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| Dernière modification: 2007-12-01 |
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Biographie
 La danse des quatre bretonnes (1888) Neue Pinakothek; - Munich
 Les Alyscamps, (1888)
 Fatata Te Miti, (1892)
 Cavaliers sur la plage, (1902)
Ses débuts
Son père est Louis Pierre Guillaume Gauguin (1814-1849). Sa mère, née Aline Chazal (1825-1867), fut la fille de Flora Tristan. Né Eugène Henri Paul Gauguin à Paris en 1848, il est par ailleurs le descendant de propriétaires terriens espagnols d'Amérique du Sud et du vice-roi du Pérou. Il a d'ailleurs passé les années de sa plus tendre enfance à Lima. Après avoir fait ses études à Orléans, Gauguin s'embarque dans la marine marchande puis dans la marine française et navigue sur les mers du monde durant six ans. À son retour en France en 1870, il se convertit en agent de change à la bourse à Paris et connaît un certain succès dans ses affaires. Il partage alors une vie bourgeoise confortable avec sa femme, la danoise Mette-Sophie Gad, et leurs cinq enfants: Emile, Aline, Clovis, Jean-René et Paul- Rollon.
Son tuteur, Gustave Arosa, homme d'affaires et grand amateur d'art, introduit Gauguin auprès des impressionnistes. En 1874, il fait la connaissance du peintre Camille Pissarro et voit la première exposition du courant impressionniste. Comme son tuteur, il devient amateur d'art et s'essaye alors à la peinture. Il expose par conséquent avec les impressionnistes en 1876, 1880, 1881, 1882 et 1886.
Vie d'artiste en France
En 1882, il abandonne son emploi à la bourse (qui est dans une phase de mauvaise conjoncture) pour se consacrer à sa nouvelle passion, la peinture. Cela ne suffit pas pour vivre et il part vivre avec sa femme et ses enfants dans la famille de celle-ci à Copenhague. Le courant passe mal avec la belle-famille et ses affaires ne vont pas bien. Il décide de retourner à Paris en 1885 pour peindre à plein temps, laissant femme et enfants au Danemark, n'ayant pas les moyens d'assurer leur subsistance.
Entre 1886 et 1891, Gauguin vit principalement en Bretagne (à l'exception d'un voyage au Panama et en Martinique en 1887 et 1888) où il est le centre d'un groupe de peintres expérimentaux connus comme l'école de Pont-Aven.
Sous l'influence du peintre Émile Bernard, son style évolue, il devient plus naturel et plus synthétique. Il cherche son inspiration dans l'art indigène, dans les vitraux médiévaux et les estampes japonaises.
Il découvre ces dernières à travers Vincent Van Gogh en 1888 alors qu'ils vivent ensemble deux mois (d'octobre à décembre) à Arles, dans le sud de la France, passant leur temps à peindre. Ils travaillent ensemble et peignent alors la série sur les Alyscamps. Les deux amis sont très sensibles, connaissent des moments de dépression et Gauguin, comme Van Gogh, tentera de se suicider plus tard. Leur cohabitation tourne mal et se termine sur le fameux épisode de l'oreille coupée de Van Gogh.
Vie en Polynésie
En 1891, ruiné, Gauguin s'embarque pour la Polynésie, grâce à une vente de ses œuvres dont le succès est assuré par deux articles enthousiastes d'Octave Mirbeau. Il s'installe à Tahiti où il espère pouvoir fuir la civilisation occidentale et tout ce qui est artificiel et conventionnel. Il passera désormais toute sa vie dans ces régions tropicales, d'abord à Tahiti puis dans les Îles Marquises. Il ne rentrera en France qu'une seule fois.
Les caractéristiques essentielles de sa peinture (dont l'utilisation de grandes surfaces de couleurs vives) ne connaissent pas beaucoup de changements. Il soigne particulièrement l'expressivité des couleurs, la recherche de la perspective et l'utilisation de formes pleines et volumineuses. Influencé par l'environnement tropical et la culture polynésienne, son œuvre gagne en force, il réalise des sculptures sur bois et peint ses plus beaux tableaux, notamment son œuvre majeure, aujourd'hui au Museum of Fine Arts de Boston : « D'où venons-nous? Que sommes-nous? Où allons-nous », qu'il considère lui-même comme son testament pictural.
À Tahiti, il fait la connaissance de Téhura qui devient son modèle. Il est très inspiré et peint 70 toiles en quelques mois. Mais après quelques années de bonheur, des soucis administratifs et plus personnels (mort de sa fille préférée Aline) le minent. Il a également des problèmes de santé : une blessure à la jambe qui ne guérit pas depuis 1894, une crise de syphilis, si bien qu'il déprime et tente de se suicider.
Il décide alors de partir pour les Marquises afin de retrouver l'inspiration. En 1901, le voici donc à Atuona (sur l'île de Hiva Oa), dans les Îles Marquises. Il lui semble être au paradis. Il va vite déchanter en se rendant compte des abus des autorités et en essayant de se battre pour les indigènes. Affaibli, fatigué de lutter, il meurt le 9 mai 1903.
Il est enterré dans le cimetière d'Atuona. La tombe de Jacques Brel côtoie la sienne.
Ses expérimentations sur la couleur et l'ensemble de son œuvre influencèrent l'évolution de la peinture, notamment le fauvisme du .
La féministe socialiste Flora Tristan était la grand-mère de Paul Gauguin
Influence de Gauguin
En marge des Impressionnistes, Gauguin fut sans doute, avec Paul Cézanne et Vincent Van Gogh, le peintre de cette fin de XIX siècle qui eut le plus d'influence sur les mouvements de peinture du XX siècle. Cette influence réside probablement moins dans sa peinture que dans ses écrits, lesquels contiennent des formules qui, comme le dit Léon Gard, « flattent ce penchant des hommes pour les recettes mirifiques, en même temps que leurs instincts de garnements déchaînés qui se saoulent d'indiscipline »
[Héritage de Gauguin, article paru dans la revue Panorama en 1943 ] , : « Comment voyez-vous cet arbre ? écrivait Gauguin, Vert? Mettez-donc le plus beau vert de votre palette; et cette ombre? Plutôt bleue? Ne craignez pas de la peindre aussi bleue que possible », ou encore : « Ne copiez pas trop d'après nature. L'art est une abstraction. » ou encore : « Vous connaissez depuis longtemps ce que j'ai voulu établir : le droit de tout oser.»[Oviri, écrits d'un sauvage, par Gauguin]
De pareilles formules quand elles ne sont pas appliquées par un artiste aussi vrai et doué que Gauguin sont évidemment extrêmement dangereuses et peuvent conduire au précipice.
Gaugin anima les mouvements mystiques et symbolistes de Pont-Aven, puis des Nabis où ses théories sur le cloisonnisme et le synthétisme étaient appuyées par les peintres Emile Bernard, Paul Sérusier et Maurice Denis et par le critique symboliste Albert Aurier. A la mort de Gauguin, à l'occasion d'expositions lui rendant hommage, ses idées s'étendirent, non sans extrapolation souvent, au Picasso de la période bleue et rose, puis aux groupes des fauves (André Derain, Raoul Dufy), des cubistes (Roger de La Fresnaye), des expressionnistes allemands (Jawlensky, Mueller, Ernst Ludwig Kirchner).
Notes et références de l'article
Œuvres de Gauguin
- Le Lac dans la plaine, (1873), Fitzwilliam Museum, Cambridge
- La Seine au pont d'Ièna, (1875), Musée d'Orsay, Paris
- Paysage d'automne, (1877), Collection particulière.
- Mette Gauguin cousant, (v. 1878), Collection Bührle, Zurich
- Jardin sous la neige, (1879), Szépmûvészeti Múzeum, Budapest
- Les Maraîchers de Vaugirard, (1879), Smith College Museum of Art, Northampton, Massachusetts
- Étude de nu ou Suzanne cousant, (1880), Ny Carlsberg Glypotek, Copenhague
- Intérieur du peintre à Paris, rue Carcel, (1881, Nasjonalgalleriet, Oslo
- Jardin à Vaugirard, (1881), Ny Carlsberg Glypotek, Copenhague
- Rouen, Les Toits bleus, (1884, Collection particulière, Winterthour, Suisse
- Mette Gauguin en robe du soir, (1884), Ny Carlsberg Glypotek, Copenhague
- Conversation dans les prés. Pont-Aven, (1888), Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles
- Le calvaire breton, (1889), Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles
- Manao Tupapau, (1892)
- Autoportrait au chapeau, (1893)
- D'où venons-nous? Que sommes-nous? Où allons-nous (1897-1898), Museum of Fine Arts, Boston
- Deux femmes ou « La chevelure fleurie », prix : vendu 17,9 millions d'euros en février 2006
- Area Area (1892)
Galerie
Image:Paul Gauguin 085.jpg|Les Alyscamps, 1888
Image:Paul_Gauguin_052.jpg|Fatata te miti (près de la mer), 1892, Washington, National Gallery of Art
image:Gauguin_le_gardien_de_porcs.jpg|Le gardien de porcs, Bretagne, 1888, 93 cm X 74 cm, Los Angeles County Museum of Art
image:Gauguin_portrait_1889.JPG|Autoportrait au Christ jaune 1889, Paris, Musée d'Orsay
image:Paul Gauguin 006.jpg|Arearea - Joyeusetés 1892, Paris, Musée d'Orsay
image:Vairumati.jpg|Vairumati 1897, Paris, Musée d'Orsay
image:Et_l'_or_de_leur_corps.jpg|Et l' or de leur corps 1901, Paris, Musée d'Orsay
Image:Paul_Gauguin_102.jpg|Portrait de Suzanne Bambridge, 1891, Bruxelles, Musée d'Art moderne
Image:Gauguin young woman.jpg|Portrait de Jeanne Goupil
Image:Paul Gauguin 078.jpg|La belle Angèle 1889, Paris, Musée d'Orsay
Image:Paul Gauguin 001.jpg|Étude de nu : Suzanne Sewing
Image:Paul_Gauguin_103.jpg|Le Sculpteur Aube et son Fils, 1882, Paris, Musée du Petit Palais
Image:Paul Gauguin 073.jpg|Appartement de Gauguin rue Carcel 1891
Image:Paul_Gauguin_104.jpg|Vincent Van Gogh peignant les tournesols, 1888, Amsterdam, Musée Van Gogh
Image:Paul_Gauguin_105.jpg|Cavaliers sur la plage, 1902, Essen, Folkwang Museum
Image:Paul_Gauguin_106.jpg|Cavaliers sur la plage, 1902, Collection privée
Image:Paul_Gauguin_107.jpg|Rupe Rupe, 1899, Moscou, Musée Puskin
Image:Paul Gauguin 144.jpg|Femmes de Tahiti, 1891, Paris, Musée d'Orsay
Image:Vrouw met vrucht - Paul Gauguin (1893).jpg|Femme au fruit 1893, Musée de l'Hermitage St. Petersburg
Image:MNBA_Gauguin_2708.JPG|Vahine no te miti (Femme à la mer) 1892, Musée National des Beaux Arts, Buenos Aires
Voir aussi
Liens externes
Bibliographie
- Georges Daniel de Montfreid, Sur Paul Gauguin (inclut des bois dessinés et gravés d'après Paul Gauguin par Daniel de Monfreid). – La Rochelle : Rumeur des âges, 2003. – 87 p., 23 cm. – ISBN 2-84327-092-8. – Contient les lettres de G. D. de Monfreid à Paul Gauguin, décembre 1897-août 1903.
- Bengt Danielsson, Gauguin à Tahiti et aux îles Marquises. Papeete : Les éditions du Pacifique, 1975. - 327 p. : ill. en noir et blanc ; 24 cm. - ISBN 2-85700-05-X. - (Version française revue et augmentée en collaboration avec Marie-Thérèse Danielsson de l'édition originale suédoise Gauguins söderhavsar, Stockholm : Forum, 1964) (autre édition; Paris : Pocket, 1989. 372 p. ; 18 cm. - (Agora ; 31). ISBN 2-266-02727-1).
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