville (128,5 mètres), point culminant rue du Télégraphe, Ménilmontant (108 mètres), les Buttes-Chaumont (103 mètres), Passy (71 mètres) et Chaillot (67 mètres). Sur la rive gauche : Montparnasse (66 mètres), la Butte aux Cailles (63 mètres) et la Montagne Sainte-Geneviève (61 mètres).
La ville de Paris avec occupe le 113 rang des communes de France métropolitaine. En revanche, l'unité urbaine de Paris, c'est-à-dire la ville et son agglomération urbaine, recouvre une superficie de rassemblant habitants répartis, en 1999, dans 396 communes d'Île-de-France[INSEE - Unité urbaine de Paris (1999) ]
.
Le point zéro des routes de France, matérialisé sur une dalle située devant Notre-Dame de Paris, a pour coordonnées géographiques 48,85341°N, 2,34880°E sur l'ellipsoïde WGS84.
Hydrographie
Bièvre|Canal Saint-Martin|Liste des ponts de Paris}}
La Seine traverse la ville en formant un arc de cercle, y entrant par le sud-est pour en sortir au sud-ouest. Plus de trente ponts permettent de franchir le fleuve.
La ville est également traversée par deux autres cours d'eau : la Bièvre, qui arrive du sud de Paris, aujourd'hui entièrement souterraine, et le canal Saint-Martin, inauguré en 1825 et long de 4,5 kilomètres. Il est en partie souterrain de la rue du Faubourg-du-Temple à la Bastille et constitue la partie terminale du canal de l'Ourcq, long de 108 kilomètres, qui entre dans la ville par le nord-est. Il alimente le bassin de la Villette, passe sous la place de la Bastille avant de rejoindre la Seine en amont de l'île Saint-Louis, après le port de l'Arsenal. Un canal s'en détache au bassin de la Villette en direction de Saint-Denis, le canal Saint-Denis, long de 4,5 kilomètres et ouvert en 1821, il permet de rejoindre la Seine en aval et d'éviter la traversée de la capitale[Alfred Fierro, Histoire et dictionnaire de Paris, p 748.].

Vue panoramique a 360 degrés de la Seine près du pont Saint-Michel (à gauche) et de Notre-Dame (à droite de l'image)
Géologie
Le bassin parisien forme un grand ensemble de couches sédimentaires successives. C'est l'un des premiers lieux qui a fait l'objet d'une carte géologique et a permis de fonder de nombreuses théories en géologie comme la paléontologie et l'anatomie comparée, théories de Georges Cuvier. Le bassin parisien s'est constitué il y a 41 millions d'années. C'est un bassin marin épicontinental reposant sur des massifs datant du paléozoïque que sont le massif des Vosges, le massif central et le massif armoricain. Avec la formation des Alpes, le bassin se referme mais reste ouvert vers la Manche et l'océan Atlantique. Cela préfigure les futurs bassins fluviaux de la Loire et de la Seine. À la fin de l'oligocène, le bassin parisien devient continental.
En 1911, Paul Lemoines montre que le bassin est composé de strates disposées en cuvettes concentriques. Plus tard, des études approfondies sur des données sismiques, des forages et des puits ont permis d'en avoir une image précise. Celles-ci confirment les strates en cuvettes concentriques mais avec des objets complexes comme des faille. Les formations du relief parisien se situent dans les couches du Mésozoïque et du Paléogène (ère tertiaire) et ont été élaborées par l'érosion.
La première strate datant de l'ère tertiaire est constituée d'alluvions de la Seine d'époque moderne. Les plus anciens dépôts sont des sables et des argiles datant de l'étage sparnacien présent dans le 16 arrondissement d'Auteuil à Trocadéro. Mais l'étage le plus connu est le lutétien, riche en gypse et en calcaire.
Le sous-sol parisien se caractérise par la présence de nombreuses carrières de calcaire, gypse et pierre meulière. Certaines ont été utilisées comme catacombes et forment l'ossuaire municipal, dont une partie est ouverte au public. Le calcaire a été exploité jusqu'au sur la rive gauche, de la place d'Italie à Vaugirard. Aujourd'hui, son extraction s'est déplacée vers l'Oise, à Saint-Maximin par exemple[R.Soyer et A. Cailleux, Géologie de la région parisienne, édition presses Universitaires de France, coll. Que-sais-je ?, 1959, page 94]. L'exploitation du gypse a été très active à Montmartre et Bagneux.
L'hydrogéologie est très influencée par l'urbanisation. La Bièvre, petit affluent de la Seine qui a modelé toute la rive gauche, a été couverte au pour des raisons hygiéniques. De nombreuses nappes d'eau souterraines sont présentes dans le sous-sol parisien, comme celles d'Auteuil qui fournissent par forage de l'eau à la ville. La nappe albienne est la plus connue de la région parisienne et est exploitée à Paris depuis 1841 par le puits artésien de Grenelle[R.Soyer et A. Cailleux, Géologie de la région parisienne, édition presses Universitaires de France, coll. Que-sais-je ?, 1959, pages 108 et 109].
Climat
Paris a un climat de type océanique dégradé : l'influence océanique est prépondérante et se traduit par des étés relativement frais (18°C en moyenne), des hivers doux (6°C en moyenne) avec des pluies fréquentes en toute saison et un temps changeant. Les pluies y sont plus faibles (641 millimètres) que sur les côtes et quelques pointes de température sont à signaler au cours d'un même hiver ou d'un même été. Le climat de la ville connaît par ailleurs une certaine variabilité d'une année sur l'autre, certains hivers ou étés pouvant connaître des pics de température ou de précipitations.
Relevés Paris-Montsouris 1961-1990 [Relevés Paris-Montsouris 1961-1990 ]
[Données climatiques depuis 1873. ]
| Mois
| Janv
| Fév
| Mars
| Avr
| Mai
| Juin
| Juil
| Août
| Sept
| Oct
| Nov
| Déc
| Année
|
| Températures minimales moyennes (°C)
| 2,0
| 2,6
| 4,5
| 6,7
| 10,1
| 13,2
| 15,2
| 14,8
| 12,6
| 9,4
| 5,2
| 2,9
| 8,3
|
| Températures moyennes (°C)
| 4,2
| 5,3
| 7,8
| 10,6
| 14,3
| 17,4
| 19,6
| 19,2
| 16,7
| 12,7
| 7,7
| 5,0
| 11,7
|
| Températures maximales moyennes (°C)
| 6,3
| 7,9
| 11,0
| 14,5
| 18,4
| 21,6
| 23,9
| 23,6
| 20,8
| 16,0
| 10,1
| 7,0
| 15,1
|
| Moyennes mensuelles de précipitations (mm)
| 55.0
| 45.4
| 52.2
| 49.5
| 62.0
| 53.2
| 58.3
| 46.0
| 52.9
| 54.9
| 57.0
| 55.1
| 641.6
|
L'environnement à Paris
Comme toutes les grandes métropoles de la planète, Paris subit des conséquences environnementales liées à l'échelle de sa population et de son activité économique[Site municipal - Polluants et sources de pollution ]
. Paris est la capitale la plus dense d'Europe en population et la part des espaces verts est des plus réduites, et ce malgré les parcs et jardins qui ont été créés au cours des deux dernières décennies afin de pallier cette carence. La pollution atmosphérique et le bruit constituent des problèmes de santé publique ; il ont motivé la création de réseaux de surveillance.
Plus anecdotiquement, Paris possède une réputation peu glorieuse en matière de déjections canines, omniprésentes sur ses trottoirs. Ces déjections sont considérées comme la première cause de saleté de la ville par les habitants[Site municipal - Baromètre de la propreté 2003 ]
.
Étymologie
Paris tire son nom du
peuple gaulois des
Parisii (un
Parisius, des
Parisii). Le mot
Paris est en fait dérivé du latin
Civitas Parisiorum (la Cité des Parisii), désignation qui l'a emporté sur
Lutetia (
Lutèce). L'origine du nom des Parisii n'est pas connue avec certitude. Il pourrait dériver du mot gaulois
kwar (
carrière), par référence aux nombreuses carrières de la région parisienne.
Héraldique
Devise : , ce qui signifie . Elle évoque le
Scilicet, navire également représenté sur le
blason de la ville et symbole de la puissante
corporation des
Nautes ou des
Marchands de l'eau, gérante de la municipalité au
Moyen Âge.
La patronne de la ville est sainte Geneviève, qui aurait écarté Attila et les Huns de la ville au par ses prières. Sa châsse se trouve aujourd'hui à l'église Saint-Étienne-du-Mont.}}
Histoire
Préhistoire et Antiquité

thermes de Cluny
.]]
Un habitat permanent à Paris est attesté pour la période chasséenne (entre et av. J.-C.), sur la rive gauche d'un ancien bras de la Seine dans le 12 arrondissement[INA - Video en ligne du journal de FR3 du 8.10.1991 : halles aux vins Bercy, découverte de 3 pirogues ]
[INA - Video en ligne du journal de FR3 du 27.02.1992 : pirogues de Bercy ]
. La présence humaine semble avoir été continue durant le Néolithique[Alfred Fierro, op. cit., p. 8-9].
Le flou le plus total caractérise la connaissance actuelle du site depuis cette occupation préhistorique jusqu'à la période gallo-romaine. Seule certitude, les Parisii, peuple gaulois, sont les maîtres des lieux quand les troupes de César arrivent, en 52 av. J.-C, et la renomment Lutetia (Lutèce). On ne connaît pas encore avec précision l'emplacement de la cité gauloise : île de la Cité (hypothèse aujourd'hui très discutée), île Saint-Louis ou une autre île aujourd'hui rattachée à la rive gauche, voire Nanterre[Le Monde du 24/02/2004 - La découverte d'une cité gauloise à Nanterre remet en cause la localisation de Lutèce sur l'île de la Cité ]
.
La cité romaine a été construite, selon un plan hippodamien, au sur la rive gauche. Lutèce, n'ayant probablement que cinq à six mille habitants à son apogée, n'était qu'une cité modeste du monde romain, comparativement à Lugdunum au comptant de à habitants[Ibid., p. 34-43.].
Selon la tradition, la ville aurait été christianisée par saint Denis, martyrisé vers 250. Durant le Bas-Empire, Lutèce est touchée par les grandes invasions et sa population se replie dans l'île de la Cité, fortifiée par la récupération de pierres prises aux grands édifices ruinés. Néanmoins dès le , l'existence de faubourgs est attestée, et la ville reprend le nom du peuple dont elle est la capitale, les Parisii.
En 451, sainte Geneviève, future patronne de la ville, serait parvenue à convaincre les habitants de ne pas fuir devant les Huns d'Attila qui s'en détournent effectivement sans combat[Alfred Fierro, op. cit., p. 11-14].
Moyen Âge
Clovis en fait la capitale du royaume des Francs vers 508. Elle le demeure jusqu'au début du au moins. Au , l'église Saint-Gervais est le premier lieu de culte implanté sur la rive droite, signe que la ville s'y étend[Alfred Fierro, op. cit., p 14-15.].
Les Vikings, arrivant sur leurs drakkars à faible tirant d'eau, pillent une première fois en 845 la cité abandonnée par ses habitants. Leurs incursions se prolongent jusqu'au début du , leurs raids ne prenant fin qu'avec le traité de Saint-Clair-sur-Epte conclu en 911[Marcel Le Clère, op. cit., p. 101-104.].
Les Capétiens, qui règnent à partir de 987, préfèrent à Paris Orléans, l'une des deux grandes villes de leur domaine personnel. Hugues Capet, malgré sa résidence dans l'Île de la Cité, y séjourne peu. Robert le Pieux y vient plus fréquemment. La ville devient un important centre d'enseignement religieux dès le [Alfred Fierro, op. cit., p 22.]. Le pouvoir royal se fixe progressivement à Paris, qui redevient capitale du royaume, à partir de Louis VI (1108-1137) et plus encore de Philippe Auguste (1179–1223).
Le commerce enrichit Paris qui profite de sa position à la convergence des grandes routes commerciales. Le blé entre par la rue Saint-Honoré, les draps du Nord par la rue Saint-Denis et le poisson de la mer du Nord et de la Manche par la rue des Poissonniers. L'importance de son marché, en liaison avec la foire du Lendit à Saint-Denis, nécessite de la place et son établissement dans un lieu plus dégagé que l'Île de la Cité : Louis VI l'installe vers 1137 au lieu-dit « Les Champeaux » (les petits champs) ; les Halles de Paris y restent durant plus de huit siècles.

Recueil des ordonnances de la prévôté des marchands de Paris, 1416, par Charles VI
En 1163, l'évêque Maurice de Sully entreprend l'édification de la cathédrale Notre-Dame sur l'île de la Cité. L'importance de la ville augmente, tant sur le plan politique et financier que marchand. Les organes centraux du gouvernement y ayant leur siège, le roi souhaite mieux contrôler Paris et ne la fait pas bénéficier d'une charte communale. Néanmoins, il concède des privilèges de « bourgeois du roi » et accorde des faveurs à la « hanse » (ou « guilde ») des marchands de l'eau. En 1258, Saint-Louis ôte la prévôté des mains des marchands et la confie à un proche, Étienne Boileau. En 1263, la hanse des marchands élit une première municipalité composée d'un prévôt des marchands et de quatre échevins. Ainsi se met en place un système de double autorité entre la ville et le pouvoir royal[Alfred Fierro, op. cit., p 32.].
Vers 1328, la population parisienne est estimée à habitants, ce qui en fait la cité la plus peuplée d'Europe[King's College, London - Population of London ]
[Alfred Fierro, op. cit., p 31.]. Mais en 1348, la Peste noire décime la population. Au , l'enceinte de Charles V (1371–1380) englobe l'ensemble des actuels 3 et 4 arrondissements et s'étend du Pont Royal à la Porte Saint-Denis.

L'hôtel de Sens, une des demeures médiévales de Paris édifiée entre 1475
et
1519
Durant la Guerre de Cent Ans, le mécontentement populaire nourrit l'ambition du prévôt des marchands Étienne Marcel, provoquant la grande ordonnance de 1357 puis la première grande émeute politique de l'histoire de Paris, nouvelle rupture entre le roi et la ville[Alfred Fierro, op. cit., p 35-41.]. Les rois ne séjournent alors plus au centre de la cité, préférant d'abord l'Hôtel Saint-Pol (détruit sur ordre de Charles VI suite au Bal des ardents), puis l'Hôtel des Tournelles, dont on peut plus facilement s'échapper en cas de troubles. En 1407 (suite à l'assassinat de Louis d'Orléans), éclate une guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons qui dure jusqu'en 1420[Alfred Fierro, op. cit., p 47-52.] et la cité bascule dans le camp bourguignon en septembre 1411.
Paris sort ruinée de la Guerre de Cent Ans : Jeanne d'Arc, en 1429, échoue dans sa tentative de la libérer des Anglais et de leurs alliés bourguignons. Charles VII et son fils Louis XI s'en méfient et n'y séjournent qu'exceptionnellement, lui préférant le Val de Loire. Sa population augmente entre 1422 et 1500, remontant de cent mille à cent cinquante mille âmes. Une modeste expansion économique reprend vers le milieu du , mais la ville souffre de l'absence de la Cour. Paris se transforme en une ville administrative et judiciaire[Alfred Fierro, op. cit., p 54-56.].
De la Renaissance au XVIII siècle
La Renaissance, marquée par le roi et sa cour résidant dans le val de Loire, ne bénéficie donc guère à Paris. Malgré son éloignement, la monarchie s’inquiète de l'expansion désordonnée de la cité. Une première règlementation d’urbanisme est édictée en 1500 à propos du nouveau pont Notre-Dame, bordé de maisons uniformes de brique et de pierre de style Louis XII[Marcel Le Clère, op. cit., p. 244.].
En 1528, François I fixe officiellement sa résidence à Paris. Le rayonnement intellectuel s'accroît : à l'enseignement de l'université (théologie et arts libéraux) s'ajoute un enseignement moderne tourné vers l'humanisme et les sciences exactes voulu par le roi, au Collège de France. Sous son règne, Paris atteint habitants et reste la plus grande ville du monde chrétien[Site municipal - Historique et évolution ]
.
Le 24 août 1572, sous Charles IX, est organisé le massacre de la Saint-Barthélémy. On compte entre deux mille et dix mille victimes[Alfred Fierro, op. cit., p 60.]. La Ligue catholique, particulièrement puissante dans la capitale, se dresse contre Henri III durant la Journée des barricades en 1588. Ce dernier s'enfuit avant d'assiéger la ville[Alfred Fierro, op. cit., p 62-64.]. Après son assassinat, le siège est maintenu par Henri de Navarre, devenu Henri IV. La ville, pourtant ruinée et affamée, ne lui ouvre ses portes qu'en 1594 après sa conversion (occasion du célèbre mais apocryphe ).

Plan de Paris en 1717, Cahiers de géographie de Saint-Cyr
La Journée des barricades (1648) marque le début de la Fronde qui provoque une importante crise économique et une nouvelle défiance du roi vis-à-vis de sa capitale[Alfred Fierro, op. cit., p 68-73.].
Malgré une mortalité supérieure aux naissances, la population atteint les habitants grâce à l'immigration provinciale. Paris est une ville misérable où règne une forte insécurité, la légendaire cour des miracles est progressivement vidée à partir de 1656 par le lieutenant-général de police Gabriel Nicolas de La Reynie[Historia thématique n°107 mai-juin 2007, page 20 : « La Reynie somme les habitants de la cour des miracles de déguerpir sous peine de pendre les douze derniers. »].
Le roi choisit Versailles comme résidence en 1677, avant d'y déplacer le siège du gouvernement en 1682. Colbert prend en main la gestion parisienne et fait la navette entre Paris et Versailles. Durant son règne, le Roi Soleil ne vient que vingt-quatre fois à Paris, essentiellement pour des cérémonies officielles, marquant ainsi envers la cité une hostilité que n'apprécient guère les Parisiens[Alfred Fierro, op. cit., p 74-78.].
Au , Versailles ne dépossède pas Paris de son rayonnement intellectuel ; au contraire même, elle en fait une puissante frondeuse ouverte aux idées des Lumières. C'est la période des salons littéraires, comme celui de madame Geoffrin. Le XVIII siècle est aussi celui d'une forte expansion économique qui permet une importante croissance démographique, la ville atteint [Démographie de Paris ]
habitants à la veille de la Révolution française.
En 1715, le régent Philippe d'Orléans quitte Versailles pour le Palais-Royal. Le jeune Louis XV est installé au palais des Tuileries pour un retour, éphémère, de la royauté dans Paris. Dès 1722, Louis XV retourne au château de Versailles rompant la fragile réconciliation avec le peuple parisien[Alfred Fierro, op. cit., p. 78-81].
La ville s'étend alors à peu près sur les six premiers arrondissements actuels, le jardin du Luxembourg marquant la frontière occidentale de la ville. Louis XV s'intéresse personnellement à la ville en 1749 lorsqu'il décide l'aménagement de la place Louis XV (actuelle place de la Concorde), la création de l'école militaire en 1752[Jean Favier - Paris, 2000 ans d'histoire p. 195-196], et surtout la construction d'une église dédiée à Sainte-Geneviève en 1754, plus connue sous le nom actuel de Panthéon[Jean Favier - Paris, 2000 ans d'histoire p. 492-493]
La Révolution française et l'Empire
C'est à Versailles que débute la Révolution française par la convocation des États généraux puis le Serment du Jeu de paume. Mais les Parisiens, atteints par la crise économique (prix du pain), sensibilisés aux problèmes politiques par la philosophie des Lumières et mus par une rancœur à l'égard du pouvoir royal ayant abandonné la ville depuis plus d'un siècle, lui donnent une nouvelle orientation[Alfred Fierro, op. cit., p. 97-98.]. La prise de la Bastille le 14 juillet 1789, liée au soulèvement des ébénistes du faubourg Saint-Antoine, en est une première étape. Le 15 juillet 1789, l'astronome Jean Sylvain Bailly reçoit à l'hôtel de Ville la charge de premier maire de Paris. Le 5 octobre, l’émeute, déclenchée par les femmes sur les marchés parisiens, atteint Versailles le soir. Le 6 au matin, le château est envahi et le roi doit accepter de venir résider à Paris au palais des Tuileries et d’y convoquer l’Assemblée constituante qui s’installe le 19 octobre dans le Manège des Tuileries[Marcel Le Clère, op. cit., p. 406-418.].
Le 14 juillet 1790 se déroule la fête de la Fédération sur le Champ-de-Mars, lieu dont l'animation sera moins festive le 17 juillet 1791 puisque théâtre d'une fusillade. Le couvent des Cordeliers et le couvent des Jacobins, occupés après la mise en vente des biens nationaux à partir de mai 1790, constituent de hauts lieux du Paris révolutionnaire ; ils marquent la toute puissance des clubs parisiens sur le cours de la Révolution[Marcel Le Clère, op. cit., p. 418-424.].
Dans la nuit du 9 août 1792, une « commune » révolutionnaire prend possession de l'Hôtel de Ville. Lors de la journée du 10 août 1792, la foule assiège le Palais des Tuileries avec le soutien du nouveau gouvernement municipal. Le roi Louis XVI et la famille royale sont incarcérés à la tour du Temple. La monarchie française (restaurée en 1814) est de fait abolie. Après les élections de 1792, les représentants de la Commune de Paris, très radicaux, s'opposent à la Convention nationale au groupe des Girondins (représentant l'opinion plus modérée de la bourgeoisie des provinces) qui sera écarté en 1793[Marcel Le Clère, op. cit., p. 424-430.].
Les Parisiens vivent alors deux années de rationnement. La Terreur règne sous la poigne du Comité de salut public. Les policiers de Paris, sous l'autorité de la mairie, s'emploient à incarcérer tout ce que la ville compte encore de nobles, de riches bourgeois, de prêtres et d'intellectuels en général. C'est pourquoi le maire est, à Paris, aujourd'hui encore le seul de France à être privé de tout pouvoir de police[Arrêté du 12 messidor an VIII (1 juillet 1800) qui règle les attributions du Préfet de Police de Paris ]
[Dispositions relatives à la ville de Paris en page 3 du document ]
. Le 21 janvier 1793, Louis XVI est guillotiné sur la place Louis XV, rebaptisée « place de la Révolution ». Il est suivi sur l'échafaud en seulement quelques semaines par personnes, dont Marie-Antoinette, Danton, Lavoisier et finalement Robespierre et ses partisans après le 9 Thermidor an II (27 juillet 1794)[Marcel Le Clère, op. cit., p. 430-435.].
La Révolution n'est pas une période favorable au développement de la ville (peu de monuments sont édifiés) qui n'a plus que habitants en 1800. De nombreux couvents et églises sont rasés et font place à des lotissements édifiés sans plan d'ensemble, ce qui aboutit à une réduction des espaces verts de la ville et à une densification du centre. Sous le Directoire, des immeubles de rapport, de style néo-classique, sont élevés.
En 1806, Paris a compensé les pertes subies durant la Révolution et compte habitants[Démographie de Paris ]
; cette progression est surtout le fait de l'immigration provinciale, la natalité restant faible. Depuis le milieu du , la ville est distancée par Londres en pleine expansion économique et démographique qui atteint habitants[Marcel Le Clère, op. cit., p. 436-442.]. Le 2 décembre 1804, Napoléon Bonaparte, qui a pris le pouvoir en 1799, est sacré empereur par le pape Pie VII à la cathédrale Notre-Dame. Il décide d'établir à Paris la capitale de son Empire.
De la Restauration à la Commune de Paris
La chute de l'Empire en 1814-1815 amène à Paris les armées anglaises et cosaques camper sur les Champ-Élysées. Louis XVIII, de retour d'exil, rentre dans Paris, s'y fait couronner et s'installe aux Tuileries.
Louis XVIII et Charles X, puis la monarchie de Juillet se préoccupent peu de l'urbanisme parisien. Le prolétariat ouvrier, en forte expansion, s'entasse misérablement dans les quartiers centraux qui, avec plus de cent-mille habitants au kilomètre carré, constituent d'importants foyers d'épidémie ; le choléra en 1832 fait victimes. En 1848, 80 % des morts vont à la fosse commune et les deux-tiers des Parisiens sont trop pauvres pour payer des impôts. La masse paupériséess du petit peuple, délaissée et excédée, est mûre pour des révoltes répétées que le pouvoir ne sent pas germer ou est sûr de vaincre : les barricade font tomber Charles X lors des Trois glorieuses puis Louis-Philippe en 1848. La société de l'époque est abondamment décrite par Balzac, Victor Hugo ou Eugène Sue.
Durant cette période, la ville accélère son rythme de croissance pour atteindre le mur des Fermiers Généraux. Entre 1840 et 1844, la dernière enceinte de Paris, dite enceinte de Thiers, est construite sur l'emplacement actuel du boulevard périphérique. Au cœur de la ville, la rue Rambuteau est percée[Marcel Le Clère, op. cit., p. 452-510.].

L'avenue de l'Opéra vue par Pissarro depuis l'actuel Hôtel du Louvre
Avec l'avènement du
Second Empire, Paris se transforme radicalement. De structure médiévale, aux constructions anciennes et insalubres, quasiment dépourvue de grands axes de circulation, elle devient en moins de vingt ans une ville moderne.
Napoléon III a des idées précises sur l'urbanisme ou le logement. Le Paris d'aujourd'hui est donc avant tout celui de
Napoléon III et d'
Haussmann.
Le 1860, une loi permet à Paris d'annexer plusieurs communes voisines[Belleville, Grenelle, Vaugirard et La Villette dans leur totalité ; Auteuil, Les Batignolles-Monceau, Bercy, La Chapelle-Saint-Denis, Charonne, Montmartre et Passy en majeure partie (les parties situées à l'extérieur des fortifications sont rattachées aux communes voisines) ; ainsi que des quartiers d'Aubervilliers, Bagnolet, Gentilly, Issy, Ivry, Montrouge, Neuilly, Pantin, Le Pré-Saint-Gervais, Saint-Mandé, Saint-Ouen et Vanves]. La capitale française passe ainsi de douze à vingt arrondissements et de à hectares, mais les limites administratives de la ville sont aussi figées. La croissance urbaine, continue de la fin du et du , ne s'accompagne en effet plus d'une expansion des frontières communales ce qui est à l'origine de la « banlieue »[Marcel Le Clère, op. cit., p. 510-517.].
Lors de la Guerre franco-allemande de 1870, Paris est assiégée pendant plusieurs mois mais n'est pas prise par les armées prussiennes. Refusant l'armistice signé le 26 janvier 1871 et suite aux élections de février qui portent au pouvoir des royalistes désireux de mettre fin à la guerre, les Parisiens s'insurgent le 18 mars 1871. C'est le début de la Commune de Paris. L'Assemblée monarchiste installée provisoirement à Versailles, l'écrase entre les 22 et 28 mai lors de la Semaine sanglante qui reste à ce jour la dernière guerre civile qu'ait connu Paris[Marcel Le Clère, op. cit., p. 518-521.][Alfred Fierro, op. cit., p 194-204.].
De la Belle Époque à la Seconde Guerre mondiale

La Tour Eiffel pendant l'exposition universelle de 1889
Pendant la Belle Époque, l'expansion économique de Paris est importante. Deux expositions universelles laissent une large empreinte dans la capitale. La tour Eiffel est construite pour l'exposition de 1889 (centenaire de la Révolution française). La première ligne du métropolitain, le Grand Palais, le Petit Palais et le pont Alexandre-III sont inaugurés à l'occasion de celle de 1900. L'industrie se déplace progressivement en proche banlieue où se trouve l'espace nécessaire : Renault à Boulogne-Billancourt ou Citroën à Suresnes. Cette migration est à l'origine de la « banlieue rouge ». Néanmoins certaines activités restent fortement implantées dans la ville intra-muros, en particulier la presse et l'imprimerie[Alfred Fierro, p 471-472].
De la Belle Époque aux Années folles, Paris connaît l'apogée de son influence culturelle (notamment autour des quartiers de Montparnasse et de Montmartre) et accueille de très nombreux artistes tels Picasso, Matisse, Braque ou Fernand Léger.
En 1910, une crue centennale de la Seiness provoque l'une des plus graves inondation que la ville ait connue et cause trois milliards de francs de dégâts[Marcel Le Clère, op. cit., p. 573-574.]. Lors de la Première Guerre mondiale, Paris, épargnée par les combats, subit des bombardements[L'aviation allemande bombarde Paris, en août et septembre 1914 ]
et des tirs de canon allemands. Ces bombardements restent sporadiques et ne constituent que des opérations à caractère psychologique[Marcel Le Clère, op. cit., p. 579-592.].
L'entre-deux-guerres se déroule sur fond de crise sociale et économique. Les pouvoirs publics, pour répondre à la crise du logement, votent la loi Loucheur qui crée les habitations à bon marché (ou HBM) érigés à l'emplacement de l'ancienne enceinte de Thiers. Les autres immeubles parisiens sont, pour l'essentiel, délabrés et constituent des foyers de tuberculose, la densité urbaine culmine en 1921, Paris intra-muros compte habitants[démographie de Paris ]
. Parallèlement, des lotissements se développent partout autour de la cité, en « banlieue » où l'expansion se fait de façon anarchique, souvent en pleins champs sans réels aménagements ou équipements publics[Marcel Le Clère, op. cit., p. 593-594.].
Les Parisiens tentent de reprendre leur prééminence politique dans un contexte de multiples scandales financiers et de corruption des milieux politiques[Alfred Fierro, op. cit., p. 225-226.]. Le 6 février 1934, la manifestation des Ligues patriotes contre la gauche parlementaire dégénère en émeute et fait dix-sept tués et mille-cinq-cents blessés, puis le 14 juillet 1935, un important défilé en faveur du Front populaire compte cinq-cent-mille manifestants[Marcel Le Clère, op. cit., p. 593-611.].
Pendant la Seconde guerre mondiale, Paris, déclarée ville ouverte dès la débâcle de 1940, est relativement épargnée[Paris souffre malgré tout de bombardements, qui se multiplient à partir de 1942.]. Le gouvernement du maréchal Pétain installé à Vichy, Paris cesse d'être la capitale et devient le siège du commandement militaire allemand en France (Militärbefehlshaber in Frankreich)[Marcel Le Clère, op. cit., p. 613-620.]. Le 23 décembre 1940, l'ingénieur Jacques Bonsergent est le premier résistant fusillé à Paris. Les 16 et 17 juillet 1942, est procédé à la rafle du Vel' d'Hiv' (arrestation de Juifs, la plus massive en France, pour l'essentiel des femmes et des enfants[Ibid., p. 620-628.]).
A l'approche des troupes alliées, la Résistance intérieure déclenche un soulèvement armé le 19 août 1944. Le 25 août, après l'entrée dans Paris de la 2e division blindée du général Leclerc, le général von Choltitz capitule sans exécuter les ordres d'Hitler demandant sa destruction[ordres d'Hitler de détruire Paris ]
[Jean Favier : Paris, deux-mille ans d'histoire, p. 937]. La ville est relativement épargnée par les combats[Ibid., p. 628-632.]. Paris est l'une des seules communes de France à se voir décerner le titre de compagnon de la Libération[Ordre de la Libération - Paris ]
.
Le Paris contemporain
En 1956, Paris se lie à Rome par un jumelage privilégié, symbole fort dans une dynamique géographiquement plus large de réconciliation et de coopération après la Seconde Guerre mondiale[Site municipal - Le jumelage avec Rome ]
[Site municipal - Cinquantenaire du Jumelage Paris-Rome ]
.
Sous les mandats du général de Gaulle de 1958 à 1969, plusieurs évènements politiques se déroulent dans la capitale. Le 17 octobre 1961, une manifestation en faveur de l'indépendance de l'Algérie est violemment réprimée. Selon les estimations, entre 32 et 325 personnes sont massacrées par la police, alors dirigée par Maurice Papon[L'Express - Les «ratonnades» du 17 octobre 1961 : Retour sur une tragédie ]
. À partir du 22 mars 1968, un important mouvement étudiant démarre à l'université de Nanterre. Il entraîne dans le quartier latin des manifestations qui dégénèrent en émeutes. La contestation, prenant corps dans un contexte de solidarité internationale et d'émulation (noirs et féministes américains, « provos » néerlandais, Printemps de Prague, attentat contre l'Allemand Rudi Dutschke, etc.) entre brimés idéalistes et jeunes, bercés par Bob Dylan et son tube The Times They Are a-Changin', voulant 'changer le monde', se développe très vite en crise politique et sociale nationale. Le 13 mai, d'immenses défilés rassemblent venues protester contre les violences policières. Le 30 mai, une manifestation de soutien au gouvernement et au Général de Gaulle réunit un million de personnes, de la place de l'Etoile à celle de la Concorde. Après deux mois de désordre et de troubles, les Parisiens votent massivement en faveur du général de Gaulle lors des élections législatives des 22 et 29 juin et le calme revient[Marcel Le Clère, op. cit., p. 665-668.].
Le successeur du général de Gaulle, Georges Pompidou s'intéresse de près à la capitale. Il laisse son nom au bâtiment qui abrite le musée national d'Art moderne et la bibliothèque publique d'information et à la voie express rive droite. Giscard d'Estaing, président à son tour, ne partage pas sa vision d'une modernisation radicale : il remet en cause le projet prévu pour les Halles et interrompt partiellement celui de voie express rive gauche. En 1976, l'État accorde pour la première fois depuis 1871 une municipalité autonome à la capitale. Le gaulliste Jacques Chirac est alors élu maire. Il sera réélu en 1983 et 1989. Sous le premier mandat du président Mitterrand, une réforme est adoptée par la loi de décentralisation du 31 décembre 1982 : elle dote chaque arrondissement de la capitale d'un maire et d'un Conseil municipal propre et non plus désigné par le maire de Paris[Marcel Le Clère, op. cit., p. 668-670.].
En 1991, les quais de la Seine, du pont Sully (en amont) au pont d'Iéna (en aval), sont classés sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO au titre de remarquable ensemble fluvio-urbain avec ses monuments dont plusieurs constituent des chefs-d'œuvre architecturaux au rayonnement mondial[UNESCO - Paris, rives de la Seine ]
.
Élu président de la République en mai 1995, Jacques Chirac est remplacé par Jean Tiberi dont l'unique mandat est marqué notamment par la mise au jour de plusieurs affaires politico-financières et par la division de la majorité municipale.
En 2001, le socialiste Bertrand Delanoë est élu maire. Il se démarque de ses prédécesseurs par sa volonté affichée de réduire la place de l'automobile dans la capitale au profit notamment des piétons et des transports en commun. Il développe l'animation de la vie parisienne par de grandes manifestations culturelles comme Nuit Blanche ou simplement ludiques comme Paris-Plage.
Paris et sa banlieue
Entre 1870 et 1940, la capitale de la France prend peu à peu un nouveau visage : Paris laisse place au « Grand Paris ». L'organisation administrative de Paris avait connu sous Napoléon III une adaptation à l'évolution démographique. Mais la ville est restée ensuite à peu de choses près enfermée dans l’enceinte de Thiers, soit ses limites de 1860, sans connaître de nouvelle évolution administrative. En effet, Paris, surpeuplée, est incapable de loger l'importante immigration provinciale, Les communes périphériques absorbent alors le trop plein de l'expansion démographique liée à l'exode rural et à la croissance économique de la ville. La notion contemporaine de la « banlieue » fait son apparition. Désormais, on parle moins de Paris que de la région parisienne. Jusqu’alors largement négligés, de nouveaux problèmes, comme celui des transports, apparaissent. En 1961, à la demande du Général de Gaulle, Paul Delouvrier planifie enfin l'évolution urbaine et élabore la construction de cinq villes nouvelles et du réseau de RER. Mais cette mutation majeure ne s'accompagne pas de la création d'une autorité unique, voyant au contraire les deux départements de la région parisienne (la Seine et la Seine-et-Oise) en constituer sept qui, s'ils sont plus proches des habitants, dispersent également les ressources fiscales et les compétences politiques. Tandis que la population de la ville de Paris stagne, celle de la banlieue s'accroît sans discontinuer depuis la fin du jusqu'à totaliser au près de 80% de la population du grand Paris.
Beaux quartiers et « quartiers sensibles »
La géographie sociale de l’agglomération parisienne s'est calquée sur les grandes tendances de la ville dans ses limites
intra-muros dessinées durant le : les classes aisées se retrouvent à l'ouest et au sud-ouest et les plus populaires au nord-est. Les autres secteurs sont peuplés de classes moyennes, avec cependant des variations liées à la géographie et à l'histoire des communes. Le
chômage et l'augmentation de la
pauvreté qui ont suivi les «
Trente glorieuses » ont contribué à accentuer la dichotomie sociale entre les secteurs et à renforcer la ghettoïsation.
Les grands ensembles, édifiés durant les années 1960 et 1970 afin de loger rapidement et à bas coût une population en rapide expansion, sont devenus un symbole de cette ghettoïsation. Une certaine mixité sociale y existe à l'origine, mais l'accession à la propriété (ouverte aux classes moyennes à partir des années 1970), leur piètre qualité de construction et leur mauvaise insertion dans le tissu urbain ont contribué à les faire déserter par ceux qui le pouvaient et à n'y laisser qu'une population essentiellement constituée d'ouvriers et d'employés : la proportion d’immigrés pauvres y est très forte.
L’intensification de la crise économique entraîne une accélération de la paupérisation qui développe la délinquance et l’insécurité, ce qui aggrave encore la marginalisation des quartiers et villes concernés. On trouve des quartiers sensibles dans les 18 et 19 arrondissements. En banlieue nord de Paris, ces quartiers sont essentiellement concentrés dans une grande partie du département de la Seine-Saint-Denis et dans une moindre mesure à l'est du Val-d'Oise. D'autres, plus épars, se trouvent par exemple dans la vallée de la Seine, en amont à Évry et Corbeil-Essonnes (dans le département de l'Essonne), aux Mureaux et Mantes-la-Jolie (dans le département des Yvelines) ou encore dans les villes nouvelles. La sectorisation sociale n'est cependant pas une spécificité parisienne, elle est observée dans toutes les grandes agglomérations de France et du monde occidental car liée à l’évolution générale, aux choix économiques et sociaux.
Le 27 octobre 2005, deux jeunes, poursuivis par la police, décèdent à Clichy-sous-Bois en Seine-Saint-Denis. Cet évènement déclenche des émeutes spectaculaires qui se propagent rapidement dans de nombreuses banlieues pauvres à travers le pays. Les violences urbaines concernent peu les centre-ville. Ces troubles, relayés par les médias de nombreux pays, montrent alors l'état de ghettoïsation ethnique et sociale de nombreux quartiers et l'incapacité des pouvoirs politiques à faire face à l'échec de l'intégration d'une importante partie de la population française.[Le Figaro - Des émeutes en 2005, quelles émeutes ?, article du 28 octobre 2006 ]
.
L'absence d'une intercommunalité
L'absence d'une organisation administrative gérant le « grand Paris », butant sur des considérations historiques et politiques, est actuellement un des problèmes majeurs de l'agglomération parisienne
[À consulter : l'étude disponible sur le site officiel municipal de Paris Une histoire croisée de Paris et de ses banlieues ]
..
Les limites communales actuelles résultent de traditions historiques, anachroniques (ou correspondant à une topographie disparue car fondue dans l'agglomération), les communes s’interpénètrent les unes aux autres. Les populations ont pourtant les mêmes besoins administratifs et préoccupations économiques et sociales. Cependant chaque commune étant administrativement et fiscalement indépendante, l'organisation des besoins collectifs (transports, logement, etc) qui dépassent de loin le cadre communal voire départemental n'a de fait aucune autorité organisatrice à l'échelle de l'agglomération, la région Île-de-France dépassant largement ce cadre (près de 80% de l'espace régional reste rural).
La fiscalité locale est de même très concentrée dans certaines communes riches en entreprises et/ou populations aisées (cas typique de Neuilly-sur-Seine par exemple qui bénéficie des rentrées fiscales d'une population parmi les plus aisées de France et de nombreuses entreprises, tout en ne possédant que 2,8% de logements sociaux[Le Nouvel Observateur - Logement social : François Fillon vole au secours de Neuilly ]
), alors que les charges qu'entraîne l’afflux sur un territoire de populations de conditions modestes sont supportées par des communes qui n’ont pas toujours la possibilité de trouver dans leurs limites administratives les ressources nécessaires pour les compenser (Clichy-sous-Bois est ainsi une des villes les plus pauvres de France, elle cumule une population défavorisée et des ressources fiscales très limitées, vivant essentiellement de dotations de l'État[Libération - Clichy-sous-Bois, des chiffres pour le dire ]
).
Cette problématique globale est à l'origine de la conférence métropolitaine de l’agglomération parisienne qui s'est réunie pour la première fois en mairie de Vanves le 7 juillet 2006[Site municipal - Conférence métropolitaine de l’agglomération parisienne ]
. Le président de la République Nicolas Sarkozy s'est également saisi du problème dans son discours du 26 juin 2007[Présidence de la république - Inauguration du Satellite n°3 de Roissy Charles-de-Gaulle ]
, critiquant le projet de SDRIF, se disant repenser « l'organisation des pouvoirs » et créer une communauté urbaine, imposant de fait la vision d'une reprise en main par l'État[Journal Libération du 28 juin 2007 - Nouveau tour de piste pour le «Grand Paris» ]
[Journal 20 minutes - Sarkozy relance le projet d'un « Grand Paris » ]
, ce qui n'a pas manqué de provoquer de nombreuses réactions parmi les élus locaux de l'agglomération[Journal 20 minutes - «Grand Paris» : les élus réagissent ]
.
Démographie

Croissance de la population parisienne depuis le premier recensement en 1801
Selon l’Insee, la population de la ville de Paris est de habitants au 2004 (cinquième ville de l'Union européenne) pour une superficie de hectares soit une densité de habitants par km², l'une des plus fortes d'Europe. En 1999, l'agglomération définie par l'Insee comprend 396 communes et totalise habitants[Unité urbaine, population ]
(Insee, recensement de la population, 1999).. Toujours en 1999, son aire urbaine, incluant des communes situées dans une zone d'influence forte de la capitale, atteint habitants ce qui en fait la 23 aire urbaine du monde.
Sociologie de Paris
De fortes disparités sociales

Les ménages aisés vivent essentiellement à l'ouest de la ville tandis que le nord-est concentre les populations les plus pauvres et d'origine immigrée
La hausse continue des prix de l'immobilier explique le remplacement progressif des populations modestes ou intermédiaires par une nouvelle classe plus aisée. On constate ce processus de gentrification dans de nombreuses autres mégapoles comme Londres ou New-York. À Paris, cette évolution a vulgarisé le terme de bobos (pour bourgeois-bohème, caractérisant ces plus favorisés ayant peu à peu supplanté les ouvriers du centre) avant de provoquer une mutation sociale de quartiers encore récemment considérés comme populaires, tels le 10 arrondissement ou certaines communes de proche-banlieue comme Montreuil en Seine-Saint-Denis. Paris est la 12 ville de France de plus de habitants pour la proportion d'assujettis à l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), soit 34,5 foyers fiscaux pour . foyers fiscaux déclaraient un patrimoine moyen de euros en 2006. Le 16 arrondissement arrive en tête pour le nombre de redevables avec contribuables[Site officiel de la direction générale des Impôts ]
[L'Express - Le classement des villes par l'ISF ]
. Avec euros de revenu moyen par unité de consommation en 2001, les ménages parisiens sont les plus aisés de France. Les quatre autres départements en tête du palmarès sont tous franciliens :