Étymologie
Le mot grec que traduisait république pour la plupart, est
politeia, qui veut dire, la marche des affaires publiques dans un
polis ou ville-état. Mais le mot « république » est d'origine romaine et est créé après l'expulsion de
Tarquin le Superbe et l'abolition de la
Monarchie romaine en
-509. Composé à partir de deux mots
latin : le nom féminin «
res », qui signifie la « chose », et l'adjectif «
publica », que l'on peut traduire par « publique », la
res publica, ou « chose publique », désigne dans un premier temps l'organisation publique de la
société (comme dans
La République de Platon). Mais la paternité du terme « République », au sens moderne, est souvent accordée à
Jean Bodin qui la définit dans
Les six livres de la République en
1576 comme un .
Dans son oeuvre Du contrat social, Jean-Jacques Rousseau définit la république comme
Évolution du sens
Trois textes classiques ont transmis les sens multiples de ces deux termes aux modernes :
La république (Politeia) de Platon,
Le politique (Politike) d'
Aristote, et
De la république (De re publica) de
Cicéron. Pour les médiévaux, le livre de Cicéron était reçu en forme de citations de
Augustin d'Hippone, la plupart dans
La Cité de Dieu (Civitas dei). Ils n'avaient Aristote qu'en latin, traduit de l'arabe, traduit du grec; et Platon qu'en fragments, les deux pleins de termes confusément définis. L'expérience historique des médiévaux était d'un Rome qu'on peut appeler post-républicain, un empire idéal, universel, et monarchique. Donc les
Jean de Salisbury, les Thomas d'Aquins ont eu une tendance à définir
res publica comme un état réglé, surtout monarchique. Ils écrivaient couramment, par exemple, de la
Res Publica Christiana sous la papauté. Dans une même optique, plusieurs
courtisan du écrivirent des poèmes où ils louaient la bonne gestion par
Louis XIV de la république.
Au contraire, dans les villes, émergeantes après le , on se souvenait mieux des formes de gouvernement de l'ancienne Res publica Romana, et là renaît, vers 1300, la définition de république comme un état sans roi, qu'il soit aristocratique ou démocratique. La culture classique étant généralisée dans la noblesse à l'époque, chaque lettré avait déjà entendu parler de la République romaine qui avait précédé la Rome des empereurs. Les grands voyageurs connaissaient aussi d'autres exemples comme la république helvétique ou la république de Genève. Dans tous ces régimes, c'étaient des électeurs qui désignaient chaque fois que nécessaire qui prendrait en lieu et place de tous, avec leur délégation, les décisions de la période à venir. Les érudits en histoire savaient que la dynastie des Capétiens était également à une époque arrivée au pouvoir par une élection.

Allégorie de la République à Paris (France)
Le sens médiéval survivait, notamment dans le livre de Jean Bodin, un soutien des politiques pendant les guerres civiles de calvinistes et catholiques, et des absolutistes plus tard; mais la définition urbaine et humaniste d'un état libre (free-state, stato libero), état populaire, ou état sans roi s'étant trouvé dans Bartolus de Saxoferrato (De regimine civitatis, Perugia, vers 1350), Coluccio Salutati (De tyranno, Florence, 1400) et Leonardo Bruni (Laudatio fiorentinae urbis, 1403-04), apparut chez Machiavel au milieu de son Discours sur Tite-Live'' (« Discours » no. 16-18, 1513?), gagna deux grands états, les États-Unis des Pays-Bas (1581) et le Commonwealth de l'Angleterre (1649), convainquit David Hume et Montesquieu vers 1750, révolutionna les États anglais de l'Amérique du Nord, et triompha partout dans l'Europe après 1792.
République et monarchie
Rien ne permet de dire qu'entre une monarchie et une république, l'une soit nécessairement plus démocratique que l'autre, l'élection ou non du chef de l'État ne présage en rien de la nature du régime. Une dictature peut être dénommée république avec un chef d'État « élu » d'un
parti unique, et une démocratie peut être dénommée monarchie, avec un chef d'État héréditaire. Lorsque le chef de l'État n'a pas pour fonction de gouverner mais d'arbitrer et d'être un garant pour l'ensemble de la nation, le principe héréditaire qui peut être approuvé par
référendum (comme en
Espagne) s'avère en fait plus démocratique, par sa capacité à donner au chef de l' État une indépendance totale à l'égard des partis politiques, au service de tous, et donc du bien commun (aussi nommé res-publica).
Les monarques règnent généralement à vie et sont remplacés à leur mort par un parent (on parle dans ce cas de monarchie héréditaire), soit déterminé par eux ou encore soit par des règles préétablies (on parle ici de d'une monarchie constitutionnelle). Beaucoup de monarchies constitutionnelles actuelles sont tout à fait démocratiques, comprenant un parlement élu par le peuple.
Les présidents de républiques, au contraire, sont généralement élus pour un mandat limité - de même que leurs successeurs. De nos jours, de nombreuses républiques non démocratiques se disent démocratiques, et nonobstant le contrôle des résultats électoraux maintiennent le rituel d'élire régulièrement leur chef d'État ; dans ces États, de nombreux chefs d'États abandonnent leurs fonctions (par démission ou retraite anticipée) ou y sont forcés (par des moyens constitutionnels) par d'autre membres de l'élite dominante. Il y a cependant des exceptions - chaque nouvel empereur du Saint Empire romain, par exemple, était élu par les principaux princes de l'Empire, bien qu'à travers les siècles la coutume évolua jusqu'à nommer à cette charge les membres successifs d'une même famille.
Histoire
L'histoire de la république remonte aussi loin que l'ancienne
Akkad. La république antique la mieux connue est la
République romaine, qui dura de
-509 à
-44. Dans la république romaine, les principes d'annualité (exercice du pouvoir pour un mandat d'une seule année) et de
collégialité (exercice du pouvoir par au moins deux hommes en même temps) étaient couramment observés.
À notre époque, le pouvoir exécutif s'incarne généralement dans une seule personne, le président ou un premier ministre, mais quelques exceptions sont constatables comme en Suisse, qui possède un conseil de sept membres à sa tête (appelé le Conseil fédéral) et Saint-Marin, où deux personnes se partagent le pouvoir. Dans ces derniers cas, l'exercice du pouvoir se fait de manière collégiale.
Les républiques soviétiques étaient des États membres qui devaient réunir trois critères pour être ainsi nommées :
- être à la périphérie de l'Union soviétique pour pouvoir profiter de leur droit théorique à faire sécession
- être économiquement capable d'assurer l'autarcie après la sécession
- être nommée d'après le groupe ethnique d'au moins un million de personnes qui constituera la majorité de ladite république.
Les
États des États-Unis se doivent d'être de forme républicaine (tout comme le gouvernement fédéral), le peuple étant le réel détenteur de l'autorité. Une condition requise pour des États qui sont censés créer et renforcer la plupart des lois domestiques, exception faite pour les zones déléguées au gouvernement fédéral. Les
pères fondateurs du pays attendaient une gestion par les États de la majorité des lois domestiques, même si avec le temps l'influence du gouvernement fédéral sur celles-ci s'est peu à peu renforcée. L'obligation d'une forme républicaine était également une façon de protéger les droits des citoyens et d'éviter qu'un État ne sombre dans la dictature ou dans la monarchie.
En France, la Première République fut proclamée en 1792. Aujourd'hui, C'est la Cinquième République qui régit les institutions françaises.
Exemples
Actuellement, les républiques sont très nombreuses au niveau mondial. Une forme de gouvernement républicaine peut être combinée avec de très nombreux systèmes économiques et démocratiques différents. Voici quelques exemples pour illustrer différents modèles républicains :
- la France (au même titre que la Russie et l'Ukraine) est une République gouvernée sous un régime semi-présidentiel, dans lequel l'étendue du pouvoir réel du président dépend de la majorité parlementaire. Si l'Assemblée Nationale est du même bord politique que le président, c'est ce dernier qui gouverne le pays (pouvoir exécutif) ; si ce n'est pas le cas, le président ne conserve que le pouvoir fédératif (politique étrangère et Défense) constitutionnellement attaché à sa fonction ;
- l'Italie (par exemple) est une République à régime parlementaire, dans lequel le Président n'est qu'un « symbole », ne dispose d'aucun pouvoir et ne gouverne pas (c'est le premier ministre qui est le chef de l'État) ;
- le Brésil, ainsi que de nombreux États d'Afrique, sont des républiques gouvernées sous un régime présidentiel, dans lequel le président (généralement élu) détient directement le pouvoir exécutif.
- la République Populaire de Chine est dirigée sous l'égide d'un parti unique : les pouvoirs législatif , exécutif et fédératif sont détenus par un parti unique, qui contrôle également (quoique indirectement) le pouvoir judiciaire.
A noter que :
- les États-Unis d'Amérique, bien que gouvernés suivant un régime de type présidentiel et dans le cadre d'un système démocratique, sont une confédération et non une république ;
- la forme constitutionnelle d'États parfaitement démocratiques comme le Canada et l'Australie n'est pas précisée, mais ils ne se revendiquent pas comme des républiques ;
Voici quelques républiques historiques :
Même si l'on considéra
Sparte comme une république, la
monarchie jouait un rôle dans son gouvernement ; et alors qu'on considère aujourd'hui
Athènes comme étant une république, elle était décrite dans les temps Classiques comme une démocratie. En Grec, la distinction entre
démocratie et république n'existe pas (le mot république étant, comme dit plus haut, d'origine romaine). Les anciens auteurs grecs décrivaient les régimes non-monarchiques comme oligarchiess ou
aristocratie (s’ils étaient dirigées par un groupe réduit de citoyens), tyrannies (dirigés par une personne qui s'était emparée du pouvoir par un coup d'État) ou
démocraties (si le droit de vote et celui d'être élu était donné à un grand nombre de citoyens, les classes les plus basses inclues).
Bibliographie
- Régis Debray, « La République expliquée à ma fille », Le Seuil, 1998
- Jean-Michel Ducomte, « La République », Les Essentiels Milan 2002;
- Serge Bernstein et Odile Rudelle (dir.), « Le modèle républicain », PUF 1992;
- Blandine Kriegel, « Philosophie de la République », Plon 1999;
- Claude Nicolet, « L'idée républicaine en France » Gallimard 1982;
- Hugue Jallon et Pierre Mounier, « Les enragés de la République », La Découverte 1999;
- L'idée de République et la jurisprudence du Conseil constitutionnel / Frédéric Monera - Paris : L.G.D.J., 2004
- La fin des rois: Histoire des républiques et des républicains / William R. Everdell - Paris : Éd. Publisud, 1987;
- La République / Platon
Voir aussi