La particule nobiliaire : une piste trompeuse
Contrairement à une idée reçue, la particule ne peut en aucun cas être prise comme une marque de
noblesse (pas plus d'ailleurs que son absence empêche d'être noble). En effet, la particule atteste initialement l'origine ou la propriété (
génitif).
Conséquence : certains propriétaires ou roturiers peuvent en posséder une sans pour autant être nobles
- Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais (où Caron est le patronyme et Beaumarchais le nom de terre)
A contrario, certaines familles d’authentique noblesse n’ont jamais arboré la précieuse particule :
- le baron Gros
- le duc Pasquier
Il est erroné de croire que l'on conserve la particule
de dans les noms de petite noblesse - en France, il n'existait pas de petite ou de grande noblesse - comme dans le film sur
de Gaulle, dans lequel le général demande à un officier :
Règles d’usage
Elle n’apparaît que lorsque le nom est précédé d’un
prénom, d’un
titre ou d'une dénomination (monsieur, madame, marquis, abbé, général, etc.) :
- Jean de La Fontaine
- le marquis de Sade
- Madame de Sévigné
- Subtilité « historique » : De façon systématique jusqu'au Grand Siècle, et parfois encore de nos jours, on trouve la particule employée après un lien de parenté (comme cousin(e), oncle/tante, grand-père/grand-mère).
On peut ainsi trouver :
- ma cousine de Maintenon, ma grand-mère de Bourbon-Parme
Lorsque le nom est employé sans prénom ou sans titre, le «
de » n’est pas maintenu :
- La Fontaine
- Richelieu
- Montherlant
Mais «
d’ », «
Du » ou «
Des » sont maintenus :
- Du Guesclin
- Des Cars
- Des Esseintes
- d’Alembert
- d'Hozier
Toutefois, on conserve ordinairement la particule «
de » pour les noms d'une syllabe sonore (le e final étant muet):
- de Thou
- de Sèze
- de Gaulle
- Exception : l'usage veut qu'on omette le « de » pour Sade.
La particule « de »/« d' » n’est généralement pas prise en compte dans le classement alphabétique : de Sèze sera classé sous S plutôt que sous D, de même que d'Alembert sera classé sous A plutôt que sous D.
Majuscule ou minuscule ?
- « de » et « d’ » : la particule étant une préposition marquant l'origine, elle s'écrit toujours en minuscule :
Raymond de Sèze
Gérard d'Aboville
Alfred de Musset
Jacques de Sarrazin
Toutefois, si elle est précédée de la préposition « de », la majuscule permet de distinguer les deux « de » :
les mémoires de Monsieur de Sèze
les mémoires de De Sèze
Attention : si «
de » ne marque pas l’origine, mais n’est qu’une forme dialectale de l’article (généralement au Nord de la France car le français «
le » se dit «
de » en
flamand), on laisse la majuscule :
Félix De Boeck.
- « du » et « des », par contre, prennent généralement la majuscule quand ils ne sont pas accompagnés d'un prénom ou d'un titre :
un roman de Guy des Cars
le romancier Des Cars
- « de La » : Attention au maniement du « La », où la particule disparaît tout à fait normalement lorsque le nom est seul mais où en revanche le La reste :
La Bruyère
La Rochefoucauld
Subtilité « historique » : Selon un usage qui s'est perdu après le , le « la » s'écrit avec une majuscule lorsque le nom est assorti d'un prénom, d'un titre ou d'une dénomination, mais il s'écrit avec une minuscule lorsque le nom est isolé :
Jean de La Bruyère
Étienne de La Boétie
la Bruyère et la Boétie
Il est cependant d'usage, de nos jours, d'écrire le « la » systématiquement avec une capitale : « La ».
- Les particules étrangères s'écrivent, elles aussi, en minuscule :
Otto von Bismarck
Rembrandt van Rijn
Antonio di Malfeta
Voir aussi