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Dernière modification: 2007-11-27
Catégorie: Film français Film sorti en 1996 César du meilleur film Prix Lumière Titre de film en R Film réalisé par Patrice Leconte

Ridicule

Ridicule est un film français de Patrice Leconte sorti en 1996, mais tourné en 1995.

1 Synopsis
2 Analyse
3 Fiche technique
4 Distribution
5 Récompenses
6 Voir aussi

Synopsis

Grégoire Ponceludon de Malavoy (Charles Berling), jeune aristocrate désargenté et candide vient à la cour de Louis XVI à Versailles afin d'obtenir des subventions pour assécher les marais de la Dombes. Il participe à cette vie où l'honneur et les mots d'esprit sont le centre d'une effervescence raffinée et décadente.

Au cours du film, le baron de Malavoy aura en effet l'occasion de faire de l'esprit avec une vivacité sans rivale. La plupart des gentilshommes de Province, comme lui soucieux de leurs terres, subissent (à la veille de la Révolution française) la lourdeur bureaucratique de l'État français, mais le marquis se fraie un chemin au sein de la Cour («arbre pourri») bon gré mal gré.

Le marquis de Bellegarde (Jean Rochefort) finit par lui prêter main forte, en lui donnant le gîte et en l'introduisant à la Cour où Grégoire fait mesure d'un talent que redoutent les courtisans déjà installés. En conséquence, des intrigues se nouent entre un favori éphémère du roi, l'abbé de Vilecourt (Bernard Giraudeau), la maîtresse du roi, Madame de Blayac (Fanny Ardant), Grégoire et la fille du marquis de Bellegarde, Mathilde (Judith Godrèche).

Grégoire essuie de nombreuses intrigues avant de pouvoir atteindre le Roi en séance privée. Alors que le rendez-vous était fixé, Grégoire tue au cours d'un duel un officier du Roi, puis refuse l'amour de Madame de Blayac ; le Roi refuse alors de le recevoir «pour le moment.»

Finalement, Grégoire, invité à une réception où on le fait trébucher au cours d'une danse de manière à le ridiculiser, quitte la Cour, après avoir prononcé une diatribe saignante où il dénonce l'absurdité du combat de courtisans : la quête effrénée au meilleur esprit y donne en effet à chaque antagoniste la force de plonger leurs opposants dans la misère la plus sombre.

Analyse

Le film Ridicule évoque les aventures d’un jeune aristocrate désargenté, Grégoire Ponceludon de Malavoy, qui cherche à assécher les marais de la Dombe, responsables de la reproduction de moustiques transmettant le paludisme aux habitants de sa région. De Malavoy décide, par conséquent, de se rendre à la cour du roi Louis XVI à Versailles afin d'expliquer son projet au souverain, en vue d’obtenir les moyens financiers nécessaires pour mener à bien son entreprise. Une fois sur place, il se rend compte que le plus grand obstacle auquel il est confronté est de pénétrer dans cet univers clos qu’est la cour. Comment y parvenir ? La recette est la suivante : avoir de l’esprit, avoir un protecteur, et ne pas hésiter à ridiculiser autrui. De Malavoy remplit ces trois conditions et finit, grâce à sa tenacité et surtout à son esprit, par devenir un courtisan reconnu au sein de la cour et par le roi.

Dans ce film, le réalisateur, Patrice Leconte, nous fait découvrir un monde impitoyable, un monde dans lequel la morale n’existe pas, un monde où seuls la flatterie, le paraitre, l’hypocrisie et l’individualisme sont de rigueur. A travers ce film, apparaît une étude sociologique du monde de la cour. On y apprend par exemple que, contrairement à l’opinion commune, les courtisans ne sont pas tous aussi fortunés. Certains sont même désargentés, à l'exemple du Baron de Guéret, qui finira par se suicider.

On y découvre aussi les passe-temps de la noblesse de cette époque, qui consistent à faire de l’oisiveté sa devise. Entre les jeux de cartes, les promenades, les bals, les repas et les intrigues amoureuses, les courtisans ne savent plus où donner de la tête.

« 'Ridicule » nous montre également que la tricherie, l’immoralité sont des pratiques non seulement communes à la cour, mais nécessaire pour devenir un proche du roi. Plus cruel encore est non seulement le mépris qu’ils ont les uns envers les autres (la toute première scène en est un exemple); mais le dégout de la cour envers les membres du Tiers Etat. La réplique de l’abbé de Villecourt en dit long sur le sentiment qui règne à la cour à l’égard du peuple, qui les fait vivre : « la seule évocation de leur problème évoque l’ennui ». Un tel commentaire dans la bouche d’un homme d’église, supposé symboliser la compassion, n’est-il pas contraire à la morale ? La morale est dans ce film remplacée par la méchanceté, symbolisée de nouveau par l’Abbé de Villecourt.

Leconte a su très bien dépeindre ce monde superficiel, où les alliances du moment présent peuvent être brisées dans les instants qui suivent par des trahisons ou des erreurs. Une minute, un courtisan peut être au sommet de l’Olympe, une seconde plus tard il peut se retrouver en enfer. La scène entre l’abbé, qui décide de démontrer l’existence de Dieu et son contraire, et le roi, en est une parfaite illustration.

A la fin de son film, Leconte dénonce de façon très virulente Versailles sous les traits de son héros de Malavoy. Ce dernier décide de quitter la cour, écoeuré par ce monde auquel il n'appartient pas, après avoir prononcé une diatribe dans laquelle il dénonce la bêtise des courtisans.

Patrice Leconte a très bien sur recréer le climat de cette époque. Même si cette intrigue se passe au XVIIIe siècle, les caractères des personnages décrits dans ce film ne sont malheureusement pas désuets. Tout le monde peut reconnaître dans son entourage des personnes qui agissent de la même manière, sans perruque ni titre de noblesse mais avec la même méchanceté, la même hypocrisie pour arriver à leurs fins.

Fiche technique

Distribution

Récompenses

Voir aussi


			
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