Les différentes espèces

Grappe de raisin
Le genre
Vitis comprend de très nombreuses
espèces :
On trouve notamment en Amérique du Nord :
- Vitis labrusca, la vigne américaine ou vigne isabelle (en anglais fox grape, dont les raisins on un goût « foxé » peu apprécié en Europe) ;
- Vitis riparia, la vigne des rivages (frost grape) ;
- Vitis rupestris Scheele, la vigne des rochers (sand grape) ;
- Vitis berlandieri Planch.(ou Vitis cinerea var. helleri), la vigne espagnole (Spanish grape).
Peu sensibles au
phylloxéra, ces vignes, ainsi que leurs hybrides, sont utilisées soit comme
porte-greffes, soit par
croisement avec des variétés de
Vitis vinifera sous forme d'hybrides producteurs (non admis dans les appellations).
Le raisin de
Vitis labrusca peut être vinifié mais donne un vin foxé, dont le goût rappelle la
framboise. Un cépage de cette espèce, l'Isabelle' est quelquefois cultivé en
Europe centrale, notamment en
Suisse sous le nom de « gros framboisé ».
En
Extrême-Orient, on trouve :
- Vitis amurensis Rupr., la vigne de l'Amour (fleuve) ;
- Vitis coignetiae Pulliat ex Planch, vigne du Japon ;
qui ne présentent pas d'intérêt pour la viticulture.
On appelle aussi « vignes » d'autres plantes de la famille des
Vitacées :
- les vignes-vierges vraies, appartenant au genre Parthenocissus,
- les vignes-vierges apparentées, appartenant aux genres Ampelocissus, Ampelopsis, Cissus, très proches du précédent et du genre Vitis
Étymologiquement, ces noms dérivent du
grec ampelos (
ἄμπελος), la vigne, et
cissos, le
lierre.
D'autres plantes, qui se rapprochent vaguement de la vigne par le port, la forme des feuilles ou des fruits, portent également en français le nom de vigne. Ainsi on appelle :
- vigne blanche, la bryone, Bryonia dioica Jacq., Cucurbitacées ;
- vigne de Judée, la douce-amère, Solanum dulcamara L., Solanacées ;
- vigne du Nord, le houblon, Humulus lupulus L. Cannabinacées ;
- vigne noire, le tamier, Tamus communis L., Dioscoréacées ;
- vigne-blanche ou fausse Vigne, la clématite, Clematis vitalba L. Renonculacées ;
- vigne du mont Ida, l'airelle, Vaccinium vitis-idaea L., Éricacées.
Description
Image:vigne_charente.jpg|Vignes en Charente
Image:Vite-fiore.jpg|Fleurs
La vigne est un arbrisseau grimpant qui s'attache aux supports par des
vrilless. Les
tigess, taillées en culture, peuvent atteindre dans la nature de très grandes longueurs en grimpant dans les
arbre.
Les feuilles à nervure palmée comportent cinq lobes principaux plus ou moins découpés, et sont en forme de cœur à la base.
Les fleurs sont très petites, verdâtres et regroupées en grappes composées.
Les fruits murs sont des baiess de forme et de couleur variables. Ils sont blancs, jaunâtres, violets ou noirs, et presque toujours noirs à l'état sauvage.
Une description fine des variations de forme des feuilles et des fruits est nécessaire pour identifier les cépages. C'est l'objet de l'ampélographie.
Composants chimiques
Tanins,
Quercétine, quercitrine, tartrates,
sucres, inosite, acides,
choline,
carotène
Utilisations
Production de boissons
- vinification
- Dérivés de la vinification
- moûts de raisin concentré
- alcool de distillation du marc
- pulpe de marc pour l'alimentation animale
- tartres (pour acide tartrique destiné au secteur agro-alimentaire)
- Production de boissons à base de raisin
Autres dérivés alimentaires
- huile de pépins de raisin
- le pépin torréfié fournissent un succédané de café
- le rétinol, extrait des pépins de raisin, est utilisé dans la fabrication de cosmétiques anti-rides
- gelées et confitures
- conserves au sirop et à l'alcool
- Production de raisin frais (raisin de table)
- Production de raisins secs
Pharmacopée
Utilisation
Les
larmes de vignes, sécrétion obtenue lorsque une branche est cassée, sont un excellent
diurétique et collyres. Les décoctions de vrilles sont constrictives dans les
diarrhée.
La vigne rouge (Vitis vinifera var. tinctoria : voir teinturier) possède quand a elle des propriétés particulières dans les taches rouges de ses feuilles. Les anthocyanes sont des facteurs vitaminiques P puissant, c'est-à-dire qu'il protègent et tonifient les capillairess et les veines et qui plus est astringente ce qui renforce cet effet. On l'utilise dans les cas de couperose, jambes lourdes, hémorroïdes, varices, ménopause et bouffées de chaleurs.
Les anthocyanes se trouvent en quantités très significatives pour leurs aspects pharmaceutiques dans les peaux des raisins rouges et les vins qui en sont issus.
Autre utilisation
Le
bois des ceps de vigne, d'un grain très fin, se conserve longtemps, et sert à fabriquer divers objets, notamment des cannes.
Les sarments de vignes sont recherchés pour faire des grillades.
Histoire
Importance économique
Extension du vignoble
La surface totale du
vignoble mondial représentait 7,886 millions d'hectares en
2000, dont :
- Europe : 62,7% (France 11,6, Italie 11,5, Espagne 14,9).
- Asie : 19,2% (Chine 3,3)
- Amérique : 11,9% (États-Unis 5,2, Argentine 2,7, Chili 2,2).
- Afrique : 4,3 (Afrique du Sud 1,5).
- Océanie : 1,9% (Australie 1,8).
La part de l'Europe diminue (perte de 4 points depuis
1996) tandis que celle des autres continents augmente.
Production de vin
La production mondiale s'établit à 276 millions d'hectolitres en 2000. L'Europe représente 73,1% du total (dont France 20,9), l'Amérique 17,8%.
Les exportations portent sur 63 millions d'hectolitres. Les principaux exportateurs de vins sont dans l'ordre : Italie 27,1%, France 24, Espagne 13,8, États-Unis 4,6, Australie 4,5, Chili 4,2.
Activités connexes
On assiste à un développement important du tourisme vitivinicole - ou
oenotourisme - qui permet la valorisation économique et culturelle des vignobles de France.
Culture
Multiplication
Dans le cas de
Vitis vinifera et afin de produire du vin, les vignes sont dans la plupart des cas
greffées sur un
porte-greffe afin de les préserver du
phylloxéra. Si ce n'est pas le cas, on parle de plantation en plant direct, mais ce n'est possible que sur des sols sableux ou en ayant recours au sulfate de carbone pour tuer le
phylloxéra (très difficile à mettre en œuvre)
Plantation
La plantation peut se faire à partir de novembre lorsque la vigne est en repos végétatif (chute des feuilles). Selon les régions, elle peut s'étaler jusqu'à mai notamment dans les régions où il peut y avoir des gels tardifs. Le réveil végétatif dépend d'un cumul de températures au dessus de 10°C pendant un certain laps de temps. On évitera donc une plantation trop précoce là où il peut faire chaud à la fin de l'hiver et où du gel est malgré tout à craindre (Provence…).
Le choix de la vigne à planter dépend de plusieurs facteurs :
- la nature du sol,
- l'exposition,
- le climat (précipitations annuelles),
- le type de cépage.
En France, celui-ci est autorisé en fonction des critères propres à l'
Institut national des appellations d'origine (INAO) dans le cas d'une plantation destinée à produire du vin en
appellation d'origine contrôlée.
Le choix se portera sur la variété de cep (cépage) mais surtout sur le porte-greffe. 99,99 % des vignes sont greffées pour résister au phylloxéra.
D'origine américaine, les porte-greffes étaient issus de Vitis rupestris qui ne permet pas de produire du vin mais qui résiste au phylloxéra. Depuis un siècle, une sélection a été entreprise pour produire différents types de porte-greffe afin d'influencer le comportement de la vigne et son adaptation au terroir (sol, climat, exposition). Ensuite, on peut utiliser différents clones du cépage choisi qui seront plus ou moins productifs ou dont le cycle de maturation du raisin diffèrera.
Presque toutes les techniques de greffage sont appliquées sur la vigne.
Travail du sol
Le travail du sol est nécessaire pour diverses raisons :
- éviter l'envahissement par les mauvaises herbes,
- préserver l'écosystème en évitant un recours systématique aux pesticides,
- canaliser la vigne pour lui permettre de puiser ses ressources plus profondément en détruisant les racines superficielles.
Les vignerons ont de plus en plus recours à l'enherbement maîtrisé (on plante volontairement des semences entre les rangs afin de préserver les sols de l'érosion et laisser libre cours à un écosystème naturel).
Les engins agricoles utilisés sont la plupart du temps :
- la griffe (en hiver), pour « casser » les sols en profondeur et favoriser l'enracinement,
- l'« Actisol », pour gratter les sols superficiellement et se débarrasser des mauvaises herbes,
- l'intercep (attaché la plupart du temps à l'actisol) pour faire le même travail mais entre chaque pied (inaccessible avec les autres outils).
Fumure
Matières organiques
La
matière organique n'est pas directement un aliment pour la plante. Elle apporte au sol des éléments indispensables à sa fertilité. Elle doit être enfouie dans les premiers centimètres du sol, de façon à se décomposer toujours en présence d'un peu d'oxygène. Elle peut être d'origine animale ou (et surtout) végétale. La matière animale est plutôt à considérer comme un
engrais apportant principalement de l'
azote. La matière végétale doit provenir de végétaux « mûrs » (c'est-à-dire lignifiés) et fermentescibles (les feuilles de platane ou la paille de riz, par exemple, ne font pas de bons apports, car très peu fermentescibles).
Les besoins de restitution se calculent en fonction du type de sol et du climat. On donne comme moyenne, pour entretien, l'équivalent de 5 à 15 tonnes de
fumier par an et par hectare.
Éléments minéraux
Les besoins sont calculés en « unités » (ou kilos), qui représentent des kilos de l'élément indiqué, pour un hectare et par an. Exemple : 50 unités d'un élément « x » pourront être apportés par 100 kg d'un engrais contenant 50 % de cet élément, ou bien par 500 kg d'un engrais en contenant 10 %. Les quantités sont exprimées soit en élément pur (cas de l'azote, -N-), soit en composé, oxyde ou autre (cas des phosphates -P
2O
5- ou de la potasse -K
2O-)
Les quantités sont exprimées en grammes dans le cas des oligo-éléments, dont les besoins sont beaucoup plus réduits.
Besoins annuels approximatifs, pour un hectare de vigne « moyenne »
- 20 à 70 « kilos » d'azote ;
- 10 à 20 « kilos » d'acide phosphorique (P2O5) ;
- 30 à 80 « kilos » de potasse (K2O) ;
- 60 à 120 « kilos » de calcium (CaO) ;
Les quatre éléments ci-dessus sont appelés éléments principaux, ou majeurs.
- 10 à 25 « kilos » de magnésie (Mgo), élément appelé « secondaire » ;
Les éléments ci-dessous sont dénommés « oligo-éléments ». Leurs besoins moyens sont :
- 400 à 600 grammes de fer (Fe) ;
- 80 à 150 grammes de bore (B) ;
- 80 à 160 grammes de manganèse (Mn) ;
- 60 à 115 grammes de cuivre (Cu) ;
- 100 à 200 grammes de zinc (Zn) ;
- 1 à 2 grammes de molybdène (Mo).
Époque et mode d'apport
- Époque : Souvent, selon les régions, les éléments minéraux sont apportés immédiatement après la vendange, pour favoriser la constitution de réserves nutritives avant la chute des feuilles.
Dans les régions les plus septentrionales, la récolte est plus tardive et la chute des feuilles est plus précoce. Les épandages d'engrais se font plutôt en fin d'hiver.
Dans certaines régions, par exemple la Champagne, les dates d'épandage d'engrais sont fixées par la préfecture, après consultation des organisations professionnelles. Ces mesures sont prises pour limiter les déperditions (polluantes).
- Mode d'apport : Les éléments majeurs s'épandent, en général, en surface, suivi ou non d'un enfouissement. Dans d'autres cas, ils sont enterrés directement à l'aide d'un semoir spécial, muni d'un soc enfouisseur, appelé « localisateur ». Cette technique est destinée à rapprocher l'engrais de la zone explorée par les racines, à le concentrer et aussi à limiter la concurrence des mauvaises herbes.
Compte tenu des quantités (besoins) relativement faibles, les
oligo-éléments sont apportés soit au sol, dans les mêmes conditions que les éléments majeurs, soit en saison, par voie foliaire. Dans tous les cas, on doit s'assurer qu'ils resteront assimilables longtemps.
Forme et formulation
- Azote : azote organique (naturelle ou de synthèse (urée)), Nitrate d'ammoniaque (ammonitrate 33%), sulfate d'ammoniaque 21%, phosphate d'ammoniaque, etc.
- Phosphates : selon le pH du sol, apports de phosphates naturels plus ou moins finement moulus, superphosphates de chaux, phospal, phosphate d'ammoniaque. Ce dernier produit est à conseiller dans les sols calcaires, car il sera plus longtemps assimilable par la plante.
- Potasse : chlorure et sulfate sont les deux formes les plus employées. Autre forme, le patenkali apporte en même temps de la magnésie.
- Calcium : à réserver aux sols acides ou décalcifiés. La finesse du produit à employer est notamment fonction de l'acidité des sols.
- Magnésie : sulfate de magnésie et patenkali apportent une forme de « MgO » longtemps assimilable.
Les oligo-éléments peuvent être apportés sous forme de chlorure, sulfate, nitrate, chélate, ou aussi sous forme organométallique. Il faut veiller à leur assimilabilité dans le temps.
Taille
Taille sèche
La taille est le procédé par lequel le viticulteur influe sur la formation des sarments et la productivité quantitative ou qualitative selon les objectifs.
On peut distinguer deux sortes de taille :
taille longue (on laisse 4 à 10 yeux par sarment) et taille courte (2 à 3 yeux par sarment)
Taille en vert
Ou opérations en vert, ce sont les travaux réalisés durant l'été sur les vignes en production dans le but de favoriser la maturation des baies ou d'améliorer les conditions sanitaires. On distingue notamment :
- l'ébourgeonnage : ce n'est pas l'élimination des bourgeons (qui est l'éborgnage), mais la suppression des rameaux de la partie haute du cep, non souhaités lors de la taille d'hiver,
- l'épamprage : correspond à la suppression des gourmands (=pousses) sur le tronc, afin d'éviter une consommation inutile de la sève,
- le déssagatage : consiste à supprimer les repousses partant du porte-greffe,
- le palissage : cette action a pour but de maintenir la végétation, principalement pour les cépages à port retombant ; de nombreux termes désignent cette étape selon la région où elle est pratiqué,.
- l'élagage, on parlera plutôt d'écimage ou rognage,
- éclaircissage, ou vendange en vert,
- l'effeuillage,
D'autres pratiques peuvent être effectuées, mais elles sont rares : ciselage, incision annulaire, suppression des entre-cœurs (ramification du rameau principal).
Les ennemis de la vigne
Agressions climatiques
- Échaudage (grillage des jeunes raisins),
- folletage (dessèchement partiel des ceps),
- foudre,
- gelées (de printemps),
- Protection par buttage (recouvrement surtout par de la terre) et des ventilateurs géant pour amener l'air plus chaud de 30 m d'altitude vers le sol,
- grêle.
Maladies non parasitaires
- Carences diverses (ou insuffisances plus ou moins graves) en…
- Azote : Elle se manifeste par des feuilles petites et pâles, voire jaunâtres. Plante peu poussante, peu productive.
- Potasse.
- Bore : Les feuilles ont un aspect crispé, épais. Les sarments présentent des déformations et des écorces anormales. (voir coulure et millerandage).
- Magnésium.
Les feuilles de la base surtout, présentent des décolorations inter-nervaires. Se manifeste tardivement en saison, à partir de la
véraison.
Maladies à virus
- Dégénérescence infectieuse, court-noué, mosaïque...
Maladies à bactéries
Maladies cryptogamiques
contamination sur bois:
- Apoplexie ou esca, ou maladie de l'amadou,
- Black dead arm, ou B.D.A maladies du bois,
- Eutypiose.
Parasites animaux
Acariens à proprement parler :
- araignées jaunes :Eotetranychus carpini et Tetranychus urticae et mcdanieli,
- araignée rouge :Panonychus ulmi
Phytoptes :
- Calepitrimerus vitis : responsable de l'acariose,
- Colomerus vitis : responsable de l'érinose.
- Auxiliaires :
- Phytoseiidae ou typhlodromes : Typhlodromus pyri et Kampimodromus aberrans.
- Bdellidae
- stigmaeidae
- thrombidiidae
- anistidae
Vigne et Produits phytopharmaceutiques
La viticulture consomme des quantités significatives de
pesticides, avec des impacts suspectés sur la santé des viticulteurs et l'environnement (intoxications accidentelles, risque accru de certains
cancers, délétion de la
spermatogenèse…).
Un problème non résolu est posé par le
cuivre, utilisé comme
pesticide depuis l'antiquité, sous forme de
bouillie bordelaise notamment, car il a une action toxique très importante sur les
algues (mildiou) et
mousses, et comme c'est un produit non
biodégradable, il s'accumule dans le sol des vignes ou en aval, où il atteint déjà localement des concentrations suffisant pour tuer par exemple des moutons pâturant dans ces zones. Rien qu'en France, environ un million d’hectares de vignobles anciens sont ainsi si chargés de cuivre que d'ici quelques années ou décennies le seuil toxique pour les mammifères pourrait y être atteint selon l'
IFEN[Bilan IFEN 20006 chapitre l'agriculture et la sylviculture, page 70 ]
.
Les pesticides, associés à certaines pratiques ont contribué à l'érosion et à une diminution de la qualité
pédologique des sols (perte d'
humus).
- Liste des produits phytopharmaceutiques autorisés en France pour lutter contre les parasites de la vigne : e-phy.agriculture.gouv.fr
- La prise en compte
des facteurs température et hygrométrie permet de limiter le nombre et surtout la quantité des produits de traitement contre les maladies, concurrents et parasites de la vigne. L'agriculture bio, qui se développe est une alternative aux pesticides de synthèse, mais n'a pas réglé le problème des impacts de l'usage répété des traitements au cuivre.
Vigne et art
La vigne a été souvent été utilisé dans l'art, accompagnant par exemple Bacchus mais on retrouve une utilisation particulière : la feuille de vigne.
Liens externes