Le Bodhisattva
Comme Manjusri, il joue un rôle de premier plan dans le Soutra Avatamsaka, texte canonique de l'école Huayan. Samantabhadra et Manjusri y ont la préséance sur les autres bodhisattvas en tant que « fils du Bouddha » ; Samantabhadra est à sa droite et représente la vérité ou la loi (li 理), tandis que Manjusri à gauche représente la sagesse ou l’intelligence (zhi 智). Cette triade est connue sous le nom des « Trois saints de Huayan » (huayan sansheng 華嚴三聖). Dans l'école Huayan, le bouddha primordial est le dharmakāya Vairocana.Samantabhadra est également important pour les courants basés sur le Soutra du lotus, comme Tiantai, Tendai et Nichiren, qui en fait le « patron » du soutra.
Il est par ailleurs connu en Chine comme l’un des quatre grands bodhisattvas qui représentent les quatre conditions nécessaires pour devenir bodhisattva : la pratique (Samantabhadra), la sagesse (Manjusri), la compassion (Avalokiteshvara) et le vœu (Ksitigarbha). Le mont Emei lui est consacré. Son premier temple y fut construit après l’installation en 399 du moine Huichi (慧持) venu du mont Lu. L’empereur Taizong des Song y fit dresser une statue de bronze de Puxian. Il a également un rôle protecteur basé sur la promesse faite dans le Sūtra Shurangama de venir instantanément au secours de ceux qui l’appellent, quelle que soit la distance.
Une croyance populaire chinoise fait se réincarner Manjusri et Samantabhadra dans deux orphelins élevés dans un monastère, qui seraient devenus les célèbres moines et amis Hanshan (寒山) et Shide (拾得).
Dans l’iconographie, il est le plus souvent représenté montant un éléphant blanc à six défenses, symbole de fermeté, dont chaque pied repose sur un lotus ; il peut être opposé à Manjusri chevauchant un tigre bleu, symbole d’intelligence. On lui donne parfois une apparence féminine.
Les dix vœux de Samantabhadra
Selon le Soutra Avatamsaka, il a prononcé dix vœux, proposés aux fidèles comme voie de développement spirituel : (1) Rendre hommage à tous les bouddhas (2) Leur adresser des louanges (3) Ne pas être avare d’offrandes (4) Se repentir des fautes qui entrainent un mauvais karma (5) Se réjouir des mérites d’autrui (6) Requérir l’enseignement du bouddha (7) Prier le bouddha de rester dans ce monde (8) Suivre constamment ses enseignements (9) Vivre en bonne harmonie avec toutes les créatures (10) Etendre universellement le bénéfice des mérites. La tradition chinoise y a ajouté dix exercices de patienceLe Bouddha primordial
Dans les bouddhismes du Vajrayāna, dont le Shingon japonais et le bouddhisme tibétain Nyingmapa, Samantabhadra occupe la place centrale : il est lui-même Vairocana, le Bouddha primordial, c'est-à-dire qu'à l'origine il reconnût immédiatement sa propre nature dans les manifestations de rigpa, la créativité de l'essence primordiale. Il est alors représenté nu, de couleur bleue, sans parures, pour signifier la vacuité essentielle, exécutant le mudrā de méditation. On le voit souvent en yab-yum, c'est-à-dire enlaçant sa parèdre Samantabhadri, blanche. Les écoles tibétaines de la nouvelle traduction (Sarmapa), pricipalement Sakyapa, Kagyupa et Gelugpa, l'appelent Vajradhara, 'Détenteur du diamant-foudre'. Il est aussi bleu ou bleu-nuit, mais cette fois paré de plusieurs ornements, tenant le Vajra et la cloche symbolisant l'union des moyens habiles et de la sagesse de la vacuité. Il représente alors le bouddha primordial sous sa forme de Samboghakāya.Certaines écoles Yogaçara le considèrent comme l'inventeur du yoga en lieu et place de Vairocana. Il occupe un rôle central pour les pratiquants de la méditation extatique japonaise hokkesammai.

Le mandala de Samantabhadra
Notes
Voir aussi
