Histoire
« L' homme est la mesure de toute chose ». Ce sont avec ces mots, attribués au sophiste Protagoras, qu'est formulée la première philosophie relativiste.
Le gnostique Carpocrate et ses adeptes soutiennent par exemple que Bouddha, Moïse, Mani et Jésus avaient la même valeur sur le plan humain. [Madeleine Scopello, Églises et identités culturelles in Les premiers temps de l'Église, collectif Folio Histoire, Mesnil-sur-l'Estrée 2004, p. 565 ].
Les arguments relativistes
Un des arguments du relativisme est que nos propres biais cognitifs nous empêchent d’être objectifs, nos propres sens s’interposent entre nous et l’observé. De plus un biais de notation, à travers le langage utilisé, s’applique à ce que nous avons appris. Enfin, il nous reste un biais culturel partagé avec les autres observateurs de la même culture mais qui peut différer selon les cultures et nous ne pouvons pas espérer lui échapper complètement.
Les sceptiques affirment par contre que les certitudes subjectives et les objets concrets font partie de notre vie quotidienne et qu’il n’y a donc pas grande valeur à vouloir écarter des concepts comme l’objectivité et la vérité. Les objectivistes considèrent qu’il n’y a aucun moyen de prouver l’introduction de biais par nos sensations ; une telle preuve ne serait pas valide car les connaissances nécessaires à cette preuve ont été acquises via nos perceptions et dans un tel système philosophique les perceptions sont considérées valides axiomatiquement.
Les relativismes
Relativisme épistémologique
En épistémologie, le relativisme épistémologique, avant d’être revendiqué a été considéré comme une accusation, formulée en particulier contre Thomas Kuhn (défi relevé par Paul Feyerabend).
George Lakoff définit le relativisme dans son livre Metaphors We Live By (Les métaphores par lesquelles nous vivons), comme un rejet du subjectivisme et de l’objectivisme pour se concentrer sur les relations entre elles, c’est-à-dire comment nous mettons en relation notre expérience courante avec la précédente.
Cette attitude le rapproche de l’anti-réalisme de Pierre Duhem et de Henri Poincaré (cités par Alan Chalmers dans What is this thing called Science?) : la valeur d’une théorie scientifique est comparable à celle du catalogue d’une bibliothèque, c’est son utilité, et non pas le fait de savoir si elle est vraie ou fausse. Bruno Latour fait remarquer quant à lui, que le contraire du relativisme n’est pas l’universalisme, mais l’absolutisme.
Relativisme culturel
Le concept de relativisme culturel a de l’importance pour les philosophes, psychologues, sociologues et anthropologues. Les philosophes explorent comment la vérité de nos croyances dépendent ou non de, par exemple, notre langage, notre vision du monde, notre culture… ; le relativisme éthique en fournissant un exemple. De leur côté, les anthropologues essaient de décrire le comportement humain. Pour eux le relativisme se réfère à une méthodologie avec laquelle le chercheur tente de suspendre (ou de mettre entre parenthèses) son propre biais culturel pour comprendre les croyances et comportements dans leurs contextes locaux.
Relativisme moral
Le relativisme moral (ou éthique) est la position de pensée qui consiste à dire qu'il n'est pas possible d'ordonner les valeurs morales par l'utilisation de critères de classement. L'objectif du relativisme éthique est de justifier que puisqu'il n'est pas possible de trouver de critère satisfaisant, .
Des penseurs idéalistes, comme Kant, chercheront à démontrer l'unicité de 'la Morale' en laïcisant la morale chrétienne qui se veut unique et universelle.
Des penseurs matérialistes, comme Spinoza ou Nietzsche, conserveront la pluralité des morales humaines tout en tachant de trouver des critères permettant d'évaluer une valeur ('Quelle est la valeur d'une valeur morale ?'). La favorisation ou la nuisance de la vie est le critère le plus souvent rencontré chez les penseurs matérialistes.
Critiques du relativisme
Un argument commun contre le relativisme utilise un énoncé simplificateur du relativisme : « Tout est relatif » Cette proposition est soit relative soit absolue, ce qui dans les deux cas conduit à une contradiction. On contourne ce problème en énonçant une version plus faible du relativisme, par exemple « Tout est relatif à l’exception de cette affirmation », mais il conviendrait alors de justifier cette restriction qui, en fait, revient à affirmer un absolu (à savoir que « cette affirmation », elle, n'est pas relative). La seule stratégie possible du relativisme consiste à dire : « Il me semble, jusqu’à nouvel ordre, que tout est relatif ».
Voir aussi
Notes
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