Étymologie
L'origine de ce nom est inconnu. Certains pensent qu'il provient d'un mot arabe qui signifie « abandonnés », d'autres qu'il dérive du nom d'une région libyenne, appelée encore à ce jour Targa (« rigole » ou « vallée »). C'est la région de Oubari, dans le Fezzan. La dénomination d'origine Aw-Targa (fils de Targa) en berbère atargi, à l'origine du nom pour certains, tandis que d'autre retiennent que depuis le milieu du , les chroniqueurs médiévaux arabes les appelaient tawwareq. À l'époque coloniale, les Français ont utilisé et popularisé le mot Touareg comme le pluriel de Targui en français (féminin Targuia, pluriel Twareg). Cette distinction est progressivement à tort abandonnée, et l'on accorde de plus en plus le mot comme en français (un Touareg, une guitare touarègue, etc...). Les Touareg préfèrent d'ailleurs se désigner eux-mêmes par « Imajaghan » ou Imuhagh (noble et libre) ou par « Kel Tamajaq » (les gens de Tamajaq).
Pays
Divisés en plusieurs confédérations et tribus, un million et demi de Touareg vivent sur 5 pays du continent africain (barrières pour un peuple sans frontière). À l'intérieur de ce territoire, les Kel Tamasheq se sont longtemps joués des limites des états. Ceux-ci ont pourtant réussi à leur inculquer les normes de la douane et des passeports.
Ce territoire, appelé tinariwen (les déserts), est comme son nom l'indique découpé en plusieurs terres. De ces nombreux déserts, il y a le désert proprement dit : le Ténéré. Les autres terres sont plus ou moins arides, plates et montagneuses, parmi lesquels on peut citer celles qui font l'objet d'un article Wikipédia : Adrar, Azawagh, Hoggar, Tadmait, Tanezruft, Tassili N'Ajjer ou encore Tibesti.
Des villes et villages touareg font l'objet d'un article Wikipédia. Elles sont listées ci-dessous, avec en italique la transcription de l'équivalent en berbère :
Vie sociale
La société touareg était très hiérarchisée, on peut rapidement classer les individus dans les catégories suivantes :
- Imajaghan : tribus nobles ;
- Imrad : tribus vassales ;
- Ineslemen : tribus maraboutiques (au singulier ineslem signifie « musulman ») ;
- Inaden : forgerons noirs ;
- Irawellan : anciens captifs touaregs ;
- Iklan : esclaves noirs (au singulier akli signifie « noir ») ;
- Bellas : esclaves libérés de langue Songhaï ;
- Toubous : esclaves libérés de langue haoussa.
Les Touareg sont
monogames, même si sous l'influence de l'Islams quelques individus prennent plusieurs femmes. Le futur marié doit apporter une dot composée de
dromadaire (appelés « chameaux » au Sahara) et de bœufs à la famille de la mariée. La tente et son ameublement est fournie au couple par la famille de la mariée, cette dernière en gardera la propriété en cas de divorce, laissant son ex-mari sans toit. Les mariés appartiennent presque toujours à la même caste.
Les Touareg portent traditionnellement une sorte de long vêtement souvent nommé « boubou » (en étoffe de coton nommé « bazin »), et un chèche appelé aussi taguelmoust (tagelmust en berbère), ou encore « turban ». Le chèche est une sorte de turban d'environ 4-5 mètres de long qui s'enroule sur la tête pour se protéger du soleil, du vent, de la pluie, du sable, du froid...
Traditionnellement, l'homme ne quitte jamais son turban. Il peut être de différentes couleurs, telles que rouge, jaune, vert, mais deux couleurs ont une signification spéciale. Le blanc est porté pour montrer un signe de respect, un jour particulier. Le chèche indigo est fait à partir de lin, souvent avec un tissage complexe. Il est porté les jours de fête (et les jours de froid car il est plus chaud que le chèche en coton). Sa teinture tend à déteindre sur la peau, donnant au targui le surnom d’homme bleu.
Culture
L'origine exacte des Touareg reste inconnue ; ils sont vraisemblablement descendants des tribus Zenata et Lemta de la confédération berbère sanhadja[Imago Mundi, le Soudan occidental et central, lire en ligne ]
. Il est certain qu'ils sont de culture berbère, l'usage du même alphabet le tifinagh et de la même base linguistique le tamasheq sont là pour l'attester.
Le cérémonial du thé est une manière de montrer l'hospitalité, et un prétexte pour discuter avec le visiteur de passage. Le thé a été introduit au début du au travers de l'influence arabo-musulmane. Il n'est pas très poli de refuser un thé ou de ne pas boire les trois thés. En effet les mêmes feuilles de thé vert sont utilisées pour confectionner trois services à la suite. Cependant, l'adage Le premier thé est amer comme la vie, le second est fort comme l'amour et le dernier est doux comme la mort est à attribuer au peuple Sahraoui, résidant dans tout l'Ouest du Sahara.
Chaque année, en janvier, a lieu le festival du désert à Essakane, près de Tombouctou au Mali, ainsi que celui d'Essouk, prés de Kidal. Plusieurs autres festivals ont lieu à travers le pays Touareg, manifestations qui offrent une vraie occasion pour découvrir la culture touarègue: la cure salée à In-Gall, près d'Agadez. Les fêtes traditionnelles de Gani et Bianou à Agadez.
Depuis les années 1990 la musique touarègue s'est enrichie d'un nouveau courant : le blues touareg avec notamment le groupe Tinariwen.
Les festivals de tourisme de Ghat et Ghadames en Libye. La fête de Sabiba à Djanet en Algérie.
Voir aussi: Tanit
Histoire
Jusqu'aux années 1900, le monde touarègue était organisé en confédérations ayant chacune sont propre ettabel (tambour) symbole de la chefferie et un Amenokal (pluriel Imenokalan), chef traditionnel élu par les sages à l'issu des palabres.
Les principaux groupes confédérés sont :
- Kel Ajjer dans la région du Tassili N'Ajjer, entre Ghat et Djanet ;
- Kel Ahaggar, dans les montagnes du Ahaggar ;
- Kel Adagh dans l'adrar des Ifoghas au nord du Mali ;
- Kel Antessar dans la région de Tin Bektu (Tombouctou) ;
- Ioullemiden Kel Ataram (ceux de l'ouest) avec pour centre Ménaka ;
- Ioullemiden Kel Denneg (ceux de l'est, appelés aussi Targeigareit (le centre). Le fief des Kel Denneg se trouve dans la région de Azawagh, vers Tchin-Tabaraden, Tahoua et Abalagh ;
- Kel Gress, dans le Damergou (Tanut) ;
- Kel Aïr, dans les montagnes de l'Aïr, dont les grandes villes sont Agadez, Timia, et Iférouane.
Quelques Imenokalan touareg :
- Tin Hinan, ou Tamenokalt, matriarche et reine de Ahaggar ;
- Karidanna, premier amenokal et fondateur de la fédération des Ioullemiden ;
- Ibrahim ag Abakkada, chef des Azjer ;
- Moussa ag Amastan, amenokal d'Ahaggar ;
- Makhammad ag Katamay, chef des Iwillimidan Kel Denneg ;
- Abdurrakhman Tagama, sultan d'Agadez ;
- Al Khorer, résistant, chef des Ioullemiden Kel Denneg ;
- Fihrun ag Amansar, résistant, chef des Ioullemiden Kel Ataram ;
- Amud, chef des Kel Ajjer ;
- Mohamed Ali ag Attaher, amenokal des Kel Ansar, décédé en exil au Maroc en 1994 ;
- Mohamed Elmehdi ag Attaher, actuel Amenokal des Kel Ansar.
Tribus touareg :
- Ait Awari
- Awraghan
- Alwalitan
- Ashsharifan
- Dabbakar
- Itaguane
- Daw Sahak
- Idnan
- Ifughas
- Iherherane
- Igdalan
- Igoran
- Ihaggaran
- Ijawanjawatan
- Imanghasatan
- Imannan
- Imaqqarghasan
- Ikanawan
- Irawalan
- Ishadanharan
- Izawitan
- Illisawan
- Kel Aghlal
- Kel Assuk
- Kel Away
- Kel Faday
- Kel Ferwan
- Kel Ghala
- Kel Ansar
- Kel Nan
- Kel Tadaley
- Kel Tafidat
- Kel Takriza
- Kel Tin Alkum
- Kel Ghat
- Taitoq
- Teggermet
- Tellem Edes
- Udalan
Personnalités touareg
- Mohamed Almokhtar ag Hawad, marabout des kel Ansar ;
- Aligurran ou Anigourran, sage et héros des légendes anciennes ;
- Afellan, guerrier libre, cavalier et célèbre poète ;
- Kaocen, chef de la résistance contre la colonisation française en 1916 ;
- Alla ag Albachir, résistant de l'Adrar des Ifoghas des années 1960 ;
- Hadj Moussa Hakhamoukh, militant du FLN pendant la guerre d'indépendance d'Algérie ;
- Alladi ag Alla, résistant ;
- Mohamed Moussa, ingénieur de l'aviation civile, il a été syndicaliste et très actif lors de la conférence nationale souveraine du Niger tenue en 1992. il participa au gouvernement de transition comme ministre de l'intérieur et ministre des transports en 1992 et 1993 ;
- Mano Dayak, leader de la résistance des années 1990, dans l'Ayr ;
- Keddou ag Ossad, chanteur et guitariste ;
- Abdallah ag Oumbadougou, chanteur et guitariste de la résistance.
- Rhissa ag Boula, chef de la principale rébellion armée du Niger des années 1990, il signa en avril 1994 des accords de paix qui permirent la fin de la rébellion, le retour de la paix au Niger. Il participa à plusieurs gouvernements dont ceux du président Ibrahim Mainassara baré, Daouda Malam Waké et Hama Amadou sous la présidence de Tandja Mamadou.
Voir aussi
Liens externes
Bibliographie
- Hélène Claudot-Hawad, Touaregs. Apprivoiser le désert, Paris : Gallimard, 2002. (Collection Découvertes Gallimard ; Cultures et société ; n° 418).
- Dominique Casajus, Gens de parole. Langage, poésie et politique en pays touareg, Paris : La Découverte, 2000.
- Henri Duveyrier, L'exploration du Sahara. Les Touaregs du Nord. Paris 1864.
- Paul Pandolfi, Les Touaregs de l'Ahaggar. Sahara algérien, Paris : Karthala, 1998.
- Bibliographie exhaustive en ligne sur Temoust, par Anne St Girons http://www.temoust.org/spip.php?rubrique9