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Dernière modification: 2007-12-03
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Catégorie: Transvaal Ancien pays d'Afrique Province d'Afrique du Sud (1910-1994) République boer

Transvaal

annexion britannique
| evt2 date=1877-1883 | evt3=Rébellion boer | evt3 date=1881 | evt4=2e annexion britannique | evt4 date=1900 | evt5=Dissolution | evt5 date=1910 | p1=? | s1=Union de l'Afrique du sud | capitale=Pretoria | langues=Afrikaans }} Le Transvaal est une ancienne république boer du située au nord-est de l'Afrique du Sud et une des quatre provinces sud-africaines entre 1910 et 1994.

Le Transvaal est dorénavant une région désignant 4 provinces mais également une circonscription judiciaire supérieure.

1 Géographie
2 Histoire du Transvaal
3 Présidents du Transvaal (Zuid-Afrikaansche Republiek)
4 Emblèmes du Transvaal (ZAR)
5 Notes et références
6 Voir aussi
7 Bibliographie

Géographie

La superficie du Transvaal est de 262.499 km² et sa population en 1994 était environ de 11 millions d'habitants.

La capitale était Prétoria, également capitale de l'Afrique du Sud.

Ses principales villes sont Johannesburg, Pietersburg, Nelspruit, Krugersdorp, Louis-Trichardt

L'économie du Transvaal repose sur l'activité minière avec l'or, le charbon et le platine (aujourd'hui principalement au Gauteng) mais aussi sur l'agriculture (principalement dans le Mpumalanga et le Limpopo).

Histoire du Transvaal

Blyde River Canyon dans le Transvaal

Blyde River Canyon dans le Transvaal

Pendant une dizaine de milliers d'années, la région du futur Transvaal fut habitée par les ancêtres des Khoïkhoïs. À partir du , la région fut envahie par des peuples bantous venus d'Afrique centrale qui allaient s'y établir ou poursuivre leur route jusqu'aux côtes de l’océan Indien dans les futurs Transkei et KwaZulu-Natal.

Au début du , la région est ainsi le lieu d'habitation de quelques dizaines de milliers de personnes répartis en tribus, villages tels Dithakong et chefferies.

En 1817, la région est envahie par les troupes du chef ndebele Mzilikazi, lui-même poursuivi par des hordes de guerriers du roi Shaka. Les peuples de la région, obligés de prendre partie, sont alors l'objet de raids, de déportations et de massacres de la part de l'un et l'autre des belligérants. Enfin, la famine qui résulte de ces assauts termine de mettre les économies et systèmes politiques locaux en déroute. Les villages sont abandonnés par leurs habitants qui émigrent vers d'autres régions à l'est et au nord, loin de leurs lieux de vie traditionnels. C'est le mfecane ou grand dérangement. Ceux qui restent sont affaiblis et à la merci des envahisseurs ou de despotes locaux.

La région commence à faire l'objet à la même époque de l'intérêt d'explorateurs boers ou britanniques venus de la colonie du Cap.

De 1827 à 1836, le sud-ouest de la future région du Transvaal est dominé par les troupes de Mzilikazi. En 1829, le missionnaire Robert Moffat est admis à la cour de Mzilikazi alors que les premières relations commerciales se nouent entre les explorateurs blancs et les tribus locales.

À partir de 1830, les explorations s'intensifient. En 1835, plusieurs milliers de boers quittent la colonie du Cap à bord de leurs chars à bœufs en quête d'une terre promise où fonder une république indépendante de tout pouvoir colonial. C'est le Grand Trek.

Si certains continuent vers l'océan Indien, plusieurs de ces voortrekkers traversent le fleuve Vaal, s'établissent et s'organisent en petite localités indépendantes sans trop de difficultés. Quand les régions qu'ils traversent sont habitées, ils n'ont que peu de problème à faire valoir leur supériorité militaire mais la plupart du temps, ils s'établissent avec l’accord des chefs locaux qui espèrent ainsi être protégés des raids de tribus hostiles, voire s'établissent dans des régions a priori inhabitées ou abandonnées lors du mfecane.

En octobre 1836, le groupe de voortrekkers commandés par Hendrik Potgieter, est attaqué par 5000 guerriers ndébélés. C'est pourtant l'un de ces chefs sotho-tswana, le chef Moroko, qui accorde finalement nourriture et protection au groupe de Potgieter à Thaba Nchu. En janvier 1837, les boers et les ndébélés du chef Moroko s'allient et organisent un commando sous le commandement de Potgieter et Gert Maritz pour renverser Mzilikazi. Celui-ci est vaincu et en 1838, franchit le fleuve Limpopo pour s'établir dans la région du futur Matabeleland.

Profitant de la fuite de Mzilikazi, Potgieter revendique pour les boers les territoires libérés de son emprise, négligeant ses alliés Sotho-Tswana. Mais la fuite de Mzilikazi encourage de nombreux tswanas et sothos à revenir dans les régions qu'ils avaient fui où ils se retrouvèrent face à de nombreux fermiers boers qui avaient répondu à l'appel de Potgieter de venir s'établir au Transvaal.

En novembre 1838, Potgieter fonde Potchefstroom, la première ville boer du Transvaal. Un gouvernement sommaire est organisé et en 1840 entre dans une confédération au côté de la république de Natalia et de la république de Winburg.

En 1842, la confédération se désagrège après le refus de Potgieter de venir en aide aux Boers de Natalia en conflit avec les Britanniques. En 1845, de nombreux boers émigrent vers la baie de Delagoa pour s'affranchir de toute dépendance britannique alors que d'autres partent plus au nord dans la région de Zoutpansberg. La ville de Lydenburg est ainsi fondée par Potgieter alors que le sud du Transvaal connaît l'affluence de nouveaux immigrants boers conduits par Andries Pretorius depuis le Natal.

Fondation de la république

Andries Pretorius

Andries Pretorius

Le 17 janvier 1852, le traité de Sand River est signé entre les représentants des Boers du nord du fleuve Vaal et les Britanniques. Cette convention reconnait l'indépendance du Transvaal (territoires situés au delà du Vaal) alors habité par 5 000 familles boers (soit une population totale de 40 000 personnes) et elle proscrit le rétablissement de l'esclavage ainsi que la vente d'armes aux tribus indigènes François-Xavier Fauvelle-Aymar, Histoire de l'Afrique du Sud, Seuil, 2006, p 259 . Mais le Transvaal ne constitue pas alors un état territorialement constitué et uni bien qu'il revendique un territoire s'étendant du fleuve Vaal au fleuve Limpopo. Il existe alors pas moins de trois républiques boers au nord du Vaal alors que l'État libre d'Orange fait l'objet d'une convention similaire d'indépendance.

Pretorius avait en fait mené les négociations avec les Britanniques sans le moindre mandat du Volksraad, le parlement boer. Les partisans de Potgieter accusèrent Pretorius d'usurpation du pouvoir et de forfaiture.

Le 16 mars 1852, le volksraad ratifie néanmoins à Rustenburg la convention de Sand River après la réconciliation de Potgieter et Pretorius. La capitale du Transvaal est alors fixée à Potchefstroom.

Potgieter meurt à la fin de l'année 1852 suivi par Pretorius en juillet 1853, laissant les Boers provisoirement sans chef charismatique.

Le successeur désigné pour succéder à Andries Pretorius fut son propre fils, Marthinus Wessel Pretorius, apprécié pour avoir mis fin aux disputes sur le caractère religieux ou laic que devait prendre le gouvernement du Transvaal. En 1855, il fonde Pretoria, qu'il baptise en l'honneur de son père, et dont il souhaite lui faire tenir le rôle de capitale sud-africaine.

En 1856, Pretorius fait campagne auprès de ses concitoyens pour les convaincre de constituer un gouvernement central à l'exécutif renforcé au lieu de petits gouvernements autonomes de districts, sourcilleux de leur autonomie. Il parvint ainsi à organiser la réunion d'une assemblée constituante.

En décembre 1856, après trois semaines de débat, les élus de l'assemblée du Transvaal, votent la loi fondamentale établissant la république d'Afrique du Sud ('Zuid-Afrikaansche Republiek' - ZAR).

Une république pastorale et agricole

Faiblement peuplés, le Transvaal et l'État libre d'Orange sont des sortes de patriarcats pastoraux, aux infrastructures des plus sommaires. La ZAR est constituée essentiellement de fermes disséminées sur des milliers de kilomètres.

Si la constitution du Transvaal (le Grondwet) est très égalitaire dans la définition des droits du citoyen, le droit de votes est cependant réservé aux seuls boers (Burghers et fils de burghers) présents sur le territoire avant la convention de Sand River. Elle proclame d'ailleurs l'inégalité des blancs et des gens de couleurs que ce soit dans l’État ou dans l’Église (article 9). Néanmoins, suite aux traité signés par les boers et les chefs indigènes, le droit de propriété foncier est déclaré inaliénable dans les 8 territoires tribaux reconnus au sein de la ZAR.

Les membres de l'assemblée du Transvaal (ou volksraad) étaient élus pour deux ans. L'autorité administrative était représentée par un président assisté d'un conseil exécutif. La constitution disposait que tous les membres de l'assemblée et du conseil devaient être membres de l'église réformée hollandaise de sang européen. La constitution affirmait ainsi le caractère boer de la république. Si elle excluait de la citoyenneté les noirs, les métis et les asiatiques, elle restreignait les droits des Boers arrivés de fraiche date sur le territoire et excluait des fonctions électives tout blanc naturalisé qui ne soit pas calviniste. La restriction spatio-temporelle de la citoyenneté avait été imposée par les représentants du district de Lydenburg. Bien que cette restriction soit assouplie par la suite vis-à-vis des Boers, les uilanders (étrangers) anglophones de Johannesburg la contesteront vigoureusement dans les années 1890, et sera l'une des causes du raid Jameson et de la guerre des Boers.

Néanmoins, les districts de Lydenburg et de Zoutpansberg refusèrent de ratifier la nouvelle constitution et en 1857, faisaient sécession de la ZAR, présidée par Marthinus Wessel Pretorius depuis le 6 janvier 1857.

En 1860, les deux districts et celui d'Utrecht sont finalement incorporés à la ZAR et Pretoria, reconnue comme capitale de la république sud-africaine alors que Pretorius tente d'unir la ZAR à l'État libre d'Orange.

Les tentatives d'unification avec l'Orange

Les relations avec les tribus indigènes

Au sein de la ZAR, les relations avec les huit territoires tribaux étaient peu conflictuelles ce qui n'étaient pas le cas des relations des Boers avec les tribus Sothos. À partir de 1866, les kommandos du Transvaal prêtent main forte aux boers de l'Orange en guerre ouverte avec le Basutholand.

Quant aux relations quotidiennes entre boers et noirs, elles ne sont régies dans un premier temps par aucune loi hormis les restrictions imposées par loi fondamentale. Ainsi « aucun indigène n'est autorisé à s'établir près des agglomérations, au détriment des habitants, sans une permission expresse de l'Assemblée'. 'Tout indigène doit être porteur d'un laissez-passer remis par son maitre, par un missionnaire, par un chef de tribu ou par un landrost (maire) » dans le but de protéger les travailleurs permanents contre les vagabonds. La loi distingue imperceptiblement les descendants des noirs venus du Cap avec les Voortrekkers de ceux qui vivent dans les territoires tribaux et auxquelles ces dispositions sont principalement destinées.

En 1866, la législation boer est modifiée P. Videcoq, 'Aspects de la politique indigène des Boers du Nord du Vaal de 1838 à 1877', in Revue française d'histoire d'outre-mer, n°239, 1978. Alors que l'ancienne législation avait été rédigée pour décourager le travail des noirs dans les territoires blancs en faisant obligation aux populations noires venus s'établir hors des territoires tribaux de travailler sur les fermes pour au moins une année dont six mois à titre gratuit, la nouvelle législation imposait dorénavant un salaire raisonnable dès la première heure de travail.

L'annexion du Transvaal (1877-1881)

En 1877, le Transvaal est en situation de banqueroutes et est menacé par une offensive imminente des armées zoulou en provenance du Natal.

Lord Carnavon, le ministre des colonies britanniques, un partisan de la création d'une fédération d'Afrique du Sud, pense alors que les habitants du Transvaal ne pourraient que se réjouir d'une annexion par l'Angleterre. Le 4 janvier 1877, sir Theophilus Shepstone pénètre dans la république boer avec 25 hommes de la police montée du Natal. Il se rend alors sans résistance jusqu'à Pretoria où il se concerte avec les autorités autour de bouteilles de sherry et de champagne. Les discussions aboutissent à l'annexion du Transvaal par l'Empire Britannique le 12 avril 1877. Le vice-président de la république, Paul Kruger, est alors l'un des rares dirigeants boers à s'y opposer. Par deux fois, il se rend à Londres pour protester mais en vain. Il fonde alors un triumvirat avec Piet Joubert et Marthinus Wessel Pretorius pour organiser une résistance armée qui n'est en mesure de passer à l'action qu'à la fin de l'année 1880.

Le 16 décembre 1880, les rebelles boers proclament l'indépendance du Transvaal à Potchefstroom. Le 20 décembre, ils attaquent et détruisent un convoi militaire britannique à Bronkhorstspruit. Plusieurs garnisons britanniques du Transvaal sont alors assiégées par des commandos boers entre le 22 décembre 1880 et le 6 janvier 1881.

Les Boers étant vêtus généralement de vêtements civils kakis ou neutres, ils sont facilement dissimulable à la vue de leurs ennemis alors que l'uniforme rouge écarlate des soldats britanniques fait de ces derniers des cibles faciles pour les snipers embusqués.

Le 28 janvier 1881, la bataille de Laing's Nek se solde par une défaite de la cavalerie et de l'infanterie britannique. Elle est suivie par une autre victoire boer à la bataille de Schuinshoogte le 8 février 1881.

L'humiliation finale des Britanniques a lieu à la bataille de Majuba Hill le 27 février 1881, qui s'achève sur la défaite écrasante des troupes de la Reine Victoria qui comptabilisent 92 soldats tués, 134 blessés et 59 autres faits prisonniers alors, qu'à effectif similaire de 400 hommes, les Boers ne déploraient qu'un seul tué et 5 blessés.

Cette défaite conduit le premier ministre britannique William Gladstone, peu enclin à poursuivre les hostilités, à signer un traité d'armistice le 6 mars 1881, complété par un traité de paix final le 22 mars 1881 par lequel les Boers du Transvaal retrouvaient leur autonomie tout en restant sous la souveraineté britannique. Le traité est ensuite ratifié par la convention de Pretoria le 3 août 1881.

En 1884, la convention de Londres redonne sa pleine souveraineté au Transvaal réorganisée sous sa forme originelle de république d'Afrique du Sud.

Les années Kruger

]] Dorénavant dirigé par Paul Kruger, les boers aspiraient à retourner maintenant à leur vie de fermier, sans réelle autre aspiration.

L'irruption soudaine à partir de 1886 du système industriel dans une société fondée sur la volonté de préserver un certain ordre social, un mode de vie rural et le refus des ingérences extérieures, allait avoir des répercussions internes considérables F-X Fauvelle-Aymar, ibid, p 286 , menaçant l'ordre établi par les descendants des Voortrekkers et déplaçant le centre de gravité économique de l'Afrique du Sud de la colonie du Cap au Transvaal.

En 1886, des prospecteurs découvraient un gisement d'or considérable dans le Witwatersrand (« Barrière de l'Eau Blanche »), une arrête montagneuse située de 100 kilomètres à l'est jusqu'à 50 kilomètres au sud de Pretoria. Quasiment du jour au lendemain, une ville champignon surgissait. Elle prit très vite le nom de Johannesburg et allait attirer à elle des milliers d’aventuriers du monde entier en quête d'or. Pour le président Paul Kruger, la découverte de l'or était loin de présenter un avantage. Il proclamait ainsi .

Johannesburg allait rapidement devenir la plus grande ville du Transvaal, au fur-et-à-mesure de l'installation des uitlanders (étrangers) près des mines. Ceux-ci dépassèrent rapidement en nombre les Boers sur le gisement, bien que restant une minorité dans le Transvaal lui-même. Le gouvernement sud-africain, agacé par la présence des uitlanders, leur refusa le droit de vote et taxait lourdement l'industrie aurifère. En réponse, les uitlanders exercèrent une pression sur les autorités britanniques, en vue d'obtenir le renversement du gouvernement boer.

En 1895, Cecil Rhodes, premier ministre de la colonie du Cap et richissime homme d'affaires, appuya une tentative de coup d'État mené par Leander Starr Jameson. Celle-ci se solda par un échec lamentable et par la démission de Rhodes.

Néanmoins, la marche vers la guerre allait se poursuivre.

En 1899, le président Marthinus Steyn de l'État libre d'Orange invita lord Alfred Milner et Paul Kruger à une conférence à Bloemfontein, qui débuta le 30 mai mais les négociations achoppèrent.

En septembre 1899, Joseph Chamberlain, secrétaire britannique aux colonies, envoya un ultimatum à Kruger exigeant la complète égalité de droits pour les citoyens britanniques résidant au Transvaal. Kruger anticipant que la guerre était inévitable, lança son propre ultimatum avant même d'avoir reçu celui de Chamberlain.

Il donnait 48 heures aux Britanniques pour évacuer leurs troupes des frontières du Transvaal, ou la guerre leur serait déclarée en accord avec leur allié, l'État libre d'Orange.

Celle-ci débuta le 12 octobre 1899 quand les Boers attaquèrent la colonie du Cap et la colonie du Natal.

La guerre des Boers et la défaite du Transvaal

Dans les premières semaines, les Boers prennent l'avantage. Les Britanniques sont surpris et n'ont pas assez d'effectifs mais les troupes boers sont indisciplinés et peu hiérarchisés. Au lieu de poursuivre leur avantage, elles optent pour un certain immobilisme tactique et assiègent des villes comme Mafeking alors que les routes vers Durban et Le Cap étaient libres d'accès.

L'offensive britannique reprend dès février 1900. Le 18 mai, le siège de Mafeking est levé. Partout les boers sont sur la défensive puis font retraite.

Les troupes britanniques, commandées par Lord Roberts ne reprirent l'initiative qu'avec l'arrivée de renforts le 4 février 1900.

À partir du mois de mars, les troupes Britanniques progressent au cœur des deux républiques boers. Bloemfontein, la capitale de l'État libre d'Orange, tombe le 13 mars. Puis le 5 juin, c'est le tour de Pretoria, évacué par le gouvernement sud-africain retranché dans l'est du Transvaal.

Si les Britanniques pensent la victoire acquise, ils vont faire face encore deux ans à une guérilla active qui va désorganiser les lignes de communication et de ravitaillement britanniques.

Le commandement de l'armée britannique décide alors de construire tous les 100 yards des postes fortifiés, entourées et reliés par des fils barbelés, afin de réduire les mouvements des groupes de guérilla. Ainsi, ce ne sont pas moins de 8 000 postes fortifiés sur près de 6 000 kilomètres qui vont se dresser dans le paysage sud-africain. Les Britanniques ont alors 450 000 hommes (Britanniques et troupes coloniales) stationnés dans la région pour combattre la guérilla.

Cette politique est accompagnée par une stratégie de la terre brûlée destinée à couper les Boers de leurs bases arrières. Les campagnes du Transvaal et de l'Orange sont ainsi vidées, les stocks de vivres sont réquisitionnés ou détruits, les récoltes brulées et les fermes évacuées. Les familles boers sont alors rassemblées dans des camps de concentration.

Au final, 30 000 fermes sont détruites ainsi qu'une quarantaine de petites villes. Un quart de la population boer, soit 116 572 personnes, fut internée au côté de 120 000 Africains noirs. Près de 30 000 femmes et enfants boers moururent, principalement de malnutrition ou par manque d'hygiène, dans les camps britanniques.

En mai 1902, un traité de paix est finalement signé à Vereeniging entérinant la défaite des Boers et l'annexion définitive du Transvaal et de l'État libre d'Orange à la couronne britannique.

En dépit du soutien de l'opinion publique et des gouvernements de la majeure partie des pays européens, la résistance des Boers a été vaine et le président Kruger termine sa vie en exil à Clarens, en Suisse où il meurt en 1904.

La colonie britannique du Transvaal

À la sortie de la guerre, le Transvaal est exsangue.

Plusieurs anciens généraux boers, entreprennent une tournée européenne en vue de tenter de récolter des fonds pour reconstruire économiquement les deux anciennes républiques. Le général boer Louis Botha rédige même un article au premier ministre britannique lui exposant tous les avantages qu'aurait l'Empire britannique à aider à la reconstruction des 2 pays vaincus. Peu de temps après, le parlement britannique débloque la somme de 8 millions de livres pour aider à la reconstruction.

En mai 1904, avec Jan Smuts et d'autres vétérans boers, Botha se lance dans la politique et fonde un parti politique afrikaner, « Het Volk » (le peuple), prônant la réconciliation nationale et l'autonomie de l'Afrique du Sud.

Après la victoire des libéraux au Royaume-Uni en 1905, Botha envoie Smuts à Londres négocier le principe de l'autonomie du Transvaal.

En décembre 1906, la colonie du Transvaal et en juin 1907, celle de l'Orange, reçoivent enfin l'autorisation de former leur propre gouvernement.

Le 4 mars 1907, Het Volk, qui rallie également des anglophones favorables à une Afrique du Sud autonome, remporte les élections du Transvaal et Louis Botha en devient le premier ministre. Il ne tarde pas à effectuer d’importants déplacements en Europe laissant Smuts gérer les affaires courantes du Transvaal.

Lors de la conférence impériale, il proclame la loyauté des Afrikaners à l'Empire et offre le diamant Cullinan au roi Édouard VII. En remerciement, il obtient une rallonge budgétaire de 5 millions de livres qui permet à Botha de créer une banque agricole d'aide aux fermiers, de développer le chemin de fer et d'introduire une éducation primaire gratuite. Mais il ne parvient pas à faire admettre l'afrikaans comme langue officielle à parité avec l'anglais.

En octobre 1908, des centaines de délégués de toute l’Afrique du Sud vinrent participer à une conférence constitutionnelle à Durban consacrée à l'avenir politique de l'Afrique du Sud. Il s'agit de départager les partisans du régime unitaire, du régime fédéral, confédéral voire colonial. Plusieurs compromis furent adoptés grâce à l'entremise de Jan Smuts concernant le choix de la capitale sud-africaine (en fait trois capitales), les langues officielles (néerlandais et anglais) et même la taille standard de l’écartement des voies de chemin de fer. L'accord général est finalement adopté grâce aux délégués du Transvaal et retranscrit dans une résolution finale faisant figure de projet de constitution à l’été 1909, et approuvée à l’unanimité des délégués.

Le projet de constitution fut ratifié par le parlement du Cap, celui de l’Orange et du Transvaal. C’est par référendum qu’il fut approuvé au Natal.

Le 31 mai 1910, le parlement britannique ratifie le South Africa Act établissant le dominion de l'Union de l'Afrique du Sud. Et c'est Botha, le boer du Transvaal, qui est choisi par Lord Gladstone pour former le premier gouvernement provisoire de la jeune Union alors que Pretoria prend le statut de capitale exécutive où siège le gouvernement. Pour symboliser ce nouveau statut, Smuts fait appel à Herbert Baker pour construire sur une colline de la ville un gigantesque palais de gouvernement, les Union Buildings.

Une province sud-africaine (1910-1994)

En 1910, le Transvaal est l'une des quatre colonies britanniques fondatrices de l'Union de l'Afrique du Sud au côté de l'ancienne colonie du Cap, du Natal, et de l'État libre d'Orange.

Jusqu'en 1994, le Transvaal sera une province d'Afrique du Sud, politiquement très conservatrice et vite vouée aux thèses nationalistes des Afrikaners de Daniel Malan.

Depuis, avec les premières élections multiraciales, le territoire du Transvaal est partagé entre quatre nouvelles provinces : celle de Pretoria-Witwatersrand-Vereeniging (rebaptisée Gauteng en 1995), celle de l'Eastern Transvaal (devenu Mpumalanga en 1995), celle du Northern Transvaal (rebaptisé province du Nord en 1995, puis Limpopo en 2001) et celle du Nord-Ouest.

Présidents du Transvaal (Zuid-Afrikaansche Republiek)

Marthinus Wessel Pretorius : 1857-1863

Willem Cornelis Janse van Rensburg : 1863-1864

Marthinus Wessel Pretorius : mai 1864-1871

Thomas Francois Burgers : 1871-1877

Annexion du Transvaal par les Britanniques : 1877-1881

Troïka (Pretorius, Kruger et Petrus Joubert) : 1881-1883

Paul Kruger : 1883-1902

Emblèmes du Transvaal (ZAR)

Le vierkleur, le drapeau du Transvaal

Le vierkleur, le drapeau du Transvaal

armoiries du Transvaal

armoiries du Transvaal

Adopté en 1857 Le drapeau traditionnel du Transvaal est connu sous le nom de « vierkleur ».

Il demeura le drapeau de la république boer jusqu'en 1902, à l'exception de la période 1874-1875, remplacé brièvement par le drapeau voortrekker.

En 1902, la fin de la guerre des boers met également fin à l'indépendance du Transvaal.

En 1927, le drapeau réapparaît au sein du nouveau drapeau national d'Afrique du Sud. En effet, le vierkleur est associé à la droite de l'Union Jack et du drapeau de l'État libre d'Orange au milieu de la bande blanche du drapeau d'Afrique du Sud (1927-1994).

À partir de 1994, il n'a plus de représentation officielle. Il demeure encore un symbole très fort de la communauté afrikaner, fièrement revendiqué non seulement par les radicaux blancs mais aussi par les associations et représentants modérés de la communauté afrikaner.

Au contraire du drapeau national de 1927 qui représentait le rassemblement des communautés blanches d'Afrique du Sud, il est moins associé à l'apartheid mais davantage à la communauté afrikaner.

De ce fait, il est encore plus souvent utilisé que l'ancien drapeau national. On peut le voir notamment devant la maison de Paul Kruger à Pretoria et en alternance avec d'autres drapeaux afrikaners au Voortrekker Monument de Pretoria. Il est également le drapeau officiel de l'embryon de Volkstaat à Orania.

L'hymne du Transvaal était Volkslied van Transvaal.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

  • Servin Desplaces : Les vaillants Boers, Bibliothèque anecdotique et littéraire, Hatier, 1901
  • Robert Lacour-Gayet : Histoire de l'Afrique du Sud, Fayard, 1970
  • Paul Coquerel : L'Afrique du Sud des Afrikaners, 1992, Complexe
  • Bernard Lugan : La Guerre des Boers, Perrin, 1998

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