Histoire

Piazza Unità d'Italia
L'ancienne Tergeste est sous contrôle romain depuis -177. En -52, elle se voit donner le statut de colonie romaine, sous Jules César, qui mentionne son nom dans la guerre des Gaules.
Au Moyen Âge, Trieste devient un important carrefour commercial. En 1382, elle se donne à Léopold III de Habsbourg, duc d'Autriche, et devient un port franc, seul débouché maritime de l'empire autrichien. Au , elle est intégrée aux Provinces illyriennes (1809–1814), puis redevient autrichienne et connaît une période de grande prospérité, particulièrement après la construction de la ligne de chemin de fer Vienne-Trieste (terminée en 1857). À la fin du , c'est une grande cité cosmopolite qui héberge des artistes comme James Joyce, et Italo Svevo. Ses habitants italiens sont pourtant mécontents de se trouver sous domination autrichienne et aspirent à rejoindre l'Italie — c'est ce qu'on appelle l'irrédentisme.
En 1921, après la Première Guerre mondiale qui brise l'Empire austro-hongrois, Trieste est rendue à l'Italie, en même temps que les autres terres irrédentes [non rattachées à l'Italie]. Le port perd rapidement de son importance et entre dans une profonde crise économique. Il servit de base à la naissance du parti fasciste italien (en proportion, le plus grand nombre d'adhérents sont de Trieste et de sa région dès 1922).

Piazza Unità d'Italia
La ville est prise par les Allemands (
1943) qui y ouvrent le tristement célèbre camp (surtout de transit mais plus tard aussi d'élimination) de la Risiera di San Sabba (rizerie de San Sabba, dans une zone industrielle) — où furent emprisonnées, avant d'être transférées 12 à 15 000 personnes, surtout des Juifs mais également des partisans, des slaves, des résistants italiens.
Le 1945, les partisans communistes de Tito (IV armée yougoslave) entrent à Trieste aux cris de « Trst je naš », Trieste est à nous.
Le lendemain, 2 mai, la 2 division néo-zélandaise du général Bernard Freyberg entre également en ville. Les Yougoslaves y restent pendant 40 jours et assassinent beaucoup d'Italiens (fascistes et antifascistes) utilisant les foibe et même le camp nazi de la Risiera.
En 1947, le traité de Paris crée un « Territoire libre de Trieste » sous contrôle de l'ONU, coupé en deux zones, l'une anglo-américaine, avec 311.000 hab. comprenant la ville de Trieste (zone A), l'autre yougoslave avec 54.000 hab. et comprenant la ville de Capodistria (Koper), (zone B).
La plupart de la population originaire (40.000 Italiens, mais aussi des Croates et Slovènes) abandonne la zone B entre 1947 et 1956, poussés par le climat de terreur yougoslave créé par les massacres des foibe et autres intimidations. Le 26 octobre 1954, la zone alliée (partie A) retourne à l'Italie.

Palais de la Bourse
Composition ethnique
Trieste est une ville à la mentalité plutôt ouverte, de par sa position géographique de frontière et des vicissitudes historiques qui en ont fait le carrefour de nombreuses langues et cultures. En fait, quasiment tous les groupes ethniques et tous les mouvements religieux y disposent d'un lieu de culte spécifique. Dans la ville de Trieste même on compte actuellement à côté des Italiens une centaine de groupes ethniques minoritaires, tant déjà présents à travers l'histoire (Serbes, Slovèness, Roumain, Grecss, Allemandss, Croate) que plus récemment installés (Albanais, Chinois, Africains, Sud-Américains).
A travers le vaste territoire communal de Trieste, qui s'étend jusqu'à la frontière avec la Slovénie, on rencontre aussi des faubourgs et des localités du haut-plateau karstique dans lesquels vit une communauté de langue et de culture slovène (5% de la population communale suivant le recensement de 1971), qui dispose de son propre réseau scolaire.

Petit port de plaisance proche de la Place Unità d'Italia
Il faut par ailleurs noter que de l'autre côté de la frontière se trouve une communauté italienne istrienne qui maintient des liens avec l'Italie, et plus particulièrement avec Trieste qui a accueilli après la
Seconde Guerre mondiale de nombreux réfugiés italiens (
profughi,
esuli) d'
Istrie et de
Dalmatie, des régions devenues
yougoslaves en
1945.
Avant la Première Guerre mondiale, la communauté de langue allemande dépassait les 5% de la population et celle de langue slovène atteignait les 24,80% (recensement de 1910). La première a ensuite quasiment disparu et la seconde s'est réduite. Actuellement, dans le centre urbain elles ont numériquement été dépassées par d'autres communautés, en particulier les Chinois, les Serbes et les Croates.
Personnalités
- Mathilde-Létizia Bonaparte (1820 - 1904)
- Napoléon Joseph Charles Paul Bonaparte (1822 - 1891)
- Jérôme Napoléon Charles Bonaparte (1814-1847) Prince de Montfort
- Guglielmo Oberdan, irrédentiste italien (1858 - 1882)
- Italo Svevo , écrivain (1861 - 1928)
- James Joyce , écrivain (1882 - 1941)
- Vladimir Bartol , écrivain (1903 - 1967)
- Mauro Maur, clarinettiste (*1958)
- Stendhal, consul de France à Trieste en 1831
- Louis-Salvador de Habsbourg-Lorraine (1847-1915), géographe autrichien (résidence estivale 1876-1914 à Trieste )
- Fedora Barbieri (1920-2003), chanteuse
- Vladimir Bartol (1903-1967), écrivain
- Roberto Bazlen (1902-1965), écrivain
- Pietro Bonomo (1458-1546), évêque de Trieste et Vienne, litteraire
- Antonio Caccia (1829-1893), écrivain suisse
- Piero Cappuccilli (1929-2005), chanteur
- Luigi Carnera (1875-1962), boxeur
- Leo Castelli (1907-1999), galeriste et marchand d'art américain né à Trieste.
- Walter Freiherr von Czoernig-Czernhausen (1883-1945), spéléologue
- Paul Henreid (1908-1992), acteur (Casablanca) et regisseur
- Vinzenz Bronzin, (1872-1970), mathématique
- Samuel David Luzzatto (1800-1865), poète
- Claudio Magris (*1939), écrivain, germaniste
- Josip Mandic (1883-1959), musicien
- Alexander Moissi (1879-1935), acteur
- Richard Mollier (1863-1935), physique
- Boris Pahor (*1913), écrivain
- Victor de Sabata (1892-1967) dirigent et musicien
- Umberto Saba (1883-1957), poète
- Giorgio Strehler (1921–1997), regisseur
- Giani Stuparich, romancier (1891-1961)
- Mutius von Tommasini (1794-1879), botanique
- Famille Janesich joaillier renommé mondiale,depuis 1835
Administration
Barcola , Villa Opicina , Miramare, Grignano , Basovizza , Banne , Cattinara , Conconello , Contovello , Gropada, Longera , Padriciano, Prosecco , Santa Croce , Trebiciano , Servola , Cedassamare
Communes limitrophes
Duino-Aurisina,
Monrupino,
Muggia,
San Dorligo della Valle,
Sesana (
Sežana) (SLO),
Sgonico
Voir aussi
Liens externes