Principes généraux
Dans les systèmes de retraite par répartition, les cotisations retraites sont prélevées sont les salaire, soit sur les salaires bruts, soit sur les salaires super-bruts.
En France, chaque caisse de retraite doit normalement être financièrement équilibrée. Toutefois, l’État peut abonder le régime ou opérer des transferts entre caisses pour tenir compte de situations particulières (diminution forte du nombre de cotisants (métiers de mineurs de houille, agriculteurs, etc.), ou pour favoriser certains travailleurs (régimes spéciaux de retraite).
L’âge de départ à la retraite, avec une « pension complète », est modifié pour tenir compte de situations particulières :
Historique
Originellement, la retraite faisait intervenir la solidarité familiale : les retraités qui ne pouvaient plus travailler étaient pris en charge par leur famille, dans la majorité des cas ses enfants.
La retraite, historiquement rare et courte, prend son essor en Europe au , comme une réponse de Bismarck à l'agitation sociale. Elle se généralise au avec l'allongement de l'espérance de vie.
Devenue une perspective très probable pour chaque individu, la retraite engendre des incertitudes du fait de son horizon inhabituellement lointain (plusieurs dizaines d'années).
L’augmentation de l’espérance de vie pose le problème du financement des retraites. Tous les pays augmentent l’âge des départs à la retraite, situé dans la majorité des pays européens à 65 ou 67 ans[Voir Tableau 6, page 145, « Les systèmes de retraite en Europe à l’épreuve des changements démographiques » ]
, INSEE, Les systèmes de retraite en Europe, 2004[« Tous les pays européens ont mis en oeuvre des réformes de leurs systèmes de retraite, afin de parvenir à garantir aux retraités de demain un remplacement convenable de leurs revenus d’activité dans des conditions d’équilibre financier des régimes de retraite publics comme privés. », « Les systèmes de retraite en Europe à l’épreuve des changements démographiques » ]
, INSEE, Les systèmes de retraite en Europe, 2004. Par ailleurs, l’entrée sur le marché du travail se fait plus tard, avec l’augmentation de la durée des études.
Différents systèmes de retraites
Plusieurs grands principes de fonctionnement, qui peuvent être combinés, existent.
Ils font intervenir des contraintes règlementaires (l’État impose le système de retraite) et des décisions personnels. Les individus, en fonction de leur préférence pour le présent, leur insouciance voire leur irresponsabilité, et par ailleurs la confiance qu’ils ont dans le fonctionnement du système et dans la gestion par les partenaires sociaux, peuvent agir sur :
- le choix de la répartition de la consommation au cours de la vie : constitution d’une épargne supplémentaire ;
- le choix de l’âge de départ en retraite.
La retraite par répartition
Les pensions de retraite sont financées par des cotisations basées sur les salaires de travailleurs actuels. L’appartenance à ce système est rendue obligatoire , il est géré par des caisses de retraite, dans le cadre de la sécurité sociale.
Les versements effectués par un travailleur au cours de sa vie ne sont donc pas directement liés aux montants de retraite qu’il recevra, même s’il accumule des « points de retraite ». Chaque actif prend en charge une quote-part des retraités du moment (et sera pris en charge lui-même par les cotisants futurs). Dans cette logique, le cotisant d'aujourd'hui n'a aucun droit réel. Le système s’équilibre par un système de clef de répartition complexe.
Dans le cadre des régimes de retraite par répartition, un débat porte sur l’injustice qui existerait entre les différentes générations : en Europe, les « baby boomers » ont payé de faibles cotisations sociales pour financer les pensions d’un petit nombre de retraités ; devenus « papy boomers », ils sont très nombreux[Voir Graphique 1, page 147, « Les systèmes de retraite en Europe à l’épreuve des changements démographiques » ]
, INSEE, Les systèmes de retraite en Europe, 2004 et font payer aux générations suivantes, moins nombreuses, des montants de cotisations très élevés. Ce système n'est donc pas exempt de défaut, en particulier, lorsque la répartition de la population par tranches d’âge n’est pas stable.
Le produit de certains impôts concoure également à leur financement, dans certains pays (France).
La gestion politique des intérêts contradictoires des pensionnés et des cotisants est compliquée. Il est plus facile d’augmenter les cotisations sociales employeurs, qui sont « invisibles » aux yeux des travailleurs mais qui réduisent pourtant à terme leurs salaires, que de prolonger les âges de départ en retraite, ce qui serait pourtant plus équitable[« Les interactions entre démographie, répartition et capitalisation ]
», Nicolas Marques, octobre 2000.
On parle de « solidarité intergénérationnelle », et de solidarité collective.
La retraite par capitalisation
Dans le système par capitalisation, une épargne est constituée progressivement au cours de la vie active, et elle permet le versement des pensions de retraite.
Pour éviter que certains actifs ne se constituent aucune épargne, un niveau minimal d’épargne retraite est rendu obligatoire dans la plupart des États. Pour éviter les comportements non optimaux des agents à rationalité limitée, cette épargne peut être fiscalement encouragée[« Influence de la fiscalité sur les comportements d'épargne » ]
, Diagnostics Prévisions et Analyses Économiques, DGTPE, déc. 2005.
Une partie des revenus du futur retraité est épargnée dans le but de constituer un capital pour le moment où il décidera de ne plus être actif. La forme de cette épargne peut prendre différentes formes :
Le mode gestion du patrimoine recherche une rentabilité de long terme, et peut donc se permettre de prendre des risques de court terme ; les placement les plus rentables, en
actions et en
obligations, sont privilégiés. À mesure que l’âge de retraite approche, les risques de moyen terme et de court terme doivent être réduits, et l’épargne est déplacée vers des placements plus sûrs, mais moins rentables.
Lorsque le travailleur prend sa retraite, deux principales possibilités sont offertes :
- le retraité reçoit les revenus de son capital, et rachète (désépargne) progressivement son capital pour faire face à ses besoins. Dans ce cas, si la mort intervient avant l'épuisement du capital, le capital restant sera reversé à ses héritiers. Dans le cas contraire, le retraité se retrouve sans ressource, et devra être secouru par la solidarité familiale ou pris en charge a minima par l’État ;
- le capital (ou une partie de ce capital) est transformé en rente viagère : un revenu fixe, indexé ou non sur l’inflation, est versé au retraité jusqu'à son décès. Ce mécanisme donne plus de sécurité au retraité, car il lui assure de bénéficier d’un revenu jusqu'à la fin de ses jours, quelque soit l’âge de ce décès. Dans ce cas, le capital utilisé pour mettre en place la rente viagère n’est pas reversé aux héritiers. Ce système de mutualisation des risques permet de faire face efficacement à l’incertitude sur l’espérance de vie.
Les différences entre les systèmes par capitalisation et par répartition
Le système de retraite par répartition a été mis en place en 1941 en France, et dans d’autres pays européens (Allemagne,...). Il fallait alors assurer la retraite des personnes dont l’épargne avait été réduite à néant par la guerre et par la forte inflation.
Ce système n’est pourtant généralement pas considéré comme optimal pour le niveau de vie de la population sur le long terme. Il est soumis aux aléas de la démographie, et il peut être injuste. Les défaillances des systèmes de retraite par répartition pousse à la mise en place de systèmes de retraite complémentaires. Par un système d'imposition et de taxation adéquat, la solidarité et la réduction des inégalité peuvent être assurées au sein d’un système par capitalisation, qui permettra par ailleurs un meilleur fonctionnement économique.
Un système par capitalisation permet d’augmenter la quantité d’épargne d’un pays, et donc de financer davantage d’investissement, ce qui augmente la productivité et donc les revenus totaux.
L’augmentation de l’épargne permet également aux entreprises nationales d’avoir une grande partie de leur capital boursier possédée par les nationaux. Or la répartition entre pays du capital des entreprises a une influence sur les choix de localisation des centres de production, et surtout du siège social. Par exemple, les fonds de pension américains, qui contribuent aux retraites des Américains, représentent maintenant près de 40 % du capital des entreprises du CAC 40. Il en résulte un déséquilibre entre l'Union européenne et les États-Unis, qui nourrit des inquiétudes sur la souveraineté des États européens.
Le cas particulier des systèmes octroyés
Dans ce genre de système, l'employeur finance par lui-même et grâce à l’ensemble des ses revenus, les retraites de ses anciens employés.
C’est le cas des pensions de retraite de la fonction publique française : l’État ne cotise pas pour les retraites des fonctionnaires ; il peut les financer au moyen de tous ses revenus (impôts, taxes,…). On considère qu’il n’y a pas de risque de financement pour l’État, et donc qu’il n’est pas nécessaire pour l’État de se constituer une épargne de précaution.
Les systèmes de retraite par pays
Les pays anglo-saxons privilégient en général les systèmes par capitalisation, par exemple les États-Unis. Aux États-Unis, une pension minimale financée par l’État est versée aux retraités à faibles revenus.
En France
Autres pays
La vie au cours de la retraite
Les retraités peuvent choisir de se déplacer vers des lieux géographiques au climat plus tempéré. Par exemple aux États-Unis, en Floride, et en France, sur la Côte d'Azur.
Une partie des retraités s’installent dans des maisons de retraite.
Notes et références
Sources
- « Les engagements implicites des systèmes de retraite »
, INSEE, L’Économie française, 2006
- « Les systèmes de retraite en Europe à l’épreuve des changements démographiques »
, INSEE, Les systèmes de retraite en Europe, 2004
- « Retraite par répartition ou par capitalisation : quelques enjeux économiques », Guy Laroque et Gabrielle Demange, 1998
- « Retraites : supprimer les régimes spéciaux... ou changer de système ? »
, Pascal Salin dans Les Échos, 12 octobre 2007
Bibliographie
- Henri Sterdyniak, Gaël Dupont, Quel avenir pour nos retraites?
Voir aussi
Liens externes