Étymologie
Il existe plusieurs étymologies possibles au nom donné à cette chaîne de montagnes :
- Le terme « Pyrénées » vient du personnage issu de la mythologie grecque Pyrène (), fille de Bebryx, souverain des Bébryces. Selon la légende
[ Silius Italicus, La Guerre punique, éditions Les Belles Lettres, Paris, 1979, traduction de Pierre Miniconi et Georges Delvallet. p. 86-88.], après qu’elle eut été tuée par des bêtes sauvages, Héraclès dont elle portait l’enfant décida de donner son nom au massif montagneux où elle repose dans la grotte de Lombrives ; Héraclès lui construisit un tombeau à la hauteur de l’amour qu’il portait à Pyrène, c’est-à-dire une chaîne de montagnes. Le mot « Pyrénées » était déjà connu en grec ancien : le terme (Pyrēnaîa) apparaît chez Plutarque[Plutarque (vers 46 - 125 ap. J.C.) : , ch. 7.].
- Une autre étymologie fait dériver « Pyrénées » de piren, mot celtibère signifiant « montagne ». On retrouve également cette origine dans les noms espagnol los Pirineos / el Pirineo, occitan los Pirenèus, catalan els Pirineus / el Pirineu, aragonais os Perinés ainsi que basque Pirinioak.
Mais cela n’explique ni la présence du -y- en français et ne peut signifier que toutes ces langues aient hérité de ce mot : en effet, le mot grec a transité par le latin Pyrenaeus et dans les langues romanes sauf en français le -y- s’est transformé en -i- pour donner Pyrénées, Pirineos etc.
- Une autre étymologie avancée fait dériver Pyrénées de pouranaya, de poura (vaste) et naga (montagne), mot issu du ligure, langue du peuple qui occupait la France avant les Celtes
[http://oc.land.free.fr/Ligures.html].
- Un texte de Diodore de Sicile
[Jean-Robert Pitte, Histoire du paysage français de la préhistoire à nos jours, Tallandier, 2001.] () rapporte que, jadis, les Pyrénées étaient couvertes de forêts qui furent incendiées par les bergers. La terre elle-même ayant brûlé – et donné naissance à des ruisseaux d'argent pur –, le nom de Pyrénées (du grec ancien pŷr, feu) fut donné à ces montagnes.
Géographie

En géographie physique, les Pyrénées forment une chaîne d'allure rectiligne, assez étroite, d'une longueur totale de 430 kilomètres du cap de Creus côté Méditerranée à Hendaye côté Atlantique. La délimitation occidentale peut cependant paraître arbitraire, puisque les Pyrénées se fondent progressivement dans les montagnes basques qui à leur tour rejoignent les Monts Cantabriques (soit un axe pyrénéo-cantabrique atteignant 1 000 km de continuité montagneuse). La plus simple définition géographique des Pyrénées tient à leur caractère 'isthmique' : entre la Méditerranée et le point le plus proche du Golfe de Gascogne. Au-delà commence la chaîne (cordillera) basco-cantabrique. Les vallées pyrénéennes sont fréquemment orientées nord-sud (avec quelques exceptions notables comme la vallée d'Ordesa), et ses hauts sommets s'égrainent sans réelle discontinuité, ce qui explique que d'un bout à l'autre de la chaîne, il existe peu de points de passage praticables entre le versant septentrional et le versant méridional. Ainsi la frontière franco-espagnole suit à peu près la ligne des crêtes, la principale exception à cette règle étant formée par le val d'Aran, qui dépend de l’Espagne mais se situe sur le versant septentrional du massif. Autre 'anomalie', la chute Cerdagne située sur le versant méridional de la chaîne, mais partagée entre la France et l’Espagne.
Pour fixer une largeur limite approximative au massif, on peut dire que le piémont pyrénéen se dilue dans le bassin de l'Èbre versant espagnol, et dans le bassin aquitain et la basse vallée de l'Aude versant français.
Structure géologique

Une vue satellite des Pyrénées
Les
sédiments de la genèse des Pyrénées se déposèrent dans des bassins littoraux au cours du
Paléozoïque (ère primaire) et du
Mésozoïque (ère secondaire).
Puis, au
Crétacé inférieur (150 - 100 Ma), sous l'effet d'une ouverture océanique, le
golfe de Gascogne se déploya en éventail, serrant l'Espagne contre la France et prenant de grandes couches de ces sédiments en étau : le serrage et le soulèvement de l'écorce terrestre commencèrent par affecter la partie orientale pour s'étendre progressivement à toute la chaîne, surrection et déformation culminant à l'
Éocène, au début du
Cénozoïque (ère tertiaire).
La partie orientale des Pyrénées est surtout constituée de roches crustales (
granites et
gneiss), alors que dans la partie occidentale les pics de granite sont flanqués de couches
calcaires.
Le caractère massif et peu découpé de la chaîne est dû à cette prépondérance de roches crustales, offrant peu de prise à l'érosions, ainsi qu'au faible développement des
glacier.
Paysages

Cirque de Gavarnie avec la Grande Cascade en fond (422 m) donnant naissance au Gave de Pau
Parmi les signes particuliers relatifs aux paysages pyrénéens, on peut distinguer :
- de nombreuses petites vallées principalement orientées selon l'axe nord-sud.
- l'absence de grands lacs, comparé au massif des Alpes par exemple, toutefois petits lacs et étangs se trouvent en très grand nombre, et peuvent atteindre des profondeurs supérieures à 100 mètres.
- la rareté et l'élévation des cols de montagne.
- la présence de nombreux troupeaux domestiques laissés en liberté l'été autour d'estives, à hauteur de l'étage alpin.
- un nombre élevé de gaves, torrents qui franchissent les à-pic en de spectaculaires cascades, sont caractéristiques des Pyrénées françaises, plus escarpées dans leur ensemble que les Pyrénées espagnoles. Ils occasionnent de hautes chutes d'eau, surpassées en Europe seulement par celles de Scandinavie et celle de Reichenbach dans les Alpes suisses
[Liste des 50 chutes les plus hautes du monde ]
.
- la fréquence des cirques : fond supérieur d'une vallée en forme de demi-cercle de falaises escarpées. Citons pour l'exemple le cirque de Gavarnie, le cirque de Troumouse, le cirque du Litor, le cirque du Marcadau [1]
, etc.
La plus haute chute d'eau (422 m) se trouve à la source du
gave de Pau au niveau du
cirque de Gavarnie. Ce dernier fait partie avec le
massif du Mont-Perdu d’un massif montagneux transfrontalier plus vaste désigné sous le nom de Pyrénées-Mont Perdu, et inscrit depuis 1997 sur la liste du « patrimoine mondial » de l'
Unesco au titre
des paysages naturels et des paysages culturels [Référence 773bis de la liste du Patrimoine mondial ]
, site de l'UNESCO, [Protected Areas and World Heritage ]
, site du Programme Environnement des Nations unies.
Les massifs et sommets

Massif du pic d'Aneto (3 404 mètres)
Le point culminant des Pyrénées est le pic d'Aneto (3 404 mètres), situé sur le versant espagnol. Les hauts sommets, situés au-dessus de 3 000 m, se situent principalement dans les Pyrénées centrales, en région Midi-Pyrénées côté français, et dans la communauté autonome d'Aragon côté espagnol : il existe en tout 129 sommets principaux et 83 secondaires se hissant au-dessus des 3 000 mètres et répartis en 11 zones (pour un inventaire exhaustif des sommets de plus de 3 000 mètres voir la liste UIAA des 3000 pyrénéens). À noter que cette limite mythique des 3 000 est née courant suite à la révolution française qui a institutionnalisé le système métrique (avant on comptait en toise), engendrant un véritable engouement pour l'ascension de tel sommets (voir Pyrénéisme).
Tous les massifs et sommets célèbres n'atteignent pas 3 000 mètres : citons, par exemple, le massif des
Corbières qui culmine à 1 230 m avec le
pic de Bugarach, le
pic du Midi de Bigorre (2 877 m) et le
pic du Midi d'Ossau (2 885 m) bien visibles depuis la plaine, le
pic d'Anie (2 504 m), le Grand Gabizos (2 692 m), le
Montardo (2 833 m),
La Rhune (905 m), etc.
Lacs et cours d'eau
Le
système hydrographique des Pyrénées est composé d'un très grand nombre de petits lacs et étangs (
ibón en
aragonais) jalonnant de non moins nombreux gaves et autres cours d'eaux. Il n'y a pas de 'grands lacs' dans les Pyrénées (comme dans les Alpes) : la plus grande retenue artificielle des Pyrénées, le
lac de Cap-de-Long possède une superficie de 110 ha. Le plus grand lac des Pyrénées espagnoles est le lac de Certascan, sous le pic de Certascan. Toutefois le nombre de lacs est impressionnant (entre 1 500 et 2 500 selon le diamètre retenu), ainsi que leur profondeur (peut être supérieure à 100 mètres).
Les gaves creusant la roche commencent souvent par de longues rivières souterraines comme celles de Bétharram avant de jaillir sous forme de petits torrents tourbillonnant, pouvant donner place à des gorges très étroites et profondes comme les gorges de Galamus, ou des trouées impressionnantes comme celle de la grotte du Mas d'Azil. Par ailleurs, les importants cours d'eau ont donné leur nom aux départements, provinces d'Espagne ou comarques qu'ils traversent : l'Aragon, l'Ariège, l'Aude, la Garonne.
Vallées

Vallée d'Ordesa depuis la Senda de Cazadores (Pyrénées espagnoles)
Les
vallées des Pyrénées sont en général étroites, orientées nord-sud et particulièrement encaissées du côté français à proximité de la haute chaîne frontalière (jusqu'à 2000 mètres de dénivelée).
La plupart des vallées ont subi l'érosion glaciaire comme en témoignent les dépôts morainiques (remarquables en vallée de Campan) et certains fonds plats (vallée d'Aure vers St Lary Soulan, vallée de la Noguera Pallaresa vers Esterri d'Aneu, vallée du Rio Cinqueta vers Plan...). Si elles sont moins larges que celles des Alpes et dépourvues de lacs cela s'explique surtout par la plus faible superficie des Pyrénées, qui n'a pas permis la formation de grandes 'langues' glaciaires (les plus grands glaciers atteignaient cependant le piémont : Ossau, Gave de Pau, Garonne, Ariège).
Dans les massifs calcaires, surtout versant espagnol, on observe de nombreux canyons (
Kakouetta,
Vellos, Anisclo...). Certains ont été jadis englacés, d'autres non, mais les glaciers n'y ont pas stationné suffisamment longtemps ou étaient de faible taille et n'ont pas laissé de trace significative. Il s'agit donc d'une érosion de type essentiellement fluviale. Les canyons recèlent une très grande diversité floristique et faunistique.
Climat et végétation
Par leur latitude et leur orientation les Pyrénées séparent deux grands ensembles climatiques et végétaux : océanique à l'ouest et au nord, continental et méditerranéen au sud et à l'est.
L'influence océanique du nord-ouest, en provenance du Golfe de Gascogne tout proche, est intense au Pays Basque (cumuls pluviométriques de 150 à 250 cm/an, hivers relativement doux et étés frais : moyennes de +1° en janvier à +13° en juillet vers 1200 m d'altitude). Elle se prolonge sur les quatre cinquièmes de la chaîne en versant nord (jusqu'au département de l'Aude), tandis qu'elle pénètre peu sur le versant sud (guère plus loin que les montagnes de Navarre puis à proximité immédiate des crêtes frontalières).
En s'enfonçant dans les terres la pluviométrie se modère tout en restant régulière (100 à 150 cm/an en moyenne montagne, localement 200 cm sur les plus hauts massifs des Pyrénées Occidentales) et l'amplitude thermique augmente (à 1200 m : 0° en janvier, +14° en juillet).
Les pâturages verdoyants alternent avec des forêts de chênes à feuilles caduques en vallée et piémont, de hêtres et sapins en moyenne montagne. La limite haute de la forêt se situe entre 2000 et 2500 m (pins à crochets), laissant place aux landes subalpines (bruyère, rhododendrons) puis, au-dessus de 2500 à 3000 m, aux pierriers, névés et petits glaciers.
En versant Sud (Aragon, Catalogne occidentale, Andorre, Cerdagne) le régime des précipitations est essentiellement alimenté par les perturbations de Sud à Ouest d'origine atlantique, qui subissent une influence continentale lors de leur traversée de la péninsule ibérique et se réactivent au contact du relief pyrénéen. Les précipitations sont plus rares mais souvent plus intenses qu'en versant nord, ce qui explique que l'ensoleillement soit bien meilleur alors que les cumuls pluviométriques sont comparables (100 à 150 cm/an) si l'on excepte le piémont aride (environ 50 cm/an). L'air océanique tempéré étant repoussé par la haute chaîne, les hivers sont relativement froids et les étés chauds (à 1200 m : 0° en janvier, +15° en juillet).
La moyenne montagne présente une végétation typiquement méditerranéenne : garrigue pierreuse, forêts de chênes verts et de pins. Seules les plus hautes vallées maintiennent une certaine verdure, abritant localement hêtres et sapins. L'étage altimontain ne serait guère différent de celui du versant nord si la prédominance des terrains calcaires au sud n'était une contrainte se superposant au climat et qui abaisse la limite haute du végétal.
Enfin l'orient de la chaîne est proche du versant sud par sa végétation, mais diffère par son régime des précipitations : la Méditerranée génère des perturbations, rares mais parfois diluviennes sur les premiers versants montagneux rencontrés. La région transfrontalière située entre le Canigou et la ville d'Olot, est particulièrement arrosée (100 à 150 cm/an). En dehors de ces épisodes, la sécheresse est un phénomène courant.
Flore

Géranium des Pyrénées
La flore des Pyrénées comporte environ espèces, dont quelques 160 espèces endémiquess[Marcel Saule, La Grande Flore illustrée des Pyrénées, Éditions Milan, ISBN 2-74590-637-2.]. Pour les arbres, on note la présence de pins à crochets (Pinus uncinata) en altitude (étage subalpin), hêtres (Fagus sylvatica) et sapins (Abies alba) en moyenne montagne (étage montagnard), puis chênes et châtaigniers sur les basses pentes constituent les principales essences (étage collinéen). L'agriculture est limitée dans les vallées aux céréales et aux arbres fruitiers.
L’influence méditerranéenne fait que les Pyrénées orientales, plus ensoleillées, ont une composition floristique différente du reste de la chaîne. L’orientation d’ouest en est de la chaîne a eu pour conséquence qu’un grand nombre d’espèces qui étaient présentes au nord de cette région durant l’ère tertiaire ont disparu en raison du froid pendant la dernière grande glaciation (maxiumum glaciaire vers -20 000 ans) : elles ont en effet buté en migrant vers des zones de basses latitudes plus clémentes contre la chaîne de montagnes, qu’elles n’ont pas pu franchir. Toutefois, quelques espèces ont pu subsister dans des vallées protégées des Pyrénées, devenant endémiques de la zone.
Faune
]]
La faune des Pyrénées présente également quelques exemples saisissants d'
endémisme : le
desman des Pyrénées ou rat-taupe (
Galemys pyrenaicus), mammifère aquatique dont l'aire de répartition s'étend aux deux versants des Pyrénées et aux massifs montagneux du nord-ouest de la
Péninsule ibérique (seule une espèce voisine appartenant au même genre est confinée aux fleuves du
Caucase, en
Russie méridionale). L'
euprocte des Pyrénées (
Euproctus asper), batracien
urodèle proche de la
salamandre, vivant dans les cours d'eau d'altitude, est également caractéristique. Parmi les autres particularités de la faune pyrénéenne sont les insectes aveugles des
cavernes de l'
Ariège, les principaux genres étant l'
Anophthalmus et l'
Adelops[ ]. On notera que le
bouquetin des Pyrénées ou ibex (
Capra pyrenaica ssp. pyrenaica) s'est mystérieusement éteint dans les années
1998-
2001, quant à l'
ours brun indigène des Pyrénées (voir
ours des Pyrénées), il a été chassé jusqu'à sa quasi-extinction dans les années 1990. Des tentatives de renforcement de l'espèce ont lieu depuis
1996 en relachant des ours apportés de
Slovénie.
Autres espèces:
- Papillons : plus de 300 espèces
- Rapaces : aigle royal, gypaète barbu, vautour fauve, vautour percnoptère, faucon, grand-duc
- Oiseaux : grand tétras (encore appelé coq de bruyère), lagopède (encore appelé perdrix des neiges)
- Mammifères : isard, mouflon, chevreuil, cerf élaphe, marmotte, lynx, genette, loup, sanglier, écureuil
Parcs nationaux et réserves naturelles
La
faune et la
flore de la partie centrale des Pyrénées sont protégées par le
parc national des Pyrénées versant français et par deux parcs nationaux, le
parc national d'Aigüestortes et lac Saint-Maurice en '
Encantats' et le
parc national d'Ordesa et du Mont-Perdu, versant espagnol. À cela, s'ajoutent des
réserves naturelles nationales dans les Pyrénées occidentales comme celle du
Néouvielle et de la vallée d'Ossau, ainsi que les nombreuses réserves naturelles catalanes (Prats-de-Mollo, Nohèdes, Py, Mantet, Vallée d'Eyne, Jujols, Conat, La Massane). Il existe enfin des réserves naturelles régionales en Ariège (Embeyre), dans les Pyrénées-Orientales (Nyer) et dans les Hautes-Pyrénées (Pibeste). Les nombreux sites naturels classés au titre de la loi sur la protection des paysages et les arrêtés préfectoraux de protection de
biotope, les réserves biologiques et les réserves de faune sauvage témoignent également de l'intérêt écologique du massif pyrénéen.
Des Pyrénées et des Hommes
Période préhistorique
La plus ancienne présence d'un membre de la lignée humaine (genre Homo) est attestée dans la région dès - 800 000 ans (Paléolithique inférieur) avec Homo antecessor à Atapuerca[J. Cervera, J.L. Arsuaga, J. Trueba : Atapuerca. Un millón de años de historia. PLOT Ediciones, S.A. Madrid, 1998.] (nord de l'Espagne), puis avec l'homme de Tautavel vers - ans[Lumley, H. de, Fournier, A., Park, Y.C., Yokoyama, Y. et Demouy, A. (1984) - « Stratigraphie du remplissage pléistocène moyen de la Caune de l'Arago à Tautavel - Étude de huit carrotages effectués de 1981 à 1983 », L'Anthropologie, t. 88, n° 1, pp. 5-18.],[Lebel, S. (1992) - « Mobilité des hominidés et système technique d'exploitation des ressources au Paléolithique ancien : la Caune de l'Arago (France) », Canadian Journal of Archaeology, vol. 16, pp. 48-69.] (commune de Tautavel dans le département des Pyrénées-Orientales).
Durant tout le Paléolithique moyen, la zone des Pyrénées sera occupée par l'Homme de Néandertal (grottes de Gargas, du Noisetier ou d'Isturitz), avant que ce dernier ne soit remplacé par l'Homme moderne au Paléolithique supérieur. Les grottes de Gargas (période gravetienne) et de Niaux (période magdalénienne) témoignent à travers l'art pariétal de la présence et de la complexité des sociétés humaines de l'époque. Le radoucissement climatique vers - ans (Holocène) met fin à cette culture de « l'âge du renne » dans la zone du piémont pyrénéen : les grands troupeaux des steppes remontent vers le nord ; la couverture forestière s'étend, la technique de chasse évolue alors en conséquence vers l'Azilien (commune du Mas-d'Azil en Ariège).
La néolithisation, ou passage d'une économie de prédation (chasse-cueillette) à une économie de production (agriculture-élevage), se fera lentement par diffusion à partir de la côte méditerranéenne (voir courant cardial) : la pénétration des nouvelles techniques se fait depuis la côte suivant les fleuves (Èbre, Aude). La côte atlantique connaît aussi un courant de néolithisation plus tardif avec le mégalithisme (attestation de nombreux harrespils et menhirs dans le département des Pyrénées-Atlantiques).
Avec l'Âge du Bronze et l'Âge du Fer commence l'exploitation minière du massif, riche aussi en or et en argent. La Protohistoire voit le développement des Gaztelu zahar.
Période historique
La zone « rentre dans l'Histoire » avec les premiers comptoirs grecs côté méditerranéen (Empúries), puis les conquêtes romaines de la Catalogne vers 210 av. J.-C et de la Narbonnaise vers 118 avant J.C. Rome conquiert finalement toute la zone (conquête romaine de l'Hispanie progressivement, conquête de l'Aquitaine par Crassus en 56 av. J.-C) et divise le territoire suivant 3 provinces romaines sous l'empire romain : Novempopulanie côté Aquitaine, Narbonnaise côté Languedoc, et Tarraconaise côté péninsule ibérique. Au Haut Moyen-Âge, le territoire tombe sous la domination des Wisigoths au puis des arabo-musulmans au . les francs récupereront rapidement la zone au nord des Pyrénées, et la Reconquista sur versant espagnol verra naître des royaumes à partir des vallées pyrénéennes que seront le royaume de Navarre et le royaume d'Aragon.
Voir aussi :
La
frontière franco-espagnole est le fruit d'une longue évolution dans les relations entre la
France et l'
Espagne : un premier traité, le
traité de Corbeil (1258) sous
Saint-Louis établit des zones d'influences entre le
royaume de France et le
royaume d'Aragon de chaque côté des Pyrénées, excepté le
Roussillon qui fait partie de la
Catalogne. La partie nord de la Navarre, ou
Basse-Navarre, est rattachée à la France sous
Henri IV tandis que le reste de la Navarre, ou
Haute-Navarre, revient à la couronne d'Espagne. Il faudra attendre
1659 et le
traité des Pyrénées[Voir le ] pour qu'une 'frontière' sur papier soit fixée : le
Roussillon ou
Catalogne nord est rattaché définitivement à la couronne de France, la frontière suit grosso-modo la ligne de partage des eaux, c'est-à-dire la ligne des plus hautes crêtes, excepté quelques territoires comme l'enclave de
Llivia (voir le
traité de Llivia). Toutefois, cette délimitation n'étant pas marquée 'physiquement' sur le terrain, aucune zone de droit n'est définie et les communautés paysannes continuent de jouir par exemple de coutumes de
pacages sur les terres du pays voisin de l'autre côté de la frontière. Il faudra attendre le
traité de Bayonne en
1856 pour que soient réglés les litiges entre communautés frontalières, et qu'il soit décidé la pose de 602 bornes régulièrement espacées définissant ainsi la frontière actuelle.
L'évolution historique récente explique la prépondérance de la langue française au nord et espagnole au sud même si elle ne sont pas originaires de la région. Parmi les langues locales qui se maintiennent existe le catalan (Catalogne - Roussillon - Andorre - frange orientale de l'Aragon), l'occitan (côté français et Val d'Aran), le basque (Biscaye - Guipuscoa - nord de la Navarre - sud-ouest des Pyrénées-Atlantiques) et l'aragonais (nord de l'Aragon).
Mythologies pyrénéennes
L'ensemble pyrénéen a connu une occupation humaine ininterrompue. Si le caractère montagnard a pu faciliter un relatif isolement des populations, comme un certain esprit d'indépendance vis-à-vis des pouvoirs centraux, il n'en demeure pas moins que les Pyrénées sont aussi un axe de passage, dès la Préhistoire. On a quelques témoignages de cultes très anciens, de dieux locaux pouvant se rattacher à des traditions celtes et gauloises, et plus spécifiquement basques, dont on sait que la zone d'influence couvrait la majeure partie des Pyrénées centrales et occidentales. Beaucoup de ces dieux ont été par la suite assimilés à des dieux romainsss. Conformément à la tradition, les cultes se sont succédé sans discontinuer. Beaucoup d'églises ont, enchassés dans leurs murs, des stèles et des autels « païens ». Les mégalithe ont fait l'objet de rituels jusqu'au , où l'Église à procédé à des « christianisations » autoritaires. Par la suite, les dieux perdent peu à peu leur statut pour céder la place à des divinités plus ou moins familières et inquiétantes, présidant aux activités agro-pastorales, protégeant et punissant les malfaiteurs. De là, les sylvains comme Tantugou en haut Comminges, le Silvan aragonais, et une infinie variété d'hommes sauvages, souvent couverts de poils, comme le Basajaun basque, pour finir par des géants faisant figure de croquemitainess, Bécut, Tartaro ou autres, avatars des cyclopes de l'Antiquité, d'abord effrayants, puis victimes de leur bêtise dans des contes populaires. L'actualité des temps leur trouve toujours une nouvelle jeunesse : des hommes sauvages sont appelés Iretges (hérétiques) en souvenir d'un temps où on pourchassait les déviants du christianisme, cathares ou autres. Les nains et lutins, comme les lamiñak du Pays basque, sont omniprésents.
Le christianisme apporte ses propres mythologies. De nombreuses légendes (Mulat-Barbe, Millaris, le Berger de Mille ans moins un jour, etc.) liées à l'apparition de la première neige, symbole d'un monde nouveau, sont rapportées à l'apparition du christianisme et à la fin de peuples anciens, détenteurs de savoirs perdus (les Jentils). Les saints protecteurs des activités agro-pastorales prennent la place des divinités. Les mégalithes, objets de cultes souvent ininterrompus jusqu'au , sont christianisés autoritairement par l'Église. Enfin, les apparitions de la Vierge Marie, nombreuses avant la plus célèbre, celle de Lourdes, sont une spécificité pyrénéenne. Beaucoup de ces apparitions se sont produites dans ou à proximité de grottes ayant connu un habitat préhistorique, et où étaient relatées des apparitions de damas blancas, dames blanches, c'est-à-dire des fées.
En dehors de quelques recueils isolés, d'abord sur le versant français, puis, de manière plus poussée, sur le versant espagnol, il y a eu peu d'études globales de la mythologie pyrénéenne jusqu'à Olivier de Marliave[Olivier de Marliave, Mythologie pyrénéenne, Toulouse, Esper, 1987].
Exploitation et économie de la zone massif
(étage alpin)
- le secteur primaire reste fort dans cette région peu propice à une grande urbanisation : on note une grande activité pastoraless en altitude, les estive couvrant ha., soit près d'un tiers de la surface du massif. Côté agriculture, le versant méditerranéen est propice à la culture de la vigne (massif des Corbières) ; les nombreux cours d'eau autorisent au niveau collinéen et dans les plaines l'irrigation de vergers et de champs agricoles. On note aussi la présence d'une filière bois.
- le secteur secondaire fut très développé durant le , avec des évolutions contrastées actuellement : l'industrie lourde tend à reculer tandis que les activités artisanales (avec plus de 334 activités différentes) se maintiennent, voire progressent.
- le secteur tertiaire est au contraire en fort développement dû à l'essor du tourisme et à une forte immigration sur les côtes. Le tourisme occupe une partie importante dans l'économie actuelle du massif, outre les stations de sports d'hiver, on note un nombre important de stations thermales et d'hôtelleries. La haute montagne attire les randonneurs pour ses paysages et son côté sauvage, tandis que le piémont est plus visité pour les lieux chargés d'histoire (chemins de Saint-Jacques de Compostelle, sentiers d'appelation cathare, ...)
Statistiques côté français de la répartition socio-professionnelle
[Source : INSEE 1999.] :
- Agriculteur - exploitant :
- Artisan, commerçant :
- Professions intermédiaires :
- Employé :
- Ouvrier :
- Cadres - professions intellectuelles :
Administration et aménagement du territoire
L'administration du territoire est bien sûr différente suivant les pays : côté français découpage en régions, départements, arrondissements et cantons ; côté espagnol découpage en communautés autonomes, provinces, comarques ; côté andorran, découpage en paroisses.
Côté français, l'espace pyrénéen est défini et délimité administrativement d'après la loi Montagne[Loi n° 85-30 du 9 janvier 1985 ]
Relative au développement et à la protection de la montagne. du 9 janvier 1985s, le massif pyrénéen est constitué par 'chaque zone de montagne et les zones qui lui sont immédiatement contiguës et qui forment avec elle une même entité géographique, économique et sociale' (Art.5L n°85-30). C'est une unité d'aménagement de l'espace et de programmation. L'aménagement du territoire y vise le regroupement économique de communes avec la création d'intercommunalité et de pays (voir l'article Pays des Pyrénées), et le désenclavement de la zone massif avec la construction de voie rapides ou d'autoroutes sur chaque versant ou transnationales (voir l'article frontière franco-espagnole). Le réseau routier comprend l'autoroute A64, dite la Pyrénéenne, qui compte 90 km dans la zone massif, 500 km de routes nationales et km. de routes départementales[Source : IGN GEOFLA 1999]; le réseau ferré quant à lui comprend 350 km dont un pôle d'échange transfrontalier à Enveitg (département des Pyrénées-Orientales) avec l'Espagne et l'Andorre. Les autoroutes A9 et AP-7 permettent de traverser les Pyrénées orientales, l'A63 et l'AP-8 les Pyrénées occidentales ; l'autoroute A66 permettra à terme de relier Toulouse et Foix à Barcelone en ligne directe en passant près d'Andorre.
Galerie
Image:Port del Comte-Estivella.JPG|Pistes de Port del Comte vues depuis Estivella (Solsonès, Catalogne)
Image:450px-CILINDRO.JPG|Cylindre du Marboré
Image:Pic de Bugatet.jpg|Pic de Bugatet
Image:Muntanya Pedraforca.jpg|Muntanya Pedraforca
Image:Peña Foratata y Sallén de Galligo.jpg|Peña Foratata
Image:Rio Ara Valle de Ordiso.jpg|Ara (rivière) dans la vallée d'Ordesa
Image:Cascada soaso.jpg|Cascade dans le Parc national d'Ordesa et du Mont-Perdu
Image:Lac gourgues sec bearn france.png|Lac gourgues
Image:Circo de Gavarnie.JPG|Cirque de Gavarnie
Image:Gavarnie-Hautes-Pyrenees.png|Cirque de Gavarnie
Image:Lilium pyrenaicum.jpg|Lis des Pyrénées
Image:Iris latifolia1.jpg|Iris des Pyrénées
Image:Marmotte alpes2.jpg|Marmotte
Image:Isard des pyrenees lavedan 2000.jpg|Isard
Image:Bartgeier 0505262.jpg|Gypaète
Image:Bigorre1.jpg|Piedmont pyrénéen
Image:Pic du Canigou 20050517.jpg|Pic du Canigou
Image:Pison.jpg|Mallos de Riglos
Image:Queribus.JPG|Château de Quéribus
Image:Harrespil Okabe.jpg|Cromlech au sud-est de Saint-Jean-Pied-de-Port
Annexes
Notes et références
Articles connexes
Liens externes
Recherche bibliographique
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