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Dernière modification: 2007-12-03
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Catégorie: Protestantisme Histoire de la Réforme

Protestantisme

Le protestantisme est une institution chrétienne de renouveau spirituel qui prend naissance en Europe lors de la Réforme dans la période de la () sous l'impulsion de dissidents catholiques, tels que Martin Luther puis Jean Calvin. Le terme lui-même est utilisé pour la première fois en 1529, quand les seigneurs et les villes qui suivaient la doctrine de Luther protestent contre les décisions prises par la seconde diète impériale à Spire, à majorité catholique.

Les protestants français, tous appelés « luthériens » au début par leurs adversaires, seront ensuite nommés par dérision « huguenots », puis « religionnaires »Il s'agit de l'abréviation de « ceux de la Religion prétendue réformée », appellation officielle du protestantisme dans les actes royaux. Voir la discussion de Jean-Louis Guez de Balzac dans le (1623) sur la meilleure façon de nommer les protestants..

1 Origine du terme « Protestant »
2 La Pensée protestante
3 De nombreuses Églises et mouvements
4 Les personnalités du protestantisme
5 Fêtes et rassemblements
6 Voir aussi
7 Bibliographie
8 Notes et références

Origine du terme « Protestant »

Le 31 octobre 1517, les étudiants du moine et docteur en théologie Martin Luther réagissent à la campagne d'indulgences lancée par Albert de Brandbourg : ils affichent sur la porte de l'église de Brandebourg une lettre rédigée par Martin Luther adressée à Albert de Brandebourg constituée de 95 thèses, à la fois constat des dérives de l'Église, critique virulente des abus et solutions. Parmi les thèses, l'accès de tous à la Bible sans discrimination sociale et l'égalité entre les hommes ont un fort écho dans la population majoritairement paysanne, à tel point qu'elle provoque au printemps 1525 la Bauernkrieg (guerre des paysans) dans le Saint-Empire romain germanique.

Afin de mettre un terme rapide à cette explosion de violence contre la classe dirigeante, les princes se réunissent lors de la première diète de Spire, en 1526. Ils conviennent du décret de l'état d'urgence et décident que chaque prince choisit le culte à pratiquer dans son État, les opposants étant contraints de fuir vers un autre État favorable à leur foi. Cette confessionnalisation est déjà initiée à la fin de 1525 par Jean de Saxe qui institutionnalisa le luthéranisme.

Cependant, absent de cette assemblée formée par ses électeurs, Charles Quint demeure hostile à ces dispositions. Accusé par le Saint-Siège de soutenir Luther, Charles Quint décide d'endiguer la propagation des thèses luthériennes. Il convoque donc en 1529, avec son frère Ferdinand Ier, une seconde diète de Spire lors de laquelle il révoque toutes les concessions faites par les princes aux paysans. Ainsi, il réinstaure le culte catholique et la messe en latin. Ces derniers réagissent immédiatement sous la conduite de Jean de Saxe en émettant une protestation. Les princes signataires sont appelés « protestants ».

La Pensée protestante

Les protestants hésitent à parler de « doctrine » ou de religion. Ils préfèrent « convictions », « engagements » ou « valeurs ». La fédération des protestants publie simplement : « Être protestant »Être protestant Liens externes. C'est que les protestants préfèrent toujours préserver un espace de discussion et d'échange entre les fidèles, particulièrement pour l'expression de leur foi, même la plus fondamentale.

Toutes sensibilités confondues, les protestants partagent ces points fondamentaux (les deux premiers concernent le salut) :

L'homme ne peut pas mériter son salut auprès de Dieu, mais Dieu le lui offre gratuitement par amour. Ce qui rend l'homme capable d'aimer lui aussi. Ainsi, la valeur d'une personne ne dépend que de l'amour de Dieu, et non de ses qualités, ni de son mérite, ni de son statut social.

Ce don se fait à l'occasion d'une rencontre personnelle avec Dieu, en Jésus-Christ (solo christo: par Christ seul). C'est cela la foi, non une doctrine ou une œuvre humaine. D'une personne à l'autre, elle peut surgir brusquement ou être le fruit d'un cheminement. Chacun la vit de manière particulière, comme sa réponse à la déclaration d'amour de Dieu.

Considérée comme porteuse de la parole de Dieu, la Bible est à la fois la seule autorité théologique et le seul guide, en dernière instance, pour la foi et la vie. Elle est éclairée par la prédication de ministres appelés par l'Église et formés par elle (mais le Saint-Esprit peut appeler d'autres prédicateurs que seulement ceux-ci). À travers les témoignages humains qu'elle nous transmet, elle dessine des principes de vie à partir desquels s'exerce la responsabilité personnelle de chacun.

Il n'y a que Dieu qui soit sacré, divin ou absolu. Ainsi, toute entreprise humaine ne peut prétendre avoir un caractère absolu, intangible ou universel, y compris la théologie. De plus, partant du principe que Dieu nous a donné la liberté, les protestants sont généralement favorables à un système social qui respecte la pluralité et les libertés.

  • Ecclesia semper reformanda (« l'Église doit se réformer sans cesse »)
Les institutions ecclésiastiques sont des réalités humaines. Elles sont secondes. « Elles peuvent se tromper », disait Luther. Ainsi, les Églises doivent sans cesse porter un regard critique sur leur propre fonctionnement et leur propre doctrine, à partir de la Bible. En revanche, les chrétiens catholiques affirment ne jamais se tromper dans le mystère impénétrable et sacré des voies de Dieu, ils se déclarent donc « infaillibles ». C'est la célèbre formule catholique de « l'infaillibilité pontificale ».

Principe novateur de la Réforme protestante, selon lequel chaque baptisé est « prophète, prêtre et roi » sous la seule seigneurie du Christ. Ce concept anéantit les principes de hiérarchie au sein de l'Église. Chaque baptisé a une place de valeur identique, y compris les ministres (dont les pasteurs font partie). Issus d'études de théologie et reconnus par l'Église, ils sont au service de la communauté pour l'annonce de la Parole de Dieu (prédication et sacrements) et les missions particulières qui en découlent. Les femmes ont accès aux ministères de certaines églises protestantes.

De nombreuses Églises et mouvements

Au XXI siècle, l'héritage protestant se vit à travers de nombreux mouvements, car le principe même du protestantisme se veut réformateur en permanence afin d'éradiquer le poids éventuel de la tradition. Ainsi, on dénombre une multitude de mouvements, souvent proches.

En France, la plupart des mouvements protestants sont affiliés à la Fédération protestante de France créée lors de la Séparation des Églises et de l'État en 1905. Des Églises et mouvements évangéliques sont affiliés également à la Fédération évangélique de France. La plupart des églises autres que les luthéro-réformés, membres ou non de la FPF ou de la FEF, se retrouvent au sein du Conseil national des Évangéliques de France.

Églises historiques multitudinistes

Dès le début, elles sont organisées en plusieurs Églises en fonction des courants théologiques ou des circonstances historiques. Elles s'adressent dans le même mouvement à leurs membres et à la société (d'où le terme « multitude », indépendamment de leur nombre !). Il s'agitListe des Églises protestantes Liens externes :

Églises de professants

En plus des luthériens, des réformés et des anglicans, la Réforme a connu très tôt un quatrième courant, non « magistériel », accusé par les autres de mettre à côté ou au-dessus de la Bible une illumination intérieure considérée comme subjective, et nommé par eux « illuminés » ( Schwärmer) ou « Anabaptistes » (parce que, ne reconnaissant qu'un baptême d'adultes, ils « rebaptisaient » ceux qui l'avaient été, enfants, ailleurs). Les tenants de cette Réforme radicale affirmaient, eux, que cette illumination intérieure était l'œuvre du Saint-Esprit.

Sont les héritiers directs de la partie pacifiste de ce courant, les Assemblées mennonites, dont les Amishes font partie. S'y rattachent spirituellement les Baptistes et autres groupes apparentés issus à diverses époques de l'anglicanisme, avec souvent une mise en valeur de la piété face au « monde ».

Dans les siècles suivants, d'autres mouvements ont vu le jour à partir de « réveils » spirituels du . Le principal, issu de la prédication de John Wesley, est le méthodisme. Conjuguant retour à la Bible, à la prière et à l'engagement social, il est à l'origine de l'Armée du Salut. Refusant la prédestination, confessant la responsabilité de l'individu dans sa propre foi, il est aussi la source du pentecôtisme, né d'un Réveil plus récent.

D'autres Églises indépendantes, privilégiant un aspect ou un autre de la foi ou de la pratique chrétienne, existent aussi : les Darbystes et autres « Assemblées de frères », les Adventistes du septième jour, etc.

« Églises évangéliques » est le terme générique qui regroupe toutes ces dénominations. La plupart du temps, hormis dans le méthodisme classique, ce sont des « Églises de professants » et non « de multitude » : elles demandent un engagement et une profession de foi personnels à leurs membres et quelques unes, de ce fait, ne baptisent que des adultes ou jeunes adultes (elles sont « baptistes »). Certaines rebaptisent les chrétiens venus d'autres Églises, car elles pensent que le baptême d'enfants n'est pas valide.

Ce terme s'applique aussi aux courants fondamentalistess d'origine nord-américaine (certains parlent alors d' évangélisme).

Dans leur ensemble, ces courants représentent au moins le quart du protestantisme français actuel, soit 1% de la population françaiseSelon le dernier sondage La Croix - Réforme d'avril 2006 sur les « proches du protestantisme ».

Le fondamentalisme

Le courant fondamentaliste qui prône le retour aux fondamentaux doctrinaux est né au Congrès fondamentaliste de Niagara (1895). Ce congrès ajouta à la doctrine définie au début de l'article, les éléments de confession de foi suivants issus de la tradition chrétienne conciliaire, mettant fin au libre examen reproché aux Églises « historiques », parfois nommées de façon polémique « Églises mortes ». Ils définissent cinq points fondamentaux de doctrine (c'est-à-dire de croyance obligatoire) :

  1. la christologie,
  2. la naissance virginale du Christ,
  3. la doctrine de l'expiation vicaire,
  4. la résurrection corporelle lors de la seconde venue du Christ et
  5. l'autorité et l'inerrance verbale de la Bible.

Cela consiste surtout à prendre les épitres de Paul du Nouveau Testament au pied de la lettre, et d'interpréter le reste de la Bible au travers des ces épitres.

Ce courant est également présent au sein des autres églises protestantes, notamment évangéliques, en proportion variable.

Le terme « fondamentalisme » au sens protestant n'est pas obligatoirement synonyme de « intégrisme », et que la croyance en l'inspiration divine des Écritures n'est pas obligatoirement confession de leur « inerrance » formelle.

Des Églises nationales

La plupart du temps, les protestants s'organisent en églises ou en fédérations nationales, par exemple :

Les personnalités du protestantisme

Cette section contient une liste de pasteurs, de théologiens et de personnalités impliquées dans la pensée protestante.

Fêtes et rassemblements

Dans les Églises historiques européennes, en plus des fêtes chrétiennes (référées à Jésus-Christ selon la Bible), on célèbre parfois :

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

;Musées

Bibliographie

  • Émile-Guillaume Léonard, Histoire générale du Protestantisme, Paris, PUF, 1964.
  • Jean-Paul Willaime et Jean Baubérot, ABC du protestantisme, Genève, Labor et Fides, 1990.
  • Encyclopédie du protestantisme, sous la dir. de Pierre Gisel et Lucie Kaennel, Paris / Genève, PUF / Labor et Fides, 2006 (2e édition).
  • Jean Baubérot, Histoire du Protestantisme, PUF (« Que sais-je ? »), 1998 (5e édition).
  • Arnaud de Lassus, Connaissance élémentaire du Protestantisme, Action Familiale et Scolaire, 31 rue Rennequin 75017 Paris, mars 2004. (tel que compris par les catholiques intégralistes)
  • Laurent Gagnebin et Raphaël Picon, Le Protestantisme, la foi insoumise, Paris, Flammarion (Champs, n°591), 2005.
  • Geoffroy de Turckheim, Comprendre le protestantisme, Paris, Eyrolles (Pratique), 2006.

Notes et références

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