La raison d'État est invoquée pour couvrir un acte commis par un État ou ses représentants, lequel est alors décrété secret d'État pour éviter une guerre, une révolution, une pandémie... Il s'agit d'un sacrifice pour éviter le pire : la raison d'État implique la réalisation d'une action contraire à certains intérêts ou idéaux de l'État, à ses alliés, à ses ressortissants, afin d'éviter un désastre plus grand encore envers ces derniers. Il est à noter que la raison d'État peut être employée à tort, par caprice parfois, pour éviter un simple inconfort.
Le droit international reconnaissant largement le principe d'intégrité territoriale de par le monde, ne reste donc que les services secrets sous couvert de cette raison d'État pour agir, ce qui implique la phrase récurrente : « si vous êtes pris, nous nierons toute implication ».
Exemple
Les critiques envers le silence du président russe Vladimir Poutine suite à la tragédie du sous-marin Koursk furent très virulentes. Seules des conjectures et des élucubrations, dont l'évocation est réprimée par le pouvoir, qualifient de fantasme l'idée que les Américains aient pu être en cause. Dans la mesure où une telle révélation par le pouvoir aurait provoqué une escalade des tensions pouvant déboucher sur un recours à la menace nucléaire entre les deux pays, on peut percevoir, dans le silence du Kremlin et sa volonté d'étouffement des médias par l'usure, une manifestation de la raison d'État. Exemple parmi tant d'autres, tout autant exempte de preuves que la raison d'État prime sur toute autre considération.