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Dernière modification: 2007-11-26
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Catégorie: Poème à forme fixe

Sonnet

Un sonnet (de l'italien sonetto, lui-même venant de l'ancien provençal sonet, — dont l'origine est le latin sonare, ) est une forme de poème comportant quatorze verss dont la répartition typographique peut varier — deux quatrain et deux tercets ou un seul sizain final par exemple — et dont le schéma des rimes varie également, soit librement soit en suivant des dispositions régulières. La longueur du vers n'est pas fixe.

D'ordinaire l'on distingue parmi les sonnets réguliers les , et ou . La régularité de la distribution des rimes suivant des formes codifiées n'est pas une condition nécessaire pour que l'on puisse parler de , mais l'est évidemment pour parler de .

1 Sonnet français
2 Sonnet italien
3 Postérité, permanence et métamorphoses du sonnet
4 Bibliographie
5 Lien externe

Sonnet français

Le sonnet français est un poème comportant quatorze vers, répartis normalement en deux quatrainss suivis d'un sizain (souvent considéré comme la suite de deux tercet).
Pétrarque par Andrea di Bartolo di Bargilla

Pétrarque par Andrea di Bartolo di Bargilla

Les deux quatrains présentent le plus souvent, dans la « norme » française, la même disposition des rimes, soit croisées (ABAB), soit embrassées (ABBA) soit plates (AABB) (cependant les deux quatrains peuvent être sur deux schémas de rimes différents). En outre, aux époques anciennes ( au ), une alternance de rimes masculines et féminines devait être respectée.

Le sizain doit respecter à son tour certaines normes sur la succession de ses rimes : CCDEDE. Le sonnet de type italien se termine lui selon le modèle CCDEED.

Cette forme poétique dans sa forme originelle est apparue en Italie au à la cour de Frédéric II de Hohenstaufen (elle dérive d'une poésie populaire faite pour être chantée) et a acquis ses lettres de noblesse au , après quelques modifications au niveau des rimes par exemple, en particulier grâce à Pétrarque dont les sonnets dédiés à Laure demeurent parmi des modèles du genre Canzoniere. Elle a ensuite été très utilisée en Europe, d'abord dans les pays latins (Italie, péninsule ibérique) puis en France lors de la , aux et s, tout particulièrement chez les poètes de La Pléiade (Pierre de Ronsard et Joachim du Bellay), mais aussi chez Louise Labé (Clément Marot en avait composé quelques-uns). La norme pétrarquienne a subi alors de sensibles aménagements, surtout lorsque le sonnet fut importé en Angleterre par Shakespeare. Le sonnet français connut une grande vogue dans la première moitié du siècle, la rigueur de sa forme lui conférant un caractère noble, avant d'être délaissé au . Au , il fut exploité à nouveau par les poètes, d'abord par les romantiques anglais (Wordsworth) puis allemands et slaves (Pouchkine), avant d'être réintroduit en France par les Parnassiens (Théophile Gautier) et les symbolistes (Paul Verlaine, Charles Baudelaire). Au fil des siècles, détourner la forme contraignante du sonnet est devenu un jeu : nombre des poètes modernes s'y sont adonnés.

Sonnet italien

Un sonnet de Pétrarque, aussi appelé sonnet italien, est un sonnet comprenant un huitain, suivi d’un sixain (peut s'écrire sizain). Le huitain est composé de deux quatrains suivant la forme ABBA. Le sizain, pour sa part, est composé de deux tercets, suivant la forme CCD EED (en réalité toutes les possibilités offertes par les trois rimes CDE, comme il apparaît dans le sonnet du Pétrarque donné en exemple, qui présente la forme CDE CDE). Le sonnet de Pétrarque comporte une Volta, ou charnière qui consiste en un changement majeur du sujet, du point de vue ou d’un autre aspect important du sonnet entre le huitain et le sixain. Le plus souvent, le poète identifie une problématique dans la première moitié du poème, la seconde lui permettant de présenter, grâce à la ‘’Volta’’, une réflexion personnelle à propos du problème susmentionné.

Exemple de sonnet italien

Canzone 1 tiré du Canzoniere de Pétrarque

Voi ch'ascoltate in rime sparse il suono

di quei sospiri ond'io nudriva 'l core

in sul mio primo giovenile errore

quand'era in parte altr'uom da quel ch'i' sono,

del vario stile in ch'io piango et ragiono

fra le vane speranze e 'l van dolore,

ove sia chi per prova intenda amore,

spero trovar pietà, nonché perdono.

Ma ben veggio or sí come al popol tutto

favola fui gran tempo, onde sovente

di me mesdesmo meco mi vergogno;

et del mio vaneggiar vergogna è 'l frutto,

e 'l pentersi, e 'l conoscer chiaramente

che quanto piace al mondo è breve sogno.

Postérité, permanence et métamorphoses du sonnet

Les contraintes étant posées pour être autant bafouées ou contournées que respectées, de nombreux poètes ont inventé des formes spécifiques de sonnets qui se détournaient du modèle pétrarquiste. Par exemple, les poètes élisabéthains (à commencer par le Comte de Surrey, inventeur de cette variante popularisée par Shakespeare, auteur d'une des séquences de sonnets les plus célèbres de la littérature européenne) ont importé le modèle élaboré par Pétrarque et les Italiens en l'assouplissant. Ainsi, dans un sonnet anglais classique, la structure huitain/sizain est remplacée par une succession de trois quatrains de rimes croisées, suivis d'un distique ou rhyming couplet (ABAB CDCD EFEF GG). Cette structure offre l'avantage de dépasser le dualisme de la forme italienne, mais aussi d'une chute qui permet de très nombreux jeux verbaux, allitérations et polysémies. Plus près de nous, les poètes symbolistes français, en particulier Albert Samain, ont élaboré un sonnet pourvu d'un quinzième vers. L'OULIPO a exploité de nombreuses possibilités, dont les plus audacieuses sont certainement les Cent mille milliards de poèmes de Raymond Queneau et la composition de sonnets en prose par Jacques Roubaud, mais aussi le , appelé ainsi car il couple le nombre de vers du sonnet (14) et le nombre irrationnel le plus célèbre, Pi: ainsi les vers sont-ils répartis selon les cinq premiers chiffres de Pi, en strophes de 3, 1, 4, 1 et enfin 5 vers.

Bibliographie

  • Numéro spécial de la revue In’hui (revue publiée à Bruxelles et Paris, par Le Cri et Jacques Darras; ISBN: 2-87106-221-8) [Actes du colloque Les métamorphoses du sonnet, organisé à l’Université d’Amiens par le centre P.P.A.C.I. le 19 juin 1998], n°52-53 (1999), voir, en particulier, sur l'origine du sonnet: Michel Paoli, Essence et cadence du sonnet italien des premiers siècles, pp. 13-33.

Lien externe

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