Définition
Le mot
pop art (abrégé de « popular art ») a été prononcé pour la première fois en
1955 par
Lawrence Alloway, un critique d'art anglais qui faisait partie de l'
independent Group, groupe d'intellectuels travaillant sur le rôle de la technologie dans la société.
Mais ce qui caractérise profondément ce mouvement, c'est le rôle de la société de consommation et des déformations qu'elle engendre dans notre comportement au quotidien. C'est à partir de ce principe que les artistes américains vont mettre en évidence l'influence que peut avoir la publicités, les magazine, les bande dessinées et la télévision sur nos décisions de consommateurs.
Par la suite, ce mouvement va s'étendre et toucher d'autres domaines comme la mode, l'architecture, le design, etc.
L'accueil est très bon dès les débuts du mouvement, car le pop art est a priori simple et accessible. Les procédés utilisés par les artistes étaient souvent des nouveaux produits qui sortaient tout juste de cette société de consommation : acrylique, sérigraphie, etc. Les couleurs sont souvent vives et décalées par rapport à la réalité. Andy Warhol (1928-1987) est considéré comme l'un des apôtres du pop art.
Au-delà de la peinture, le pop art a usé des techniques picturales qui n'étaient auparavant pas considérées comme proprement artistiques, mais industrielles. Ce mouvement a perturbé le monde artistique d'autres manières, par exemple à travers la remise en cause du principe d'unicité d'une œuvre d'art. Andy Warhol reproduisait les siennes par centaines, parfois même par milliers, ce qui heurtait les idées classiques attribuant à une œuvre sa valeur car elle est unique.
Le pop art utilise des symboles populaires, qui marquent l'inconscient dès l'enfance. De Mickey Mouse à Marilyn Monroe, en passant par Mick Jagger, l'admiration quasi généralisée de certaines idoles y est exultée de manière neutre ou non, selon l'artiste. La culture publicitaire de la société de consommation est une autre source d'inspiration.
Le pop art dans le monde
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L'
Independent Group se réunissait à l'Institute of Contemporary Arts depuis
1952. Ce groupe réunit les grandes figures de la création du Pop art, parmi lesquelles
Richard Hamilton et
Eduardo Paolozzi. Dès
1947, Paolozzi crée des collages utilisant des images de magazines américains mais il déclara plus tard que cela fut plus influencé par le mouvement
surréaliste que par la culture populaire. Hamilton commença à étudier les travaux de
Marcel Duchamp et développa une série de projets mélangeant art et publicité. La conférence de
Reyner Banham à l'Independent Group posa les bases du Pop art en y incluant les objets de la vie quotidienne aux États-Unis et les magazines populaires. Alloway parla de sa théorie sur un continuum entre le « hight art » admis par les établissements culturels traditionnels et le « low art » du pop art.
En 1956, les membres de l'Independent Group participèrent à l'exposition This is Tomorrow au Whitechapel Gallery pour laquelle Hamilton créa le collage Just What Is It that Makes Today's Homes So Different, So Appealing?. Son travail est considéré comme le manifeste du pop art en Grande-Bretagne. C'est également la première apparition du mot pop dans ce contexte.
Après This is tomorrow, Hamilton continua à développer les caractéristiques du pop art en exposant peintures et collages ayant pour sujets les voitures américaines, les biens de consommations et des pin-ups en tant qu'éléments d'une étude anthropologique ayant introduit le fétichisme qui deviendra un élément majeur du pop art. Hamilton est devenu un conférencier du Royal College of Art où il rencontra David Hockney ainsi que d'autres jeunes artistes qui développèrent le pop art en Grande-Bretagne. En 1961, Hockney, avec Peter Blake et R. B. Kitaj annoncèrent dans une exposition commune l'arrivée du pop art britannique.
En Espagne, le pop art est associé au « new figurative ».
Eduardo Arroyo peut être admis comme artiste du pop art par son intérêt pour l'environnement ainsi que sa capacité à retranscrire
l'éventualité interconceptuelle de la notion absolue de la vie quotidienne.
Le pop art au Japon
Au Japon, le pop art est identifiable par ses sujets et son style réguliers. Beaucoup d'artistes japonais se sont inspiré des
mangas et parfois de
Ukiyo-e ou d'art traditionnel. L'artiste du pop art japonais le plus reconnu est actuellement
Takashi Murakami du groupe d'artistes Kaikai Kiki, renommés pour leur production massive, le
Superflat, un style surréaliste,
post-moderne dont l'inspiration principale vient des mangas et de la culture urbaine japonaise. Ce style vise principalement la jeunesse et a un grand impact culturel. Plusieurs artistes, comme
Yoshitomo Nara, sont reconnus pour leurs
graffitis, d'autres, comme Takashi Murakami sont connus pour leurs figurines en plastiques. Un grand nombre d'artistes du pop art japonais utilise des images surréalistes ou obscènes voire choquantes dans leurs œuvres. Ces éléments attirent les adolescents et les adultes (bien que censé être moralement choquant, ou provoquant, ceci n'est pas considéré comme offensant au Japon.) Une métaphore habituelle dans le pop art japonais est l'innocence et la vulnérabilité des enfants et de la jeunesse. Des artistes comme Aya Takano ou Yoshitomo Nara utilisent les enfants comme sujets dans la quasi-intégralité de leurs œuvres. Alors que Yoshitomo Nara montre des scènes de colère ou de rébellions par des enfants, Aya Takano montre l'innocence des enfants en peignant des filles nues.
Principaux artistes du pop art
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