Physique du solide, science des matériaux : les sœurs siamoises
La délimitation est en effet de plus en plus floue entre ces deux disciplines. À l'origine, la physique du solide était une branche de la physique fondamentale, et la science des matériaux une branche de la physique appliquée. Il y a longtemps que cette distinction est caduque, sous l'effet d'une double évolution. La première évolution est celle de la physique du solide vers l'étude de systèmes de plus en plus complexes, et donc de plus en plus proches des systèmes réels et utiles. L'autre évolution est celle de la science des matériaux, qui, avec l'apparition de moyens fins d'investigation (comme par exemple le microscope électronique, qui permet une observation à l'échelle atomique) ainsi que d'élaboration (par exemple l'épitaxie, qui permet une élaboration de semi-conducteurs couche d'atomes par couche d'atomes) est parfois devenue une ingeniérie des materiaux à l'échelle atomique. Elle s'est donc s'intéressée de très près aux phénomènes à cette échelle, et a ainsi empiété largement sur le domaine de la physique fondamentale. Au total, la distinction entre ces deux disciplines relève maintenant plus d'une nuance d'approche que d'autre chose.
Historique
Étant donné que les problèmes abordés par la physique du solide se manifestent à l'échelle macroscopique par une phénoménologie des matériaux, on peut se demander dans quelle mesure le premier bronze des métallurgistes de la préhistoire n'est pas à classer parmi une des premières manifestation d'une science spécifiquement dévolue aux propriétés des solides. Rien de moins évident en effet que la combinaison deux métaux mous pour obtenir un métal dur ! On peut donc citer comme thésaurus du savoir sur les solides à la renaissance le traité d'
Agricola De Re Metallica.
Ensuite vient l'époque moderne ou la science des matériaux est le parent pauvre de la physique alors dominée par la
mécanique céleste. La situation change avec la révolution industrielle et l'apparition de nouveaux domaines scientifiques : électricité, thermodynamique, etc. qui fournissent de nouveaux modèles de la matière au moment précis ou le développement de l'industrie métallurgique rend ceux-ci nécessaires. À partir de la fin du et au cours du , découvertes,nouveaux outils et modèles se succèdent à un rythme accéléré:
modèle de Drude,
radiocristallographie, étude des propriétés des solides aux basses températures, introduction de la
mécanique quantique, apparition du
microscope électronique...
Les grands thèmes actuels
à rerédiger
Les divers thèmes de la physique des solides se recoupent à la fois suivant les méthodes expérimentales mises en jeu, tantôt selon les grands thèmes théoriques sous-jacents. Ainsi, on peut utiliser des méthodes de mesures spécifiques du magnétisme ou de l'optique dans les solides (par exemple) pour tester la validité d'un modèle de transition de phase.
Fonction d'onde électronique
à rerédiger ou déplacer dans un autre article?
La
fonction d'onde de l'électron peut se calculer très simplement dans le cas de l'
atome d'hydrogène. Lorsque plusieurs atomes interviennent, comme dans le cas d'une
molécule ou d'un
ion, on peut utiliser une approximation qui consiste à dire que la fonction d'onde est une
combinaison linéaire (une somme pondérée) des fonctions d'onde calculées pour l'atome d'hydrogène ; c'est la théorie des
orbitales moléculaires et la
théorie VSEPR (
valence shell electron pair repulsion).
Dans le cas d'un solide, on est en présence d'un très grand nombre d'atomes, on ne peut donc plus utiliser ces modèles. Il faut, pour décrire le système, traiter aussi bien le mouvement des électrons que le mouvement des noyaux.
Les travaux de deux physiciens renommés, Born et Oppenheimer, ont permis une avancée très importante dans ce domaine. Ils sont partis du constat que les noyaux sont beaucoup plus lourds que les électrons, ce qui fait que ces derniers se meuvent beaucoup plus vite.
Dans un premier temps on peut supposer que les noyaux restent fixes (ici, le noyau comprend le noyau atomique proprement dit ainsi que les couches électroniques profondes, l'ensemble des noyaux constitue le réseau). Cette approximation permet de calculer les états d'énergie des électrons.
Dans un deuxième temps, on étudie la dynamique des noyaux (les vibrations du réseau), c'est la théorie des phonons. Un phonon représente une vibration élémentaire du réseau. Tout comme pour le rayonnement électromagnétique où l'énergie transportée est proportionnelle au nombre de photons, l'énergie de vibration dans un solide est proportionnelle au nombre de phonons.
Les phonons et les électrons peuvent interagir, cette interaction restant faible dans la plupart des matériaux. Elle ne modifie pas les états électroniques, mais induit par contre des transitions d'un état électronique à un autre. On parle de « diffusion des électrons par les phonons ». Cette interaction est à l'origine de la variation linéaire de la résistivité des métaux avec la température et de la corrélation entre conductivité électrique et conductivité thermique.
Les phonons peuvent aussi interagir entre eux, c'est de cette manière que l'on explique le phénomène de dilatation.
Cas du cristal
Le modèle de base est le « gaz d'électrons libres de Fermi » : les électrons se promènent librement (gaz) mais sont des fermions, ils obéissent à la loi statistique de Fermi-Dirac (contrairement aux gaz moléculaires qui suivent une distribution de Maxwell-Boltzmann).
Dans le cas d'un cristal, le problème est simplifié par la périodicité : on peut raisonnablement supposer que la fonction d'onde a la même période spatiale que le réseau cristallin.
On utilise la condition BVK (Born-von Karmann) pour imposer des conditions limites à la fonction d'onde : cette condition considère que la fonction d'onde a une période égale à la largeur du réseau, c'est-à-dire que « si un électron sort par une face du cristal, il y rerentre instantanément par l'autre face ». Il faut pour comprendre ce concept se rappeler que l'électron est une onde (voir l'article Dualité onde-particule).
Principaux resultats et liens internes sur les resultats de physique du solide
type de solide, ordre et cristallographie
- cristal et ordre à toutes les portées
groupe ponctuel de symétrie
réseau de Bravais
réseau réciproque
radiocristallographie
microscopie électronique en transmission
diffraction de neutrons
cohésion des solides et types de liaison
propriétés mécaniques des solides
- propriétés macroscopiques, elasticité et resistance des matériaux
- defauts de la structure cristalline(dislocations, joints de grains)
défaut ponctuel
dislocation défaut linéaire
joint de grain et défaut plan
élasticité et déformations reversibles
déformation plastique irréversible
fluage et déformation spontanée au cours du temps
écrouissage et fragilisation des solides
alliage et effet de durcissement
phonon et quantification des vibrations élementaires
propriétés électriques, magnétiques et optiques classiques et semi-classiques
- électrodynamique des milieux continus et propriétés électromagnétiques macroscopiques
- propriétés spécifiques aux métaux
- modèle de Drude
- conductivité électrique
- propriétés magnétiques
- ferromagnétisme
- diamagnétisme
- paramagnétisme
- antiferromagnétisme
- ferrimagnétisme
- propriétés électriques
- diélectrique
- ferroélectricité
propriétés strictement quantiques
propriétés électriques et magnétiques des métaux
- liquide de Fermi et dégénérescence
- paramagnétisme de Fermi
- diamagnétisme de Landau
- plasmon
- Onde de Bloch
- théorie des bandes
- trou d'électron
- exciton
- modéle CLOA adapté aux métaux de transition
- magnetisme des métaux de transition
- métaux nobles
- métaux antiferromagnétiques
- métaux ferromagnétiques
- quantification des excitations magnétiques magnon
- supraconductivité
propriétés thermiques et thermodynamiques
Voir aussi
Liens internes
Liens externes