Vers la formation de la III République

Guerre franco-allemande, bataille de Mars-la-Tour

Gambetta proclamant la République aux Tuileries (4 septembre 1870)
Au cours de la guerre de 1870 aboutissant à la défaite et à la capture de l'empereur Napoléon III à Sedan, le 2 septembre, les socialistes d'Auguste Blanqui tentèrent d'organiser une insurrection. Mais l'opposition parlementaire, surtout républicaine, menée par Léon Gambetta parvint à mettre en place un gouvernement provisoire, dit de la Défense nationale. Ils proclamèrent la République le 4 septembre, au balcon de l’hôtel de ville de Paris. Un gouvernement de la Défense nationale est constitué avec à sa tête le général Trochu. Sont également membres de ce gouvernement, Emmanuel Arago, Adolphe Crémieux, Jules Favre, Jules Ferry, Léon Gambetta, Garnier-Pagès, Glais-Bizoin, Eugène Pelletan, Ernest Picard, Henri Rochefort, Jules Simon, tous élus de Paris.
La guerre n'était cependant pas achevée à Sedan. Le 7 octobre Gambetta quitta Paris en ballon pour tenter de réorganiser la défense à partir de la province. En effet, avec Paris assiégé à partir du 19 septembre, c'est toute la France qui était bloquée du fait de son organisation en étoile. Le 30 octobre, la capitulation précipitée de Bazaine et de l'armée de Metz (150 000 hommes) porta un grave coup à la France. Elle intervenait au moment où le gouvernement, parti s'établir à Tours, était parvenu à organiser une Armée de la Loire. Les Prussiens, libérés de la pression de Bazaine, pouvaient alors concentrer leurs forces sur l'armée de la Loire, ce qui obligea le gouvernement à se replier sur Bordeaux. Le 18 janvier, l'Unité allemande étant réalisée, les souverains allemands réunis au château de Versailles proclamèrent le roi Guillaume de Prusse empereur. Le 28 janvier, Paris capitula après 132 jours de siège. Le gouvernement négocia une trêve pour organiser des élections.
Jules Favre mena les négociations concernant l'armistice. Opposé à la trêve, Gambetta démissionna.
Les négociations de paix seront menées ultérieurement par Jules Favre et Adolphe Thiers avec Bismarck. Le 10 mai 1871 le traité de Francfort est signé, Bismarck exigea et obtint :
- une indemnité de guerre importante (6 milliards de francs - réduits après négociation à 5 milliards)
- l'Alsace et une partie de la Lorraine (Belfort, qui avait été défendu avec acharnement, sous le commandement du colonel Pierre Denfert-Rochereau, reste française)
- un défilé des troupes allemandes sur les Champs-Élysées.
Cette partie ne concerne pas le gouvernement de la Défense nationale qui a été remplacé après les élections du
8 février par un gouvernement Thiers.
Les élections qui eurent lieu le
17 février amenèrent une majorité monarchiste à l'assemblée. Le principal débat porta sur la reprise des hostilités ou la capitulation. Le court délai empêcha pratiquement toute campagne, sauf à Paris. Le scrutin par listes départementales favorisa les listes d'union. Les Français, lassés de la guerre ou inquiets de la voir se rapprocher de leur région, toujours méfiants vis-à-vis des troubles parisiens, préférèrent voter pour les tenants de la paix sans condition, c'est-à-dire les listes conservatrices dans lesquelles les notables figuraient en bonne place.
Toutefois l'Est occupé, la région lyonnaise menacée, le Midi, les Alpes et bien sûr Paris renouvelèrent leur attachement à la République.
Les monarchistes triomphants furent pourtant incapables de rétablir immédiatement la royauté. La République ne les inquiétait plus : persuadés qu'une république ne durait jamais bien longtemps, ils étaient ravis de la voir assumer la défaite et rétablir l'autorité à Paris. Ils chargèrent Adolphe Thiers de ces tâches ingrates.

Thiers
, fut le point de départ de l'
insurrection communarde.]]
Ayant supporté l'essentiel du poids de la guerre, la ville de Paris admit mal les choix de Thiers qui déplaça l'Assemblée à Versailles, démobilisa les mobiles et gardes nationaux, privant de nombreux ouvriers de revenus, exigea le paiement des échéances dont le non paiement menaçait de ruine 50 000 petits commerçants, et abolit le moratoire sur les loyers.
La révolte éclata lorsque Thiers tenta de confisquer les canons de la Garde nationale (canons financés par les Parisiens) le 18 mars 1871. Le gouvernement rassembla une armée que les communards appellent versaillaise, composée en partie de prisonniers de guerre libérés par les Allemands. Le 21 mai les Versaillais parviennent à entrer dans la ville. Commença la Semaine sanglante, des combats de rue sans pitié, barricade par barricade, qui s'achevèrent par la défaite des insurgés au cimetière du Père-Lachaise.
Pour les historiens marxistesistes, les événements qui ont conduit à la Commune furent des provocations conscientes de Thiers qui souhaitait crever l'abcès parisien pour instaurer sur des bases solides un nouveau régime. De fait les milieux révolutionnaires parisiens sont brisés pour plus de dix ans par la répression.
Premiers temps de la République

Photographie du comte de Chambord. Son intransigeance ruina le projet de restauration monarchique
Dans l'attente d'une constitution, une Assemblée nationale fut élue le 8 février
1871, succédant au gouvernement de la Défense nationale. Elle comprenait 30
bonapartistes, 200 républicains et 400
monarchistes - eux-mêmes partagés entre 180
légitimistess et 220
orléanistes. Thiers fut élu « chef du
pouvoir exécutif de la République française ». Chaque mention du terme « République » provoquait cependant le cri de « Provisoire ! ». Et les postes officiels étaient encore tenus par les bonapartistes.
Les monarchistes conservèrent Adolphe Thiers au pouvoir le temps de solder les conséquences de la guerre tout en préparant le retour de leurs prétendants. Ils votèrent l'abrogation des lois d'exil.
Le 5 juillet, un message d'Henri d'Artois - prétendant des légitimistes - laissait supposer qu'il renonçait au drapeau blanc (de la royauté) au profit du drapeau tricolore. Cependant le 3 juillet, d'Artois refusait la visite de Philippe d'Orléans - prétendant orléaniste - ruinant les projets de fusions des deux partis. Dès le 7 juillet, d'Artois publiait un manifeste exprimant son attachement au drapeau blanc.
- Texte du manifeste :
- « La France m'appellera et je viendrai à elle tout entier avec mon dévouement, mon principe et mon drapeau. À l'occasion de ce drapeau, on a parlé de conditions que je ne dois pas subir. Je suis prêt à tout pour aider mon pays à se relever de ses ruines et à reprendre son rang dans le monde ; le seul sacrifice que je ne puisse lui faire, c'est celui de mon honneur.
- Non, je ne laisserai pas arracher de mes mains l'étendard d'Henri IV, de François Ier et de Jeanne d'Arc. C'est avec lui que s'est faite l'unité nationale ; c'est avec lui que vos pères, conduits par les miens, ont conquis cette Alsace et cette Lorraine dont la fidélité sera la consolation de nos malheurs. Il a vaincu la barbarie de cette terre d'Afrique, témoin des premiers faits d'armes des princes de ma famille ; c'est lui qui vaincra la barbarie nouvelle dont le monde est menacé. Je le confierai sans crainte à la vaillance de notre armée ; il n'a jamais suivi, elle le sait, que le chemin de l'honneur.
- ''Je l'ai reçu comme un dépôt sacré du vieux roi, mon aïeul, mourant en exil ; il a toujours été pour moi l'inséparable souvenir de la patrie absente ; il a flotté sur mon berceau, je veux qu'il ombrage ma tombe. Dans les plis glorieux de cet étendard sans tache, je vous apporterai l'ordre et la liberté. Français, Henri V ne peut abandonner le drapeau blanc d'Henri IV. »
Cette intransigeance qui brise toute possibilité d'une restauration royaliste, désespère les orléanistes et une partie des légitimistes.''
Vers la République

Organigramme de la Troisième République
L'euphorie des monarchistes retombe vite : le
2 juillet 1871, lors des élections complémentaires les républicains emportèrent 99 des 114 sièges mis au vote.
Thiers, en fin politique, comprend que, s'il veut s'assurer un soutien le plus large, il doit dissimuler ses intentions. Le 31 août 1871, sur proposition de Rivet, le titre de Thiers fut précisé : président de la République, c'est-à-dire qu'il cumule les fonctions de chef de l'État et de chef de l'exécutif, même si l'Assemblée se garde les fonctions constitutives et rend le président responsable devant l'Assemblée.
L'Assemblée à cette date commençait à se constituer en groupes, de gauche à droite :
Les progrès des partis de gauches inquiétèrent les conservateurs qui déléguèrent des représentants à Thiers pour lui exposer leur émotion devant la montée du
radicalisme. Ce qui permit à Thiers de leur répondre : « Puisque vous êtes la majorité, que n'établissez-vous la monarchie ? » ; et de se fâcher avec la droite.
Cependant le 30 octobre 1873, le comte de Chambord publia un nouveau manifeste pour le drapeau blanc.
Le retour de Gambetta dans la vie politique favorise la progression des radicaux et oblige Thiers à ménager le centre, il prend clairement position pour une République conservatrice contre un retour au régime monarchique. Après la mort de Napoléon III le 7 janvier 1873, les bonapartistes, pour préserver les chances du prince impérial, s'allient aux royalistes. Thiers démissionne le 23 mai 1873 toujours persuadé que après lui le chaos, mais la droite avait déjà prévu un remplaçant en la personne de Mac-Mahon qui est élu par 390 voix le 24 mai.

Déclarée d'utilité publique, la construction du Sacré-Cœur de Montmartre était considérée par les partisans de l'Ordre moral
comme un moyen d'expier les évènements de la
Commune et de s'opposer symboliquement aux progrès des
Républicains anticléricaux
Sous la présidence de
Mac-Mahon, de tendance
légitimiste, la tendance fut à l'
ordre moral, fondé sur le respect des valeurs religieuses avec par exemple la publication du
Pèlerin, apparition du pèlerinage de
Lourdes, l'effacement de l'histoire de la Commune par l'édification de la
basilique du Sacré-Cœur sur la butte
Montmartre.

Patrice de Mac-Mahon
Mac-Mahon, dont l'ambition politique semble se limiter au retour du roi n'assume que la fonction de chef de l'État et laisse la tâche de gouverner à
Albert de Broglie,
duc de Broglie (prononcer « Breuil »), descendant d'une des plus puissantes familles aristocratiques de France et vice-président du Conseil.
Le retour du roi semble imminent après une rencontre entre Henri d'Artois et Philippe d'Orléans mais d'Artois refuse toujours de renoncer au drapeau blanc et l'affaire de nouveau échoue. D'Artois étant déjà âgé, les orléanistes attendent avec impatience sa disparition.
Pourtant, on prépara des institutions qui seraient susceptibles de fonctionner et d'être modifiées en monarchie. Le duc de Broglie fit voter le 20 novembre la loi portant le mandat du président à sept ans pour prolonger la présidence de Mac Mahon mais sa majorité s'effrite et le 16 mai 1874 il est remplacé par Ernest Courtot de Cissey allié aux bonapartistes, victorieux lors des élections partielles.
La Troisième République fut définitivement instaurée le 30 janvier 1875 par l'adoption, à une voix de majorité, en première lecture 353 contre 352, puis à une plus large majorité en deuxième lecture 413 contre 248, de l’amendement Wallon qui disposait :
- « Le président de la République est élu à la majorité absolue des suffrages par le Sénat et la Chambre des Députés réunie en Assemblée nationale. Il est nommé pour sept ans ; il est rééligible. »
Sont ensuite votées les trois
lois constitutionnelles qui fixent le régime.
Ayant rempli son rôle, l'Assemblée se sépara le 31 décembre 1875.
La consolidation

Composition de la Chambre des députés à l'issue des élections législatives de 1876
Les élections législatives de 1876 furent une victoire des républicains qui obtinrent 363 sièges à la nouvelle
Chambre des députés, malgré une violente censure du gouvernement contre la presse républicaine.
Le 25 juin 1877 suite à l'adoption d'une motion de censure contre le gouvernement du duc de Broglie, Mac-Mahon, conformément au pouvoir que lui conférait la constitution, dissout la chambre des députés. Mais cela entraina une nouvelle victoire des républicains, quoique légèrement moins importante. Mac-Mahon dut alors se résigner et laisser le gouvernement aux républicains.
Après sa démission en
1879, son successeur
Jules Grévy et les différents
présidents du conseil instaurèrent dans les faits une
république laïque,
démocratique et
parlementaire.
Par ailleurs, afin de former des citoyens attachés à la République et à la Patrie, Jules Ferry, ministre de l'Instruction publique de 1879 à 1883, s'attachera à faire de l'école une institution républicaine, à travers une série de réformes dont les principales sont les suivantes :
- Décrets du 29 mars 1880 excluant les congrégations religieuses (principalement les Jésuites) de l'enseignement.
- Loi du 16 juin 1881 instaurant la gratuité de l'enseignement primaire.
- Loi du 28 mars 1882 rendant obligatoire « l'instruction primaire ... pour les enfants des deux sexes âgés de six ans révolus à treize ans révolus ».
La crise boulangiste (1886-1889)

Le général Boulanger par Nadar
Le
général Boulanger est ministre de la guerre en
1886. Très populaire dans la frange de la population déçue par les Opportunistes et très prisé parmi les Revanchards (il est surnommé le « général Revanche »), il est considéré par les Opportunistes comme un danger pour la République et la paix. Relevé de ses fonctions ministérielles en
1887 puis mis à la retraite en
1888, il devient le point de ralliement de tous les mécontents :
-Les radicaux et socialistes (appelés aussi à l'époque « républicains révisionnistes »), adversaires de la République des Opportunistes,
-Les
Nationalistes de
Paul Déroulède et de la
Ligue des patriotes,
-Les représentants de la droite monarchiste et bonarpartiste.
Boulanger devient le point de rencontre des espérances les plus contradictoires et donne l'espoir à tous. Il est élu plusieurs fois député en province en 1888 puis à Paris en 1889 mais il refuse de s'emparer du pouvoir par la force comme le lui demandent certains de ses partisans. Menacé de passer en Haute Cour de Justice pour « atteinte à la sûreté de l'État », il s'enfuit à l'étranger en avril 1889 en Belgique. L'Exposition universelle de 1889 contribue à le faire oublier et les candidats « boulangistes » sont battus en septembre aux élections de la même année.
Voir aussi l'article détaillé : Boulangisme
Le scandale des décorations
En
octobre 1887s, la presse mit à jour un trafic de
décoration par le propre gendre du
président de la république Jules Grévy. Ce scandale, relayé à droite par les boulangistes et à gauche par les ambitieux
Jules Ferry et
Georges Clemenceau, jeta définitivement l'opprobre sur la gouvernance d'alors. Ce fut cependant
Sadi Carnot qui hérita de la présidence.
Voir aussi l'article détaillé : Scandale des décorations
La crise
anarchiste, comme la crise boulangiste et l'
affaire Dreyfus, est liée à ce climat d'instabilité économique (due au
krach de Vienne), sociale et puis politique. Cette conjoncture défavorable contribue, tout comme le
scandale de Panama, à la montée de l'
antiparlementarisme.
Cette « crise anarchiste » est caractérisée par de nombreux attentats, elle a été provoquée par Ravachol.
- 11 juillet 1892 : Ravachol est un activiste anarchiste. Il a été guillotiné à Montbrison pour avoir fait exploser les domiciles de deux juristes parisiens, ainsi qu'une caserne (mars 1892). Ces attentats lui coûteront tout d'abord la perpétuité, mais après avoir été jugé pour des crimes commis dans sa région natale (la Loire), il sera condamné à mort.
- Le 21 juin, la sentence est prononcée et il crie : « vive l'anarchie ».
- 9 décembre 1893 : Auguste Vaillant, lance une bombe chargée de clous sur les députés, aucun mort, seulement un blessé ; lors de son procès il justifiera cet acte par la volonté de venger Ravachol. Il est exécuté le 4 février 1894.
- Le 27 avril 1894 : Procès d'Emile Henry pour l'attentat du12 février 1894 au café Terminus, et l'explosion du 8 novembre 1892 d'un commissariat.
- Emile Henry revendiqua hautement et fièrement ses actions, lisant une déclaration dans laquelle il analyse la société corrompue et plaide la révolte.
- 24 juin 1894 : Sadi Carnot, le président de la république, est assassiné par un anarchiste italien : Sante Geronimo Caserio, le 24 juin 1894 à Lyon.
Lois scélérates :
Cette vague d'attentats va donner naissance à de nouvelles lois, appelées « lois scélérates » par les anarchistes.
La première (votée le 12 décembre 1893) condamne l'apologie de quelconque crime comme un délit ; de façon à alourdir les peines imputées aux anarchistes qui revendiquent clairement et fièrement leurs attentats, à condamner la presse anarchiste et à pouvoir faire des saisies « préventives » plus aisément.
La deuxième (du 18 décembre 1893) permet aux autorités judiciaires de condamner toute personne ayant participé (de près ou de loin), même s'il n'y a pas eu de mise en exécution.
La dernière : Condamnation de toute personne, tout journal, ayant usé de la propagande anarchiste (par extension libertaire)
- '1. Soit par provocation, soit par apologie […] incité une ou plusieurs personnes à commettre soit un vol, soit les crimes de meurtre, de pillage, d’incendie […] ; 2. Ou adressé une provocation à des militaires des armées de terre et de mer, dans le but de les détourner de leurs devoirs militaires et de l’obéissance qu’ils doivent à leurs chefs […] serait déféré aux tribunaux de police correctionnelle et puni d’un emprisonnement de trois mois à deux ans.'
Dorénavant, tout libertaire coupable du délit de parole, ou d'apologie des actes de propagande pouvait être condamné au bagne.
Ainsi certaines personnes ont été condamnées pour s'être réjouies de la mort de
Sadi Carnot.
Le scandale de Panama
La construction du
canal de Panama débuta en
1881 mais s'avéra plus coûteuse que prévu, jusqu'à devenir un gouffre financier. Finalement, et malgré l'ouverture d'une souscription publique, l'entrepreneur dut déposer le bilan en
1889, entraînant ainsi la ruine de plusieurs dizaines de milliers de souscripteurs.
En 1892, Édouard Drumont, un journaliste ouvertement antisémite dénonce l'affaire et met en cause plusieurs financiers juifs qui ont soutenu le projet ainsi que de nombreux hommes politiques liés au milieu financier. Ce regain d'antisémitisme en France sera l'un des déclencheurs de l'affaire Dreyfus, trois ans plus tard.
Voir aussi l'article détaillé : Scandale de Panama
En
1894,le capitaine Dreyfus, accusé d'espionnage au profit de l'
Allemagne, est condamné à la déportation à vie sur l'Ile du Diable en
Guyane. Plusieurs personnalités tentent, en vain, de démontrer l'innocence de Dreyfus. En janvier
1898, dans le journal
L'Aurore de
Georges Clemenceau,
Émile Zola publie l'article '
J'accuse' dans lequel il accuse l'armée d'avoir condamné un innocent et de ne pas vouloir le reconnaître. La France se divise alors en deux. Pour les
Révisionnistes ou
Dreyfusards, il faut, au nom de la justice, faire éclater la vérité quelles qu'en soient les conséquences pour l'armée. Beaucoup se rassemblent dans la
Ligue des droits de l'homme, créée à cette occasion. Pour les
Antidreyfusards, la raison d'État, le prestige de l'
armée, l’intérêt national exigent de ne pas revenir sur la chose jugée; il ne faut pas porter atteinte au prestige de l'armée, instrument de la revanche. Certains se retrouvent dans la
Ligue de la patrie française ou la
Ligue des patriotes. En
1899, quelques uns tentent même d'organiser un
coup d'État pour mettre en place un régime autoritaire. À la suite d'un procès en révision en 1899, Dreyfus est condamné à 10 ans de détention avant d'être gracié par le
Président de la République puis réintégré dans l'armée en
1906.
Voir aussi l'article détaillé : Affaire Dreyfus
L'objectif essentiel d'Emiles Combes, ancien séminariste devenu medecin, est la lutte contre l'influence de l'Eglise.
Le ,
Pierre Waldeck-Rousseau alors
président du Conseil fit voter une loi encadrant le statut des associations à
but non lucratif.
Voir aussi l'article détaillé : association loi 1901
Sous la III république, beaucoup d'associations politiques furent créées.
Le gouvernement Combes

Composition de la Chambre des députés à l'issue des élections législatives de 1902
Les élections de
1902 furent un triomphe pour le
parti radical, et portèrent au pouvoir
Émile Combes. Celui-ci s'allia avec les
socialistes de
Jaurès au travers du
Bloc des gauches.
Le gouvernement de Combes mena un farouche combat anticlérical, interprétant entre autre la loi de 1901 sur les associations dans le but de dissoudre toutes les congrégations non autorisées, et en refusant aux congrégations religieusess toute autorisation. Puis, en 1904s, il interdit aux congrégations même autorisées d'enseigner, y compris dans les écoles publique. Ainsi, près de 2 000 écoles furent fermées. Combes formula en 1905 un projet de loi proposant la Séparation de l'Église et de l'État, mais tomba avant d'avoir pu la faire adopter, faute d'une majorité parlementaire suffisante. (Loi du 9 décembre 1905)-
Guerres coloniales et politique extérieure
La France avait perdu l'essentiel de ses coloniess lors de la guerre de Sept Ans (notamment l'Inde et le Québec). En 1802, Napoléon Ier avait vendu la Louisiane, la France n'avait dès lors plus de colonie. La conquête d'Alger en 1830 représentait un premier pas vers un renouveau de l'empire colonial français, mais la conquête coloniale fut surtout le fait de la Troisième République. Cette volonté, mettant la France en concurrence avec le Royaume-Uni, aida au rapprochement avec la Russie. Mais pendant cette période, l'ennemi fut toujours l'Allemagne, d'autant que cet empire devint également un concurrent dans l'expansion coloniale lorsqu'il commença à réclamer sa « place au soleil » après l'arrivée au pouvoir de Guillaume II et l'éviction du chancelier Bismarck.

Jules Ferry
À partir de
1878, un important mouvement d'expansion
impérialiste se développa, commencé par le Britannique
Benjamin Disraeli. En France, cette politique fut défendue par
Jules Ferry, qui profita de la bienveillance intéressée de Bismarck. Le chancelier allemand voyait dans cette ambition coloniale un palliatif pour l'honneur national français et une source de dépenses difficilement valorisables, propres à affaiblir la France face à une Allemagne forte. Ainsi la
Tunisie endettée devint-elle un
protectorat français par le
traité du Bardo en
1881. L'expansion s'effectua aussi en
Afrique noire à partir du
Sénégal et du
Congo. En revanche, l'
Égypte passa aux Britanniques malgré l'influence française due au percement du
canal de Suez.
Soutenu par les
militaires et les
missionnaires mais contesté par les
radicaux de
Georges Clemenceau, Jules Ferry eut moins de facilités à obtenir les
crédits nécessaires pour la
colonisation de l'
Indochine. Une défaite mineure au
Tonkin le fit démissionner en
1885.
Promoteur de la
Triple alliance et jouant habilement sur la rivalité franco-britannique, le chancelier Bismarck avait façonné l'Europe à son idée. Il entra cependant en désaccord avec
Guillaume II qui obtint sa démission en
1890. La
Russie isolée envisagea alors l'alliance avec la France. Passant outre les offres allemandes, elle ratifia un accord militaire secret le
4 janvier 1894. La Russie s'assurait ainsi contre l'
Autriche-Hongrie et la France contre l'Allemagne et l'
Italie. Cette nouvelle donne installait déjà les bases de la
Première Guerre mondiale.
Faisant suite à l'accord franco-britannique du
5 août 1890, les Français envoyèrent en décembre
1894 21 000 hommes (dont 7 000 convoyeurs
indigènes) dans une campagne de conquête de l'île de
Madagascar. Les troupes expéditionnaires, dirigées par le général Duchesne, débarquèrent à
Majunga en mars
1895. Le royaume Hova de Madagascar était potentiellement défendu par une armée de 35 000 hommes, mais ils n'opposèrent qu'une résistance sporadique, occasionnant à peine 20 morts du côté français. Cependant, d'importantes difficultés logistiques ralentirent l'expédition qui n'atteignit
Tananarive, la
capitale, que le . Mal acclimatés, 5 736 hommes des troupes expéditionnaires furent décimés par le
paludisme et la
fièvre typhoïde.
Voir aussi l'article détaillé : Expédition de Madagascar
La reculade de Fachoda
Les visées coloniales de la France et du Royaume-Uni sur le continent africain devaient inévitablement déboucher sur un conflit. La situation se présenta le
18 septembre 1898aise dans la ville
soudan de
Fachoda. L'expédition française du capitaine
Marchand, installée depuis trois mois, vit arriver l'armée de
Lord Kitchener.
Paris reçut aussitôt un
ultimatum de
Londres lui intimant de faire se retirer la colonne Marchand. L'opinion publique française, au
nationalisme exacerbé par l'affaire Dreyfus, appela à en découdre avec l'ennemi héréditaire, mais le rapport de force était trop inégal et la France, revancharde envers l'Allemagne, ne pouvait se permettre de défier le Royaume-Uni. Le
10 novembre, l'ordre fut donné à Marchand de se retirer et d'abandonner la vallée du
Nil aux Britanniques.
Les historiens considèrent généralement que cette affaire permit le rapprochement politique de la France et le Royaume-Uni, qui aboutit à l'Entente cordiale le 8 avril 1904.
Voir aussi l'article détaillé : Fachoda
L'incident d'Agadir
Le
1911, l'empire allemand dépêcha une
canonnière à
Agadir pour signifier aux Français son désaccord concernant le traité d'Algésiras de
1906. L'Allemagne contestait les avantages de la
France sur le
Maroc et souhaitait une compensation.
Joseph Caillaux négocia une entente franco-allemande, conservant les avantages au
Maroc mais concédant une partie du
Congo au
Cameroun allemand.
Cet accord mécontenta les opinions et Caillaux fut limogé et remplacé par
Raymond Poincaré. Celui-ci se montra plus ferme vis-à-vis de l'Allemagne et resserra les liens avec la Russie et le Royaume-Uni.
Dans un contexte d'extrême tension politique en Europe, amplifiée en France par un sentiment revanchard exacerbé à l'encontre de l'ennemi allemand, la guerre éclata dans l'été 1914. La France était alors alliée notamment au Royaume-Uni et à la Russie. Sur le front ouest, les forces de la Triple Entente sont d'abord bousculées par la stratégie des Allemands, basée sur la rapidité et l'ampleur du mouvement. Mais grâce à un redressement de Joffre sur la Marne, elles tiennent bon et enrayent la progression adverse. De guerre de mouvement, le conflit se transforme alors en guerre de position, sur une ligne traversant le nord et l'est de l'Hexagone. La France s'enlise avec l'Europe dans une guerre totale où les industries, les économies et les mentalités sont orientées vers l'objectif de la victoire, ou tout du moins de la résistance.
Libérés par l'arrêt des combats sur le front oriental après la signature du traité de Brest-Litovsk, les Allemands lancèrent en vain cinq offensives majeures (de mars à juillet 1918) sur le front français pour forcer la victoire avant l'engagement massif des États-Unis nouvellement entrés en guerre. Mais les Alliés reprirent l'initiative le 18 juillet et firent reculer le front de près de 150 kilomètres, poussant les Allemands, épuisés, à accepter la signature de l'armistice le 11 novembre 1918.

Femmes fabriquant des obus, France, 1917
La France sortit cependant elle aussi épuisée par ce conflit de 4 ans, qui se prolongea pour elle jusqu'en
1919 dans la guerre en Russie contre les
bolcheviques. Les régions du nord et de l'est, les plus industrielles, ont été ravagées et leur appareil industriel détruit. Plus d'un million et demi d'hommes sont morts au front (10,5 % de la population active masculine), et trois millions et demi ont été blessés et mutilés.
Mais, contredisant les propos de
Guillaume II, la république a tenu le choc de la guerre, contrairement aux empires.
Voir aussi l'article détaillé : Première Guerre mondiale
L'entre-deux guerres
À la fin du conflit, la France est exsangue mais les chiffres exacts sont impossibles à avoir tant la guerre et la grippe espagnole ont fait des ravages dont l'ampleur n'est pas évidente à chiffrer (certains pensent que la grippe espagnole a tué 20 millions de personnes sur Terre, d'autres 50 millions): 2 900 000 habitants de moins, 2 800 000 hommes blessés, 630 000 veuves et 750 000 orphelins. 20 000 usines et de nombreuses mines ont été détruites, la moitié du réseau routier est inutilisable, le réseau ferroviaire est désorganisé et de nombreux ponts ont été détruits. Un emprunt de guerre de 32 milliards de francs-or doit être remboursé.
Les élections législatives de 1919 permirent de renouveler la Chambre des députés élue de 1914, qui aurait normalement du arriver à expriration de son mandat en 1918. A la suite de complexes négociations, 324 listes se constituent. Les socialistes optent pour des listes homogènes, tandis que les radicaux se divisent entre alliés au centre-droit et listes isolées. Les listes du Bloc National regroupent, dans la plupart des cas, des membres de l’Alliance démocratique, des progressistes, des nationalistes et des catholiques. Les forces en présences sont hétéroclites et la campagne confuse ; les candidats du Bloc National s’accordent tout de même généralement à axer leurs revendications sur la plus stricte application des traités de guerre, la fin du
dirigisme et la lutte sans conditions contre le bolchevisme.
[Jean-François Sirinelli, La France de 1914 à nos jours, p.55]
Les résultats sont sans ambiguité : c’est un vague bleue qui déferle sur la Chambre basse, surnommée depuis lors « Chambre bleue horizon », en raison du très grand nombre d’anciens combattants qui y siègeront (44 % du total des députés). Cette victoire restera la plus grande de la droite et du centre-droit jusqu’aux législatives de 1968. On dénombre plus de 60 % de nouveaux élus dans cette nouvelle législature.[Jean-François Sirinelli, La France de 1914 à nos jours, p.55]
Les larges possibilités qu’offre l’absence de majorité politique claire feront constamment osciller le Bloc National tantôt vers la droite, tantôt vers le centre-gauche radical. Le renouvellement du Sénat a lieu la même année, mais les résultats des élections sénatoriales de janvier, marqués par une percée des radicaux, diffèrent nettement de ceux des législatives. La Chambre haute se retrouve donc plus à gauche que la Chambre basse. Le même moi de la même année a lieu l’élection présidentielle : Clemenceau, désavoué lors d’un vote préliminaire, se retire de la course et permet l’élection du modéré Paul Deschanel.
La majorité de droite exerça le pouvoir jusqu'en 1924. Elle a mené une politique nationaliste, anti-bolchevique, pro-cléricale et anti-syndicale. Escomptant les réparations de guerre de l'Allemagne, elle augmenta les dépenses publiques de façon importante. L'Allemagne refusant d'acquitter sa dette, Poincaré fut contraint d'augmenter l'impôt de 20% et occupa le bassin minier de la Ruhr en 1923. Cette occupation fut un échec, les mineurs allemands organisant une grève générale.
Quatre gouvernements se succédèrent durant cette législature :
Alexandre Millerand, Georges Leygues, Aristide Briand et Raymond Poincaré.

La Chambre des députés en 1924
En
1924, une coalition regroupant les
Parti républicain, radical et radicaux socialistes, le parti socialiste
SFIO et, suivant les départements, des
républicains de gauche, remporte les élections législatives. Le président de la République,
Alexandre Millerand, refuse de reconnaître cette victoire et appelle un modéré, François Marsal, pour former le gouvernement. Celui-ci n'obtient évidemment pas la majorité à la
Chambre des députés.
Édouard Herriot devient
président du conseil et Millerand devra démissionner. Herriot ne parviendra pourtant pas à résoudre la crise financière. Son second gouvernement, très éphémère, n'aura pas plus de succès. En
1926, le président
Doumergue fera alors appel à
Raymond Poincaré, qui forme un gouvernement d'
union nationale et parviendra à rétablir l'équilibre du budget.
En 1928, l'affaire Marthe Hanau (sorte de pyramide financière) éclabousse les milieux politiques et médiatiques.
En décembre
1933, le directeur du
Crédit Municipal de
Bayonne, Gustave Tissier, fut arrêté pour escroquerie et mise en circulation de faux bons de caisse, pour 235 millions de francs. On découvrit rapidement que Tissier n'était que l'exécutant du fondateur du Crédit Municipal,
Serge Alexandre Stavisky, qui avait organisé cette escroquerie avec la complicité du
député-
maire de
Bayonne,
Dominique-Joseph Garat.
L'affaire fit éclater un scandale politique puisqu'il se révéla que Stavisky était déjà poursuivi par la justice, poursuites étouffées sur intervention de ministres ou de parlementaires corrompus (Chute du gouvernement de Camille Chautemps). Le scandale fut exploité par l'extrême droite et aboutit à une émeute le 6 février 1934 qui provoqua la chute du gouvernement d'Édouard Daladier.
Voir aussi l'article détaillé : Affaire Stavisky
À partir de 1931 la crise économique mondiale commence à atteindre la France. Parallèlement l'instabilité gouvernementale et de nombreux scandales politico-financiers entraînent le développement de l'antiparlementarisme et la monté en puissance de l'extrême-droite. Le 6 février 1934, une manifestation antiparlementaire d'extrême droite, notamment des membres de l'Action française et des Croix-de-feu tourne à l'émeute place de la concorde, faisant vaciller puis finalement chuter le gouvernement Edouard Daladier. On dénombra douze morts et des centaines de blessés. Un nouveau gouvernement d'Union nationale fut formé par Gaston Doumergue, faisant appel à des personnalités de la droite parlementaire ainsi qu'au Maréchal Pétain, dont c'est la première expérience ministérielle.
Le 9 février, des manifestations du PCF, interdites par le nouveau gouvernement, firent également plusieurs morts. Le 12 février eut lieu la première manifestation unitaire de toutes les forces de gauche.
Voir aussi l'article détaillé : 6 février 1934
Le Front populaire fut une
coalition des partis de la
gauche (le
PCF, la
SFIO, le
Parti radical et l'
USR) qui gouverna la France de
1936 à
1938 et qui débuta par la présidence de
Léon Blum. Malgré sa brièveté, cette période bouleversa les rapports sociaux du pays. Les
accords de Matignon ont apporté notamment la semaine de 40 heures, les
congés payés et les
conventions collectives. C'est à cette période qu'est unifié le
réseau ferré pour devenir la
SNCF. Les différences de vues sur la
guerre d'Espagne ont affaibli la coalition dès juin
1937.
Fin de la Troisième République
Une démocratie paralysée
Depuis son arrivée au pouvoir en 1933, Hitler ne cesse de défier la communauté internationale : réarmement, annexion de l’Autriche, en violation du traité de Versailles. La France ne prend au sérieux ces menaces qu’à partir de 1935, sans que la diplomatie n’ait la fermeté nécessaire pour faire reculer Hitler. En septembre 1938, il revendique le territoire tchèque des Sudètes. Lors de la conférence de Munich (29 septembre 1938), le chef du gouvernement français, Edouard Daladier, et son homologue anglais Neuville Chamberlain cèdent aux prétentions d’Hitler pour éviter une guerre européenne, suivant en cela une opinion publique pacifiste. Mais lorsqu’en août 1939 le Führer revendique le corridor de Dantzig, territoire polonais qui coupe alors l’Allemagne en deux, la France et l’Angleterre comprennent qu’aucun compromis n’évitera le conflit. Après l’entrée des troupes allemandes en Pologne le 1 septembre, elles déclarent la guerre à l’Allemagne le 3.
La défaite et le régime de Vichy
Depuis la crise des Sudètes, la propagande du gouvernement cherche à rassurer l’opinion publique en insistant sur la puissance de l’armée française. La stratégie de l’État-major est basée sur la défense : protéger le territoire en dissuadant toute attaque. La ligne Maginot, suite de fortifications modernes construites entre 1930 et 1935, peut en être le symbole. La déclaration de guerre ne modifie pas la stratégie. Le général Gamelin, commandant en chef, se prépare à une guerre d’usure, et l’armée française reste cantonnée dans ses fortifications. Seules des opérations de blocus sont tentées, comme en Scandinavie, pour gêner l'approvisionnement allemand. Le gouvernement se vante ainsi auprès de l'opinion publique, majoritairement pacifiste, de cette nouvelle façon de faire la guerre sans combat.
Cependant, l’offensive allemande est lancée le 10 mai 1940, aux alentours de Sedan où les fortifications sont les plus faibles. Le 15 mai, le front est percé, et la ligne de défense est facilement contournée par une armée allemande bien motorisée qui avance vers le sud. L’État-major, visiblement dépassé par la vitesse de progression allemande, ordonne la retraite qui se transforme en débâcle. Pris de panique, les civils se ruent sur les routes à la suite de l’armée en un véritable exode. Le gouvernement, dirigé par Paul Reynaud, quitte Paris menacée, le 10 juin. Le 14, les allemands y font leur entrée. Devant l’ampleur de l’échec, Reynaud démissionne, remplacé par le maréchal Pétain qui demande l’armistice aux allemands.
Notes et références
Annexes
Liens internes
Liens externes
Bibliographie
- Jacques Bainville, La Troisième République, Arthème Fayard, 1935
- La France de 1848 à 1914 par Antoine Olivesi et André Nouschi (Nathan Université, coll. Fac histoire. 1997)
- Histoire de la III République par Jacques Chastenet (Hachette 1952-1963)
- Histoire politique de la III République par Georges et Édouard Bonnefous (PUF 1955 - 1964)
La France du , Pierre Albertini (bonne synthèse)
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