Les porteurs de vajra
Vajrasattva, « Être de Vajra » (tib.:rdo rje sems pa) et son émanation Sattvavajra « Vajra de l'Être », Vajradhara, « Détenteur du Vajra » (tib.: rdo rje 'chang) et son émanation
ou bodhisattva Vajrapāni, « Porteur du Vajra » (tib.: phyag na rdo rje), appelé aussi le « Seigneur des mystères », entretiennent d’étroites relations et sont parfois identifiés à la même entité. Il y a ici une forte ambigüité,
dhara signifiant par exemple porter, soutenir, alors que
pani tient en main, ce qui inverserait les traductions usuelles données ci-haut... La traduction tibétaine classique clarifie un peu la situation: Vajrapani manipule et
rend hommage en saluant avec les mains, alors que Vajradhara préserve, et
tient à l'esprit[Consultez: Nitartha.org ]
Certains courants du bouddhisme tibétain considèrent Vajradhara comme le dharmakāya et Vajrasattva comme le sambhogakāyas source des tantra (alors que les sūtras proviennent de la bouche du nirmanakaya Shākyamuni). Les enseignements « parfaits » dzogchen et mahāmudrā proviendraient directement de Vajradhara. Néanmoins, d'autres estiment que celui-ci n’est pas vraiment l’ādibuddha suprême, puisque ce dernier, sans forme ni mouvement, ne saurait enseigner. Ils considèrent donc Vajradhara comme une manifestation du véritable dharmakāya Samantabhadra. Selon un tantra, Vajradhara fut produit comme un cercle de lumière par Vairocana alors que celui-ci méditait sur Samantabhadra dans le domaine du vajra ou « terre du diamant ».
Vajrapāni est le plus souvent considéré comme la forme courroucée de Vajrasattva ou Vajradhara.
Le patriarche kagyupa Nāropa est parfois considéré comme l’incarnation de Vajrasattva.
Le Maître indien Tilopa (988-1069), l'un des premiers maillons de la Lignée du Rosaire d´Or Kagyupa, aurait reçu ses instructions principales du Bouddha Vajradhara, en particulier les enseignements du Mahāmudrā.
Le Mantra-de-cent-syllabes
Le mantra de purification de Vajrasattva connait de très nombreuses variations de détails, dans l'énoncé comme dans la traduction. Jusqu'à ne pas avoir cent syllabes! En voici une version plus courante
[Transcription légèrement retouchée de: Philippe Cornu, Dictionnaire encyclopédique du Bouddhisme. Éditions du Seuil, paris, 2001. 843 p./ p.653. Quant à la traduction elle est tirée d'une quinzaine de sources, principalement: lamrim.org ]
pour son apparente littéralité., ainsi qu'une traduction moyenne, dégagée de ses plus profondes implcations:
AUM VAJRASATTVA
- Hommage à l'Être de Diamant
SAMAYAM ANUPALAYA
- qui tient ses serments [de bohdhisattva].
VAJRASATTVA TVENOPRATISHTA
- Vajrasattva, demeure en moi,
DRIDDHO MÉ BHAVA
- rend-moi ferme,
SUTOSHYO MÉ BHAVA
- rend-moi satisfait,
SOUPOSHYO MÉ BHAVA
- rend-moi complet,
ANU RAKTO MÉ BHAVA
- rend-moi compatissant.
SARVA SIDDHI MÉ PRAYACCHA
- Accorde-moi tous les accomplissements,
SARVA KARMA SUCA MÉ
- qu'en toutes actions
CITTAM SHRI YAM KURU HUM
- mon esprit soit vertueux.
HA HA HA HA HO BHAGAVAN
- Ô Bienheureux,
SARVA TATHAGATA VAJRA
- diamant de tous les Éveillés,
MA MÉ MUÑCA
- ne m'abandonne pas.
VAJRI BHAVA
- Que je sois de diamant,
MAHASAMAYASATTVA A (HUM PH'AT)
- Être du grand serment.
Iconographie
Vajrasattva est le plus souvent représenté seul, le vajra dans la main droite à la hauteur du cœur et la cloche ghanta retournée dans la main gauche, symbolisant respectivement la force et la sagesse. Il est en général de couleur blanche, mais parfois bleue ou plus rarement rouge. Occasionnellement, il apparait en
Yab-Yum avec sa parèdre Vajragharvi (matrice du vajra) ou Ghantapāni (porteuse de cloche). Le bouddha Vajradhara tient un vajra dans chacune de ses mains croisées sur sa poitrine ; son corps est bleu sombre.
Notes
Voir aussi
liens externes